Nouvelles d'Arménie
ACCUEIL   ACTUALITE   FORUMS   REDACTEURS   AIDE   VOS ARTICLES    |    Recherche  
 
3 - News Importante Deux Etoiles


DIPLOMATIE
Ter-Petrosian réaffirme son soutien à une solution de compromis en Artsakh

L’ancien président Levon Ter-Petrosian a réaffirmé son ferme soutien à une solution de compromis au conflit du Haut-Karabagh proposé par les Etats-Unis, la Russie et la France depuis une décennie.

“Il ne peut y avoir aucune autre solution réaliste“, a déclaré Ter-Petrosian dans une rare interview avec la télévision publique arménienne diffusée mardi soir.

Le chef de l’opposition a évoqué les principes de base de la résolution du conflit qui ont été proposés pour la première fois par les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk de l’OSCE à Madrid en 2007. L’accord-cadre demande un règlement progressif qui commencerait avec le retrait arménien de pratiquement tous les districts autour du Karabagh. Il se terminerait par un référendum dans lequel la population majoritairement arménienne du Karabagh déterminerait le statut internationalement reconnu du territoire contesté.

Ter-Petrosian a décrit le référendum proposé comme étant une “grande victoire et accomplissement“ pour le côté arménien. “Nous ne pouvions en rêver qu’en 1988“, a t-il déclaré à la chaîne de télévision officielle.

« Les peuples ont élu ce gouvernement et ils doivent exiger une chose : « Résolvez ce problème, mettez fin à nos souffrances et à la mort quotidienne de nos fils. » Les peuples de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan doivent forcer leurs gouvernements à opter pour la paix ».

Ter-Petrosian, qui a été le premier président de l’Arménie de 1991 à 1998, a souligné que seule son alliance avec le Congrès-HZhK et le Parti républicain du président Serge Sarkissian (HHK) appuient cette formule de paix d’une manière ou d’une autre. Il a critiqué d’autres candidats majeurs aux élections législatives arméniennes, affirmant que leurs positions plus dures sur la question du Karabagh étaient des « contes de fées qui n’ont rien à voir avec la réalité ».

Le porte-parole du HHK (au pouvoir), Eduard Sharmazanov, a salué les propos de l’ex-président hier. “Il est très important que le premier président de la République reconnaisse que les autorités actuelles ont été élues et ne prennent aucune mesure dans le conflit du Nagorno-Karabakh qui va à l’encontre de nos intérêts nationaux“, a-t-il déclaré.

“En outre, il a souligné que le traité de Madrid adopté par notre gouvernement comme base pour de nouvelles négociations n’est pas une capitulation“, a ajouté Sharmazanov.

Ter-Petrosian a déjà exprimé sa disposition à aider l’administration de Sarkissian à conclure un accord de paix avec l’Azerbaïdjan dans ce sens dans un discours prononcé en décembre dernier. Il est d’avis que la paix avec l’Azerbaïdjan est vitale pour la sécurité et la prospérité de l’Arménie. Un règlement du conflit du Karabagh est le thème central de la campagne électorale de son alliance.

Le discours de décembre a suscité des critiques de la part d’autres groupes d’opposition et du HHK. En particulier, les représentants du parti au pouvoir ont déclaré que les dirigeants azerbaïdjanais ne sont pas prêts à réciproquer les concessions arméniennes.

Dans ses dernières remarques télévisées, Ter-Petrosian a affirmé qu’Erévan et Bakou ne sont pas d’accord sur “deux ou trois questions“ concernant les Principes fondamentaux modifiés à plusieurs reprises. Il a refusé de divulguer ces points de divergence, tout en exprimant la confiance que les parties en conflit les surmonteront bientôt.

“Il y a maintenant de nouvelles circonstances qui me rendent optimiste sur le fait que ce problème sera définitivement résolu dans un proche avenir“, a t-il dit. “Je ne peux pas dire si cela se produira dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, mais il sera résolu.“

Ter-Petrosian a ajouté que son optimisme est basé sur sa conviction que la Russie est de plus en plus désireuse de mettre fin au statu quo du Karabagh.

