CINEMA

Stéphane Elmadjian, chef monteur du feel good movie de la rentrée


Monique (Yolande Moreau) dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques (Jean Dujardin), un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent dans le film I feel good...

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Les réalisateurs Benoit Delépine et Gustave Kervern.

Et cette confrontation d’idées exutoire, c’est les deux réalisateurs à part Benoit Delépine et Gustave Kervern qui l’ont imaginée et réalisée. Et comme pour Mammuth (2009), Le Grand soir (2011), NDE (2013) ou encore Saint Amour (2015), ils ont choisi de collaborer avec le monteur Stéphane Elmadjian. Une collaboration comme toujours réussie, peut-être grâce à une entente parfaite entre les trois larrons. Stéphane Elmadjian expliquait en 2012, à nos confrères de 1001bobines : « J’ai leur avait dit que j’avais un seul principe : ne pas avoir de principe. Que s’ils avaient besoin d’être suivis, je les suivrais. Qu’après, ce serait à eux de voir si les choses fonctionnaient ou pas. Que j’interviendrais juste s’ils se perdaient. Que je les laisserais faire, sinon. C’est d’ailleurs bien ce que je fais, en règle générale. Quand un réalisateur sait ce qu’il veut, je suis. Des réalisateurs font parfois des choses qui ne fonctionnent pas et ça m’arrive de prendre la main. C’est plutôt rare. Je suis d’abord là pour les satisfaire. Prendre le pouvoir sur eux, ça ne m’intéresse pas. Gustave et Benoît avaient un univers tellement fort, tellement singulier, que je n’avais pas d’autre choix que de les laisser faire.  »

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Le monteur Stéphane Elmadjian.

Dès sa sortie de l’école en 1985, Stéphane Elmadjian travaille comme assistant-monteur sur des long métrages pendant une dizaine d’années. Outre le montage qui finit par devenir son métier, il réalise une dizaine de courts métrages, des vidéo-clips et des documentaires au sein d’une société de productions, Lardux Films. Il réalise entre autres Je m’appelle en 2002, un court métrage qui obtient de nombreux prix dans les festivals internationaux. C’est en 2008 qu’il réalise son premier long métrage, Comme un chat noir au fond d’un sac, qui évoque les traumatismes laissés par la guerre : « C’est d’abord une histoire personnelle, liée à mes origines. Étant assez proche de mes grands-parents arméniens, j’ai baigné dans ces problèmes de traumatismes. Même si c’était avec des fonds de tiroir, ce film, il fallait que je le fasse, coûte que coûte. C’est une forme d’exutoire. Ayant eu quelque succès avec deux courts-métrages auparavant, c’était pour moi le temps d’y aller. J’ai été assez touché par ces gens, anéantis par l’histoire avec sa grande hache, comme disait Pérec. J’avais cette nécessité d’en parler le plus souvent possible. Maintenant, à vrai dire, ça m’est un peu passé. Ce film m’a permis de passer à autre chose. Il me rapproche d’ailleurs de Gustave et Benoît qui, à leur manière, parlent également des petites gens.  »

Stéphane Elmadjian a toujours baigné dans l’univers cinématographique. Sa mère, Arménienne, était monteuse ; son beau-père, réalisateur. Travailler dans ce milieu a donc été pour lui une évidence, et il s’est très vite tourné vers le cinéma militant. Dans les premières images du film I feel good, on voit d’ailleurs une scène avec un plan large dans un centre Emmaüs. Au milieu sort un tee shirt avec écrit « Armenia » dans le dos... Un petit clin d’œil donc à ses origines !

Claire Barbuti

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En salles
I feel good, un film de Benoit Delépine et Gustave Kervern

par Claire le mardi 2 octobre 2018
© armenews.com 2018


 

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