Nouvelles d'Arménie
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Des centaines de Franco-turcs et Turcs fêtent la victoire d’Erdogan

Hier soir, 24 juin, alors que le résultat final de l’élection présidentielle en Turquie n’était pas encore officiellement connu, dans plusieurs villes de France, des centaines de pro-Erdogan, franco-turcs et Turcs ont investi la rue à coups de Klaxon pour fêter la “victoire“ de leur leader.

Des manifestations qui n’ont semble-t-il pas vraiment plu à certains internautes des réseaux sociaux.

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posté le 25 juin 2018 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : France  Manifestation  Turquie 


TURQUIE
Elections en Turquie : la délégation communiste française arrêtée a été relâchée (PCF)

Paris, 24 juin 2018 (AFP) - La sénatrice et les deux militants communistes français arrêtés dimanche à Agri (est de la Turquie), où ils étaient venus observer les élections à l’invitation d’un parti pro-kurde, ont été relâchés à la fermeture des bureaux de vote, a indiqué à l’AFP l’une d’entre eux. “Nous avons été arrêtés à 10H30 et retenus à la gendarmerie jusque 17H, à la fin des opérations de vote. On nous a dit qu’il n’y aurait pas de poursuites contre nous car notre présence n’était pas délictuelle“, a expliqué Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin.

La délégation, composée également de Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor, et Pascal Torre, membre du secteur des Relations Internationales au PCF, s’était rendue dans deux bureaux de vote et revenait en ville quand elle a été interpellée. “On nous a emmenés à la gendarmerie pour vérifier nos identités puis on nous a demandé ce qu’on faisait là, pour quelle organisation on travaillait“, a raconté Mme Turan. “Ils avaient du mal à admettre qu’on était juste là pour observer les élections“, a-t-elle ajouté.

La délégation, qui avait répondu à un appel du HDP, le principal parti pro-kurde, a été laissée libre de poursuivre son séjour en Turquie, a-t-elle précisé.

Le Parti communiste a dénoncé plus tôt dans un communiqué une volonté du pouvoir turc “d’étouffer toutes les voix qui dénoncent les fraudes massives à l’oeuvre“.

C’était “une mission d’observation de nature citoyenne comme cela se fait dans d’autres pays“, pour s’assurer qu’aucune fraude n’était commise car “il y a eu des doutes lors des précédentes élections“, et “on n’a pas du tout caché la raison pour laquelle ils se rendaient sur place“, a déclaré à Franceinfo le numéro un du PCF et sénateur, Pierre Laurent.

“Cette attitude des autorités turques montre leur grande fébrilité“, selon lui.

L’agence turque Anadolu a de son côté rapporté que des procédures judiciaires avaient été engagées contre 10 étrangers accusés, selon l’agence, d’avoir tenté de se faire passer pour des observateurs internationaux. D’après l’agence, trois Français, trois Allemands et trois Italiens figurent parmi les personnes interpellées.

Plus de 56 millions d’électeurs étaient appelés dimanche à voter pour leur président et leurs députés, dans un scrutin qui marquera le passage du système parlementaire en vigueur à un régime hyper-présidentiel, voulu par Recep Tayyip Erdogan, mais décrié par ses opposants. Le principal parti d’opposition turc a dénoncé des tentatives de fraude et énuméré plusieurs exemples de tentatives de bourrage d’urnes en faveur de l’alliance dominée par le parti au pouvoir AKP (islamo-conservateur).

posté le 24 juin 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France  Turquie 


INTERVIEW
Vincent Duclert : pas possible de compter Loti au rang des dreyfusard

Nouvelles d’Arménie Magazine : Peut-on qualifier Pierre Loti de Dreyfusard ?

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Vincent Duclert : A la suite des déclarations de Stéphane Bern au micro de Léa Salamé sur France Inter le 11 juin 2018, affirmant que Pierre Loti avait été dreyfusard, nous avons entrepris de premières recherches. En l’état des savoirs scientifiques et de la documentation disponible, il n’est pas possible de compter l’écrivain Pierre Loti dans les rangs dreyfusards. Je renvoie à la Note critique que j’ai publiée le 14 juin*

L’unique occurrence en faveur de cette thèse tient dans un aveu que Pierre Loti aurait formulé à Louis de Robert après l’article fameux de Maurice Barrès du 1erfévrier 1898 dans Le Journaloù il s’acharne sur les signataires de la « pétition des intellectuels » de janvier 1898 : « J’ai refusé la main à Barrès depuis son article sur Zola ». Louis de Robert en informe Emile Zola par lettre. Ce propos de Pierre Loti est déclaratif et appartient à la sphère privée de la correspondance. On ne sait ni quand ni dans quelles circonstances cet acte de refus aurait été réalisé. Il l’a été vraisemblablement dans un cadre également privé ou semi-public, un salon ou bien l’enceinte de l’Académie française à laquelle l’un et l’autre appartenait. On ne peut parler d’engagement dreyfusard car celui-ci implique une expression publique, une mise en danger de sa réputation et de sa carrière. L’engagement dreyfusard suppose aussi une mise en question de l’antisémitisme, une réfutation de ses thèses et de son rôle dans les mécanismes de conspiration au sein de l’Etat et de soutien par l’opinion publique et les élites politiques. Cette attitude offensive des dreyfusards entraîne une clarification de leur rapport avec l’antisémitisme - certains ayant pu être associés dans le passé à des formes d’expression antisémite. Mes recherches actuelles portent précisément sur les combats que mènent les dreyfusards contre l’antisémitisme structurel en France - relancé et renouvelé par l’affaire Dreyfus.

Pierre Loti persistant dans ses positions antisémites, il paraît donc peu logique qu’il soit en même temps dreyfusard. Les travaux menés sur les dreyfusards et les antidreyfusards montrent surtout comment Pierre loti était très bien inséré dans les réseaux (notamment les salons) des seconds. D’autres travaux dont ceux que j’ai menés** prouvent aussi les liens étroits entre l’engagement dreyfusard et, un ou deux ans auparavant, la défense publique et collective des Arméniens victimes des grands massacres hamidiens (1894-1896). La persistance des positions anti-arméniennes rend difficilement concevable, une nouvelle fois, cette déclaration d’un Pierre Loti dreyfusard. Elle n’avance ni ses preuves ni ses arguments.

N AM : Pour contrer les attaques contre initiative, Stephane Bern reprend cette phrase prêtée à Pierre Loti : “Comment peut-on m’accuser, des esprits malveillants se figurent que j’ai la naïve impudence de nier le génocide arménien, il suffit de relire mes lettres au sultan de Turquie“. Avez-vous entendu parler de cette phrase et que faut-il en penser ?