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200

posté le 23 mars 2017 par Claire/armenews


TURQUIE
Washington appelle Ankara à respecter les droits de l’homme

Si le president turc R.T. Erdogan pensait compter sur la complaisance du nouveau locataire de la Maison Blanche, le très populiste Donald Trump, pour s’arroger les pouvoirs d’un dictateur en Turquie dans le mépris des engagements démocratiques du pays, les rappels à l’ordre du Département d’Etat américain, qui l’a appelé à respecter les droits de l’homme et à garantir les libertés fondamentales, ont dû faire l’effet d’une douche froide. Sans doute le nouveau président américain n’a-t-il jamais affiché sa sympathie pour le président Erdogan, qui le lui rendait d’ailleurs bien, en dénonçant ouvertement les déclarations hostiles aux musulmans qu’il avait faites durant sa campagne pour l’élection présidentielle de 2016 et qu’il a voulu traduire dans les actes en tentant d’imposer un décret interdisant l’entrée du territoire américain aux ressortissants de 6 pays musulmans.

Mais le désintérêt manifeste affiché par D. Trump pour les violations des droits de l’homme dans un monde dont les Etats-Unis entendent se mettre en retrait, son mépris, voire sa haine déclarée pour les media, sa volonté de renouer les liens avec des dirigeants pour le moins autoritaires, tels V. Poutine, ainsi que ses déclarations hostiles à l’Union européenne constituaient des éléments encourageants pour le président turc, engagé dans une campagne électorale pour le référendum du 16 avril visant à renforcer ses pouvoirs qui a donné lieu à une crise sans précédent dans les relations entre Ankara et l’Europe. “Nous appelons la Turquie à respecter et à garantir la liberté d’expression, une justice équitable relevant d’une institution judiciaire indépendante, et d’autres libertés fondamentales. Nous sommes aussi profondément attachés à la liberté d’expression, et sommes convaincus que la liberté d’expression, dont la liberté de la presse - aussi controversés et désagréables qu’on puisse juger les discours tenus - ne peut que renforcer la démocratie et doit être protégée”, a déclaré le porte-parole du Département d’Etat américain Mark Toner le 16 mars en réponse à une question posée dans un éditorial du Washington Post sous le titre “Les Etats-Unis vont-ils se prononcer contre la spirale infernale dans laquelle est entraînée la Turquie ?” et à l’arrestation de quelque 150 journalistes dans le pays.

Concernant le référendum constitutionnel turc d’avril, M.Toner a réitéré la position de Washington selon laquelle le peuple turc et lui seul devait discuter et décider des changements dans son pays. “Avec le respect dû au référendum constitutionnel, je l’ai déjà dit avant, et le le répète ici : c’est une question dont le people turc, et lui seul, est habilité à débattre et trancher”, a ajouté le diplomate américain. La Turquie affiche le plus mauvais bilan en matière de droits de l’homme et est le pays qui a le plus régressé dans ce domaine en 2016 parmi les 195 pays dont Freedom House, dont le siège est à Washington, a établi le classement dans son rapport annuel publié en janvier. La Platform for Independent Journalism (P24), basée à Istanbul, a de son côté souligné qu’à la date du 10 mars, la Turquie comptait quelque 155 journalistes emprisonnés.

Garo Paylan interpelle le ministre turc de l’intérieur concernant l’ingérence de l’Etat dans l’élection du

posté le 21 mars 2017 par Gari/armenews


ALLEMAGNE/TURQUIE
Pratiques nazies : Erdogan a dépassé une limite

Berlin, (AFP) - Le chef de la diplomatie allemande a déclaré avoir dit dimanche à son homologue turc que son président avait “dépassé une limite“ en accusant Angela Merkel personnellement de “pratiques nazies“. “Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles“, a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, “c’est la raison pour laquelle j’ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu’une limite avait été ici franchie“ suite aux propos “choquants“ de Recep Tayyip Erdogan.

