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Programme “peinture à l’oeuvre”, avec notamment Serge Avédikian


Dans le cadre du séminaire du master 2 cinéma et audiovisuel de l’université de Paris Sorbonne Nouvelle, “Praxis de la programmation”, orchestré par Mme Nicole Brenez et Pascale Cassagnau (du cnap), trois étudiant-e-s ont décidé de présenter un programme nommé “peinture à l’œuvre”. Ce projet réunit des œuvres du Centre National des Arts Plastiques ainsi que des films du cinéaste franco-arménien Serge Avédikian, notamment Chienne d’histoire, lauréat de la Palme d’or.

Comment le cinéma, mystérieux jeu d’ombres et de lumière, peut-il dire la Catastrophe quand les images manquent ?

Cette séance aura lieu le 21 mai à 19h à l’Institut National d’Histoire de l’Art, 2 rue Vivienne, juste à côté de la Bibliothèque nationale Richelieu. L’entrée est libre.
Pour suivre l’actualité de l’événement, rendez-vous sur facebook :
https://www.facebook.com/events/2058374461122486/

Le détail du projet :

Films programmés
- Chienne d’Histoire, de Serge Avédikian (15 min), 2010
En 1910, le gouvernement de Constantinople décide de se débarrasser des chiens errants devenus trop nombreux dans les villes, en les déportant sur une île déserte.
Réalisé à partir de peintures de Thomas Azuelos
Ce film a reçu la Palme d’or du court-métrage au Festival de Cannes.

- Ligne de vie de Serge Avédikian (12 minutes), 2003
Face aux absurdités et aux horreurs d’un camp de concentration, les dessins d’un détenu se révèlent d’être un dernier témoignage d’existence pour ses compagnons. Une nuit il est surpris en train de dessiner avec un gardien …

- Degenerate art lives, de Yael Bartana (5 min), 2010
L’art dégénéré, traduction de l’allemand “Entartete Kunst”, nommé ainsi par les nazis pour moquer l’art moderne et mettre en avant un art officiel qui ne mettrait pas en péril le parti, prend vie dans ce court métrage d’animation en 16 mm.

- Shadow procession, de William Kentridge (8 min), 1999
A travers une procession dont le but est tu, William Kentridge plonge le spectateur dans un théâtre d’ombres esthétique et incertain.

- Paysage emprunté, de Dania Reymond (20 min), 2011
La description de mémoire du tableau de Bruegel «  »Le Massacre des innocents«  » par plusieurs regardeurs sert de support et de prétexte à une reconstitution fictive et manquée du génocide de Srebrenica. La mémoire, l’oubli et la cessité sont les sujets aveugles de ce film. Par ce dispositif le film interroge aussi la place ambivalente qu’a occupée la communauté européenne vis-à-vis de cet événement.

Les différents films proposent d’établir un échantillon des techniques artistiques utilisées au cinéma. La peinture, les ombres, et le papier découpés sont des techniques d’animation courantes et pourtant elles permettent chacune à leur manière une immersion totale dans l’univers de l’artiste. Les cinéastes empruntent ici le pinceau des peintres sur mettre des mots sur l’indicible. « Le dessin était je crois la seule manière de rendre palpable cette horreur », explique ainsi le cinéaste Serge Avédikian dans un entretien pour Libération, avant d’ajouter « J’ai découvert en faisant Chienne d’histoire la force de la métaphore et je n’imaginais pas que les gens allaient à ce point penser que c’était une métaphore du génocide arménien ». En effet, il est bien question d’images mais aussi du pouvoir d’« imagination » déployé par le cinéma pour dire l’impensable.

Intervenants :
Serge Avédikian
Dania Reymond (sous réserve)

par Claire le lundi 6 mai 2019
© armenews.com 2019


 

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