Vincent Duclert : Comme pour l’affirmation de sa qualité de dreyfusard, il serait nécessaire pour commencer de préciser les références exactes de cette « phrase prêtée à Pierre Loti ». Juste une remarque. Pierre Loti meurt le 10 juin 1923. L’invention du concept - et du mot - de génocide date de 1943, soit vingt plus tard. Elle est l’œuvre du juriste Raphaël Lemkin. De son vIvant, Pierre Loti n’aurait jamais employé le terme de génocide qui n’existait pas. Pour le cas, il s’agit là d’un anachronisme flagrant !

NAM : Une accusation d’“anachronisme“ a été lancée contre les associations qui se sont émues que Loti soit mis à l’honneur avec le lancement du Loto du Patrimoine dans sa maison de Rochefort. Peut-on juger selon vous les auteurs d’hier avec les valeurs d’aujourd’hui ?

Vincent Duclert : Récuser cette assertion [Pierre Loti dreyfusard]infondée met à mal l’objectif de cette qualité présumée, celui de minimiser voire d’infirmer son antisémitisme, de la même manière que sa supposée condamnation du génocide de 1915 annulerait ses diatribes anti-arméniennes antérieures. Concernant enfin la thèse d’un « antisémitisme culturel » dont il serait un représentant, on voit Pierre Loti particulièrement constant dans ses écrits antisémites et proche des cercles antisémites comme le salon de Juliette Adam. Les activités de Pierre Loti en ce domaine excèdent la thèse ici présentée d’un antisémitisme « soft » cantonné à la fiction littéraire. Quant à cette expression même d’ « antisémitisme culturel » visant à qualifier ce phénomène à la fin du XIXe siècle, à lui retirer son caractère transgressif et antidémocratique, à le minorer en convoquant des formes de contextes adoucissants, elle exige d’être bien mieux précisée et exposée. D’une part, loin d’apparaître comme une forme mineure, l’ « antisémitisme culturel » présenterait au contraire un stade aggravé précisément parce que la haine des juifs serait devenue une culture de la modernité du XIXe siècle. De l’autre, cet antisémitisme a été analysé par les intellectuels dreyfusards dans ses mécanismes de perversion de l’Etat républicain, de l’esprit public, du fonctionnement de la justice. On est très loin en tout cas de la thèse de l’anachronisme gouvernant la compréhension de l’antisémitisme de cette époque.

L’« antisémitisme culturel » du temps de Loti n’était pas un trait de société comme un autre dont la réfutation, alors, ne serait qu’un avatar du présent. Cet antisémitisme a structuré à l’époqueles mécanismes d’Etat qui se sont employés à détruire la personnalité juridique, sociale et humaine du capitaine Dreyfus. Pour cela, il a été combattu en son temps par une minorité, suffisamment efficace et déterminée pour redonner à un Juif ses droits et la reconnaissance de son innocence. L’affaire Dreyfus est une condamnation de l’antisémitisme, certes incomplète mais bien vivante. L’argument de l’anachronisme qui serait opposé à tous ceux qui envisagent de traiter de l’antisémitisme ou du procès des Arméniens ne tient pas. Il relève de l’artifice rhétorique. Il évacue toutes les données historiques établies qui font des symptômes d’arbitraire et de violence mettant en danger l’idéal démocratique. Ceci a été constaté et pensé comme tel il y a plus d’un siècle.

*Publiée sur le site de L’histoirele 14 juin 2018 (http://www.lhistoire.fr/pierre-loti-dreyfusard%C2%A0-une%C2%A0note%C2%A0critique). Une version longue a été publiée sur le site de la Société internationale de l’histoire de l’affaire Dreyfus (SIHAD : https://affaire-dreyfus.com/2018/06/17/pierre-loti-dreyfusard-une-note-critique/)

**Vincent Duclert, La France face au génocide des Arméniens, Paris, Fayard, coll. « Histoire », 2015.

***Cf. Annette Becker, Messagers du désastre : Raphaël Lemkin, Jan Karski et les génocides, Paris, Fayard, coll. « Histoire », 2018.

posté le 24 juin 2018 par Ara/armenews


EGLISE CATHOLIQUE
Mgr Elie YEGHIAYAN Nommé évêque de l’éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France

Le Pape François, ayant accepté la démission de Mgr Jean Teyrouz, a nommé ce samedi 23 juin, Mgr Elie Yéghiayan, évêque de l’éparchie de Sainte-Croix de Paris, des Arméniens catholiques de France. Il était jusqu’à présent curé de la paroisse de Sainte-Croix de Zalka au Liban.

Après des études complémentaires et secondaires au Séminaire arménien catholique de l’Institut du Clergé patriarcal de Bzommar et des études universitaires de philosophie et de théologie à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, Mgr Elie Yéghiayan est ordonné prêtre le 24 mars 1974 et devient membre de l’Institut patriarcal de Bzommar (Liban).

Jusqu’en 1978, il fut vice-recteur du petit Séminaire de Bzommar puis curé à la paroisse arménienne catholique de l’Annonciation à Beyrouth de 1978 à 1980. Il devient ensuite directeur du Collège arménien catholique Saint Mesrob à Bourj-Hammoud pendant 12 ans. En 1992, Il est nommé curé de la paroisse arménienne catholique de la Sainte-Croix et directeur du collège homonyme à Zalka.

Dans la même période, il fut membre du tribunal ecclésiastique et membre des commissions liturgique et de l’enseignement catéchétique à l’éparchie patriarcale de Beyrouth.

De 1997 à 2001, il fut recteur du collège pontifical arménien de Rome (Italie), puis vice-supérieur et membre du Conseil directif de l’Institut du clergé patriarcal de Bzommar jusqu’en 2007.

Il fut ensuite nommé curé de la paroisse arménienne catholique Saint-Grégoire-Saint Elie.

Depuis 1978, il est professeur de catéchèse dans les collèges arméniens catholiques de Beyrouth, et depuis 2001, aumônier des sœurs arméniennes catholiques de l’Immaculée Conception au Liban.

Depuis 2016, il était curé de la paroisse arménienne catholique de la Sainte Croix de Zalka et directeur du collège homonyme.

En plus de l’arménien et de l’arabe, Mgr Elie Yéghiayan parle le français et l’italien.

Mgr Jean Teyrouz est nommé Administrateur apostolique jusqu’à la prise de possession canonique de son successeur.

L’ordination de Mgr Elie Yeghiayan est prévue le 12 août 2018 au couvent Notre-Dame de Bzommar, à l’occasion de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie selon le calendrier liturgique arménien.

