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DINER DU CCAF Rubrique

Une soirée animée par Nikos Aliagas placée sous le signe de la convivialité et de la vérité, avec Emmanuel Macron et Taner Akçam


Pour sa septième édition, le dîner du CCAF a réuni un public éclectique et nombreux ce mercredi 29 janvier au soir, à l’hôtel du Collectionneur. Placé sous le signe du vivre ensemble, il a fourni l’occasion, en ces temps d’intolérance et de violence, de réaffirmer les valeurs de la République contre le négationnisme, l’antisémitisme, le racisme, qui représentent autant de visages d’une même politique de haine et de discorde nationale.

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Près de 500 personnes étaient dans la salle, à commencer par le président Emmanuel Macron toujours présent au rendez-vous, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education et de la Jeunesse Gabriel Attal ; mais aussi de nombreux élus, et en premier lieu la maire de la capitale, Anne Hidalgo, les présidents de conseils régionaux et départementaux, Valérie Pécresse et Patrick Devedjian, des élus (Benjamin Griveaux, Valérie Boyer, Luc Carvounas, François Rochebloine, François Pupponi, Guy Teissier, Guillaume Kasbarian, Danièle Cazarian, Georges Képénékian, ...), le premier président du CCAF, Alexis Govciyan, les ambassadeurs Hasmik Tolmadjian et Jonathan Lacôte mais aussi de pays amis des Arméniens, les représentants des divers cultes, de nombreuses associations, de l’Arsakh en France Hovannes Guevorkian, mais aussi de la République et des collectivités territoriales, qui, soucieux de témoigner de leur solidarité, ont tenu à faire le voyage pour assister à cette soirée, parfois en traversant un bout de la Méditerranée comme des représentants de l’exécutif corse, dont le président, Gilles Simeoni, pour la première fois présent, aux côtés du réalisateur Charlie Sansonetti.

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Des personnalités ont également défilé sur le tapis rouge, posant avec plaisir sous les flashs des photographes, qu’elles soient d’origine arménienne (Pascal Légitimus, Mathieu Madénian, Levon Sayan, Youri Djorkaeff, Arsen Goulamirian, Ara et Gorune Aprikian, Charles Villeneuve, Daniel Bilalian, Nicolas et Katia Aznavour, Armen Petrossian, Elise Boghossian, Robert Kechichian, Liz Sarian, ...), ou sympathisants à la cause (Line Renaud, Nelson Monfort, Audrey Pulvar, Bruno Le Roux, Dominique Sopo, …). S’il n’est pas resté pour le dîner, il est à noter que François Hollande avait tenu à montrer son amitié à la communauté arménienne en passant pour le cocktail de bienvenue, avec son sourire et son naturel habituels.

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Sur scène, c’est cette année Nikos Aliagas qui a endossé le rôle de maître de cérémonie, un costume qui allait parfaitement à l’animateur de TF1. Il a rappelé à quelque point il avait la sensation d’être avec des amis, lui qui est d’origine grecque et voit ainsi tant de ressemblances entre les trajectoires des deux pays.

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La soirée a débuté par un hommage à Jacques Chirac, qui nous a quittés il y a quelques mois. Hasard du calendrier, le dîner du CCAF avait lieu cette année le 29 janvier 2020, soit 19 ans jour pour jour après la promulgation de la loi de reconnaissance du génocide des Arméniens sous sa présidence. Un diaporama photos des engagements de l’ancien chef d’Etat auprès de la communauté arménienne a été projeté.

Anne Hidalgo : Un centre de la mémoire dans le 15e

La parole fut ensuite donnée à Anne Hidalgo, qui a vanté la capacité des Arméniens à porter leur histoire tout en étant résolument tourné vers l’avenir.

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«  Je ne m’appellerai pas Anne Hidalgo si je ne vous parlais pas de TUMO », a plaisanté la maire de Paris, qui a parlé de cette réussite à Paris, mais aussi de tant d’autres, et notamment la rénovation récente de l’Eglise arménienne catholique. Elle a confirmé la création prochaine, dans le 15e arrondissement, d’un centre de la mémoire et de la culture arménienne, qui célébrera encore davantage l’amitié entre Paris et l’Arménie.