Le président islamo-conservateur s’en est pris personnellement dimanche à Mme Merkel, l’accusant de “pratiques nazies“, en référence à l’interdiction de meetings électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril sur l’extension de ses pouvoirs.

La Turquie avait déjà accusé au début du mois l’Allemagne d’user de pratiques “nazies“ en empêchant des meetings, et en refusant la participation de ministres turcs, provoquant une vive réaction à Berlin, Bruxelles et Paris. Les Pays-Bas, qui ont également empêché la venue de ministres turcs, ont été accusés dans les mêmes termes.

“Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plait pas. Ils manifestent leur solidarité. En particulier Merkel“, a déclaré M. Erdogan dimanche dans un discours télévisé. “Mais tu a recours en ce moment à des pratiques nazies“, a-t-il lancé à l’adresse de la chancelière.

Proche de la chancelière, Julia Klöckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté : “est-ce que M. Erdogan a encore tous ses esprits ?“, s’est-elle interrogée devant la presse, appelant à supprimer “les aides financières qui se montent en milliards d’euros de l’Union européenne“.

Elu dimanche président du parti social-démocrate allemand SPD et challenger de Mme Merkel aux législatives du 24 septembre, Martin Schulz a jugé les propos de M. Erdogan “indigne d’un chef d’Etat“. “La Turquie est en train d’évoluer vers un Etat autoritaire“, a estimé l’ancien président du Parlement européen sur la chaîne publique allemande ARD.

La Turquie a annoncé dimanche avoir aussi convoqué l’ambassadeur d’Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d’une manifestation de Kurdes lors de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et ont été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.

La Turquie accuse de longue date l’Allemagne de donner refuge à des militants de la cause kurde notamment. Berlin a jugé ces accusations “aberrantes“.

posté le 20 mars 2017 par Ara/armenews


TURQUIE
Erdogan : La République de Turquie n’est pas notre premier mais notre dernier Etat. Par conséquent les Ottomans sont nos ancêtres

Le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan a tenu un discours lors de la cérémonie organisée à l’occasion de la journée commémorative de la bataille des Dardanelles.

“La République de Turquie n’est pas notre premier mais notre dernier Etat. Par conséquent les Ottomans sont nos ancêtres. Les Seldjoukides aussi. Tous les Etats et Empires de notre passé qui date de milliers d’années, sont nos Etats” a assuré le chef d’Etat turc Erdogan.

“Je remercie et souhaite présenter face à vous tous mes remerciements depuis Canakkale aux valeureux représentants de nos Forces armées, à nos soldats, nos policiers et à nos gardiens de village. Car ils sont actuellement en train d’enterrer ces creuseurs de fossés dans leurs propres trous dans le mont de Cudi, à Tendurek et à Bestler Dereler » a affirmé Erdogan qui s’est également exprimé concernant la position scandaleuses adoptée par les Pays Bas.

« Quelqu’un qui dit que l’administration des Pays Bas lui appartient et annule le vol de mon ministre des Affaires étrangères. Elle empêche l’entrée des Pays Bas à ma ministre. Elle lâche ses chiens et ses chevaux sur mes citoyens qui vivent dans ce pays. La Chancelière allemande se dit être du côté de cette personne. Vous me décevez. Ils n’ont aucune différences l’un de l’autre, ce sont tous les mêmes. Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez pas changer la trajectoire de cette Nation. Mon peuple donnera si Dieu le veut, par la voie démocratique, la meilleure réponse à cette approche incorrecte de l’Occident, le 16 avril » a souligné le président turc.

