ARMENIE

Revue de la presse arménienne du 17 octobre 2018


La démission de Nikol Pachinian domine la presse du jour.

Nikol Pachinian a démissionné/ Tous les journaux rendent compte de la démission du Premier ministre Nikol Pachinian. La presse rend compte de la déclaration de Nikol Pachinian selon laquelle le but de sa démission est de finaliser la révolution de velours par l’organisation des élections législatives anticipées, ce qui transmettrait définitivement le pouvoir au peuple. Nikol Pachinian a rappelé le scénario pour aboutir aux élections anticipées : il démissionne, les forces politiques ne désignent pas de candidat, le parlement n’élit pas le nouveau Premier ministre par deux fois et le Parlement est dissous. Nikol Pachinian a indiqué que sa démission était de nature formelle et qu’il continuera à exercer ses fonctions pour assurer l’organisation des élections transparentes. Selon Nikol Pachinian, les élections se dérouleront sans incidents, car les partis politiques ont démontré que malgré les désaccords, la sécurité et la stabilité du pays restent la priorité de tous. En même temps, M. Pachinian a indiqué qu’il était prêt à tout développement de la situation. La presse a indiqué qu’il est probable que la force politique de Nikol Pachinian, le parti « Contrat civil » participe aux élections législatives au sein de l’alliance « Mon pas » comme ils avaient fait lors des élections municipales d’Erevan.

Résumé des changements proposés dans le nouveau Code électoral / La presse indique que le nouveau Code électoral a été validé par le Cabinet et envoyé à l’Assemblée nationale pour validation. Le quotidien Haykakan Jamanak résume les modifications dans le nouveau Code : 1) supprimer le système de vote par classement et restaurer le système électoral proportionnel sur des listes fixes, 2) supprimer les listes régionales des candidats, 3) supprimer les limitations pour la formation des coalitions et prolonger le délai de formation de coalition jusqu’à 10 jours (au lieu de 6), 4) baisser le seuil de passage au Parlement pour les partis et les blocs de 1% (il sera de 4% pour les partis et de 6% pour les alliances), 5) diminuer le montant de gage électoral jusqu’à 7.5 million d’AMD (au lieu de 10 millions d’AMD existant), 6) augmenter le quota de représentation des femmes jusqu’à 30 % par rapport aux 25% prévu dans le Code actuel, 7) supprimer le « système des bonus » pour les élections à Erevan, à Gumri et à Vanadzor, 8) prévoir des mécanismes pour sortir des listes des électeurs les personnes reconnues incapables juridiquement, 9) fixer le nombre minimal de forces politiques représentées au Parlement à quatre forces politiques (au lieu de trois), quel que soit le seuil de passage, 10) fixer un délai de trois mois pour la présentation du rapport des observateurs, 11) prévoir des mécanismes pour assurer les conditions égalitaires de la propagande électorale auprès de l’armée et l’interdiction de présence dans la pièce de vote d’un officier supérieur pendant que son subordonné vote, 12) supprimer le droit du comité électoral de limiter le nombre des observateurs et des médias dans l’enceinte, 13) améliorer les conditions pour informer les électeurs. Sur ce dernier point, il est proposé de fixer par la loi l’organisation d’au moins un débat public entre les numéros uns des listes proportionnelles des forces politiques et augmenter le quota de disponibilité gratuite du temps d’antenne de la télévision et de la radio publique ( 90 minutes à la télévision par rapport à 60 minutes actuellement prévues et 180 minutes à la radio au lieu des 125 minutes). La presse indique que le vice-Premier ministre Ararat Mirzoian se rendra le 19 octobre à Venise pour présenter au Comité de Venise le nouveau Code électoral et la nécessité de la tenue des élections anticipées. Selon le quotidien Joghovourd, la présentation au Comité de Venise aurait une nature formelle car le Comité n’aurait pas le temps pour présenter son opinion. Joghovourd qualifie cela de « comportement inapproprié envers l’institution internationale ». Selon le quotidien, les autorités arméniennes seraient déterminées à tenir les élections en décembre et l’avis du Comité de Venise quel qu’il soit n’aura aucun impact sur le processus. Le quotidien n’exclut pas que les résultats de ces élections hâtives pourraient être reconnus illégitimes par les institutions européennes en se basant sur les plaintes des forces politiques et le fait que leur opinion n’a pas été prise en compte.

Déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis sur le conflit du Haut Karabakh/ La presse rend compte de la déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis Richard Mills, qui finit sa mission en Arménie, selon laquelle le règlement du conflit du Haut Karabakh ne pourra pas aboutir « sans le retour de certaines parties des territoires occupés ». L’Ambassadeur s’est déclaré surpris de « l’absence de discussions en Arménie sur la résolution acceptable ou sur les consensus possibles ». L’Ambassadeur qualifie de « marche arrière » le fait que les Arméniens excluent le retour des territoires. Richard Mills a indiqué que selon la perception de la partie américaine, les territoires « avaient été pris pour après les échanger contre la paix ». Selon le quotidien Jamanak, Richard Mills aurait exprimé l’opinion partagée par la plupart de la société internationale. Le quotidien avoue qu’en Arménie les discussions politiques autour du règlement du conflit finissent toujours par le maintien du statu quo ou par la déclaration ferme qu’aucun centimètre de terre ne sera cédé, car toute évocation de cession des territoires est qualifiée de « trahison ». Jamanak indique que la rhétorique militaire de l’Azerbaïdjan empêche à son tour la création d’un climat de règlement. Selon Jamanak, le maintien du statu quo ne constitue pas une solution à long terme et une vision de règlement concret est nécessaire. Selon le quotidien Hraparak, les déclarations de l’Ambassadeur prépareraient le terrain pour inciter Nikol Pachinian à céder des territoires. Le quotidien Joghovourd rend compte des réactions fermes des combattants du Haut Karabakh selon lesquels « Ambassadeur ou non, quelqu’un de l’extérieur ne peux pas commenter ce sujet ». Les combattants rappellent la déclaration de Nikol Pachinian selon laquelle il revient aux autorités du Haut Karabakh de négocier au nom de son peuple et que l’Arménie, tout en étant garante de la sécurité du Haut Karabakh, veut voir le retour de ce dernier à la table des négociations.

La mise sur écoute d’Artur Vanetsian et de Sassoun Khachatrian a été commandée par quelqu’un de connu /Les journaux rendent compte de la déclaration du chef du Service de la sécurité nationale (SSN) Artur Vanetsian selon lequel le SSN a déjà repéré les responsables derrière la mise en écoute du chef du Service de la sécurité nationale Artur Vanetsian et du chef du Service d’enquête spéciale Sassoun Khachatrian (cf. revue du 12 septembre 2018). A. Vanetsian n’a pas divulgué le nom de la personne ayant « commandé » cette mise sur écoute, mais a indiqué qu’il s’agirait de quelqu’un de très connu par les Arméniens.

Rédaction : Lena Gyulkhasyan

Attachée de presse et de communication

Ambassade de France en Arménie

par Stéphane le mardi 23 octobre 2018
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