*Eparchie : Synonyme de diocèse pour les Eglises orientales

Voici quelques éléments biographiques de Mgr Elie Yéghiayan

Mgr Elie Yéghiayan
Évêque de l’éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France

Né le 29 mai 1950 à Alep (Syrie)
Ordonné prêtre le 24 mars 1974 pour le clergé patriarcal de Bzommar (Liban)

Etudes et diplômes

Etudes complémentaires et secondaires au Séminaire arménien catholique de l’Institut du Clergé patriarcal de Bzommar.

Etudes universitaires de philosophie et de théologie à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome.

Ministères

1973-1978 : Vice-recteur au petit séminaire de Bzommar

1978-1980 : Curé à la paroisse arménienne catholique de l’Annonciation à Beyrouth.

1978-1985 : Membre du tribunal ecclésiastique.

1978-1990 : Membre des Commissions Liturgique et de l’enseignement catéchétique à l’éparchie patriarcale de Beyrouth.

1980-1992 : Directeur du Collège arménien catholique. St. Mesrob à Bourj-Hammoud.

1992-1997 : Curé de la paroisse arménienne catholique de la Sainte Croix et directeur du Collège homonyme à Zalka.

1997-2001 : Recteur du Collège Pontifical arménien de Rome et Procureur Patriarcal.

2001-2007 : Vice-Supérieur et membre du Conseil Directif de l’Institut du Clergé Patriarcal de Bzommar.

2007-2011 : Curé de la paroisse arménienne catholique. St. Grégoire St. Elie à Beyrouth.

1978-2018 : Professeur de catéchèse dans les collèges arméniens catholiques de Beyrouth.

2001-2018 : Aumônier des Sœurs Arméniennes catholiques de l’Immaculée Conception au Liban.

2016-2018 : Curé de la paroisse arménienne catholique de la Sainte Croix et Directeur du collège homonyme à Zalka.

posté le 23 juin 2018 par Ara/armenews
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PARIS
Le nouveau ministre de la Justice rencontre le CCAF et l’AFAJA
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L’ambassade d’Arménie a organisé mardi 19 juin une rencontre entre le CCAF et Artak Zeynalyan, le nouveau ministre de la Justice d’Arménie. Ce dernier a eu également un entretien le même jour avec une délégation de l’AFAJA ( Association franco-arménienne des juristes arméniens). Cette première rencontre entre un représentant des nouvelles autorités d’Arménie et les organisations arméniennes de France s’est déroulée sous le signe de la solidarité et du travail à mener en commun pour l’avenir de la nation. Le ministre a rappelé la détermination de son gouvernement a construire un Etat de droit, la démocratie, à combattre la corruption tout en menant une action à l’international pour les droits et la sécurité du peuple arménien. Un discours salué par l’assistance qui a posé quelques questions en arménien à Artak Zyanalyan, avant de partager avec lui le verre de l’amitié.

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À cette occasion nous publions pour les lecteurs d’Armenews la biographie très édifiante du ministre qui a été écrite pour le numéro de juin de Nouvelles d’Arménie, par Myriam Gaume.

Artak Zeynalyan, l’homme de fer

Avec Aram Sargsyan, Artak Zeynalyan est l’un des membres fondateurs du parti République en 2001. Volontaire du détachement Nikol Duman et grand mutilé de la guerre du Karabagh, le jeune vétéran a terminé ses études de médecine après le conflit. Il devient chirurgien, enseignant, puis juriste, avocat au barreau d’Arménie. Nommé vice-ministre de la Santé de 1998 à 2001, il dirige le comité d’aide humanitaire républicaine, s’engage en faveur des droits humains et contre la torture dans des ONG, se spécialise en gouvernance locale et est élu député en avril 2017 au sein de l’alliance Yelk.

Un caractère résolu, un défenseur opiniâtre des droits humains qui contribue à la naissance de l’ONG « Nevirum » dédiée aux familles des soldats blessés de la guerre d’avril 2016 au Karabagh, il représente les intérêts des victimes décapitées sur la ligne de contact devant la Cour européenne de justice contre l’Azerbaïdjan. La même année, l’Ambassade des États-Unis en Arménie lui décerne le titre de « Meilleur défenseur des droits humains ». Deux ans avant, l’OSCE le mettait à l’honneur pour ses performances en « droit universel ».

Un parcours remarquable : à 49 ans, Artak Zaynalyan s’affirme comme un homme de tête et de cœur, un homme de fer dont ses compagnons d’armes racontent qu’après l’explosion de la mine qui a emporté sa jambe, il a lui-même séparé le dernier lambeau de chair de son corps à la lame d’un couteau, sans attendre les secours. C’est sans doute à ce geste qu’il doit la vie. En 1991, il est parmi les soldats qui bénéficieront de la médiation de Bernard Kouchner, alors secrétaire d’Etat à l’action humanitaire : il poursuit sa rééducation à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris, il découvre la force de l’action humanitaire. Membre fondateur de l’Union des Yerkrapahs, les volontaires d’Arménie, il reçoit en 1996 la Médaille du courage de la République d’Artsakh.

posté le 23 juin 2018 par Ara/armenews

PHOTOREPORTAGE : KRIKOR DJIDJIRIAN

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ARMAND SAMMELIAN
Aux négationnistes, révisionnistes et autres porte-cotons de la Turquie stupéfiante de Pierre Loti

Plus d’un siècle que l’ordre fut donné par la dictature Jeune-Turque d’extérminer le peuple arménien . Plus d’un siècle que la Communauté Internationale ( ?) , incapable de nommer le Mal par son nom , un GENOCIDE , baisse les yeux devant une Turquie qui se moque de la Vérité . Et plus d’un siècle que les enfants des réscapés vivent comme une humiliation un négationnisme qui s’obstine à nier l’évidence , fut-elle ignorée par l’illustre dépravé , antisémite et arménophobe , de la marine française .

