DECES D’AZNAVOUR

L’hommage de Marc Knobel, historien et directeur des études au Crif


"Charles,

Pendant longtemps, Charles ne fut pas simplement qu’une sorte de maudit dont personne ne voulait, que tous les critiques assassins ralliaient, moquaient et déchiraient et qui devrait supporter ce qu’aucun artiste n’aurait pu supporter.

Il fut un bouleversement, il fut une révolution, il fut un caractère réservé mais résolu, il fut tenace et rageur. Il fut profondément humain et beau du dedans, du vrai, de tout.

Le petit arménien que l’on trouvait moche et petit serait un séducteur, il plairait aux femmes. Il aurait même la plus belle femme comme femme.

Il ferait pleurer et rire, il aimerait et on aimera ce qu’il aimerait, ce qu’il aimait.

Car un jour, il y arriverait et l’on lirait sur des lettres grandes Charles Aznavour sur le fronton de l’Olympia. Son nom circulera à Broadway et il arpentera toutes les routes du monde. De Tel-Aviv à Moscou, de New-York à Erevan, en passant par Barcelone et Tokyo.

Ses mots, beaux, les mots de Charles et la langue de Charles pure, forte, douce, romantique conquérante du monde de l’art et de la musique.

Le petit arménien, si français, si respectueux de notre pays et de ses valeurs, fut aussi un homme de mémoire portant en sa chair, l’atroce mémoire du génocide arménien et de sa non reconnaissance.

Charles le pianiste, l’acteur, le chanteur, l’arménien, l’ami et le frère.

Au firmament, tu es toi. Toi petit Charles. Si beau, si grand."

par Claire le mardi 2 octobre 2018
© armenews.com 2018


 

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