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1 - La Une


ARMENIE
L’armée azerbaïdjanaise avance sur la frontière entre le Nakhitchevan et l’Arménie

L’armée azerbaïdjanaise s’est avancée dans un no man’s land à la frontière avec l’Arménie, provoquant la panique dans les régions arméniennes voisines, ont rapporté les médias locaux. La direction militaire de l’Arménie a essayé de minimiser l’avance, tandis que l’Azerbaïdjan a gardé le silence.

La progression semble avoir eu lieu sans combat, et les forces azerbaïdjanaises restent de leur côté de la frontière internationalement reconnue. Mais ils auraient pris de nouvelles positions dans une zone neutre jusque-là inoccupée dans l’enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, près du village arménien d’Areni.

La hauteur actuellement contrôlée par l’Azerbaïdjan “a donné à l’ennemi [c’est-à-dire à l’Arménie] la capacité de contrôler et de cibler le village de Gunnut [au Nakhchivan]“, a rapporté le site internet azerbaïdjanais haqqin.az. “L’importance stratégique de cette hauteur est qu’elle permet [à l’Azerbaïdjan] de contrôler la route Erevan-Goris-Gafan-Lachin.“

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense n’a pas répondu à une demande de commentaire de haqqin, a rapporté le site.

Un blogger militaire azerbaïdjanais a également ecrit sur le mouvement, citant ses sources dans l’armée, mais le post a été retiré peu de temps après, a rapporté le haqqin.

Il semble avoir été confirmé par un certain nombre de sources arméniennes. Un journaliste militaire arménien, commentant la nomination récente d’Artak Davtyan au poste de nouveau chef d’état-major du pays, a noté que la zone de responsabilité antérieure de Davtyan comprenait la zone située près de la nouvelle position de l’Azerbaïdjan.

“Même la nomination d’Artak Davtyan cause, au minimum, une confusion dans le contexte de ce qui s’est passé ces derniers jours dans la région du Nakhitchevan entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan“, a déclaré le journaliste Edik Baghdasaryan dans un entretien au site EADaily. . “Les Azerbaïdjanais ont été en mesure d’avancer leurs positions dans la zone neutre et de prendre sous leur contrôle une énorme quantité de territoire.“

Une résidente d’Areni a posté sur Facebook des photos de ce qu’elle disait être de nouvelles positions azerbaïdjanaises visibles depuis le village. “De nouvelles positions azerbaïdjanaises dans le village Areni“, a écrit le résident, Siranush Tumanyan. “Le village entier peut maintenant être vu de leur côté, et nos positions sont maintenant beaucoup plus basses. Il y a de la panique dans le village. Je demande à ceux qui ne croient pas ou qui le nient de venir à Areni et de voir par eux-mêmes. “

Un porte-parole du ministère arménien de la Défense a minimisé ce développement. “Je ne peux pas dire“ si l’Azerbaïdjan a vraiment pris de nouvelles positions, a déclaré le porte-parole, Artsrun Hovannisyan, dans une interview à The Armenian Times. “L’Azerbaïdjan peut trouver des positions sur son propre territoire. Leurs positions sont situées à l’intérieur de leur pays, il n’y a aucun changement dans notre position, aucune sorte d’activité. ». A la panique exprimée par Siranush Tumanyan d’Areni, il a dit simplement :« Il n’y a aucune raison de paniquer.

Le président Ilham Aliyev a visité l’exclave le 16 mai et a réitéré son affirmation selon laquelle les missiles basés sur ce site « peuvent détruire toute cible ennemie ». L’Azerbaïdjan a, ces dernières années, mis la priorité sur le renforcement de ses forces militaires dans la région, qui est le territoire azerbaïdjanais le plus proche de la capitale de l’Arménie, Erevan.

Trois jours plus tard, les nouveaux ministres de la défense et des affaires étrangères de l’Arménie ont fait une de leurs premières visites après avoir été nommés à la frontière avec le Nakhitchevan, où ils ont montré qu’ils examinaient les positions militaires dans ce pays.

Les deux ministres “ont étudié la situation opérationnelle, puis ont discuté des particularités du service avec le commandement du corps d’armée“, a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué. “Le ministre [de la Défense] [David] Tonoyan a ordonné aux commandants de toujours rester vigilants, de ne pas céder aux provocations, et de contrecarrer strictement toute tentative de l’adversaire.“

“L’Azerbaïdjan mène une politique d’augmentation progressive des tensions à la frontière entre l’Arménie et le Nakhitchevan“, a déclaré David Shahnazaryan, analyste politique à Erevan. David Shahnazaryan a suggéré que l’objectif de Bakou était d’amener la Turquie dans les négociations internationales entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ; La Turquie a l’obligation conventionnelle de protéger le Nakhitchevan en vertu du traité de Kars de 1921.

L’action arrive à un moment sensible, avec un nouveau gouvernement à Erevan que Bakou pourrait être intéressé à tester. Le Premier ministre nouvellement élu, Nikol Pashinyan, a été accusé par le parti républicain au pouvoir d’être tendre sur la question du Karabagh. Depuis son entrée en fonction, il a fait des efforts pour renforcer ses références bellicistes, prenant une position plus dure contre l’Azerbaïdjan et annonçant publiquement que son fils de 18 ans s’est enrôlé dans l’armée et sera envoyé au Karabakh.