« Nous n’avons pas été autorisés à entrer dans notre propre consulat. Cela n’a pas de place dans le droit international. Vous ne pouvez pas fermer la porte à un ministre, Cela n’a pas de place dans le droit international. Si vous continuer ainsi, la Turquie ripostera. En quoi le référendum qui aura lieu en Turquie, vous intéresse ? Ce n’est pas comme cela. Ils savent très bien, ce que signifie ce changement. Ils n’ont pas oublié comment est-ce que les Turcs les ont chassés de Canakkale il y a un siècle, alors qu’ils s’apprêtaient à présenter leurs condoléances aux Turcs en les qualifiant d’ ‘Homme malade’. Ils savent très bien que le système présidentiel ouvrira la voie à de nouvelles Victoires de Canakkale dans plusieurs domaines allant de la politique à l’économie ainsi que de la diplomatie aux investissements. » a-t-il conclu.

posté le 20 mars 2017 par Stéphane/armenews


TURQUIE
Erdogan accuse Merkel d’avoir recours à des pratiques nazies

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’en est pris personnellement dimanche à la chancelière allemande Angela Merkel, l’accusant de “pratiques nazies“, en référence à l’interdiction de meetings électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril.

“Tu a recours en ce moment à des pratiques nazies“, a lancé M. Erdogan à Mme Merkel dans un discours télévisé. “Contre qui ? Mes frères citoyens turcs en Allemagne et les ministres frères“ qui ont tenté de se rendre en Allemagne il y a deux semaines pour faire campagne en faveur de l’extension des pouvoirs présidentiels en Turquie.

posté le 20 mars 2017 par Stéphane/armenews


TURQUIE
Affrontements entre Kurdes et Turco-Azéris à Kars conséquence de la politique d’Ankara de faire peupler la région du mont Ararat par des Azéris...

La Turquie tente de faire habiter les régions arméniennes près du mont Ararat par des Azéris afin de tenter d’équilibrer la démographie de ces zones peuplées en majorité par des Kurdes et faire effacer les traces de la présence arméniennes sur ces terres d’Arménie occidentale. Des Arméniens qui étaient encore présentes au début du XXe siècle...jusqu’au génocide de 1915 exécuté par les Jeunes-Turcs. A Kars, cette arrivée massive d’Azéris -encouragée par Ankara- a donné lieu il y a quelques jours à des affrontements entre Kurdes et Azéris. La population azérie de Kars s’est toutefois fortement réduite ces derniers mois...au profit de la ville d’Igdir, proche du versant ouest de l’Ararat. Conséquence de cette politique d’« azérification » de la Turquie, selon des données non officielles, les Azéris seraient au nombre de 110 000 à Igdir contre 56 000 Kurdes. Ankara encourage et facilite l’achat de terres à Kars et Igdir aux Azéris provoquant la colère de la population Kurde, majoritaire dans ces régions...après anéantissement des Arméniens au début du XXe siècle...

Les Kurdes exprimeraient par ailleurs leur crainte que cette croissance de la population Azérie à Kars et surtout Igdir puisse nuire à l’arrivée de touristes Arméniens, source de revenus importants pour de nombreux habitants Kurdes. Ces derniers reprochent aux Azéris, d’effacer la trace des Arméniens en détruisant le patrimoine culturel et historique arménien et freinant ainsi le flot de touristes Arméniens tentés de visiter ce territoire de l’Arménie historique. Il y a une dizaine de jours, une manifestation à Kars a donné lieu à des affrontements violents entre Kurdes et Turco-Azéris avec des coups de feu et des bagarres à l’arme blanche. Les manifestants reprochaient à un riche Azéri venu du Nakhitchevan, d’acheter un terrain et de détruire les biens du patrimoine arménien qui se trouvaient sur ce terrain. « En peuplant ces terres par des Azéris, la Turquie désire à la fois lutter contre le désir d’autonomie des Kurdes et effacer la trace des propriétaires Arméniens de ces terres » affirme un spécialiste de la question Hagop Zakarian à Erévan. En augmentant le nombre de la population azérie près d’Ani et du mont Ararat, la Turquie tente ainsi de réduire le poids de la population kurde de la région. En jouant avec le feu car la situation est propice aux tensions.

