DIPLOMATIE Rubrique

Le ministre Zohrab Mnatsakanyan à l’IFRI de Paris


Quelle est la politique étrangère de l’Arménie depuis la Révolution de velours ? C’est notamment pour répondre à cette question que le ministre des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanyan, a rencontré ce mercredi 17 avril 2019 dans la matinée à l’IFRI de Paris des spécialistes des relations internationales et des journalistes, pour une « discussion ouverte » comme il l’a tout de suite indiqué face à une petite cinquantaine de personnes, dont l’ambassadrice Hasmik Tolmadjian et Dominique David, ce dernier étant le conseiller du président de l’Ifri qui a modéré ce colloque.

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Alors qu’il avait rencontré la veille son homologue français, Jean-Yves Le Drian, l’homme politique arménien a tenu a commencé ce séminaire restreint en partageant « la forte solidarité de l’Arménie suite à l’immense tragédie survenue à Notre-Dame », monument qui prouve « l’énorme contribution de la France à la civilisation ». Ajoutant n’avoir aucun doute sur le fait que la France allait s’en relever.

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Puis a commencé une présentation plus spécifiques des grandes lignes de la politique de l’Arménie depuis la Révolution de velours intervenue au printemps 2018. Il a insisté sur le fait que, depuis son arrivée en poste, la vie politique arménienne s’était développée, avec un renforcement des institutions, des droits de l’homme, de l’indépendance du domaine judiciaire, de la répression de la corruption, de l’oligarchie et de toutes pratiques négatives. « Nous sommes témoins du pouvoir de la volonté politique : avec cela, nous pouvons d’ores et déjà voir des résultats visibles », a assuré Zohrab Mnatsakanyan, précisant que tout était mis en place pour que les Arméniens puisse développer toutes les opportunités grâce à cette « Révolution économique ». Alors oui, ce n’est peut-être pas un processus des plus faciles - « mais nous savons vers où nous voulons aller, a clamé le ministre. Et nous sommes déterminés car nous avons un mandat fort et populaire  ».

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Il s’est ensuite plus particulièrement intéressé à la politique internationale de l’Arménie. « C’est celle d’un pays ayant d’importantes difficultés, mais qui repose sur trois piliers : la Russie, l’Union européenne et les Etats-Unis », le tout en gardant toujours à l’idée que le plus important est la sécurité du peuple arménien. Donc, le nouveau gouvernement souhaite resté cohérent à la ligne diplomatique de l’ancien régime, jouant autant que faire ce peu un rôle d’équilibriste entre les différentes forces présentes dans la région.

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Concernant plus particulièrement le conflit du Haut-Karabagh, il a rappelé que sa principale préoccupation est la sécurité physique des 150 000 habitants. « La sécurité et le statut, deux points qui sont au cœur des priorités des Arméniens, a-t-il souligné. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’alternative à une résolution pacifique ». L’autre question importante porte sur le format que doivent prendre ses négociations : « Pour nous, le groupe de Minsk de l’OSCE reste essentiel, il a montré son efficacité. » Mais il faut également que le Haut-Karabagh lui-même soit autour de la table, « une manière de sécuriser le processus de négociation » : en effet, Nikol Pachinian représente uniquement les Arméniens qui l’ont élu, et donc pas les Karabatsis. Or, ce sont les premiers concernés... Il faut également développer certaines mesures nécessaires d’après la partie arménienne, telles que l’envoi de journalistes pour promouvoir des deux côtés l’esprit de paix, ou encore résoudre des problèmes humanitaires (prisonniers, droit de visite des familles, sécurité pour les paysans, ...). Des mesures appelées de ses voeux par la partie arménienne lors des différentes rencontres internationales qui ont pu avoir lieu ces derniers mois. « Et ce qui est aussi important, c’est la solidarité des trois coprésidents du groupe de Minsk, malgré leurs divergences sur d’autres sujets par ailleurs, a tenu à noter Zohrab Mnatsakanyan. Car personne ne gagnerait à l’instabilité. »

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Parlant de la Russie, le ministre arménien des Affaires étrangères l’a décrite comme « un allié solide ». Interrogé sur la dépendance à l’égard de cette puissance, il a campé sur l’idée que « nous savons qui nous sommes : une nation de 3 millions d’habitants, qui doit agir pour défendre ses intérêts vitaux. C’est difficile mais nous sommes définitivement, quoi qu’il arrive, pro-Arménien ! ». Et être dans l’Union économique eurasienne est un plus de ce point de vue-là car il permet l’ouverture à un nouveau marché.

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« Mais nous ne pouvons être pris en tenaille, et risquer un vide sécuritaire, a expliqué le diplomate. Une diversification diplomatique est donc nécessaire comme fondement de notre sécurité, et c’est là qu’intervient l’Union européenne, et en particulier la France, notre principal partenaire. »

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Les questions ont fusé dans l’assistance, notamment de Thorniké Gordadzé, Tatiana Jean, Robert Aydabirian, Claire Mouradian et Taline Papazian. Développant sur les relations internationales de l’Arménie, le ministre a assuré que, dans toute circonstance, la population était au cœur de tout. Ainsi, les relations avec la Chine ont été renforcées ces derniers temps, car il est important « d’exploiter toutes les opportunités pour développer le pays, notamment technologiquement », rappelant l’exemple proche de TUMO. « Qu’est-ce que nous voulons pour nous ?, a-t-il demandé. La liberté pour notre peuple. C’est pour cela que l’Arménie démocratique doit être le choix des Arméniens, et en aucune manière ne doit être impactée par la géopolitique ».

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Texte et photos : Claire Barbuti

par Claire le mercredi 17 avril 2019
© armenews.com 2019


 

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