JUSTICE

Le procureur général refuse de libérer Kotcharian


Le bureau du procureur général de l’Arménie a refusé hier de libérer l’ancien président Robert Kotcharian, et ce dans l’attente de l’enquête sur les violences postélectorales de 2008 qui ont eu lieu à Erevan.

Il a rejeté l’appel des avocats de Kotcharian ainsi que de 46 membres du Parlement arménien. L’ancien président garantissait par écrit qu’il ne fuirait pas les poursuites s’il était libéré.

Arevik Khachatrian, porte-parole des procureurs, estime que le Service spécial d’enquête (SIS), organisme chargé de l’application de la loi et qu’il supervise, a des motifs suffisants pour maintenir l’ancien président en détention provisoire. En effet,sa libération ne garantirait pas « le déroulement sans entrave de l’enquête », pense Khachatrian.

Les avocats de Kotcharian ont refusé de commenter immédiatement cette décision du procureur. « Lorsque nous aurons une copie de cette décision, nous l’analyserons et l’examinerons, puis nous présenterons notre position sous la forme d’un document officiel », a expliqué Hayk Alumian.

Le rejet de cet appel a été condamné par le vice-président du Parlement, Eduard Sharmazanov, qui est l’un des députés signataires de la pétition. La grande majorité de ces législateurs sont affiliés au parti républicain (HHK).

« Il n’y a pas de justice au sein de la nouvelle Arménie », a regretté Sharmazanov. « Ce sont les ordres politiques qui gouvernent la nouvelle Arménie. »

« Que ferait Kotcharian s’il était libéré ? Fuirait-il ? », s’est-il demandé. Ajoutant : « Kotcharian n’a pas fui les Turcs pendant la guerre du Karabagh. Pourquoi aurait-il fui notre pays ? »

Originaire du Karabagh, Robert Kotcharian a gouverné la République pendant et après la guerre de 1991-1994. Il a ensuite été à la tête de l’Arménie de 1998 à 2008.

L’ex-président âgé de 63 ans est accusé d’avoir utilisé illégalement les forces armées contre des manifestants de l’opposition, qui exigeaient de nouvelles élections présidentielles après les résultats contestés de février 2008. Huit manifestants et deux policiers ont été tués lorsque les forces de sécurité ont dispersé ces manifestations les 1er et 2 mars 2018.

Kotcharian nie ces accusations, qui sont pour lui motivées par des considérations politiques. Mais son arrestation le 27 juillet a été saluée par les alliés politiques du Premier ministre Nikol Pachinian et de l’ancien président Levon Ter-Petrosian, principal candidat de l’opposition au scrutin de 2008. Pachinian a joué un rôle clé dans le mouvement d’opposition de Ter-Petrosian entre 2007 et 2008.

Les avocats de Kotcharian et les 46 députés signataires ont également soumis les mêmes documents à la cour d’appel de l’Arménie. Le tribunal doit ouvrir les audiences aujourd’hui.

par Claire le jeudi 9 août 2018
© armenews.com 2018


 

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