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Après un hommage à Charles Aznavour - « Comment ne pas lui dire merci ? » - elle a loué le courage de Taner Akçam présent dans la salle, mais également du député Garo Paylan, «  toujours dans nos cœurs  ».

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Valérie Pécresse : « Un peuple de bonne espérance »

Elle a cédé la parole à Valérie Pécresse, qui a commencé par citer Jacques Chirac : alors qu’elle était conseillère à l’Elysée de l’ancien président, elle a assuré que c’était là qu’elle avait entendu pour la première fois parlé de la cause arménienne, auprès notamment de Patrick Devedjian présent à la table d’honneur.

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La présidente de la région Ile-de-France a ensuite repris les mots de Lamartine, qui parlait des Arméniens comme d’un « peuple de bonne espérance », une façon pour elle de prouver les liens historiquement fort entre les deux pays. Et plus particulièrement avec sa région puisque, l’a-t-elle assuré en parlant d’une anecdote à l’église St Denis, « il y a des traces d’Arménie un peu partout en Ile-de-France ».

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Si Valérie Pécresse parle d’une déclaration d’amour vis-à-vis du peuple arménien, elle a surtout voulu mettre en avant les preuves de cet attachement, assurant que la région allait continuer son combat pour les Chrétiens d’Orient, et son travail avec la Nouvelle Arménie dans les domaines de l’écologie, de l’urbanisme et de la gestion des déchets. Elle est également revenue sur son plus gros projet, à savoir la coopération avec l’UFAR, dont les travaux d’agrandissement vont commencer d’ici la fin de l’année. Un partenariat avec le Tavouch a également été finalisé pour y créer une école d’agriculture... Pour, pourquoi pas, avoir des fromages arméniens au repas du dîner du CCAF 2021 ! Elle a conclu en assurant que la région tendra la main à Paris pour finaliser la création du Centre culturel des Arméniens tant attendu.

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Taner Akçam : Vérité, courage et engagement

Puis le «  héros  » de la soirée est monté sur scène, lui qui a eu ce « courage d’affronter tous les risques », tel que l’a présenté Nikos Aliagas. Cette année, le CCAF a ainsi décidé de remettre sa médaille du Courage à un homme qui n’en manque assurément pas : l’historien turc Taner Akçam, qui vient de publier Ordres de tuer, un essai dans lequel, accumulant les preuves, il démantèle les arguments négationnistes du génocide des Arméniens.

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Venu spécialement des Etats-Unis pour recevoir cette distinction, il s’est montré particulièrement touché : « Ce n’est pas seulement un grand honneur pour moi, mais c’est aussi un tournant dans ma vie. Je vous l’affirme avec d’autant plus d’humilité, voire un certain embarras, que je sais que je ne la mérite pas pleinement, a déclaré l’homme en montant sur scène. Ce n’est pas de la fausse modestie de ma part. Il n’y a vraiment rien de spécial dans mes travaux qui mérite d’obtenir cette récompense et j’imagine que vous êtes nombreux ce soir à savoir de quoi je parle. Mes travaux de recherche n’ont rien de tapageurs, ni d’extraordinaire – ma recherche est presque banale au point d’être même ennuyeuse. J’essaie simplement de dire la vérité : que la vérité et rien que la vérité…  ». Si dire la vérité ne devrait plus faire l’objet de tant d’éloges, cela devient une nécessité au regard de l’attitude de la Turquie aujourd’hui : « Avec ironie, la raison pour laquelle je suis ici parmi vous renvoie au gouvernement turc et à sa politique de déni. Face à la politique négationniste de longue date et de plus en plus ridicule de la Turquie, un acte aussi banal qui consiste à simplement dire la vérité devient en quelque sorte une exaltation à l’échelle de la reconnaissance publique et élevée à la valeur de prix ! ».

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Taner Akçam, accompagné de sa fille.