Krikor Amirzayan

posté le 19 mars 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


ARMÉNIE
Décès d’Artour Sargsian, le « porteur de pain » des Sasna Tzrèr

Artour Sargsian, “le porteur de pain“ des Sasna Tzrèr, est décédé aujourd’hui vers 15h heure de Yèrèvan (midi à Paris).

Mis aux arrêts dans la nuit du 31 juillet après la reddition du groupe des Sasna Tzrèr, l’homme avait été remis en liberté conditionnelle après cinq mois et demi de détention provisoire, compte-tenu des nombreux handicaps dont il souffrait, issus non seulement des blessures de la guerre du Karabagh à laquelle il avait participé dans les années 1990, mais aussi de la maladie de Bekhterev, une maladie incurable grave et très rare dont il était atteint. Par une volte-face brutale et cruelle, la justice arménienne l’avait replacé en détention provisoire le 9 février, sans justification précise, arguant qu’au terme d’une nouvelle expertise médicale dont on ignore pourquoi et par qui elle a été commandée, ses maladies n’étaient pas formellement incompatibles avec la prison (de fait malgré ce qui a pu être dit, la maladie de Bekhterev ne figure pas dans la liste des maladies incompatibles avec la prison). Dès le lendemain, Artour Sargsian entamait une grève de la faim, des médicaments et des soins, qui a duré jusqu’au 6 mars, date à laquelle il a été mis en liberté conditionnelle pour la deuxième fois. La mesure avait été adoptée suite à la mobilisation de la société civile et des représentants de l’opposition, notamment des députés Nikol Pachinian et Edmond Maroukian qui avaient organisé une pétition parmi leurs collègues de l’Assemblée nationale afin de convaincre le Procureur général de la République, Artour Davtian, d’y procéder. Cette pétition avait recueilli 27 signatures de députés de toutes les tendances politiques sauf du PR, sur un total de 131 députés. Six députés dont Pachinian et Maroukian (Yèlk) et Lèvon Zourabian (Congress) ont payé 500 000 drams chacun (1000 euros) pour réunir le montant de la caution demandée, soit 3 millions de drams (3000 euros), une somme exorbitante tant par principe que compte-tenu du contexte électoral, sachant que les députés en question manquent eux-mêmes de moyens pour leur propre campagne.

Depuis sa sortie, Artour Sargsian était dans un très mauvais état de santé. Ses 23 jours de grève dure ont eu raison d’une santé déjà très mauvaise à la base et qui avait empiré lors de ses cinq mois précédents de détention. L’opération qu’il a subie durant la nuit à l’hôpital de la République n’a pas pu le sauver d’une situation devenue désespérée.

La nouvelle n’est pas encore ébruitée en Arménie. Nul doute que les autorités seront considérées comme responsables de la mort de cet homme dont le crime avait consisté à forcer le barrage policier de la caserne d’Erèbouni le 26 juillet au matin, à bord d’un véhicule rempli de vivres à destination des membres du commando Sasna Tzrèr, reclus dans la caserne depuis dix jours, un acte purement humanitaire.

Survenue en pleine campagne électorale, la mort d’Artour Sargsian pourrait avoir un impact sur le résultat de l’élection, certainement au détriment du PR, et peut-être en faveur de l’opposition, en particulier de l’alliance Yèlk.

Comme l’Antigone de la mythologie s’était élevée contre le roi Créon, faisant valoir la suprématie de sa conscience morale sur la loi imposée par le tyran, Artour Sargsian avait fait prévaloir la voix de sa conscience sur les risques légaux à être assimilé aux membres du groupe armé. On savait qu’il l’avait fait en y sacrifiant ses biens (il s’était endetté pour acheter les vivres et avait perdu son véhicule, criblé de balles) et au risque d’y sacrifier sa liberté. On sait maintenant qu’il l’a fait au prix de sa vie.

