EREVAN Rubrique

Onze personnes inculpées pour achat de votes aux municipales 2017


Onze personnes, dont un haut responsable du gouvernement local, ont été inculpées sur des accusations d’achats de votes pour le Parti républicain (HHK) lors des élections municipales de l’année dernière à Erevan, a révélé un communiqué.

A la base de cette affaire criminelle : des irrégularités signalées par l’alliance Yelk de l’opposition à la veille des élections de mai 2017 remportées par le HHK et son principal candidat, le maire sortant d’Erevan, Taron Markarian.

Les représentants de Yelk ont ​​trouvé des documents dans une poubelle à l’extérieur d’un bureau de campagne de HHK dans le quartier d’Arabkir. On y voyait des preuves d’opérations d’achat de voix par des loyalistes gouvernementaux, y compris les sommes d’argent et les directives pour acquérir des voix.

Le Service spécial d’enquête (SIS) a déclaré avoir poussé les investigations pour en savoir plus. Il a clos l’affaire pénale en août 2017, invoquant un manque de preuves.

Le SIS a lancé une nouvelle enquête peu après l’arrivée au pouvoir de l’un des dirigeants de Yelk, Nikol Pachinian, suite à une vague de manifestations de masse qui a fait tomber en mai le gouvernement dirigé par le HHK.

Selon un haut responsable de l’organisme chargé de l’application des lois, Davit Kostandian, les enquêteurs du SIS ont trouvé des preuves convaincantes appuyant l’idée qu’il y ait eu achat de voix en faveur du HHK. Kostandian a déclaré que l’opération illégale avait été menée par Hrayr Antonian, le chef d’un département de l’administration municipale d’Erevan, et Stepan Sahakian, le directeur exécutif d’une chaîne de supermarchés appartenant à un homme d’affaires lié au HHK.

Le responsable du SIS a affirmé que les résidents d’Arabkir avaient reçu 10 000 drams (21 dollars) chacun pour avoir promis de voter pour le HHK et le maire Markarian. Il n’a pas précisé combien de voix avaient été achetées de cette manière, affirmant seulement qu’Antonian et Sahakian avaient dépensé respectivement 48 millions de drams et 15 millions de drams pour des pots-de-vin.

Kostandian a déclaré qu’eux deux et les neuf autres suspects avaient plaidé coupable. Markarian, qui a démissionné de son poste de maire d’Erevan sous la pression du gouvernement en juillet, n’a pas encore été interrogé par le SIS.

Un autre document trouvé par Yelk en 2017 contenait les noms des policiers qui se sont engagés à rapporter un certain nombre de voix au HHK. Le document aurait été faxé via un numéro de la police arménienne.

Kostandian a déclaré que tous ces policiers ont été interrogés par les enquêteurs du SIS. Sans en dire davantage.

L’achat de voix était une pratique qui semblait largement répandue lors de presque toutes les grandes élections organisées en Arménie au cours des deux dernières décennies. Le HHK, dirigé par l’ancien président Serge Sarkissian, a été accusé par ses opposants et les médias de s’appuyer fortement sur cette pratique lors des dernières élections parlementaires d’avril 2017. Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ont déclaré qu’elles avaient « de nombreux rapports crédibles » d’achat de voix.

Le nouveau gouvernement dirigé par Pashinian s’est engagé à empêcher l’achat de voix lors des élections municipales anticipées qui auront lieu dimanche dans la capitale arménienne. Au début du mois, il a fait adopter par le Parlement des amendements juridiques qui ont considérablement renforcé les sanctions contre cette pratique illégale.

par Claire le mercredi 19 septembre 2018
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