KAPAN

Pachinian dénonce les « forces criminelles » qui lui ont fait perdre les élections


Le Premier ministre Nikol Pachinian a affirmé hier que les élites locales « criminelles » étaient responsables de la défaite de son parti Contrat civil au cours des élections municipales de Kapan, capitale de la province de Syunik, dans le sud-est du pays.

Selon les résultats officiels, un homme d’affaires de 33 ans, Gevorg Parsian, a remporté les élections avec 54% des voix. Son principal rival, Narek Babayan, du parti Contrat Civil, a obtenu 44%.

Les résultats des élections ont été une surprise compte tenu de la popularité de Pachinian dans le pays. Le Premier ministre a personnellement fait campagne pour le candidat de son parti à la mairie lorsqu’il s’est rendu à Kapan deux jours avant le scrutin.

Pachinian a réagi publiquement à cette défaite pour la première fois lundi. Il a décrit cela comme un triomphe de la démocratie, affirmant que les élections locales n’étaient pas entachées par des informations faisant état de fraudes graves ou d’abus des leviers du gouvernement.

Mais Pachinian a tenu un autre discours quand il a parlé de la campagne à la mairie devant le Parlement arménien deux jours plus tard.

« Le vote à Kapan et ses résultats sont légaux », a-t-il déclaré. « Les résultats du vote officiel reflètent un choix de la population. » Nuançant : « Mais ma position politique est que les élites criminelles et économiques ont eu une influence malsaine sur les résultats des élections uniquement parce que la révolution [du printemps dernier] n’a pas encore atteint tout le monde. Tous ne ressentent pas encore leur liberté ».

« Une révolution ne se produira pas à Syunik tant qu’il y aura des forces économiques et criminelles dans la région qui pensent qu’elles sont plus puissantes que l’autorité de l’Etat », a ajouté Pachinian.

Le Premier ministre n’a cité aucun nom. Mais il a bien précisé que le Parti républicain d’Arménie (HHK) espérait utiliser « le modèle de Kapan » lors des prochaines élections législatives.

Pachinian a également rejeté les suggestions selon lesquelles sa décision controversée de nommer un général de la police à la retraite au poste de gouverneur de Syunik à la veille des élections à Kapan avait contribué à cet échec. Il a insisté sur le fait que Hunan Poghosian, qui était le premier chef adjoint de la police arménienne sous Sarkissian, était le genre de personne capable de garantir le respect de la légalité dans cette région éloignée.

L’administration provinciale de Syunik ainsi que l’antenne régionale de HHK étaient dirigées jusqu’à cet été par Vahé Hakobian. Ce dernier serait lié au ZACM situé à Kajaran, une ville plus petite située à environ 10 kilomètres à l’ouest de Kapan. ZCMC emploie 3 600 personnes, ce qui en fait l’un des principaux contribuables et employeurs du pays. Un groupe allemand de métaux, Cronimet, a acquis une participation de 75% au sein du géant minier en 2004. Le reste de la société ZCMC est contrôlé par deux obscures sociétés arméniennes. La propriété de ces entreprises est depuis longtemps un sujet de spéculation en Arménie, certains commentateurs locaux les liant à l’ancien président Sarkissian ou à son prédécesseur, Robert Kotcharian.

Parsian, maire de Kapan nouvellement élu, est un avocat de formation qui dirigeait jusqu’à présent une entreprise de construction locale. Il n’est affilié à aucun parti.

Dans une interview accordée le 10 octobre à un journal provincial, « Syuniats Yerkir », Parsian a reconnu avoir « de nombreux amis » dans ZCMC. Mais il a insisté sur le fait qu’ils ne représentaient pas « l’élite kajarienne » dans la course à la mairie.

Parsian a salué la « révolution de velours » menée par Pachinian qui a renversé l’administration de Sarkissian en juin. Il a expliqué que ce changement radical de régime l’avait poussé à se présenter à la mairie de sa ville natale.

Parsian a également confirmé des informations selon lesquelles, au début des années 2000, il avait été condamné à un an de prison pour avoir poignardé et gravement blessé un autre homme. Il s’est justifié par le fait qu’il défendait alors « l’honneur et la dignité de mon amie et de ma copine ». « Je ne suis pas désolé pour ce qui est arrivé », a-t-il ajouté.

par Claire le jeudi 25 octobre 2018
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