Taner Akçam a continué son discours, devant un public suspendu à chacune de ses paroles dites en anglais, en rendant hommage à la figure de Hrant Dink, son ami, journaliste qui a payé de sa vie son désir d’édifier un pont entre Arméniens et Turcs : « Ce que Hrant a accompli consistait à créer une petite ouverture dans le mur du déni, une brèche à travers laquelle les rayons de lumière pouvaient atteindre les yeux et les cœurs fermés. Et c’est là que j’ai trouvé la réponse à ma question : ma tâche - celle à laquelle je m’emploie pleinement - est d’élargir cette brèche et de permettre le passage de toujours plus de lumière.  » Une lumière qui passe donc par la possibilité de continuer à démonter, point par point, la politique de négation de l’Etat turc, en insistant sur deux points plus particulièrement : « Premièrement, le déni est souvent considéré comme une attitude idéologique acceptable, bien qu’erronée, envers les atrocités des crimes de masse. Le deuxième malentendu, lié au premier, suppose que confronter le déni consiste seulement à établir une attitude « morale » à l’égard de ce crime, qui a depuis longtemps disparu dans les pages de l’histoire. Toute connexion avec le présent étant effectivement impossible. Ces perceptions erronées constituent une conséquence logique de ce que j’appelle la compartimentation temporelle : il s’agit d’une tendance à placer le passé et le présent dans des catégories différentes et à ignorer leur interconnexion. »

Honoré, humble et reconnaissant, Taner Akçam a fini son discours en insistant sur le présent : « Pour moi, c’est là le sens de ce prix spécial que vous me décernez : une reconnaissance de la lutte pour la vérité et la justice contre le déni. C’est le seul moyen de respecter les victimes, de sortir de ce carcan et d’assurer un avenir de démocratie et de paix au Moyen-Orient. » S’en est suivi une standing ovation de la part de l’ensemble du public, dont Emmanuel Macron.

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Ara Toranian : Une Arménie libre comme revanche sur le génocide

Les coprésidents du CCAF ont ensuite pris la parole. Ara Toranian a choisi de construire son discours en anaphore, s’adressant à plusieurs reprises directement à « Monsieur le président  » : «  Mes premiers mots iront au président de la République, qui cette année encore nous fait le grand l’honneur de sa présence. Nous apprécions à sa juste valeur ce geste d’amitié. Il souligne, je crois, la place qu’occupe notre communauté dans l’histoire de la France. Mais surtout, cet engagement, car c’en est un, contribue aussi à mettre en relief la cause universelle dont les Français d’origine arménienne sont les porteurs  », a-t-il commencé. Il est ainsi symboliquement fort de constater que ce dîner du CCAF avait lieu 19 ans jour pour jour après la promulgation par Jacques Chirac de la loi de 2001. Depuis lors, de nombreuses avancées ont eu lieu, et notamment l’inscription de la date du 24 avril sur le calendrier républicain.

Ara Toranian a continué en mettant l’accent sur les minorités opprimées, «  et notamment les minorités religieuses persécutés comme les chrétiens d’Orient, dont l’église arménienne est si emblématique. Et comment ne pas penser en ce moment aux cinq Français membre de l’association SOS chrétiens d’Orient disparus en Irak  », remerciant le président de la République pour «  le soutien que vous n’avez cessez de leur apporter jusqu’à très récemment avec le fonds en faveur des écoles des chrétiens d’Orient, dont vous avez annoncé le lancement à Jérusalem le 22 janvier.  »

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Ara Toranian a ensuite mis en avant l’Arménie libre, démocratique, progressiste, ouverte sur l’Europe et l’Asie, qui est « la plus belle revanche qu’on pouvait espérer sur le génocide. » Cette Arménie qui « a réussi à planter sur cette infime partie de ses territoires historiques libérés, le drapeau de la démocratie, des droits de l’homme et du progrès. Un pays porté vers les nouvelles technologies qui affichait l’année dernière une croissance de 7% et dont le PIB par habitant dépasse aujourd’hui celui de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie voisine. Une Arménie qui serait même devenue le « Tigre du Caucase », selon l’hebdomadaire britannique Time du 14 décembre 2019. Et ce, sans rente pétrolière et tout en subissant depuis 30 ans le double blocus de la Turquie et de l’Azerbaïdjan ».

