ARMENIE

Francophonie, Aznavour et génocide au programme de Macron en Arménie


Dix jours après la mort de
Charles Aznavour, Emmanuel Macron est attendu mercredi soir à
Erevan pour un dernier hommage au chanteur franco-arménien en
marge du sommet international de la Francophonie qui désignera
sa nouvelle secrétaire générale.

Prévu de longue date, ce déplacement de deux jours du chef
de l’Etat français a pris une dimension particulière avec la
disparition du patriarche de la chanson française, sacré "héros
national" en Arménie, qui a reçu les honneurs d’un hommage
national vendredi dans la cour des Invalides.

Surnommé le « Sinatra Français » à l’étranger, l’interprète de
« La Bohême » et de « Comme ils disent », qui s’est mobilisé ces
dernières décennies en faveur de son pays, devait initialement
faire partie de la délégation présidentielle française - mais il
est décédé le 1er octobre.

« Son absence fera un vide immense », a déclaré le chef de
l’Etat lors de l’éloge funèbre. "Que l’amitié entre l’Arménie et
la France soit digne de ce qu’il nous a enseigné".

En marge du sommet de l’OIF, Emmanuel Macron se rendra donc
jeudi en milieu de journée au « centre Charles Aznavour »,
institution située sur les hauteurs d’Erevan en cours de
construction, avant d’assister vendredi soir à un concert auquel
le chanteur devait participer.

Ce centre, souligne-t-on à l’Elysée, doit permettre d’avoir
dans la capitale arménienne "un lieu de rayonnement de la langue
et la culture française, c’est un projet qui était porté par
Charles Aznavour et dont il avait discuté avec le président« . »Il était prévu, avant sa disparition, que le président y
aille avec lui pour poser les bases du projet, donc le président
maintient son engagement et ira sur place avec des proches de
Charles Aznavour« , ajoute-t-on. »FRANCOPHONIECRISPÉE"

Lors du sommet de l’OIF, auquel sont attendus une
cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, Emmanuel Macron
devrait une nouvelle fois plaider en faveur du multilatéralisme
à l’heure où le président américain Donald Trump multiplie les
piques contre plusieurs institutions ou traités internationaux.
Le chef de l’Etat devrait également réaffirmer son soutien à
la candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères
Louise Mushikiwabo, qui fait figure de favorite pour succéder à
l’actuelle secrétaire générale de l’OIF, la Canadienne Michelle
Jean, qui brigue un nouveau mandat.

« Ça ne ternit absolument pas les relations » nouées entre
Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Justin Trudeau,
assure-t-on à l’Elysée.

"Le soutien de la France à la candidature rwandaise vient
illustrer l’approche" adoptée par Emmanuel Macron depuis le
début de son quinquennat, ajoute-t-on, à savoir une approche de
la francophonie « décrispée de la défense du français » et le
« plurilinguisme ».

Dernier volet de son déplacement en Arménie, une visite "au
mémorial dédié aux victimes du génocide arménien". Fin janvier,
le chef de l’Etat s’est engagé à inscrire au calendrier une
journée pour la commémoration de ce génocide, pomme de discorde
entre Erevan et Ankara. La Turquie reconnaît qu’un grand nombre
d’Arméniens ont été tués par les Turcs entre 1915 et 1917 mais
elle conteste l’idée qu’il y ait eu une volonté systématique de
les exterminer, rejetant le terme de génocide.

Reuters

par Stéphane le jeudi 11 octobre 2018
© armenews.com 2018


 

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