ALORS QUE LES FAITS PARLENT D’EUX-MEMES :

A commencer par la cinquantaine de télégrammes codés dit “ANDONIAN“ envoyés par TALAAT pacha aux gouverneurs de province , ordonnant l’élimination de tous les arméniens sans exception , où qu’ils se trouvent et quels que soient leurs âges !!! Ou encore d’innombrables témoignages occulaires confondants , de notes avérées , de rapports documentés , de confessions et de mémoires étayés et concordants , d’ouvrages de référence probants , rédigés par d’éminentes personnalités , diplomatiques , militaires , caritatives , religieuses ..... se trouvant en poste en Turquie en 1915 et qui , toutes , dénoncent les atrocités subies par le peuple arménien , notamment :

- HENRY MORGENTHAU , ambassadeur américain à CONSTANTINOPLE de 1913 à 1916
- LESLIE DAVIS , consul américain à KHARPOUT de 1913 à 1917
-Le pasteur allemand JOHANNES LEPSIUS - L’ambassadeur allemand WANGENHEIM à CONSTANTINOPLE
- Le général allemand LIMAN VON SANDERS , chef d’état - major de l’armée OTTOMANE pendant TOUTE la 1e GUERRE MONDIALE
- Monseigneur DOLCI , nonce apostolique du Pape BENOIT XV pour l’empire Ottoman
- Les centaines de photos prises sur place par le sous-lieutenant Armin WEGNER , infirmier militaire de l’armée allemande .
- ou le LIVRE BLEU officiel britannique de Lord BRYCE et de l’historien TOYNBEE - Ou bien l’avertissement lancé le 24 mai 1915 par la FRANCE , la RUSSIE et l’ANGLETERRE , 4 semaines après le début des massacres , intimant aux 3 PACHAS qu’ils auraient à rendre compte personnellement des “Crimes de lèse-humanité “ commis contre les arméniens , formule utilisée pour la première fois dans l’Histoire .
-Citons aussi “l’hommage à l’Arménie“ organisé , le 16 avril 1916 , à “LA SORBONNE“ sous la présidence de Paul DESCHANEL , Anatole FRANCE clôturant le meeting au cours duquel Paul PAINLEVE le ministre de l’Instruction Publique dira : “les massacres qui ensanglantent le peuple arménien dépassent par leur ampleur et leur cruauté les plus atroces légendes de tous les lieux et de tous les temps“ . Mais aussi , entre autres :
- Les déclarations de Kémal ATATURK en personne , lequel a d’abord qualifié les massacres d’arméniens “d’acte honteux“ avant de les poursuivre au Caucase et en Cilicie en 1920 et 1921 .
- Et encore le“ Firman “ émis en 1917 par HUSSEIN IBN ALI le Chérif de LA MECQUE , Gardien des Lieux Saints , condamnant l’extérmination des arméniens au nom du DJIHAD , comme contraire au CORAN .
- ou le diplomate norvégien Fridjof NANSEN , prix Nobel de la Paix en 1922 qui dira : “ il semble que pour tout gouvernement ou homme d’état américain ou européen , la Question Arménienne soit résolue , noyée dans le sang de manière préméditée , méthodique et obstinée par les jeunes-turcs “
- Sans parler du nouveau ministre de l’intérieur turc MUSTAFA ARIF qui , le 13 décembre 1918 , a pu déclarer : “Pendant la guerre , les Jeunes-Turcs ont appliqué , avec une intention criminelle , une loi de déportation qui surpasse les forfaits des brigands les plus sanguinaires . Ils ont décidé d’extérminer les arméniens et ils les ont extérminés“ .
C’est dire combien le génocide des arméniens ne fait l’objet d’aucune contestation à la fin de la Grande Guerre : une stèle commémorative est d’ailleurs érigée en avril 1919 à CONSTANTINOPLE , à l’initiative du Sultan MEHMET VI , en souvenir des victimes arméniennes de 1915 , en attendant les procès des coupables , procès devenus incontournables devant le scandale international soulevé par les carnages de masse pérpétrés par les jeunes-turcs sur des populations civiles inoffensives ..................

EN EFFET ,
les procès turco-ottomans tenus à CONSTANTINOPLE à la fin de la Grande Guerre sont d’une importance extrême par la précision et la richesse des preuves collectées outre que c’est la seule et unique fois en 5 siècles que des dirigeants turcs sunnites sont traduits en justice pour avoir organisé des massacres de chrétiens , d’une ampleur sans précédent .
Rappellons succintement la chronologie des actes :

- l’armistice de MOUDROS est signé le 30 octobre 1918 entre les turcs et les Alliés .

- Une commission d’enquête officielle , créée un mois et demi plus tard , le 16 décembre 1918 sur ordonnance impériale , sous la direction d’un homme remarquable “MAZHAR bey“, UN JUSTE , est chargée d’instruire 130 dossiers à travers 62 procédures criminelles dont les chefs d’accusations CARACTERISES à l’encontre des bourreaux JEUNES TURCS sont éloquents
 : - abus contre l’honneur des femmes
- confiscations de propriétés privéesV - profits personnels illégaux
- exécutions de civils sur fausses allégations
- déportations et travail forcé
-pillages et massacres de masse

- Des milliers de documents originaux seront réunis , correspondances simples ou cryptées , courriers secrets , ordres divers codés , missives consulaires , télégrammes chiffrés , photographies , dépositions innombrables comme autant d’éléments accablants que la presse turque relaiera durant 2 ans entre 1919 et 1920 . Outre les journeaux turcs SABAH - ALENDAR - IKDAM - ZAMAN - YENI GAZETE - les minutes de ces procès sont publiées au Journal Officiel turc où les qualifications de “destruction volontaire “ et“ d’annihilation planifiée du peuple arménien“ sont explicitement citées dès 1919 . En Occident , le TIMES de Londres , la GAZETTE DE LAUSANNE , le BOSTON GLOBE , le PETIT PARISIEN , le FIGARO ou l’ HUMANITE les reprendront régulièrement en temps réel et le NEW YORK TIMES publiera près de deux cents articles entre 1915 et 1922 alors que l’Allemagne imposera une censure absolue à sa presse !

- Sur le plan procédural , la chambre des députés Jeune-Turque , seule instance apte à saisir la “Haute Cour de Justice Ottomane“ pour juger les criminels , étant dissoute , le Sultan choisit le biais de 3 Cours de Justice Militaire . Elles siégeront à CONSTANTINOPLE à travers 8 procès à partir du 8 mars 1919 :
- un premier procès vise 24 principaux dirigeants unionistes du Comité Central du CUP , le Comité “Union et Progrès“ au pouvoir , les véritables ordonnateurs du génocide .
- un 2e procès est dirigé contre 36 responsables régionaux .
- 6 autres procès portent sur les circonstances précises des massacres et des déportations des 6 provinces d’ASIE MINEURE de YOZGAT - TREBIZONDE - BAYBOURT - KHARPOUT - OURFA et ERZINDJAN .