Une fierté que tous partagent, tout comme toute la salle était fière de l’engagement des soldats en Artsakh : « Outre la mémoire du génocide et la question du développement et de la sécurité de l’Arménie, les Français d’origine arménienne ont aussi à cœur le sort de l’Artsakh qui joue chaque jour sa survie sur la ligne de front avec l’Azerbaïdjan, a-t-il souligné avant d’ajouter : Bravo, pour votre résistance, qui gardera valeur d’exemple dans le combat des peuples pour la dignité et la liberté ! Bravo pour votre courage qui constitue aussi le meilleur rempart pour le droit à l’existence, le développement et la sécurité de l’Arménie. »

Le coprésident a fini par évoquer des sujets plus délicats, en premier lieu celui des chartes d’amitié : « Je ne reviendrai pas ici sur la controverse aussi technique que diplomatique concernant les chartes d’amitié. Mais, nous dissuaderez-vous de rechercher avec votre gouvernement les moyens politiques et juridiques susceptibles de donner à ce droit imprescriptible qu’est celui à la solidarité, les moyens de s’exprimer ? Nous voulons croire le contraire. Idem en ce qui concerne la loi de pénalisation du négationnisme à laquelle nous ne pouvons renoncer, le génocide arménien étant le seul en France à ne pas bénéficier d’une protection légale contre ce fléau. Or, la dignité humaine et la solidarité ne se divisent pas. »

Mourad Papazian : Un appel pour que la Turquie reconnaisse le génocide

A l’instar d’Ara Toranian, Mourad Papazian a abordé la question de la sécurité de l’Arménie et de la République d’Arstakh, toujours en butte à l’agressivité de l’axe Ankara-Bakou, à l’heure où les menées panturquistes de M. Erdogan menacent la région et l’Europe. Le coprésident du CCAF s’est ainsi dit ravi d’accueillir de nouveau autant de personnes ce mercredi au soir, prenant la parole pour rappeler les engagements des Français d’origine arménienne : « Nos engagements en France sont ceux qui sont promus par l’esprit de la République. Par les atrocités que nous avons vécues en tant que Nation génocidée, par notre statut de minorités à travers le monde, mais aussi parce que nous avons vécu comme un miracle l’arrivée dans de nombreux pays, nous savons dire merci à toutes les sociétés qui ont créé les conditions pour que nous soyons accueillis. »

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Puis, s’en prenant direct à Erdogan, il a souhaité dénoncer une logique implacable, qui passe par «  la stratégie d’infiltration organisée par Erdogan depuis une quinzaine d’années dans le cadre des Frères Musulmans« . Mourad Papazian étant d’autant plus inquiet que : «  Nous n’avons cessé d’alerter dès le début des années 2000, tous les gouvernements français qui se sont succédés sur la dangerosité du pouvoir Erdogan et sur sa volonté d’infiltrer en France et en Europe, les forces politiques, les syndicats, les mouvements étudiants, les milieux universitaires pour peser de l’intérieur et mieux organiser l’ingérence. Erdogan et ses fidèles sont venus organiser, politiser et financer la communauté turque de France pour qu’elle soit aux ordres d’Ankara. Erdogan a déclaré à de nombreuses reprises que chaque turc en Europe devait être un ambassadeur de la Turquie. Et le projet des écoles turques en France est de former des jeunes dans cet état d’esprit.  » Le coprésident du CCAF a expliqué qu’Erdogan, se rendant compte de la faiblesse de la réaction occidentale, ne peut qu’être encouragé à tous les excès et toutes les atrocités : «  Et c’est la raison pour laquelle, l’Etat est resté structurellement violent. Elle restera structurellement violente tant qu’elle ne se sera pas réconciliée avec sa conscience. Et cette question sera résolue avec la reconnaissance du génocide arménien. Et c’est rendre service à la Turquie et au peuple turc que de contraindre le gouvernement de reconnaître le génocide des Arméniens, a exprimé Mourad Papazian, avant de s’adresser directement à Emmanuel Macron : »Il est vrai, vous savez monsieur le président, que nous avons ce défaut, celui qui est d’être direct : alors, oui nous vous demandons de lancer un appel à la Turquie pour qu’elle reconnaisse le génocide des Arméniens. Et cet appel doit être lancé aussi par tous les partenaires européens. »