Joshua Kucera est l’éditeur de Turquie / Caucase à Eurasianet, et auteur de The Bug Pit .

Eurasianet.org

posté le 17 juin 2018 par Stéphane/armenews


DIPLOMATIE
Les médiateurs internationaux appellent à une rencontre entre les ministres des affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan
A l’issue de leur visite jeudi 14 juin à Erevan, où ils avaient pu faire connaissance avec les nouvelles autorités arméniennes, les médiateurs internationaux du Groupe de Minsk de l’OSCE ont fait part de leur intention d’organiser au plus vite une rencontre entre les chefs de la diplomatie d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk de l’OSCE visitaient pour la première fois la capitale arménienne depuis le changement de régime dans le pays à la suite de la Révolution de velours dont ils ont rencontré le leader, devenu premier ministre, Nikol Pachinian, ainsi que d’autres responsables arméniens durant leur visite de deux jours. “Les coprésidents et les responsables arméniens ont fait le point sur les négociations et discuté des étapes à suivre en vue de relancer le processus, y compris une rencontre ministérielle dans un proche avenir”, ont-ils fait savoir dans une déclaration commune qui fait aussi état d’un “échange de points de vue sur la situation actuelle à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et la ligne de contact, soulignant l’importance de la préservation d’un environnement constructif”. “Les responsables arméniens ont exprimé leur soutien au travail des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE ... et leur volonté de continuer un travail productif sous l’égide des coprésidents”, ajoute la déclaration. Les communiqués officiels arméniens relatifs à ces discussions ne mentionnent pas l’éventualité de cette première rencontre évoquée entre le ministre des affaires étrangères d’Azerbaïdjan Elmar Mammadyarov et son homologue arménien nouvellement nommé, Zohrab Mnatsakanian. Le service de presse de N.Pachinian se contentait d’indiquer que des discussions étaient en cours avec les médiateurs sur les moyens de créer “un climat propice au progrès du processus de paix”. Les médiateurs avaient rencontré M.Mammadyarov à Paris le 15 mai. Une déclaration commune était publiée à l’issue de la rencontre dans laquelle l’Azerbaïdjan exprimait sa « disposition à reprendre activement le processus de négociations le plus vite possible”.
C’est dans ce contexte apparemment favorable que les autorités arméniennes du Haut Karabagh faisaient état, le même jour, de mouvements de troupes persistants des forces armées de l’Azerbaïdjan aux abords de la “ligne de contact” à l’Est du Karabagh. “Depuis avril, on observe un déploiement massif de leurs troupes pratiquement tout au long de la frontière”, indiquait Davit Babayan, un porte-parole du président du Karabagh Bako Sahakian en ajoutant : “Ils ont déployé des unités de leur armée qui étaient stationnées jusque là bien plus loin en territoire azerbaïdjanais. Et ces derniers jours, ces mouvements de troupes se sont intensifiés”. D.Babayan précisait que les forces de défense du Karabagh suivaient avec vigilance ces mouvements de troupes et prenaient des “mesures appropriées”. L’armée du Karabagh, dont les cadres sont en voie de reformation, comme d’ailleurs ceux des autres organes de sécurité, suite à un puissant mouvement de protestation de la population de l’Artsakh, a diffusé le 12 juin de courts clips video montrant ces mouvements de troupes azéries massées sur certaines sections de la ligne de front. D. Babayan a pris soin de souligner que ces informations alarmistes ne devaient rien à la situation intérieure du Karabagh, qu’il a d’ailleurs qualifiée de relativement calme et sous contrôle, et qu’elles reflétaient la stratégie suivie par les autorités azéries, qui procèdent à une remilitarisation massive des dispositifs militaires le long de la ligne de contact avec l’Artsakh depuis avril.
posté le 16 juin 2018 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Diplomatie 


ARMENIE
L’étau de la justice se resserre sur le maire de Erevan

La justice arménienne resserre son étau sur le maire de Erevan, Taron Markarian, seul responsable du Parti républicain d’Arménie (HHK) exerçant encore un pouvoir considérable, à la tête de la capitale arménienne, qui réunit plus du tiers de la population d’Arménie. En butte à de vives critiques depuis sa réélection controversée en mai 2017, le maire de Erevan fait face à la colère de ses administrés, qui continuaient à manifester pour exiger sa démission, après le retour au calme qui s’était opéré dans la capitale au lendemain de l’élection de Nikol Pachinian au poste de premier ministre, mais s’accroche à son fauteuil de maire, invoquant la légitimité d’élections dont ses opposants contestent quant à eux la validité.

La justice arménienne, qui s’est adaptée rapidement au vent de changement qui souffle sur le pays, comme l’a montré notamment la libération de Jiraïr Sefilian et d’autres activistes de l’opposition dite radicale, semble désormais à l’écoute des opposants à T. Markarian. Jeudi 14 juin, dans la foulée d’une perquisition dans les locaux de la mairie de Erevan, deux hauts responsables du conseil municipal de Erevan étaient arrêtés par les agents du Service de sécurité nationale (SSN), qui poursuivait une enquête relative à des détournements de fonds qui devrait à terme éclabousser T.Markarian et le pousser vers la porte de sortie. Ashot Ghazarian, dirigeant du Yerevan Fund, et Khachatur Kirakosian, maire adjoint du district Davitashen de la capitale arménienne, ont tous deux été placés en détention, mais le SSN n’a pas précisé si des charges criminelles avaient été retenues contre eux pour l’heure. “Une enquête est en cours, et nous fournirons en temps voulu les informations nécessaires”, a déclaré un porte-parole de cette agence du gouvernement que le nouveau pouvoir en place a chargé de lutter avec une détermination implacable contre la corruption, Samson Galtsian, interrogé par le service arménien de RFE/RL (Azatutyun.am).