- Les premières instructions étant achevées par la commission “MAZHAR“, les plus hauts dignitaires unionistes sont donc déférés , à partir du 8 mars 1919 , devant la Cour Martiale de Constantinople et , du 5 juillet 1919 à la fin 1920 , 20 CONDAMNATIONS A MORT sont prononcées à l’encontre des criminels , la plupart par contumace en raison de leur exfiltration par les réseaux jeunes-turcs , 20 condamnations à mort que nul ne conteste alors que 150 autres criminels sont transférés sur l’ile de MALTE par les britanniques dans l’attente d’un procès international ........... qui n’aura jamais lieu.............. !
Car , le 13 janvier 1921 , ces procès seront suspendus par ATATURK avant qu’il n’interrompe définitivement le processus judiciaire en 1922 , ordonne la démolition de la stèle commémorative érigée à CONSTANTINOPLE , instaure un roman national enchanteur , réhabilite les égorgeurs jeunes-turcs , obtienne leur libération et pour couronner le tout , leur confie des rôles majeurs dans la Nouvelle République d’ANKARA en 1923 en guise de récompense : ils seront ministres , conseillers d’état , généraux , magistrats , hauts fonctionnaires ..........

Certains d’entre eux seront élevés au rang de martyrs de la nation turque : des rues , des avenues , des écoles , des facultés , des parcs , des places et des mausolées , non seulement portent le nom de ces racailles mais font l’objet de recherches universitaires célébrant leur grandeur quand ils ne sont pas l’objet d’une glorification nationale , encore aujourd’hui !!! Imagine t’on un instant HITLER , HIMMLER , GOEBBELS , HESS , MENGELE et tous les autres salopards célébrés de la sorte en Allemagne jusqu’à aujourd’hui !
C’est pourquoi , en l’absence de véritable châtiment , à trois exceptions près pendues par la justice ottomane , les arméniens , délaissés et floués à la fois par les turcs et par les Alliés , n’auront d’autre choix que de se substituer à l’autorité judiciaire turque défaillante et APPLIQUER eux-mêmes les sentences de mort laissées sans suite , prononcées par les Cours Martiales Ottomanes .
Furent ainsi traqués , retrouvés et exécutés par un commando de justiciers arméniens dans le cadre de l’opération “NEMESIS“ :
- TALAAT pacha , DJEMAL pacha , ENVER pacha , Dr CHAKIR , DJEMAL AZMI , SAID HALIM , AZIZ bey , Dr NAZIM , MEHMET AZNI ,
Tous ces SALAUDS , condamnés à mort par la justice du Sultan , avaient amassé des fortunes considérables , fruit des spoliations des biens arméniens , comptes bancaires , contrats d’assurances , bijoux et numéraires , pensant couler des jours heureux , incognito , sous d’autres cieux , les poches pleines après leurs forfaits .

La “Commission des Responsabilités des Auteurs de la Guerre “ créée par les Alliés avait pourtant soulevé spécifiquement le cas de l’extérmination des Arméniens pendant la CONFERENCE DE LA PAIX de PARIS en janvier 1919 . Elle avait conclu à l’existence de “crimes commis contre les lois de l’Humanité “ dans son rapport premier daté du 5 mars 1919 . Qui plus est , le représentant officiel turc DAMAD FERID pacha à la dite Conférence déclarera explicitement en séance plénière “ qu’il s’était produit contre les arméniens sur le territoire ottoman des méfaits qui feront trembler pour toujours la conscience de l’humanité“, tant et si bien que la Conférence de Paris prévoira la création d’un “HAUT TRIBUNAL INTERNATIONAL “ chargé de traduire en justice les criminels Jeunes-Turcs .

Ce “procès de NUREMBERG“ arménien ne verra jamais le jour malgré une ultime déclaration de WINSTON CHURCHILL : “En 1915 , le gouvernement Jeune-Turc commença et mena à bonne fin une oeuvre infâmante : le massacre et la déportation générale des arméniens d’Asie Mineure . La suppression de ce peuple ancien fut aussi complète qu’un tel acte pouvait l’être à une aussi grande échelle“ .

Si cette machinerie d’anéantissement n’est pas un GENOCIDE , comment qualifier ALORS cette entreprise de destruction systématique et planifiée des deux tiers du peuple arménien , un million et demi de civils innocents , torturés , pillés , assassinés , déportés et relégués dans des camps de concentrations où les quelques survivants étaient achevés parce qu’ils étaient arméniens et chrétiens !

C’est , en tous cas , l’exacte définition du néologisme “GENOCIDE“ telle que conçue en 1943 par le juriste juif polonais RAPHAEL LEMKIN sur la référence explicite des abominations subies par les arméniens en 1915 , je cite : “ l’élimination intentionnelle et programmée de tout ou partie d’un groupe ethnique ou religieux “ .
Au reste , dès 1997 ,“ l’Association Internationale des Historiens des Génocides“ adoptait à l’unanimité une résolution formelle affirmant la réalité indiscutable du génocide des arméniens et invitait les démocraties occidentales à le reconnaitre.
Ce qu’ont fait , devant l’avalanche de preuves , le VATICAN et une TRENTAINE d’états dans le monde , des dizaines de parlements nationaux , régionaux et même municipaux , sans parler de 48 états américains sur 50 ainsi que le Parlement Européen à 3 reprises mais aussi le Parlement Latino-Américain représentant 23 états sud-américains ou encore les PAYS-BAS le 22 fevrier 2018 .
Il y a encore plus !
Il y a l’aveu , par le Président de la République Fédérale Allemande JOACHIM GAUCK en 2015 à l’occasion du centenaire , de “l’IMPLICATION du 2e REICH dans le GENOCIDE DES ARMENIENS“ .

il y a le vôte en 2016 par le BUNDESTAG , le parlement allemand , à l’unanimité moins une voix ( une députée d’origine turque ! ) , de la reconnaissance de la “COMPLICITE ALLEMANDE dans l’EXECUTION du GENOCIDE des ARMENIENS“ en 1915 par les jeunes-turcs .
Il y a la déclaration d’ANGELA MERCKEL , la chancelière allemande , qui a dit : “le sort des arméniens pendant la 1e guerre mondiale est un exemple de l’histoire des meurtres de masse , des nettoyages éthniques et , oui de “GENOCIDE “ au cours du 20e siècle“ . Au surplus , et pour en terminer , il y a la preuve des preuves !
il y a le “CARNET NOIR“ tenu par TALAAT lui-même , écrit DE SA MAIN et conservé secrètement par sa veuve depuis 1920 dans la doublure d’une vieille malle , puis confié en 1982 par sa petite-fille au journaliste et historien nationaliste turc MURAT BARDAKCI qui finira par le publier fin 2008 en fac-similé et qui atteste irrévocablement , région par région , en quelques dizaines de pages manuscrites , le plan de déportation et de liquidation des arméniens qu’il avait lui-même ordonné et qu’il suivait assidûment force chiffres , tableaux , graphiques , cartes , état de démembrement des convois au fil des jours ..........car la BETE tenait un cahier détaillé dans lequel il dénombrera lui-même 972.000 arméniens “manquants“ ou “disparus“ , pour reprendre ses termes choisis !!!
La BETE tenait personnellement les comptes afin qu’aucun arménien n’en réchappe , y compris dans les camps de concentrations ultimes de RAKKA , DEIR- EZ -ZOR et RAS - EL- AIN où les derniers survivants décharnés ont été achevés sur ses ordres !
Le ministre des affaires étrangères russe SAZONOV traitera TALAAT de “plus grand scélérat que la terre ait jamais porté“ .