Il a également parlé de la problématique de la pénalisation du négationnisme du génocide arménien en France, le seul du XXe siècle à ne pas être protégé du déni par la loi : «  Monsieur Emmanuel Macron, le génocide arménien sera-t-il le seul génocide dont la négation ne sera jamais pénalisée en France ? »

Emmanuel Macron : « Le devoir de la France est d’être au côté de l’Arménie »

Enfin, le discours tant attendu du président de la République française, Emmanuel Macron, put débuter. Dans un style convivial, le chef de l’Etat s’est évertué, comme l’année précédente, à répondre point par point aux invectives que les coprésidents du CCAF lui avaient faites. «  La République n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle regarde son histoire » : il a mis en avant la continuité entre présidents, rappelant la loi promulguée par Jacques Chirac, et la promesse de campagne que le marcheur a mise en place cette année, à savoir faire du 24 avril une journée nationale de commémoration du génocide des Arméniens.

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« On ne construit aucune grande histoire sur un mensonge », a-t-il mis en avant, rendant un vibrant hommage à Taner Akçam, qui était à ses côtés à la table d’honneur. Il a également tenu à souligner le rôle des Nouvelles d’Arménie Magazine, saluant le travail des représentants du journal.

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Parlant de l’éducation, il a assuré être le « garant de notre souveraineté  », rappelant que l’école n’était pas le lieu où les identités s’affrontent mais là où les Français se forment, dans le respect des lois républicaines : «  J’aurai dans quelques jours à m’exprimer sur la lutte contre le communautarisme et les ingérences étrangères que je condamne. Nous aurons besoin de vous. Il sera mis fin aux pratiques éducatives qui ne respectent pas les lois de la République. »

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Concernant l’une des principales préoccupations de la communauté arménienne – à savoir une « pénalisation plus large et systématique » de la négation du génocide – le chef de l’Etat français s’est dit favorable au travail qui est actuellement en place, afin de trouver un chemin juridique acceptable pour aboutir à une telle loi. « Et je tiens à vous rassurer : je ne suis pas du genre à ne pas prendre les décisions difficiles, même à la fin d’un mandat ! ».

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La dignité était également une de ses préoccupations, parlant de la solidarité humaine qui ne se divise pas pour évoquer le sort des Chrétiens d’Orient. Emmanuel Macron, fidèle à sa promesse faite à l’appel de Nadia Murad récompensée l’année dernière de la médaille du Courage du CCAF, a accueilli en France 100 femmes yézidies et leurs enfants. Un nouveau travail a été mis en place avec un Fonds destiné à accompagner les écoles pour les Chrétiens d’Orient : «  Nous allons investir ».

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Sur le sujet de l’Artsakh, le président de la République a assuré que « la France sera là », fidèle à son rôle de puissance d’équilibre, sachant que personne n’a intérêt à ce que le statut quo s’enlise. Expliquant avoir parlé à la fois à Ilham Aliev, et à Nikol Pachinian, il a assuré que, au printemps, les choses pourraient avancer...

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Enfin, il en est venu à l’épineux sujet des chartes d’amitié : « Je veux être clair et honnête : je veux définir des moyens plus efficaces  », a-t-il dit. Pour lui, si via ces chartes l’idée est de former une solidarité, alors il faut trouver un cadre juridique pour soutenir les populations d’un point de vue culturel, humanitaire.

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« Le devoir de la France est d’être au côté de l’Arménie », a-t-il scandé, et de continuer à investir dans cette Nouvelle Arménie. Après ce discours d’une quarantaine de minutes, Emmanuel Macron s’est prêté de bonne grâce à l’exercice des selfies avec les convives qui l’ont applaudi.

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Texte et photos : Claire Barbuti

par Claire le jeudi 30 janvier 2020
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