Ces arrestations ont eu lieu au lendemain de la perquisition spectaculaire menée par des officiers du SSN dans les locaux du Fonds Erevan situés dans l’aile principale de l’hôtel de ville de Erevan. Plusieurs documents, dont certains sans doute compromettants, avaient alors été saisis. Dans un communiqué publié après cette opération de police, le SSN avait indiqué que deux individus avaient été contraints d’effectuer des versements conséquents au Fonds Erevan en échange de permis de construire accordés par la municipalité. Il ajoutait qu’une partie des “importantes sommes” en liquide versées dans le cadre de cette transaction frauduleuse avait été empochée par des responsables municipaux corrompus.

Le maire T.Markarian est le président du conseil d’administration de ce Fonds, où siègent aussi ses adjoints et d’autres responsables municipaux. Le porte-parole de T.Markarian, Artur Gevorgian, a éludé le sujet, après la descente du SSN. “Je ne me suis pas entretenu sur ce sujet avec le maire”, a indiqué pour sa part le jeudi 14 juin S. Galstian, en commentant les arrestations opérées par ses services en ajoutant : “En tout état de cause, le maire s’est toujours prononcé en faveur de l’impartialité des enquêtes et de la non-ingérence dans la travail des forces de l’ordre”. Depuis son élection, N. Pachinian est soumis aux pressions d’une partie de ses partisans, qui souhaitent accélérer le départ de T. Markarian de la mairie de Erevan.

Avant même le changement de gouvernement, de hauts responsables du Parti contrat civil de N. Pachinian avaient demandé la tête de T. Markarian, dénonçant les extorsions de fonds dont se serait rendue coupable l’administration municipale au profit du Fonds Erevan en échange de services divers rendus aux hommes d’affaires ou aux simples administrés. Deux d’entre eux avaient intenté une procédure contre le Fonds en mars après que celui-ci eut refusé de révéler la liste de ses donateurs.

posté le 15 juin 2018 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Arménie 


ARMENIE
Le gouvernement de Pachinian fait face à une première démission

Un mois après être devenue ministre du Travail et des Affaires sociales de l’Arménie, Mane Tandilian a démissionné hier, exprimant son opposition à l’intention du Premier ministre Nikol Pachinian de poursuivre sa réforme impopulaire du système de retraite national.

Tandilian était l’une des organisatrices des manifestations de rue en 2014 contre la décision de l’ancien gouvernement arménien exigeant des citoyens nés après 1973 de financer une grande partie de leurs retraites futures par des paiements d’impôts supplémentaires. Les protestations ont forcé le nouveau gouvernement à rendre le nouveau système, recommandé par les donateurs occidentaux, facultatif pour les employés du secteur privé jusqu’en juillet 2018.

Peu de temps après que Pachinian l’a nommée ministre le mois dernier, Tandilian a proposé que ce délai soit prolongé d’une année de plus. Elle a déclaré que d’autres “discussions publiques“ sur la question devraient avoir lieu entre-temps.

Le gouvernement de Pachinian a toutefois décidé lundi que le nouveau système de retraite deviendrait obligatoire pour tous les Arméniens âgés de 44 ans et moins le mois prochain. La seule concession qu’il a faite a été de demander au Parlement de réduire le taux d’imposition des nouveaux retraites de 5% à 2,5%.

Tandilian a cité la décision du gouvernement lorsqu’elle a annoncé sa démission sur sa page Facebook. “Après de longues discussions, il est devenu évident que ma proposition n’était pas soutenue par le gouvernement“, a-t-elle écrit. “Au lieu de cela, une autre variante a été proposée et approuvée lors de la réunion du gouvernement.“

“Cette question est de la plus haute importance pour moi“, a-t-elle expliqué, affirmant que la plupart des Arméniens s’opposent à la réforme des retraites et que les personnes touchées doivent donc être libres de choisir un mécanisme pour déterminer leurs prestations de retraite.

Tandilian, 40 ans, a également déclaré qu’elle met fin à son adhésion au parti Lumineuse Arménie, qui s’est allié avec le Contrat civil de Pachinian et un autre parti d’opposition pour les élections parlementaires de l’année dernière. Leur alliance avec Yelk était arrivée en troisième position dans les élections.

Tandilian a été élu au Parlement arménien sur l’étiquette Yelk. Elle a dû démissionner de l’Assemblée nationale après avoir accepté de se joindre au gouvernement de Pachinian, formé à la suite de la démission du Premier ministre Serge Sarkissian le 23 avril.

Ni Pachinian ni d’autres leaders du Yelk n’ont immédiatement réagi à sa démission.

Tandilian ne s’est pas ouvertement opposé à la décision du gouvernement sur la réforme des retraites lors de la réunion du cabinet de lundi. La décision a été ouvertement contestée par un autre membre du cabinet, le ministre du Développement économique Artsvik Minasian.

