CINEMA Rubrique

Simon Abkarian dans Les Hirondelles de Kaboul


Eté 1998, Kaboul en ruines est occupé par les talibans. Mais certains continuent à combattre à leur échelle contre l’obscurantisme. Tel le couple Mohsen et Zunaira, dont l’amour passionnel est mis à rude épreuve par l’atmosphère ambiante. Ou encore Atiq, qui garde la prison pour femmes mais se pose de plus en plus de questions sur le système et le traitement des femmes, alors que son épouse est mourante et qu’un frère de combat lui conseille de la répudier car " aucun homme ne doit quoi que ce soit à une femme ».

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En tant qu’actrice, Zabou Breitman en a fait des doublages de films d’animation. Mais si elle a accepté de passer à la réalisation au côté d’Eléa Gobbé-Mévellec, c’est parce qu’elle souhaitait faire différemment du processus habituel de fabrication : dans Les Hirondelles de Kaboul, ce sont les acteurs qui jouent, puis les animateurs qui s’inspirent pour créer le dessin. Elle explique les conditions de tournage pour enregistrer les voix : « Les acteurs étaient habillés, on avait les tchadris, les turbans, et même les kalachnikovs ! Et ils jouaient les scènes. Ce sont des acteurs créateurs : ils sont capables d’hésiter, de tousser, d’improviser ». Et ainsi faire avant tout primer l’émotion. Puis les animateurs ont reproduit les gestes, les mimiques, les rythmes, des comédiens, à commencer Simon Abkarian, qui incarne le personnage principal.

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Atiq, ancien moujahhidine, traîne sa jambe et son désarroi entre son domicile où sa femme est en phase terminale d’un cancer, et la prison pour femmes où il est gardien. Le charismatique comédien a été personnellement choisi par Zabou Breitman, et ce n’est pas un hasard : « Je savais que Simon connaissait les ablutions, qu’il savait nouer son turban. Hiam Abbass (qui joue sa femme) et lui savent comment s’asseoir par terre. Je me disais aussi que ce serait bien que ce couple âgé ait un léger accent, quelque chose dans le son de la voix qui ne soit pas franco-français ».

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Serge Bagdassarian vient compléter par le rôle du Mollah un casting minutieusement choisi, et où chacun donne les traits de son visage en plus de sa voix au personnage, ce qui amplifie la belle force dramatique de l’œuvre qui a été en compétition pour le prix Un certain regard à Cannes, a obtenu le Prix de la Fondation Gan à la Diffusion au Festival du Film d’animation d’Annecy et la semaine dernière le Valois de Diamant du Festival du film francophone d’Angoulême. Le résultat : une animation épurée, où les mouvements ne sont pas ceux, souvent expressionnistes, de l’animation habituelle. Et qui laisse poindre de l’espoir, de la poésie, de la douceur dans une société qui en a bien besoin.

Claire Barbuti

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Les Hirondelles de Kaboul, en salles le 4 septembre 2019 (1h 20min)
De Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec
Avec Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swann Arlaud, Hiam Abbass, Serge Bagdassarian, ...
D’après l’œuvre de Yasmina Khadra

par Claire le mardi 3 septembre 2019
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