OUI , LES FAITS PARLENT D’EUX MEMES !

LA QUESTION N’EST PAS DE SAVOIR SI LE GENOCIDE DES ARMENIENS A EXISTE MAIS POURQUOI LA COMMUNAUTE iNTERNATIONALE NE L’A TOUJOURS PAS SANCTIONNE ALORS QUE , DE SURCROIT , LES COUPABLES ONT ETE JUGES ET CONDAMNES A MORT PAR LA JUSTICE MARTIALE OTTOMANE SUR LE FONDEMENT DE PREUVES IRREFUTABLES CONSIGNES AU JOURNAL OFFICIEL TURC QU’ IL SUFFIRAIT DE CONSULTER A PREMIERE LECTURE ?!
Le génocide , puis son déni et enfin son impunité constituent une triple MONSTRUOSITE définitivement impardonnable , une injure à la Vérité , une tache indélébile sur le front vérolé de la Communauté Internationale et particulièrement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme depuis 2015 , une insulte aux victimes qu’elles soient grecques , assyro-chaldéennes ou arméniennes , un affront à notre dignité et UN ENCOURAGEMENT A LA RECIDIVE .......

Il est temps que CESSE cette immunité politique pitoyable garantie par les anglo-américains pour un plat de lentilles , INSOUTENABLE ni moralement ni juridiquement ni historiquement .

Il est temps que le négationnisme soit enfin lourdement sanctionné contre tous ces courtisans cupides qui font leur miel sur le dos de nos martyrs et ce libidineux “capitaine de vessie“* honoré par la France .

ARMAND SAMMELIAN
Le 21 JUIN 2018
*de Victorien Sardou /rapporté par Christan Gury dans son livre “Lyautey-Charlus“ -éditions Kimé -1998

posté le 23 juin 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France  Image 450  Turquie 


PARIS
Retour sur le colloque des écoles journalières arméniennes de France

Le colloque débute par un verre de bienvenue dans les salons de l’Hôtel Atala, à 10 heures, ce samedi 2 juin.

A 10h30, un mot de bienvenue est prononcé par Monsieur Ara Toranian, Co-Président du CCAF, qui, à l’occasion, a rappelé le profond respect et l’admiration du CCAF pour ceux qui se sont engagés au service des écoles arméniennes. Monsieur Toranian a insisté sur l’importance du rôle des écoles dans la communauté.

Il a par ailleurs précisé que l’initiative de ce colloque venait du CCAF, le but étant de pouvoir venir en soutien aux écoles auprès des pouvoirs publics, dès qu’un consensus sur leurs besoins se créerait parmi elles.

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La parole a ensuite été donnée à Monseigneur Norvan Zakarian, qui a beaucoup œuvré pour l’ouverture d’écoles journalières arméniennes en France. Il a décrit l’état d’esprit de la communauté arménienne de France vis-à-vis de ses écoles et évoqué les besoins de ces institutions scolaires.

Depuis 1923 existent dans les comptes rendus de diverses réunions d’associations arméniennes une volonté de construire des écoles. La plupart des initiatives de constructions d’écoles ont cependant été des projets individuels, souvent sans soutien particulier de la part de la communauté, qui parfois n’a appuyé le projet qu’une fois la construction de l’école achevée.

Ainsi, ce qui semble manquer à la communauté arménienne c’est la reconnaissance de l’importance de l’éducation arménienne au sein de la Diaspora. En 1988, au moment-même où le projet d’une école était créée, se fermait à Sèvres une école qui avait plus de 150 ans, c’est un constat qui nous pousse à réfléchir.

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Le colloque s’est poursuivi par des prises de paroles en réaction aux constats évoqués par Monseigneur Norvan Zakarian.

Depuis 2004, un directeur d’école arménienne de France a fait en moyenne plus de 22 réunions avec différentes institutions arméniennes, traitant des mêmes ordres du jour et aboutissant aux mêmes conclusions. Si l’on veut que la situation évolue, il faudrait sortir de l’aspect théorique et commencer à effectuer de réels progrès.

Nous avons des exemples de comment d’autres communautés ont pu évoluer dans ce domaine et par quels moyens nous pouvons à notre tour avancer.

Devant le gouvernement français, si l’on souhaite pouvoir mener à bien nos projets et aboutir dans nos demandes, il faut montrer que nous sommes unis et que nos demandes ne correspondent pas qu’à des problèmes locaux ou particuliers, mais relèvent de questions beaucoup plus globales qui concernent toutes les écoles arméniennes de France.

Il faut professionnaliser notre lien avec le Gouvernement ainsi qu’avec le Ministère de l’Education et arrêter de compter sur des appuis individuels qui ne sont, par définition, pas pérennes.

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La parole a ensuite été donnée à Monsieur Gérard Achdjian qui avait pris l’initiative, en 2004, de créer une fédération des écoles journalières arméniennes de France, initiative qu’il a dû abandonner après deux années d’efforts. Afin d’éviter la reproduction des mêmes erreurs, il a été invité à exposer les raisons de cet échec.

Intervention de M. Gérard Achdjian, Maître de conférence :

Etant très sensible à l’enseignement de l’arménien et des écoles arméniennes de France, Monsieur Gérard Achdjian a eu pour mission d’essayer de créer une synergie entre elles.

Les premières réunions avec les écoles parisiennes ont débuté en 2004.

En 2007, un compte-rendu a été effectué sur ce qu’il s’est passé durant ces deux années et demi. Des situations spécifiques étaient difficiles à surmonter : notamment, des prises de contact difficiles puisque chaque école attendait que des réunions soient organisées au sein de son conseil d’administration pour prendre position ce qui était particulièrement chronophage.