Les objections de Minasian ont clairement irrité Pachinian, qui a souligné que tous les ministres doivent partager la « responsabilité collective » pour toutes les actions du gouvernement. “Ceux qui n’assument pas cette responsabilité ne sont pas avec nous“, a mis en garde le Premier ministre.

posté le 13 juin 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200

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ARTSAKH
Le leader de l’Artsakh annonce qu’il ne se représentera pas en 2020

Bako Sahakian, président de la République d’Artsakh, a annoncé lundi qu’il ne chercherait pas à se faire réélire après la fin de son mandat actuel en 2020.

Sahakian a prolongé de manière controversée la règle de dix ans après que le Karabakh ait promulgué une nouvelle constitution lors d’un référendum qui a eu lieu en février 2017. La nouvelle constitution prévoit le passage de la région d’ici 2020 vers un régime présidentiel.

Les autorités de Stepanakert estiment que ce changement mettrait l’Artsakh dans une meilleure position pour faire face au conflit non résolu avec l’Azerbaïdjan. Pour leur opposant il s’agit d’un stratagème permettant à Sahakian de conserver le pouvoir.

En juillet, le parlement du Karabagh a voté la possibilité pour Sahakian de rester au pouvoir pendant une « période de transition » de trois ans. Le chef du Karabakh n’avait pas dit jusqu’à présent s’il se présenterait aux prochaines élections présidentielles prévues en 2020.

« Je veux déclarer officiellement que je ne participerai pas à ces élections en tant que candidat pour la présidentielle », a déclaré Sahakian aux télévisions publiques d’Arménie et du Karabakh. Il s’est en revanche porté garant d’un vote libre et équitable.

Cette annonce fait suite à la démission de plusieurs hauts responsables du Karabakh à la suite d’un conflit violent survenu le 1er juin à Stepanakert entre plusieurs officiers du Service de la Sécurité nationale (NSS) du Karabakh et des résidents locaux.

La bagarre a déclenché des manifestations de colère contre ce que les participants considèrent comme l’impunité dont jouissent les responsables de l’administration et leurs proches. Environ 200 personnes ont bloqué l’avenue principale de Stepanakert pendant quatre jours, exigeant la démission du NSS et des chefs de la police.

Plusieurs individus, dont trois officiers de la SSN, ont été arrêtés et le gouvernement du Karabakh s’est engagé à assurer une enquête criminelle objective. Ces assurances n’ont pas satisfait les protestataires. Les manifestations n’ont pris fin qu’après un appel lancé le 4 juin par le Premier ministre arménien Nikol Pashinian.

Deux jours plus tard, les chefs de la police locale et de la NSS ainsi que le ministre d’Etat du Karabakh, Arayik Harutiunian, ont présenté leur démission.

Sahakian a insisté lundi sur le fait que les manifestations n’ont pas provoqué de crise politique au Karabakh. Il a admis, cependant, qu’elles ont exprimé un certain mécontentement contre son administration et particulièrement certains de ses fonctionnaires. Il a déclaré que les autorités de Stepanakert tireront les « conclusions » nécessaires de ces troubles. En particulier, a-t-il dit, en nommant des personnes plus compétentes bénéficiant de « la confiance du peuple » aux postes clés.

posté le 12 juin 2018 par Ara/armenews

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COOPERATION
Nikol Pachinian appelle à un « nouvel élan » des liens arméno-iraniens

Le Premier ministre Nikol Pachinian a réaffirmé vendredi l’intention de son gouvernement de maintenir et même d’approfondir les relations cordiales entre l’Arménie et l’Iran voisin.

“Nous ferons tout notre possible pour développer davantage le partenariat bilatéral“, a commenté M. Pashinian face à l’ambassadeur iranien à Erevan, Seyed Kazem Sajjad.

“Nous sommes intéressés pour donner un nouvel élan aux relations arméno-iraniennes sur la base de nos intérêts mutuels“, a-t-il ajouté dans des remarques publiées par son bureau de presse.

Le président iranien Hassan Rouhani a également appelé à resserrer les liens entre les deux pays lorsqu’il a téléphoné à Pachinian une semaine après que ce dernier a été élu Premier ministre arménien le 8 mai. Un communiqué officiel arménien indique que les deux dirigeants avaient convenu “d’approfondir mutuellement le partenariat dans tous les domaines. “

Le Premier ministre arménien et M. Sajjad ont discuté de la mise en œuvre de projets énergétiques bilatéraux, notamment la construction d’une nouvelle ligne de transport d’électricité et des projets de construction d’une centrale hydroélectrique à la frontière arméno-iranienne. L’ambassadeur iranien a souligné l’importance de l’accord de libre-échange provisoire conclu entre l’Iran et l’Union économique eurasiatique (UEE) dirigée par la Russie le mois dernier.

Pachinian a rapidement salué cet accord, disant qu’il “reflète“ pleinement les intérêts nationaux de l’Arménie. “Nous espérons que cela stimulera nos liens commerciaux avec l’Iran“, a-t-il assuré aux journalistes le 17 mai.

Les fabricants arméniens se plaignent depuis longtemps que les politiques protectionnistes de la République islamique d’Iran limitent sérieusement leur accès au marché iranien.