Sèda Mavian

posté le 17 mars 2017 par Ara/armenews


GUMRI
Sarkissian appelle à la mise en place d’un complexe militaro-industruel arméno-russe

Le président Serge Sarkissian a suggéré l’idée que les gouvernements russe et arménien mettent en place un “complexe militaro-industriel commun“ à Gumri, où se trouve déjà le siège d’une base militaire russe en Arménie.

Dans un article publié hier par le quotidien moscovite Izvestia, Sarkissian explique que cela aiderait à moderniser la base russe, servirait de “plate-forme“ pour les exportations russes d’armes vers les états voisins et créerait des emplois dans la deuxième plus grande ville d’Arménie qui fait face à un chômage très élevé.

Moscou et Erevan ont signé en 2013 un accord sur la fabrication et le partage d’armes et d’autres équipements militaires. Seyran Ohanian, alors ministre de la Défense, avait déclaré que cela permettrait à l’industrie arménienne de défense de travailler avec les fabricants russes d’armes “à des conditions privilégiées“.

Le président russe Vladimir Poutine a inspecté les troupes russes à Gumri lorsqu’il a visité l’Arménie plus tard en 2013. Sarkissian a souligné cela dans son article qui coïncide avec le début de sa visite officielle à Moscou. Il doit rencontrer Poutine aujourd’hui.

L’actuel ministre arménien de la Défense, Vigen Sargsian, a déclaré le mois dernier que la présence militaire russe reste un élément “très important“ de la stratégie de sécurité nationale de l’Arménie.

La base russe, dont le siège est à Gumri, devrait posséder jusqu’à 5 000 militaires ainsi que des centaines de chars, véhicules blindés et systèmes d’artillerie et plus d’une douzaine de chasseurs MiG-29. Moscou l’a renforcée avec des hélicoptères de combat et d’autres matériels militaires depuis que l’accord arméno-russe en 2010 a étendu ses droits de base en Arménie de 24 ans, donc jusqu’en 2044.

Il a souligné que les deux pays avaient convenu l’année dernière de renforcer un système conjoint de défense aérienne et la force militaire russo-arménienne, initialement créée en 2000. Le président Sarkissian a qualifié la Russie d’“alliée stratégique“ de son pays.

posté le 15 mars 2017 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



DIPLOMATIE
Bientôt un consulat arménien à Erbil

Le président arménien Serge Sarkissian a donné lundi 13 mars le feu vert au projet d’ouverture d’un consulat général d’Arménie dans le Kurdistan irakien, confirmant ainsi le développement rapide des liens tissés entre l’Arménie et la région kurde qui jouit d’une autonomie croissante au sein de l’Irak. S. Sarkisian a signé un décret en ce sens une semaine après que la décision eut été approuvée formellement par le gouvernement du premier ministre arménien Karen Karapetian. “L’ouverture du consulat contribuera à développer la coopération bilatérale”, indique un communiqué du gouvernement publié le 2 mars. Le 17 février, le ministre arménien des affaires étrangères Edward Nalbandian avait rencontré le président du Kurdistan d’Irak, Massoud Barzani, en marge de la conférence internationale sur la sécurité à Munich. Selon le ministère arménien, le projet de consulat arménien à Erbil, la capitale de la région autonome kurde, située au nord de l’Irak et dont la bataille de Mossoul contre Daech, à laquelle participent activement les peshmerga kurdes, pourrait renforcer l’autonomie voire agrandir le territoire, était à l’ordre du jour prioritaire de la discussion. Un communiqué du ministère arménien avait alors fait savoir que M.Nalbandian avait remercié les autorités kurdes irakiennes pour leur “soutien actif” sur ce projet.

