ARMENIE

Revue de la presse arménienne du 07 février 2019


L’annonce du Président français sur la journée nationale de commémoration du Génocide arménien et la critique du nouveau programme du gouvernement dominent la presse du jour.

Le Président français au diner de CCAF/ Les journaux rendent compte de l’annonce du Président français Emmanuel Macron que le 24 avril deviendra désormais la journée nationale de commémoration du Génocide arménien. La presse se félicite de cette démarche amicale de la France et reprend le discours du Président français au dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) : « La France, c’est d’abord et avant tout ce pays qui sait regarder l’histoire en face, qui dénonça parmi les premiers la traque assassine du peuple arménien, qui dès 1915 nomma le génocide pour ce qu’il était, qui en 2001, à l’issue d’un long combat, l’a reconnu dans la loi et qui fera dans les prochaines semaines du 24 avril une journée nationale de commémoration du Génocide arménien ». Le turcologue Rouben Safarian qualifie la déclaration du Président français d’inédite et affirme qu’ainsi le peuple français rend hommage aux 1.5 millions de victimes du Génocide arménien. La presse indique que la Turquie n’a pas tardé à réagir et a condamné la déclaration d’Emmanuel Macron en l’accusant d’utiliser des faits historiques dans des buts politiques. Selon la Turquie, le Génocide arménien est « un mensonge politique ». Les journaux prennent note que le Président français a précisé avoir au préalable informé le Président turc de sa décision et qualifient cette démarche de « geste diplomatique ». Pour le politologue Hrant Melik–Chahnazarian, la France est persévérante dans sa démarche de reconnaissance du Génocide arménien. Selon l’expert, pour la France ce serait également un moyen de communiquer le système des valeurs du peuple français, mais également d’avoir la communauté arménienne de France comme alliée. Le politologue Levon Chirinian rappelle que les Français avaient cédé l’Arménie Cilicienne à la Turquie, tandis que les Arméniens ont eu une contribution importante dans l’histoire de la France notamment dans la défense de Paris lors de la deuxième guerre mondiale. Dans ce contexte, pour le politologue cette journée nationale de commémoration serait « une récompense de la France à la communauté arménienne de France ». Les medias indiquent également que lors de son discours, le Président français a apporté son haut patronage à la levée de fonds pour le nouveau campus de l’Université française en Arménie.

Critique du programme du gouvernement/ La presse indique que le gouvernement a validé son programme quinquennal qui devra être retravaillé jusqu’au 8 février et envoyé au Parlement pour validation. La presse est sceptique quant à ce programme à cause des formulations lyriques des objectifs et du manque d’indicateurs chiffrés. Le quotidien Hraparak qualifie le programme de « séduisant, mais irréaliste ». La presse a compté seulement 11 objectifs temporellement définis et seulement 3 objectifs économiques chiffrés. Quant à ces indicateurs économiques, les journaux se demandent s’ils ne seraient pas rédigés par des personnes ayant une formation en lettres. L’économiste Vardan Bostanjian qualifie d’irréaliste l’objectif du gouvernement de faire en sorte que d’ici 2023 l’exportation constitue 43-45% du PIB du pays. Selon lui, même les pays développés n’ont pas de tels indicateurs. L’ancien secrétaire en charge du projet du nouveau Code électoral, Daniel Ionissian, se demande pourquoi le programme ne comprend rien sur le changement du Code électoral alors que c’était une des promesses de la révolution des velours et qu’il était inclus dans le programme précédent de Pachinian. Selon le quotidien Joghovourd, ce nouveau programme reprend quasi intégralement le programme précèdent présenté par le gouvernement de Nikol Pachinian en juin 2018. « La seule différence est que ce programme est écrit pour les cinq prochaines années et comprend des indicateurs pour le long terme ». Joghovourd critique le fait que le programme du gouvernement manque l’aspect stratégique : pas d’objectifs précis, ni d’indicateurs mesurables. Selon le quotidien, le programme est quasi totalement écrit en formulations « il faut » et ressemble plutôt à une collection de promesses. Joghovourd note que le programme n’a pas de partie « Réformes ». La presse indique que malgré ces critiques ce programme sera sans doute adopté par le Parlement étant donné que l’alliance de Nikol Pachinian a la majorité parlementaire.

Propos sur la politique extérieure dans le programme du gouvernement/ Les journaux couvrent largement le paragraphe du programme relatif au conflit du Haut Karabakh. Le document indique que le gouvernement œuvrera en faveur d’une résolution exclusivement pacifique du conflit du Haut Karabakh dans le format de la médiation du Groupe de Minsk de l’OSCE. La presse prend note que dans son programme le gouvernement réaffirme que le Haut Karabakh « en tant que principale partie au conflit, doit avoir la voix décisive et participer activement au règlement qui vise à instaurer une paix réelle et durable ». Le programme indique également que « l’atmosphère de paix est vitale pour l’efficacité des négociations ». Joghovourd note que le programme traite des relations Arménie- UE en un seul paragraphe. Le paragraphe en question indique « Approfondir les relations amicales et élargir le partenariat avec l’UE, ses États membres et d’autres pays européens. La mise en œuvre de l’accord de partenariat global et renforcé avec l’UE est un facteur important facilitant le programme de réformes du gouvernement. Le gouvernement poursuivra ses efforts en vue de la libéralisation des visas pour les citoyens arméniens ». Quant aux relations avec la Russie, le gouvernement considère le développement « des relations stratégiques et alliées avec la Russie » comme « l’une de ses priorités essentielles », car c’est « un élément important du système de sécurité de l’Arménie ». Le document indique que le gouvernement travaillera à « assurer la participation active et entreprenante de l’Arménie » à l’Union économique eurasiatique et à l’Organisation du Traité de sécurité collective et à « accroître la productivité » des deux institutions.

Rédaction : Lena Gyulkhasyan

Attachée de presse et de communication

Ambassade de France en Arménie

par Stéphane le jeudi 14 février 2019
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