Selon les statistiques officielles arméniennes, le commerce arméno-iranien s’établissait à 263 millions de dollars l’année dernière. Les autorités d’Erevan espèrent qu’une zone économique libre créée près de Meghri, une ville arménienne à la frontière iranienne, en décembre dernier, la stimulera également de manière significative.

L’accord Iran-UEE a été signé quelques jours après que les Etats-Unis ont décidé de réimposer des sanctions économiques à Téhéran après s’être retirés de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien. Rohani et Pachinian auraient discuté des implications de la décision controversée du président américain Donald Trump.

Dans son programme politique global approuvé jeudi par le Parlement, le gouvernement de Pachinian s’est engagé à rechercher des “relations particulières“ avec l’Iran qui serait “immunisé contre les autres influences géopolitiques autant que possible.“ Le programme dit que l’Arménie veut renforcer, en même temps, son “partenariat amical“ avec les États-Unis.

En raison du conflit non résolu du Haut-Karabagh et de la fermeture des frontières de l’Arménie avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, l’Iran est depuis longtemps l’un des deux canaux commerciaux du pays enclavé vers le monde extérieur. Les gouvernements arméniens successifs ont donc tenu à entretenir de bonnes relations avec Téhéran.

posté le 11 juin 2018 par Claire/armenews

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ARTSAKH
L’effet Pashinyan s’étend au Nagorno-Karabakh

Les manifestations n’avaient peut-être pas l’air d’être impressionnantes : quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans la rue à l’extérieur de la gare routière, à quelques rues du centre de la ville, avec des mégaphones demandant la démission d’une poignée de policiers.

Mais pour le Nagorno-Karabakh, ceci est proche d’un soulèvement.

La république non reconnue - acceptée internationalement en tant que partie de l’Azerbaïdjan, mais contrôlée depuis 1994 par les forces arméniennes - n’est pas un endroit qui voit beaucoup de dissidence publique.

“C’est sans précédent - c’est spontané, et les exigences sont dures“, a déclaré Tigran Grigoryan, membre du Parti de la Renaissance nationale, qui se présente comme le seul parti d’opposition au Karabagh. “Je ne savais pas que nous avions autant de personnes courageuses.“

La différence, selon Grigoryan et d’autres, est arrivée de l’Arménie et sa « Révolution de velours », mouvement qui a renversé la politique à Erevan il y a un mois en évinçant le leader de longue date Serge Sarkissian et en le remplaçant par le leader des protestations, Nikol Pashinya.

L’influence des événements en Arménie sur les manifestations au Karabakh était claire : les manifestants utilisaient des voitures pour bloquer les routes, comme ils l’avaient fait à Erevan, et scandaient « Nikol, Nikol ». Entre les haut-parleurs, le système audio jouait beaucoup des mêmes chansons qui sont devenus populaires pendant les manifestations d’Erevan.

“Il y a eu une sorte d’inspiration d’Erevan, et le désir que certains changements se produisent ici aussi“, a déclaré Masis Mayilian, le ministre des Affaires étrangères du Karabakh, dans une interview à Eurasianet.

“La société est devenue plus ouverte ici, et c’est l’influence de ce qui s’est passé à Erevan“, a déclaré Hayk Khanumyan, un membre au Parlement du Parti de la Renaissance nationale.

Les manifestations ont éclaté après que deux jeunes hommes ont été battus par un grand groupe de policiers des forces spéciales. Les manifestants se sont plaints que le Karabakh a longtemps souffert d’une culture d’impunité pour les services de sécurité et ont demandé la démission de quatre hauts responsables de la police. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a fait aucune concession, mais le président de facto du territoire, Bako Saakyan, et d’autres hauts responsables ont rencontré des manifestants et ont promis de mener une enquête approfondie sur l’incident.

Le système au Karabakh est encore plus autocratique que celui que les Pashinyans ont renversé en Arménie : Khanumyan est le seul député de l’opposition dans l’Assemblée nationale de 35 sièges, il n’y a pas de médias indépendants et le pouvoir est fortement concentré dans les mains du président de facto. “Si quelqu’un a besoin de faire réparer son toit, il écrit une lettre au président“, a déclaré Khanumyan à Eurasianet.

Mais il y a aussi une croyance répandue parmi les Karabakhtsis que l’état de fait doit être géré par une main forte, étant donné la menace existentielle à la sécurité qu’ils croient que l’Azerbaïdjan représente. L’Azerbaïdjan considère le Karabakh comme son territoire et menace régulièrement de le reprendre par la force. La menace a été renforcée après une période de combats intenses en 2016, connue sous le nom de « guerre d’ avril », durant laquelle plus de 200 personnes ont été tuées et les forces azerbaïdjanaises ont pris du territoire pour la première fois depuis la signature du cessez-le-feu en 1994.

“Le problème numéro un que les gens ont ici est la sécurité, renforcé par la guerre d’avril et renforcé par le discours de haine que l’on voit dans la société azerbaïdjanaise“, a déclaré Ruben Melikyan, l’ombudsman des droits de l’homme.

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Deux jours après le début des manifestations, des groupes d’anciens combattants pro-gouvernementaux ont organisé une contre-manifestation sur la place principale de Stepanakert, la capitale de facto du Karabakh. “Nous devrions avoir qu’une tâche - c’est la sécurité de notre Etat, et nous ne devrions pas être distraits par d’autres problèmes“, a déclaré l’ un des orateurs, Abo Badasyan.