Par ailleurs, un certain nombre de difficultés financières étaient à relever. Chaque école travaillant pour soi, avait peur que le bénéfice de son travail aille aux autres et, voulant garder son « fonds de commerce », ne souhaitait pas qu’une autre puisse se servir de son fichier de contacts.

Un quart d’heure a ensuite été attribué aux représentants de chaque école pour présenter son établissement.

Chaque représentant a fait un exposé sommaire de l’activité de son école notamment le nombre d’élèves, de professeurs d’arméniens, de classes sous contrats et le budget alloué.

A 13 heures, cette présentation s’est achevée pour le déjeuner, interruption qui a permis aux participants d’avoir des discussions en petit comité.

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Reprise à 14h30 du colloque.

L’ordre du jour étant très exhaustif et les points le composant, complexes, il a été décidé de se focaliser davantage sur quelques sujets brûlants qui préoccupaient l’ensemble des représentants des écoles et pour lesquels il fallait trouver des solutions.

Parmi eux :

* Le manque de professeurs d’arménien et la question de leur formation

* La difficulté de trouver des professeurs d’origine arménienne qui pourraient suivre le programme scolaire mis en place par l’Éducation nationale et créer en parallèle un lien supplémentaire avec les élèves.

o Si chaque professeur d’origine arménienne, associait à ses exemples une illustration qui concernait l’Arménie, les élèves se sentiraient davantage dans l’état d’esprit d’une école bilingue.

o Par exemple, étudiant la globalisation et la France, en cours de géographie, pourquoi ne pas aborder également l’Arménie dans la globalisation. On n’apprend pas une langue en la sanctifiant, mais en l’utilisant à travers des exemples concrets.

* L’implication de la communauté dans les écoles arméniennes

* L’implication des élèves dans la communauté

* L’absolue nécessité d’effectuer un suivi des élèves jusqu’à la fin de leur scolarité, en les accompagnant jusqu’au baccalauréat, justifiant l’importance de l’ouverture de lycées.

Chaque école ayant fait un état des lieux de ses problèmes, la question est maintenant celle de savoir comment on pourrait synthétiser une problématique commune. Comment trouver quelque chose qui puisse nous rassembler et donner plus de poids à nos demandes ? Comment est-on capable de synthétiser nos problèmes pour avoir un socle commun et travailler dessus ?

Qui pourrait nous représenter ? Va-t-on créer une strate supplémentaire ? Une sorte « fédération des écoles arméniennes de France » ? On sait que dans le passé cette forme d’initiative a échoué.

Une proposition a aussi été faite de signer une Charte entre les écoles.

Un consensus est quoiqu’il en soit formé autour du fait que nous gagnerions en efficacité si nous présentions ensemble nos demandes. Cependant, il existe en France plus de 8.000 écoles catholiques, plus de 300 écoles juives, 120 écoles laïques regroupées autour d’une fédération nationale et une centaine d’écoles musulmanes. Quel poids représenterait alors la réunion de 7 ou 8 écoles arméniennes ?

Le CCAF a déjà une oreille auprès du Gouvernement, il a déjà une prise politique. Ne devrait-on pas s’y investir en créant une commission autonome des écoles arméniennes de France ?

Il s’agirait alors d’y travailler pour synthétiser nos problèmes et utiliser le « carnet d’adresses » du CCAF pour aller toquer aux bonnes portes, aller défendre les écoles directement auprès des personnes concernées.

En tant qu’écoles, cela peut nous servir parce qu’on fait notre travail mais chacun de manière non professionnelle.

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Les arméniens de France font partie de la mixité grandissante, c’est une carte à jouer et on a peut-être là une fenêtre de tir pour trouver des réponses à nos demandes. L’État nous accepte comme une communauté intégrée. Il faut lui dire que nos écoles peuvent lui apporter quelque chose. Elles ont un niveau largement au-dessus de la moyenne, et sont bien placées dans le classement des écoles en France. Il s’agirait alors ensuite de formuler ensemble la synthèse de nos besoins, et aller les présenter aux personnes concernées.

On peut par ailleurs remarquer dans un certain nombre de nos écoles une croissance d’inscription. Est-ce dû à un regain d’arménité ou une désaffection de l’école publique ? Mélange sans doute des deux phénomènes puisque nous savons que les écoles privées sont prises d’assaut aujourd’hui.

Or nous avons 7 écoles bientôt 8, qui rassemblent 1.300 élèves, soit seulement 1% d’inscrit sur ceux qui auraient l’âge de la scolarité parmi les 500.000 arméniens en France.

Est-ce que nos écoles ne sont pas en train de survivre grâce aux différentes vagues migratoires ? A-t-on des statistiques des arméniens de France qui inscrivent leurs enfants, 3, 4 générations après avoir immigré ? Va-t-on attendre une prochaine catastrophe pour remplir nos écoles ?

Le plus gros problème des écoles en France est la qualité de l’enseignement en général, il y a une pénurie d’enseignants dans toutes les académies tant en primaire, qu’en secondaire.

Le nivellement par le bas que dénonce le Ministère de l’Education Nationale est un problème qui touche toute la France et tout le système éducatif.

Comment faire alors pour trouver des professeurs de qualité ?

Difficile d’ouvrir un centre de formation pour les professeurs d’arménien. Comment former ces professeurs ? Cibler des candidats, payer des bourses, payer leurs études, faire le suivi, les inciter à s’implanter dans les écoles arméniennes... En somme, réfléchir à l’établissement de « contrats » avec des étudiants pour qu’ils deviennent professeurs dans des écoles arméniennes, en échange du financement de leurs études.

Combien d’enseignants dans les classes sous contrats sont arméniens ? Peut-être que l’enfant comprendrait mieux le sens du bilinguisme si les profs étaient arméniens eux aussi ?

> Pourquoi ne pas créer un fond pour subvenir à ce besoin de formation des professeurs ?

* L’UGAB est prêt à financer pendant 4 ans des étudiants qui seraient désireux de suivre des cours à l’INALCO et d’effectuer des stages dans nos écoles arméniennes. Aujourd’hui, la différence de salaires entre un professeur dans une école arménienne en comparaison avec celui d’une école française publique est très importante et

empêche la valorisation de nos postes. Le niveau des écoles est aussi directement lié aux salaires des professeurs.

* En Turquie, il y a quelques temps il y avait également un manque de professeurs d’arméniens. Des associations arméniennes ont levé des fonds et payé les études de quinze étudiants. Le besoin de la communauté en professeurs d’arménien est maintenant comblé pour les prochaines années.

