TURQUIE

Le président d’Amnesty en Turquie libéré


Un tribunal d’Istanbul a ordonné mercredi la remise en liberté conditionnelle du président d’Amnesty International en Turquie Taner Kiliç, qui a quitté la prison quelques heures plus tard.
« Ok, maintenant, nous pouvons commencer à faire la fête. Taner est vraiment libre », a lancé sur twitter Andrew Gardner, un chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty, basé à Istanbul. Il a publié à l’appui une photo de Taner Kilic en compagnie de sa famille. Taner Kilic avait été incarcéré en juin 2017. Il était détenu à Izmir, dans l’ouest du pays.

Andrew Gardner avait annoncé un peu auparavant la libération conditionnelle du président d’Amnesty, tout en se montrant prudent. Un tribunal avait en effet déjà ordonné fin janvier la libération de M. Kiliç, avant qu’une autre cour n’annule cette décision. M. Kiliç était resté derrière les barreaux après cet imbroglio judiciaire.

Cette nouvelle décision du tribunal était inattendue et survient au lendemain d’un développement tout aussi soudain dans une autre affaire judiciaire : un tribunal a libéré mardi soir deux soldats grecs détenus depuis mars.

La libération de ces militaires a fait souffler un vent d’optimisme sur les marchés turcs qui espèrent désormais une amélioration des rapports avec l’Europe, aidant la livre turque, qui s’est effondrée la semaine dernière sur fond de crise entre Ankara et Washington, à reprendre quelques couleurs mercredi.

Ecroué depuis plus d’un an, M. Kiliç, un avocat de formation, est accusé par les autorités turques d’appartenir au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué de l’été 2016, ce qu’il nie fermement.

Le procès de M. Kiliç a renforcé l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’Homme quant à l’érosion des libertés en Turquie depuis la tentative de putsch. Après la mise en échec du coup de force militaire, le gouvernement turc a lancé des purges massives qui ont conduit à l’incarcération de dizaines de milliers de personnes, dont des journalistes critiques et des acteurs de la société civile.

par Stéphane le jeudi 16 août 2018
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