Et le ministère de la défense de facto a publié une déclaration appelant les gens à “s’abstenir de toute activité dangereuse aggravant artificiellement la situation politique interne face aux menaces extérieures“.

Par conséquent, la petite opposition du territoire maintient ses demandes plus modestes que Nikol Pashinyan en Arménie. “Nous pensons que les changements peuvent venir par l’évolution“, a déclaré Khanumyan. Au-delà des objectifs de la démission des responsables de la sécurité, Khanumyan a déclaré que les réformes devaient inclure une décentralisation du pouvoir et une plus grande supervision publique du budget. “Nous n’avons pas besoin d’un changement complet de pouvoir comme à Erevan“, a-t-il déclaré.

Beaucoup au Karabakh se méfiaient initialement de Pashinyan et de sa révolution à Erevan. Alors que les protestations se sont finalement propagées d’Erevan à d’autres villes d’Arménie, elles ne l’ont pas fait à Stepanakert. “Il y avait une certaine inquiétude que l’instabilité en Arménie pourrait conduire à l’insécurité au Karabakh“, a déclaré Mayilian, le ministre des Affaires étrangères de facto.

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Pashinyan lui-même était une équation inconnue, tandis que Sarkissian est originaire du Karabagh, né à Stepanakert. Mais Pashinyan a finalement convaincu les Arméniens du Karabagh par une série de gestes, dont une visite à Stepanakert au lendemain de son élection au poste de Premier ministre. “Chaque fois qu’il [Pashinyan] parle, il dit :“ Je sers l’Artsakh, je sers l’Arménie “, a déclaré Melikyan, l’ombudsman, en référence au nom local de la région. “Maintenant, les gens acceptent généralement le nouveau gouvernement.“

Le gouvernement a déjà fait des pas vers la réforme.

Les autorités ont aboli le monopole de longue date dont jouissait le seul opérateur mobile du territoire, Karabakh Telecom, qui était impopulaire pour ses prix élevés et son service médiocre. Le 31 mai, le ministre d’Etat de facto, Arayik Harutyunyan, a annoncé que trois opérateurs de téléphonie mobile en Arménie seraient invités à créer une entreprise au Karabakh. Le mouvement a suivi une campagne de Facebook contre le monopole qui a commencé à la mi-mai, et de petites manifestations dans la ville de Hadrut.

Et le parlement a promis de mettre en place une commission spéciale (y compris Khanumyan, le député de l’opposition) pour recueillir les plaintes des citoyens et un “conseil public“ pour augmenter la communication entre le gouvernement et les citoyens.

Les événements à Erevan ont été une “poussée“ pour mettre en œuvre ces réformes, a déclaré Mayilian. Mais il y aura une différence clé au Karabakh, a-t-il ajouté : “Ce qui s’est passé là-bas est allé de bas en haut, mais ici les solutions à ces problèmes et réformes vont venir du gouvernement.“

Les protestations sur les coups de la police ont également été résolues, au moins temporairement, de manière descendante. Pashinyan, dans une vidéo-adresse du 4 juin sur sa page Facebook, a appelé les manifestants à Stepanakert à faire une pause et à donner au gouvernement le temps de répondre à travers son enquête. “Le consensus a été atteint à la suite de discussions longues, détaillées, calmes et fraternelles et je pense qu’il est nécessaire de donner une opportunité pour la réalisation de ces accords“, a-t-il déclaré .

Joshua Kucera est l’éditeur de Turquie / Caucase à Eurasianet, et auteur de The Bug Pit .

Eurasianet.org

posté le 10 juin 2018 par Stéphane/armenews


RUSSIE
« De bonnes discussions » entre Sergey Lavrov et Zohrab Mnatsakanian

Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguey Lavrov, a salué l’état actuel des relations russo-arméniennes après avoir tenu jeudi à Moscou de “bonnes“ discussions avec son homologue arménien Zohrab Mnatsakanian. “Nous avons eu de bonnes négociations, constructives et dignes de confiance dans l’esprit des relations alliées qui unissent nos Etats“, a déclaré M. Lavrov lors d’un point de presse après la réunion. “Je voudrais exprimer ma satisfaction pour les résultats des négociations qui, j’en suis sûr, contribueront à l’avancement des relations entre la Russie et l’Arménie“, a-t-il déclaré.

Serguey Lavrov a déclaré que lui et Mnatsakanian ont discuté, entre autres choses, des liens commerciaux entre leurs nations. “La Russie reste le principal partenaire commercial de l’Arménie“, a-t-il déclaré. “Notre commerce a augmenté de 30 pour cent l’année dernière. Cette dynamique positive s’est poursuivie cette année. La croissance [dans le commerce bilatéral] a atteint près de 40% au premier trimestre. “ “Nous coopérons étroitement et coordonnons nos actions sur la scène internationale“, a ajouté le chef de la diplomatie russe. “Nos relations ont vraiment une base solide“, a déclaré Mnatsakanian, pour sa part. Il a réaffirmé l’engagement déclaré du nouveau gouvernement arménien à les approfondir davantage.

