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REGION ILE-DE-FRANCE Rubrique

L’Hommage à Arsène TCHAKARIAN de Valérie Pécresse


Madame Valérie Pécresse
Présidente de la Région Île-de-France a rendu hommage

Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Chers collègues,
Chers amis,

Arsène TCHAKARIAN repose désormais pour toujours chez nous, dans la terre du cimetière d’Ivry-sur-Seine, face au buste de Missak MANOUCHIAN, auprès des 23 compagnons du groupe MANOUCHIAN dont il était, à 101 ans, le dernier survivant.
Nous sommes heureux d’accueillir Madame Jacqueline TCHAKARIAN son épouse, et sa fille Corinne, pour nous souvenir ensemble de lui.
Arsène TCHAKARIAN fut un combattant, jusque dans son caractère - c’est ainsi que le décrivent ses proches. Un combattant contre tous les renoncements, même quand Paris était tombée, même quand certains avaient baissé la tête et détourné le regard sur ce qu’il se passait en 1942 sur notre sol. Pendant la guerre, il fut un combattant pour la liberté et la paix. Et après la guerre, ce fut un combattant inlassable pour la mémoire ; particulièrement de la mémoire du sacrifice de ses compagnons, fusillés sur le Mont Valérien. Il disait il y a quelques mois : « Je suis le dernier survivant et je leur ai juré, jusqu’à ma mort : Je vais m’occuper de vous, parler de vous, dire qui vous étiez, dire ce que vous avez fait. »
Installé à Vitry-sur-Seine depuis les années 1950, il n’a cessé de raconter, de dire, de transmettre son histoire auprès des jeunes. Il avait choisi de se battre pour le pays qui l’avait accueilli, jeune immigré arménien, né en 1916 dans une famille échappée de justesse au génocide. Apatride jusqu’à devenir officiellement Français en 1958. Mais Français, il l’était déjà depuis longtemps par ce choix qu’il posa de se lever contre la barbarie. Mais le groupe est décimé le 21 février 1944. Seul survivant, à 101 ans, Arsène TCHAKARIAN était devenu un passeur d’histoire.
Une histoire dont nous commémorons aussi les moments plus tragiques, les guerres, en cette année centenaire de la fin de la première guerre mondiale. Un centenaire qui nous permet de nous souvenir de toutes les guerres et de leurs victimes, de toutes ces blessures béantes dans l’histoire des hommes ; de ceux qui en sont morts, de ceux qui nous ont défendu, de ceux qui cherchent à tout prix à éviter les conflits, par un travail incessant de pacification et de transmission. Ce travail, nous le faisons aussi, à sa suite auprès des lycéens, des jeunes.
Les femmes et les hommes qui se sont battus pour que nous vivions en paix, ce sont des héros. Et même s’il s’en défendait, c’est à ce titre qu’Arsène TCHARKARIAN fut décoré, promu commandeur de la Légion d’honneur dans sa patrie d’adoption. La France. Qui lui sera éternellement reconnaissante. Comme elle sera éternellement reconnaissante envers tous les étrangers dont le cœur a vibré à l’appel des résistants dont le chant résonne encore en nos rangs. « Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ? »

Merci cher Monsieur TCHARKARIAN. Et je vais finir par ces vers de Louis ARAGON (1955) :
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

par Ara Toranian le jeudi 20 septembre 2018
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