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Le représentant américain pour la Syrie en visite à Ankara


Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, effectuait mardi une visite à Ankara pour des entretiens axés sur la Syrie, alors qu’une offensive sur l’enclave rebelle d’Idleb semble imminente.

M. Jeffrey s’est notamment entretenu avec le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, qui a évoqué sa « gêne » vis-à-vis de la présence en Syrie de milices kurdes considérées comme « terroristes » par la Turquie. La Turquie considère en effet les Unités de protection du peuple (YPG) comme une extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé « terroriste » par Ankara, mais aussi Washington. Or, les Etats-Unis coopèrent étroitement avec les YPG dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), ce qui provoque la fureur d’Ankara.
M. Akar a souligné « la nécessité que l’organisation terroriste séparatiste quitte entièrement la région », selon un communiqué du ministère.

M. Jeffrey achevait mardi une tournée au Moyen-Orient, avec l’envoyé spécial américain pour la Syrie Joel Rayburn, comptant notamment des étapes en Israël et en Jordanie. Au programme de ces visites figure entre autres le sort de la province syrienne d’Idleb.

Dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales, Idleb est dominée à 60% par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l’ex-branche d’el-Qaëda) et compte également une multitude de groupes rebelles.
Le Kremlin, fervent soutien de Damas, a annoncé mardi que l’armée syrienne « s’apprête à régler » le problème du « terrorisme » dans cette province frontalière de la Turquie.

Selon un communiqué publié par le département d’Etat vendredi, MM. Jeffrey et Rayburn « réitèreront (en Turquie et en Jordanie) la position américaine sur le fait qu’une offensive militaire à Idleb provoquerait une escalade de la crise en Syrie et dans la région ».

S’exprimant lundi, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a assuré que la Turquie aborderait, outre la question d’Idleb et d’une solution politique au conflit syrien, « le soutien américain au PKK/YPG et leurs armes ».
La Turquie, soutien des rebelles syriens, s’oppose elle aussi à une offensive contre Idleb, M. Cavusoglu évoquant même le risque d’une « catastrophe ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, dont le pays sont les garants du processus d’Astana, doivent s’entretenir vendredi de la situation en Syrie lors d’un sommet en Iran.

par Stéphane le mercredi 5 septembre 2018
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