Le Premier ministre Nikol Pashinian a déclaré à plusieurs reprises au cours des dernières semaines qu’il ne retirerait pas l’Arménie de l’Union économique eurasienne et de l’Organisation du Traité de sécurité collective malgré ses critiques à l’égard des deux blocs dirigés par la Russie. Nikol Pashinian a assuré le président russe Vladimir Poutine que l’Arménie resterait alliée à la Russie pendant son mandat à Sotchi le 14 mai. Pour sa part, Poutine a dit à Pashinian qu’il considérait l’Arménie comme “notre partenaire et allié le plus proche dans la région“. Serguey Lavrov a parlé des “accords importants“ conclus par Poutine et Pachinien dans la ville russe de la mer Noire. Mais il n’a pas élaboré.

Le cabinet de Nikol Pashinian a souligné le caractère “stratégique et allié“ des relations russo-arméniennes dans son programme politique débattu jeudi par le parlement arménien. Le programme indique que la coopération militaire avec la Russie restera une “composante importante“ de la stratégie de sécurité nationale de l’Arménie. Le conflit du Nagorno-Karabakh non résolu était également à l’ordre du jour des pourparlers de Lavrov avec Mnatsakanian. Le ministre russe a déclaré que Moscou continuerait à rechercher un règlement pacifique du conflit avec les deux autres puissances médiatrices, les Etats-Unis et la France. Les diplomates russe, américain et français coprésidant le Groupe de Minsk de l’OSCE doivent se rendre à Erevan la semaine prochaine pour savoir quels seront leurs premiers contacts face à face avec les nouveaux dirigeants arméniens.

S’exprimant lors du débat parlementaire de jeudi, Nikol Pashinian a renouvelé ses appels à la participation directe du Karabakh dans les pourparlers de paix arméno-azerbaïdjanais. Il a affirmé qu’il n’avait pas le mandat pour « négocier au nom du peuple du Karabakh ». Le Premier ministre arménien a déclaré en même temps qu’il était « prêt à négocier avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev ». Un fonctionnaire à Bakou a rapidement dénoncé les remarques de Pashinian et a réitéré que son pays ne négociera pas directement avec les Arméniens du Karabakh. Un porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a déclaré que le Karabakh est un territoire azerbaïdjanais occupé par l’Arménie. M. Lavrov a déclaré à ce sujet : “Si Bakou et Erevan décident que le Karabagh doit revenir en tant que partie négociante, la Russie ainsi que les deux autres co-présidents du Groupe de Minsk soutiendront cette décision.“

posté le 9 juin 2018 par Stéphane/armenews


ARMENIE
Le Parlement arménien approuve sans enthousiasme le programme de gouvernement de Nikol Pachinian

Lors d’une consultation qui relevait d’un vote de confiance, l’Assemblée nationale d’Arménie a approuvé jeudi 7 juin le programme politique présenté par le gouvernement du nouveau premier ministre Nikol Pachinian, dont les principaux volets prévoient la tenue d’élections législatives anticipées à court terme, des mesures sévères contre la corruption et des réformes de fond. L’issue du vote était prévisible dans la mesure où suite aux défections dans ses rangs d’oligarques liés à l’ancien pouvoir en place, le Parti républicain d’Arménie (HHK) de Serge Sarkissian venait de perdre sa majorité absolue au Parlement, où il ne compte plus que 52 députés sur 105, contre 58 jusqu’au 8 mai, date de l’élection de N. Pachinian au poste de premier ministre. Et quand bien même l’arithmétique des voix ne plaidait plus en leur faveur, les députés de l’ancien parti au pouvoir, qui reste la première force du Parlement et dispose à ce titre, de ressources législatives suffisantes pour contrarier les projets du nouveau gouvernement, avaient fait savoir qu’ils ne feraient pas obstruction à la politique de N. Pachinian. Le texte de 26 pages a ainsi obtenu le soutien de 62 députés, 39 ayant voté contre, à l’issue d’un débat houleux, au cours duquel Nikol Pachinian a été vivement pris à partie et critiqué par les députés du HHK.

Si ce dernier a connu des défections dans ses rangs au cours des dernières semaines, il a conservé une certaine discipline de parti et entend se positionner dans l’opposition, la grande majorité de ses députés ayant voté contre le programme du gouvernement. Mais tout en affirmant la différence du HHK, les instances dirigeantes du parti avaient fait en sorte qu’une partie des députés de son groupe parlementaire apporte son soutien au texte, de telle sorte qu’il ne soit pas menacé de blocage au risque de provoquer une nouvelle crise politique. Le chef du groupe parlementaire du HHK, Vahram Baghdasarian, avait déclaré juste avant le vote que le HHK ne souhaitait pas “faire obstruction au travail du gouvernement.” Une consigne qui relève moins d’un sursaut de magnanimité ou de fair play de l’ancien parti au pouvoir que de calculs politiques, le rejet de ce programme par le Parlement, outre qu’il aurait plongé à nouveau le pays dans la crise, aurait provoqué la tenue d’élections générales anticipées dès le mois prochain.