Souvent, on mélange la pédagogie et l’avenir du peuple arménien. Aujourd’hui, aucune organisation ne peut répondre à quelqu’un qui se demande ce que ça lui donne de rester arménien ? Pour ramener vers l’arménité, j’ai besoin de forgerons que sont les écoles. Il faut donc intellectualiser notre communauté, donner du sens à notre histoire.

Le constat est difficile : des 1.500 élèves, en moyenne à peine 20 s’engagent dans la communauté.

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> Quelles sont les attentes des écoles du Ministère de la Diaspora ?

Rappel du programme Ari Doun, échange avec les enfants de France et d’Arménie, pour renforcer les liens.

Existent des possibilités de suivre des cours d’arménien en version numérique (l’UGAB a déjà mis en place ce format). Cas de cours virtuels à distance avec des professeurs situés en Arménie : méga écrans, micros multi-orientés : les élèves peuvent participer aux cours transmis par internet, notamment pour des cours spéciaux en petit effectif ou lorsqu’une difficulté se présente pour trouver des enseignants d’arménien. Investissement dans une salle interactive dans les écoles arméniennes du Liban pour mettre en place ce format.

Par ailleurs, l’Arménie a beaucoup de choses à transmettre au système éducatif français. Cas de traduction dans une école arménienne de l’un des meilleurs livres en mathématiques de Singapour. Les élèves, en plus d’apprendre l’arménien, s’exercent sur les meilleurs exposés de mathématiques au niveau de classements mondiaux.

De la même manière, il est aussi possible de s’inspirer de ce qu’il se fait à Tumo, et d’autres innovations technologiques afin que nos adolescents aient conscience qu’il y a dans les écoles arméniennes quelque chose qu’il n’y a pas ailleurs.

> Comment avancer pour que les écoles travaillent ensemble ?

Plus que la volonté de s’organiser en structure, il y a la volonté de communiquer.

Il est indispensable pour l’Etat d’avoir en tant qu’interlocuteur une entité qui représente les écoles et non des cas spécifiques.

Le CCAF a la possibilité de prendre contact avec les pouvoirs publics mais ne doit pas interférer dans les questions pédagogiques, son travail reste alors celui de simplement utiliser sa position auprès des pouvoirs publics comme relai pour résoudre les problèmes présentés par les écoles.

Si on est autour de la table, c’est pour faire table rase de tout ce qu’il s’est passé avant. On a une fenêtre de tir à saisir : trouver des problématiques communes qui soient défendables afin d’avancer les intérêts de nos écoles.

Il faut une structure souple et maniable, qui soit facile à gérer pour des représentants d’école qui sont déjà débordés.

Sous l’égide du Conseil national du CCAF, créer une commission des écoles arméniennes qui sera composée des représentants de chaque école. Ces derniers seront l’interface entre leurs écoles et la commission. Au sein de cette commission, réfléchir indépendamment aux besoins prioritaires à présenter et pour lesquels il faut trouver des solutions. Il faudrait que ces problèmes concernent l’ensemble des écoles afin que les solutions apportées puissent bénéficier à tous.

En parallèle, le CCAF peut communiquer auprès de la communauté arménienne en se prononçant sur le fait que la priorité de la communauté doit être tournée vers nos écoles, ce qui marquerait un véritable bouleversement. Il faut améliorer notre communication, montrer que nos écoles sont de qualités exceptionnelles pour que les arméniens qui s’en désintéressent s’en rapprochent.

Cette commission sera amenée à réfléchir sur l’opportunité de créer un fond pour former des professeurs arméniens à la fois pour le cursus français et pour le cursus arménien.

Chaque école doit désormais se prononcer sur ses attentes et ses besoins et en parallèle réfléchir au nerf de la guerre, à savoir comment former le groupe d’enseignants qui nous manque aujourd’hui. Répondre de manière durable à ces difficultés ne pourra être possible que si nous restons unis. Chaque représentant d’école doit donc informer son conseil d’administration des avantages de ce mode de fonctionnement afin que nous puissions arriver à un résultat efficace.

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Ce compte-rendu sera envoyé à toutes les écoles journalières arméniennes de France, afin qu’ils communiquent leur réponse sur le projet.

Les problèmes évoqués étant particulièrement complexes, le colloque s’est néanmoins déroulé dans une ambiance sereine et constructive. Si nous souhaitons aboutir à des avancées significatives, l’effort de chacun est plus que jamais nécessaire pour maintenir cet état d’esprit.

posté le 18 juin 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : CCAF  Education  France  Image 450 


IN MEMORIAM
Décès de Gérard Hantchérian

Gérard Hantchérian nous a quittés le mercredi 13 juin 2018 à 4h35 des suites d’une longue maladie.

Une messe de requiem sera dite le vendredi 22 juin à 10h30 en la Cathédrale Arménienne Saint-Jean-Baptiste, 15 rue Jean Goujon, Paris 8ème.

Les obsèques auront lieu le même jour à 14h30 au Funérarium du Père Lachaise, 71 rue des Rondeaux, Paris 20ème.

Tous ceux-qui l’ont connu et aimé sont invités à lui rendre un dernier hommage.

posté le 18 juin 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France 


Essonne : le corps d’une femme retrouvé au fond d’un puits, les pieds liés

Le corps d’une femme a été retrouvé au fond d’un puits jeudi soir aux abords du château de Leuville-sur-Orge (Essonne), propriété de l’Etat de Géorgie, a indiqué vendredi le parquet d’Evry.

Retrouvée par un résident du “domaine des Géorgiens“, la femme, sans papiers d’identité, avait les “pieds attachés“, a indiqué la même source, confirmant une information du Parisien.

“Il pourrait s’agir d’une résidente“ du domaine, selon le parquet. “Le corps ne portait pas de trace apparente de violence. C’est donc l’autopsie qui permettra d’en savoir davantage sur les causes du décès“, a-t-il précisé.

L’homme qui a fait la macabre découverte était parti à sa recherche, “inquiet de voir la porte du logement de sa voisine ouverte“, et il a fini par la retrouver au fond d’un puits de drainage, précise Le Parisien. Selon le quotidien, il s’agissait d’une femme présentant des “troubles psychologiques“. L’enquête visant à déterminer les causes de la mort a été confiée au commissariat d’Arpajon.

Le “domaine des Géorgiens“, qui s’étend sur cinq hectares et accueille actuellement une poignée de résidents permanents, abrita à partir de 1922 le premier gouvernement démocratique en exil de ce petit Etat du Caucase. Après travaux, les lieux devraient se transformer dans les années à venir en centre historique et culturel franco-géorgien.

posté le 16 juin 2018 par Ara/armenews