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« Résonamces » le supplément idées de NAM


Avec cette revue annuelle, Nouvelles d’Arménie Magazine élargit son offre au champ intellectuel. Son premier thème : « 1919-2019, la Paix ».

En 1919, l’Europe signait la paix de Versailles, mettant fin à plus de quatre ans de boucherie (1914-1918). Le centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, a fourni l’occasion à Résonamces, le nouveau supplément « idées » de NAM qui sort le 1er janvier 2019 de revenir sur cette séquence de l’après-guerre, et s’interroger sur ses leçons et ses échos jusqu’à nos jours. Tout au long de ses 76 pages, ce numéro, bâti sur une belle maquette en noir et blanc, fait parler et écrire un panel d’intellectuels et d’historiens tous plus prestigieux les uns que les autres, qui apportent leurs éclairages sur cet épisode, abordé sous différents angles.

La « une » de cette revue de bonne facture, arbore les noms de Georges-Henri Soutou, membre de l’institut de France, Vincent Laniol, Alexandre Toumarkine, historiens, du philosophe Zeev Sternhell ou encore de l’ex-ambassadeur d’Israël en France, l’écrivain Elie Barnavie. Parmi les autres intervenants de la revue, certains noms seront familiers au lecteur de NAM, comme Franck Gaillard, Sevane Garibian, Anouch Kunth, et d’autres moins comme Bernard Bruneteau, Julian Fernandez ; Stephan Astourian, Jordi Tejel. Toutes leurs contributions, aussi érudites que passionnantes, finissent par donner un contenu à la fois complet et original à la thématique traitée. Ainsi, à propos de la fin de la guerre, Georges-Henri Soutou rappelle notamment, dans un entretien éclairant, que « le problème des nationalités derrière le grand discours du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est passé après le problème de la sécurité face à l’Allemagne, et après les problèmes géostratégiques généraux ». Et, concernant la Turquie, il évoque le fait pour le moins essentiel que « les Français ont décidé, à l’inverse des Anglais pro-Grecs, de miser sur la carte Kémal dans l’idée très cynique que, dans la future Turquie, Kemal avait une sérieuse chance de l’emporter. On espère faire de la Turquie d’après-guerre – espoir déçu – non pas une sorte de protectorat britannique mais français. Cela a conduit à l’échec du traité de Sèvres en 1920 », écrit-il notamment.

Dans sa présentation de la revue, Ara Toranian, directeur de la publication, indique que Résonamces a pour vocation de participer au débat public français et d’y apporter une contribution inspirée de l’état particulier des Français d’origine arménienne. Il s’agit, et l’intention est palpable tout au long des 72 pages de la revue, de répondre à un besoin important pour le monde arménien : « Universaliser son histoire pour la rattacher à celle du monde ». « Il existe chez eux, écrit-il, une réelle volonté de s’emparer des sciences sociales, à commencer par l’histoire ». Ajoutant que Résonamces « a pour objectif d’apporter de la valeur ajoutée à cette identité en allant chercher tout ce que le système international ne lui a pas permis d’intégrer, en raison peut-être du fait que les Arméniens n’étaient plus qu’un peuple mémoriel après la Première Guerre mondiale ». « Une étape désormais révolue avec l’indépendance recouvrée de l’Arménie et ses répercussions dans la mondialisation et dans la diaspora. C’est dans la trajectoire de cette renaissance que se situe Résonamces, qui vient ainsi étendre au champ intellectuel le travail journalistique qu’ambitionnait de régénérer Nouvelles d’Arménie, il y a 25 ans ».

Fanny Hagopian

Résonamces est vendu par correspondance.
On peut se le procurer à la rédaction de NAM
(administration@armenews.com ou 09 53 63 90 10)
pour le prix de 15 euros.

Il sera distribué gratuitement le 15 janvier
au Conseil régional, à la soirée des Trophées de NAM.

par Ara Toranian le dimanche 30 décembre 2018
© armenews.com 2019


 

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