Une échéance trop proche pour le HHK, qui préfère donc approuver un programme de gouvernement qui prévoit certes la tenue d’élections législatives, mais à moins court terme, ce qui lui laisserait le temps peut-être de se ressaisir avant de passer l’épreuve des urnes tout en évitant que N. Pachinian et son équipe profitent trop largement d’une dynamique politique qui les placerait largement en tête de quelque scrutin organisé dans la foulée de la Révolution de velours. Le programme voté par les députés précise que l’actuelle Assemblée nationale “ne reflète par la réelle sensibilité politique du peuple d’Arménie” dans le sillage de la révolution démocratique qui a mis fin au règne, ce printemps, du gouvernement précédent dirigé par le HHK. Il ajoute qu’en conséquence, des “élections vraiment libres, justes et démocratiques” doivent être organisées “dans un délai d’un an tout au plus”. Peu après avoir été élu premier ministre le 8 mai, N.Pachinian avaient annoncé que de telles élections pourraient avoir lieu d’ici la fin de l’année. Son programme de gouvernement situe le scrutin à une échéance un peu plus lointaine, probablement au printemps 2019.

Dans un discours d’une heure prononcé devant les deputes auxquels il soumettait ce programme, N. Pachinian a indiqué que des elections dans un délai plus court ne pourraient que profiter à son équipe mais qu’il était prêt à en repousser la tenue de plusieurs mois de telle sorte que les autres forces politiques aient le temps de s’y préparer. Il a aussi fait valoir la nécessité de procéder à des réaménagements majeurs du Code électoral d’Arménie, mais il s’est refusé à donner une date pour la tenue de ce scrutin, dont l’organisation échappera donc au contrôle de l’ancien parti au pouvoir. Le principe d’élections anticipées est aussi soutenu par l’alliance de l’homme d’affaire Gagik Tsarukian, deuxième force du Parlement arménien, ainsi que par la Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnaktsoutioun), qui ne compte que 7 députés et qui était membre de la coalition de gouvernement de S. Sarkissian avant de se rallier à N.Pachinian quand celui-ci avait contraint l’ancien président et éphémère premier ministre à la démission. Un haut responsable du HHK avait déclaré quelques jours avant que le parti de S.Sarkissian était disposé à discuter de cette question dans son principe, même si d’autres figures de proue de l’ancien parti au pouvoir s’y sont fermement opposées. Dans son programme approuvé par les deputes, le gouvernement de N.Pachinian s’engage à renforcer l’Etat de droit, à éradiquer la corruption, et à garantir une croissance économique “substantielle” et “inclusive”, autrement dit plus égalitairement répartie.

Il s’engage par ailleurs à oeuvrer pour une amelioration du niveau de vie de la population, en brisant les monopoles économiques, en luttant contre l’évasion fiscale et en fixant “les mêmes règles du jeu” pour toutes les entreprises. Le programme prévoir aussi la création d’une nouvelle instance anti-corruption qui sera dotée de pouvoirs régaliens. “Lors d’une récente rencontre avec un groupe d’hommes d’affaires, j’ai dit et je le répète que tous les hommes d’affaires en Arménie sont désormais exemptés de toutes sortes d’obligations de corruption [dues aux représentants de l’Etat]”, a déclaré N.Pachinian en ajoutant : “Tout procureur, chef de la police, inspecteur des impôts ou ministr qui tenterait de s’accaparer ne serait-ce qu’une part d’une affaire ou d’imposer une ‘taxe’ à un chef d’entreprise sera tenu pour mon ennemi personnel et devra s’attendre à une réponse sévère de l’Etat et de la justice”. “Le système de monopoles économiques vit ses derniers jours en Arménie ... Tout le monde sera taxé de la même manière et selon les mêmes lois”, avait-il martelé devant les députés. Son programme ne fait aucune prévision, en terme de croissance économique, de réduction de la pauvreté ou de dépenses publiques, une prudence qui n’a pas manqué de susciter les plus vives critiques des députés du HHK.

Eduard Sharmazanov, un vice-président du Parlement et porte-parole du HHK, a désigné le programme comme une vaine “collection de rêves et de vœux pieux”, sans aucun mécanisme pour leur mise en œuvre. “Notre gouvernement vous a remis une économie qui a enregistré une croissance de 7,5 % [en 2017]” a-t-il indiqué en ajoutant : “Dans votre programne, je ne vois aucun objectif économique”. M.Baghdasarian a quant à lui accusé le nouveau gouvernement de « manquer de professionalisme”, en lui reprochant de ne pas connaître “la réalité des faits en matière d’économie”. N.Pachinian a éludé ces critiques en faisant valoir que les objectifs chiffrés fixés par le précédent pouvoir ne s’étaient pas transcrits dans les faits. “Ne vous inquiétez pas, ce gouvernement n’échouera pas”, a-t-il déclaré en apostrophant les députés du HHK. “Le peuple n’échouera pas. La révolution n’échouera pas”, a répété le premier ministre sur un mode incantatoire qui palliait peut-être le manque d’arguments. Naira Zohrabian, figure de proue du bloc Tsarukian, a rejeté avec plus de virulence les critiques du HHK, accusant l’ancienne équipe au pouvoir d’avoir tronqué les chiffres de l’économie et de n’avoir pu attirer les gros investissements promis. La diatribe de N.Zohrabian a été à l’origine d’échanges verbaux musclés entre les députés du HHK et ceux du Bloc Tsarukian, au point que le président du Parlement, Ara Babloyan et la vice-présidente Arpine Hovannisian, ont dû les rappeler à l’ordre et les inviter à cesser de s’insulter. Le leader du Dachnaktsoutioun Armen Rustamian a lui aussi défendu le programme du gouvernement, en soulignant que le gouvernement de N. Pachinian est tenu d’ “éliminer les obstacles freinant notre progrès”.

posté le 8 juin 2018 par Gari/armenews