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CHARLES AZNAVOUR Rubrique

Hommage unanime et ému de personnalités d’origine arménienne


© Max Sivaslian

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Le leader du groupe System of down, Serj Tankian : « Je regrette de ne jamais avoir rencontré Charles Aznavour »

« J’essaie de ne pas avoir beaucoup de regrets dans ma vie. Mais j’en ai un aujourd’hui : je n’ai jamais rencontré cet homme incroyable. Il a inspiré le monde avec sa musique et ses films, et est devenu un exemple unique de la façon dont vous pouvez être un grand citoyen d’un pays tout en aidant un autre. Il est exemplaire pour moi en tant qu’artiste, activiste, patriote et internationaliste. Vous nous manquerez tous beaucoup, Monsieur Aznavour. »

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Le comédien Serge Bagdassarian : « Il a fait jazzer la langue française »

NAM : Quel souvenir garderez-vous de Charles Aznavour ?
Serge Bagdassarian :
Je l’ai rencontré une seule fois, en 2011, alors qu’il m’avait invité sur le plateau de Vivement dimanche. Je pensais que c’était pour parler de ma nomination depuis quelques années à la Comédie française, mais j’ai compris dans la loge qu’il était surtout intrigué par le fait qu’il descendait lui-même de Bagdassarian !
Au-delà d’être un Arménien, c’était surtout un grand artiste qui a su toucher le monde entier. C’était un poète, un grand musicien avec une intelligence musicale hors-normes, qui a fait jazzer la langue française. Il était le maestria de la musicalité de la poésie.

NAM : Quelle chanson de lui vous parle particulièrement ?
S. B. :
Sa jeunesse. Je l’ai interprété lors d’un festival à Grignan, et j’ai découvert à quel point elle était belle et difficile. Et quelle intelligence musicale il y avait dedans !

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La journaliste Agnès Vahramian : « Il y avait beaucoup de mon grand-père en lui »

NAM : Quel souvenir garderez-vous de Charles Aznavour ?
Agnès Vahramian :
Je l’ai rencontré en 2007, pour un reportage diffusé sur Envoyé spécial. C’était la première fois, et ça m’a beaucoup touché car il y avait beaucoup de mon grand-père en lui. Je pense que c’est le cas pour tous les Arméniens, car c’est notre histoire. C’était quelqu’un de pudique, qui détestait le m’as-tu vu. Pas forcément une personne très chaleureuse, mais une personne fidèle, qui arrivait tout de suite à savoir à qui il avait à faire. Il était réservé, mais avait une vie intérieure intense, à l’inverse de son père. Un solitaire en somme, un nomade. Dans mon reportage, ses derniers mots sont « Je suis un fils d’immigrant. C’est tout et ça explique tout. » Ca résume bien cette volonté de prouver quelque chose, d’être le meilleur, de montrer sa reconnaissance à son pays d’adoption. Il était autre chose que Français, bien plus qu’un Arménien, et pas qu’un Américain non plus.

NAM : Une chanson qui vous a particulièrement marquée ?
A. V. :
ll y en a deux en fait. Le Palais de nos chimères tout d’abord, car il ne faut pas oublier qu’il y avait beaucoup de désillusions chez lui. Il avait la faculté de nous ramener sur terre, de nous cueillir à froid. Et la seconde, c’est bien sûr Ils sont tombés, qui n’est certes pas connue mais qui me parle au cœur, et qui parle au cœur de tant d’autres.

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Le footballeur Henrikh Mkhitaryan : « Un monument nous quitte »
« C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons aujourd’hui le décès de notre très cher Charles Aznavour. Un monument nous quitte, mais l’ensemble de son œuvre restera à jamais gravée dans nos cœurs. You’ll always stay For »us« , For »me« - FORMIDABLE ! Reposez en paix ».

Le chanteur Alexis HK : « Le temps s’arrête »"
Le temps s’arrête aujourd’hui, car monsieur Charles est parti. On avait fini par se dire qu’il ne nous quitterait jamais. Et c’est ce qu’il fait, En laissant derrière lui un océan de chansons et de souvenirs. Je partage mon souvenir avec vous. Le clip de la chanson « Les Affranchis » où il me fit l’honneur de figurer, en compagnie de tant de grands de la chanson française. Chapeau bas."

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La chanteuse Hélène Ségara : « Il laissera un immense vide »
« Il est difficile de mettre des mots sur ce que représentait Charles Aznavour pour les Arméniens mais je sais qu’il était grand et laissera un immense vide... Toute ma tendresse pour lui et ceux qui l’aiment... »

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Le journaliste Thibaud Vézirian : « C’était le messager de la diaspora »

NAM : Que représentait Charles Aznavour pour vous ?
Thibaud Vézirian :
C’est tout simplement un monument, le messager de la diaspora arménienne, presque l’emblème du pays, Aznavour c’est l’Arménie. C’est un formidable exemple pour tous : parti de rien, issu d’un peuple qu’on a essayé d’exterminer, il a travaillé dur et est devenu un géant, une « vache sacrée » comme il le disait.

NAM : Avez-vous une anecdote personnelle avec lui ?
T. V. :
Je l’ai rencontré pour la première fois alors que j’étais stagiaire à LCI, il y a 11 ans. Un excellent moment en loges ensemble, des bons mots, du charisme à revendre. Mais l’histoire derrière ça, c’est qu’en arrivant dans les couloirs de la chaine, il est passé près des stations de montage et ce jour-là, un journaliste préparait les nécrologies de personnalités importantes. Et il était en train de finaliser le sujet sur la vie d’Aznavour ! Heureusement, il n’a rien entendu et n’en a rien su. C’est aussi ça la vie de star... Charles a vécu encore 11 ans derrière ça.

NAM : Une chanson que vous retiendrez ?
T. V. :
Pour toi Arménie. J’étais petit mais voir tous ces artistes reprendre ce morceau caritatif m’a profondément marqué, formidable élan de solidarité qui démontrait l’aura de Charles Aznavour.

Propos recueillis par Claire Barbuti

par Claire le mardi 2 octobre 2018
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