ARMENIE

Loi d’amnistie : l’activiste radical Shant Harutiunian libéré


Shant Harutiunian, activiste politique, a été libéré de prison en vertu d’une loi d’amnistie, cinq ans après son arrestation pour avoir dirigé une manifestation anti-gouvernementale.

Harutiunian, 53 ans, a quitté le centre pénitentiaire d’Erevan mardi matin, a révélé le ministère de la Justice.

Le 5 novembre 2013, Harutiunian était à la tête d’un groupe de plusieurs dizaines de partisans qui tentaient de marcher vers les bureaux du président de l’époque, Serge Sarkissian, dans ce qu’ils qualifiaient alors de « Révolution des valeurs ». La police antiémeute a utilisé la force pour arrêter la foule armée de bâtons et de grenades assommantes artisanales. Une quinzaine de manifestants ont été arrêtés et jugés.

Les militants, dont la plupart ont plaidé non coupables face aux accusations de hooliganisme, ont ensuite été condamnés à une peine d’emprisonnement allant de 1 à 7 ans. Harutiunian a été condamné à six ans de prison.

La condamnation et les longues peines de prison prononcées à l’encontre du dirigeant nationaliste et de ses loyalistes ont été condamnées par un certain nombre d’organisations de défense des droits de l’homme et de groupes d’opposition qui ont qualifié Harutiunian et d’autres personnes proches de lui de « prisonniers politiques ».

Nikol Pachinian s’était engagé à libérer tous les « prisonniers politiques » lorsqu’il a accédé au pouvoir en mai dernier à la suite d’une vague de manifestations de masse pacifiques qui ont renversé le gouvernement de Serge Sarkissian.

Contrairement à d’autres militants politiques emprisonnés, Harutiunian a à plusieurs reprises rejeté diverses options légales en matière de libération, notamment une libération conditionnelle et une grâce, en insistant pour être officiellement acquitté par un tribunal.

En particulier, il a refusé de signer tout document demandant une libération anticipée.

À l’occasion du 100e anniversaire de la première République arménienne et du 2800e anniversaire de la fondation d’Erevan, tous deux célébrés en 2018, le Parlement a adopté la semaine dernière une loi d’amnistie aux termes de laquelle 650 condamnés seront libérés de prison.

Harutiunian a été libéré, désigné comme l’un des bénéficiaires de cette loi promulguée par le président Armen Sarkissian le 3 novembre.

Shahen, le fils de Shant Harutiunian, l’un des manifestants actifs lors des manifestations antigouvernementales d’avril-mai, a déclaré que la libération par une loi d’amnistie ne nécessitait aucune signature de la part du condamné.

« Il [Shant Harutiunian] a été reconnu comme prisonnier politique par une organisation internationale de défense des droits de l’homme et par Pachinian lui-même… Selon cette optique, il ne signe aucun document, son consentement [à la libération] n’est pas obligatoire, il ne reconnaît pas sa culpabilité, il est simplement libéré sans aucune signature », a expliqué Shahen Harutiunian.

Shant Harutiunian dirige un petit parti appelé « Tseghakron ». Shahen Harutiunian a affirmé que son père ne prévoyait pas de se présenter aux élections législatives, qui se dérouleront en Arménie le 9 décembre.

par Claire le mercredi 7 novembre 2018
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