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Simon Abkarian et François Berléand : un épicier et un psy chez Cédric Klapisch


Deux Moi, le nouveau film de Cédric Klapisch, sort en salles ce mercredi 11 septembre. Une douce comédie qui interroge l’habituel et dans laquelle Paris tient un rôle à part entière, aux côtés de l’excellente distribution qui compte notamment Simon Abkarian et François Berléand.

Rémy et Mélanie ont 30 ans et vivent autour de la Gare du Nord à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu’il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense que se rencontrer devrait être plus simple... Deux individus, deux parcours. Mais sans le savoir, ces voisins empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction... Et ce grâce notamment à l’épicier Mansour, aussi drôle que bavard, interprété par un Simon Abkarian qui utilise tout son bagou et son art du pas de danse pour tenter de tisser du lien dans son commerce, une version réduite des cultures culinaires du monde entier. Un personnage haut-en-couleur qui lui correspond bien : « Chez moi, au Liban, quand on veut apprendre des choses sur soi ou sur sa famille, on va chez l’épicier. Et je trouvais ça assez joli que tout le quartier passe par la boutique de cet épicier. Ce bonhomme a une idée de qui sont ses clients et je crois qu’il ne se trompe pas ». Un sorte de psy inavoué, qui se fait payer ses conseils et ses contacts par l’achat de riz, de sauce, d’épices...

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Simon Abkarian dans Le Poisson Rouge, un court-métrage réalisé par Cédric Klapisch et tiré de l’opération de prévention « 3000 scénarios contre un virus ».

Simon Abkarian et Cédric Klapisch, c’est une grande histoire d’amitié. Alors qu’il collabore au début de sa carrière au théâtre d’Ariane Mnouchkine, l’acteur décroche son premier rôle sur les écrans grâce à Cédric Klapisch qui le fait d’abord joué dans ses courts-métrage à la fin des années 80 avant de lui proposer un rôle dans Chacun cherche son chat en 1996. Depuis amis, cela faisait pourtant 16 ans qu’ils n’avaient plus tourné ensemble : « Ca devenait presque absurde de se voir chez moi ou à la campagne, de passer les réveillons ensemble et de ne pas travailler ensemble ! », confie le réalisateur, qui n’avait plus fait tourner le comédien arménien depuis 2003 et le film Ni pour, ni contre (bien au contraire). Une complicité hors plateau qui se ressent à l’écran : « Il y avait quelque chose de fluide entre lui et Cédric, ils s’entendaient bien et les scènes étaient faciles et drôles », se souvient Ana Girardot, qui a apprécié cette première collaboration avec celui qui est également en ce moment à l’affiche dans le poétique dessin animé Les Hirondelles de Kaboul : « Simon, c’est le soleil ! C’est le circassien ! C’est bienvenu au spectacle ! C’est la générosité entre les prises ! ».

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Si le film joue beaucoup sur la drôlerie des situations, parfois très cocasses, mais toujours parfaitement rythmées, une dimension plus psychologique est également à noter. En effet, les personnages joués par Ana Girardot et François Civil consultent tous les deux un psy, respectivement interprétés par Camille Cottin et François Berléand. Ce dernier a lui-même suivi une psychothérapie adolescent, et campe ici parfaitement ce psy en fin de carrière qui tente au mieux d’accompagner son patient dans un cheminement qui lui est propre. Pas très bavard mais bienveillant, l’acteur lui aussi d’origine arménienne offre ici une prestation sans faute.

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Car tout le monde a des moments de déprime, issus de plus ou moins petits traumatismes qui peuvent devenir de grandes blessures si on ne les soigne pas comme il faut. Comme le souligne Cédric Klapisch : « Dans ce film, je voulais vraiment rester « petit », m’attacher à des choses minuscules du quotidien. Se faire larguer, avoir une promotion, se faire offrir un chat par la voisine, prendre un cours de danse, aller à l’épicerie... » Car grâce à l’épicier joué par Simon Abkarian, une belle scène de danse de kompa permet aux personnages de s’abandonner totalement. Une scène que le comédien de La Bête sur la Lune s’est beaucoup amusée à tourner : « C’est facile... Moi, à la base, je suis un danseur exceptionnel ! ».

Claire Barbuti

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Deux moi, de Cédric Klaspisch
Avec Ana Girardot, François Civil, François Berléand, Camille Cottin, Simon Abkarian, ...
En salles le 11 septembre

par Claire le dimanche 8 septembre 2019
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