Reste que les relations entre Erevan et Erbil sont tributaires de paramètres géostratégiques qui limitent leur marge de manœuvre respective. Le gouvernement central irakien, dominé par les chiites, voit bien sûr d’un mauvais œil le renforcement de l’autonomie, et a fortiori les aspirations à l’indépendance, des Kurdes irakiens, même s’ils sont alliés au sein de la coalition internationale, contre Daech. Or l’Arménie a pour principal partenaire dans la région l’Iran, qui apporte son soutien sans faille au gouvernement central irakien. Par ailleurs, la Turquie, après plusieurs années de défiance, a développé un modus vivendi avec le Kurdistan irakien, avec lequel il a renforcé ses relations politiques et économiques, en échange de l’arrêt de l’aide kurde irakienne aux rebelles kurdes du PKK, qui avaient trouvé une zone de repli dans les montagnes du Zagros, dans le Kurdistan irakien, où ils restent d’ailleurs en partie implantés.

L’instrumentalisation par Ankara des populations turcomanes voisines du Kurdistan ou vivant au Kurdistan irakien, ainsi que l’implantation militaire turque dans la région en 2016 sous prétexte de venir en aide aux Kurdes d’Irak contre les djihadistes lors de la bataille de Mossoul, suscitent certes une certaine méfiance à Erbil à l’égard de la Turquie, qui n’en est pas moins devenue la principale partenaire du Kurdistan irakien. Hanté par le spectre d’une alliance pankurde qui risquerait de renforcer le séparatisme à l’Est de la Turquie, le gouvernement turc s’est employé à enfoncer un coin entre les Kurdes d’Irak et ceux de Syrie, qui ont le soutien tacite des milices chiites irakiennes, iraniennes et libanaises combattant aux côtés du régime de Damas, afin d’éviter une continuité territoriale allant du Kurdistan d’Irak à celui de Turquie en passant par les territoires kurdes syriens, autonomes de fait depuis 5 ans. Une situation confuse donc, qui incite l’Arménie à agir avec prudence dans le choix de ses partenaires régionaux.

A Munich toutefois, MM. Nalbandian et Barzani se sont engagés à développer les relations commerciales bilatérales et à dégager des enjeux communs en matière de sécurité. Les relations commerciales entre l’Arménie et d’autres régions de l’Irak se sont considérablement développées au cours des dernières années. Les exportations arméniennes, notamment de cigarettes, vers ce pays du Moyen-Orient en phase de reconstruction ont largement contribué à l’essor du commerce bilatéral, dont le volume global était estimé à quelque 138 millions de dollars en 2016. L’Irak absorbe ainsi les 2 tiers des cigarettes exportées par l’Arménie. Lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le 2 mars à Erevan, E. Nalbandian a souligné que le Kurdistan irakien représentant la plus grosse part des relations commerciales entre l’Arménie et l’Irak, en raison de “la sécurité et d’autres facteurs favorables”.

Le Kurdistan autonome d’Irak est la région la plus stable, la plus pacifique et la plus prospère d’Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003. Le gouvernement central irakien ne veut pas être en reste. Il a ainsi soutenu les efforts en vue de renforcer les relations commerciales entre Erevan et Bagdad, notamment avec le lancement, il y a deux ans, de liaisons aériennes civiles entre les deux capitales, transitant par Erbil. C’est à cette époque que le gouvernement arménien a annoncé son projet de consulat à Erbil et M. Barzani a salué cette initiative lors de sa rencontre avec M.Nalbandian à Munich en février 2015. Il convient aussi de rappeler que plusieurs dizaines de milliers d’Arméniens résident dans le Kurdistan irakien. Certains d’entre eux étaient originaires de Mossoul et ont dû fuir la ville quand l’Etat islamique ou Daech en a fait sa capitale en juin 2014 ; ils ont trouvé refuge, comme d’autres chrétiens d’Irak, des Yézidis ou d’autres populations opprimées par Daech, à Erbil et dans d’autres localités du Kurdistan irakien.

posté le 14 mars 2017 par Gari/armenews