Nouvelles d'Arménie
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1 - La Une


JUSTICE
Arrestation de Samvel Babayan, proche de l’opposition

Samvel Babayan, ancien haut commandant militaire du Haut-Karabagh proche d’une alliance arménienne de l’opposition, et deux autres personnes ont été arrêtés hier, soupçonnés de trafic d’armes.

Le Service national de sécurité (SNS) a confirmé les arrestations quelques heures après avoir annoncé qu’il avait confisqué un système de fusées sol-air qui, dit-on, avait été introduit clandestinement en provenance de Géorgie.

Le SNS a révélé détenir “des informations crédibles“ suggérant qu’un système russe Igla a été commandé par Babayan. Les enquêteurs du SNS tentent maintenant de déterminer le but de l’acquisition et la source de financement, a précisé l’agence de sécurité dans un communiqué.

La déclaration du SNS n’a pas identifié les deux autres suspects. Les membres de la famille de Babayan ont refusé de commenter son arrestation lorsqu’ils ont été contactés par des correspondants de RFE / RL.

Babayan, 52 ans, a commandé l’armée arménienne du Karabagh de 1993 à 1999. Il était l’un des hommes les plus puissants de la République non reconnue à cette époque. Il a été arrêté en 2000 et condamné par la suite à 14 ans de prison pour avoir prétendument dirigé une tentative ratée de meurtre sur la personne du président du Karabagh.

Immédiatement après avoir été libéré en 2004, Babayan a déménagé à Erevan où il a mis en place un parti politique en 2007 qui n’a pas obtenu beaucoup de voix lors des élections parlementaires. Il a émigré en Russie en 2011 pour des raisons inconnues.

Le général, autrefois puissant, est revenu en Arménie en mai 2016, citant le risque accru de reprise de la guerre avec l’Azerbaïdjan. Depuis, il a critiqué à plusieurs reprises les gouvernements actuels de l’Arménie et du Karabagh.

Babayan a ouvertement soutenu l’alliance d’opposition ORO co-dirigée par l’ancien ministre de la Défense Seyran Ohanian et les anciens ministres des Affaires étrangères Raffi Hovannisian et Vartan Oskanian. Mais il a nié toute participation à la campagne électorale du bloc.

Ohanian a suggéré que l’arrestation de Babayan puisse être liée aux activités pré-électorales d’ORO. « Samvel Babayan est notre camarade idéologique et un soutien », a-t-il déclaré aux journalistes.

Une autre figure de l’ORO, Armen Martirosian, s’est montré plus catégorique, affirmant que l’arrestation de Babayan était motivée politiquement et « dirigée contre » le bloc d’opposition. “Puisqu’il y a une plus grande confiance du public envers nous, les autorités ont recouru à une autre action répressive et illégale“, a-t-il assuré.

posté le 23 mars 2017 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200

THEMES ABORDES : Babayan  Image 450  Justice  Karabagh  Opposition  Russie 


TURQUIE/EUROPE
Erdogan menace les Européens dans le monde entier

Ankara, 22 mars 2017 (AFP) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi qu’aucun Européen ne pourrait plus “faire un pas dans la rue en sécurité“ si l’Union européenne (UE) maintenait envers la Turquie une attitude qu’il a jugée hostile.

“Je m’adresse une nouvelle fois aux Européens (...) La Turquie n’est pas un pays qu’on peut bousculer, dont on peut jouer avec l’honneur, dont on peut expulser les ministres“, a grondé M. Erdogan lors d’un discours à Ankara.

“Le monde entier suit ce qu’il se passe de très près. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun occidental ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité dans la rue, nulle part dans le monde“, a-t-il ajouté.

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l’UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l’interdiction de plusieurs meetings pro-Erdogan auxquels devaient participer des ministres turcs en Allemagne et aux Pays-Bas.

En réaction, les dirigeants turcs ont multiplié les invectives envers les capitales européennes. M. Erdogan a ainsi accusé la chancelière allemande Angela Merkel d’avoir recours à des “pratiques nazies“, suscitant l’indignation de Berlin. “En tant que Turquie, nous appelons l’Europe à respecter les droits de l’homme et la démocratie“, a lancé le chef de l’Etat turc mercredi.

Le regain de tension avec l’Europe survient à moins d’un mois d’un référendum, le 16 avril, sur une révision constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs présidentiels en Turquie, qui pourrait permettre à M. Erdogan de rester au pouvoir jusqu’en 2029.

Le président turc est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire, en particulier depuis la tentative de putsch du 15 juillet, suivie de vastes purges qui ont notamment frappé les médias.

Rejetant les critiques européennes au sujet des journalistes emprisonnés en Turquie, M. Erdogan a déclaré : “quand on regarde la liste des noms (de journalistes emprisonnés), il y a des assassins, des cambrioleurs, des pédophiles, des escrocs : de tout, sauf des journalistes !“.

posté le 22 mars 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Turquie 


LEGISLATIVES
Le ministre de la Défense s’en prend à son prédécesseur

Le ministre de la Défense, Viguen Sargsian, a rejeté lundi les critiques de son prédécesseur Seyran Ohanian, qui critique de plus en plus fortement le gouvernement arménien lors de la campagne électorale en cours.

Ohanian a commencé à critiquer le gouvernement peu de temps après avoir été remplacé par Sargsian en octobre. Il a ensuite fait équipe avec les partis d’opposition dirigés par les anciens ministres des Affaires étrangères Vartan Oskanian et Raffi Hovannisian pour participer aux élections législatives du 2 avril. Leur alliance a prédit la semaine dernière que le changement de régime serait imminent parce que les Arméniens sont fatigués de la « corruption systémique » et de l’injustice dans leur pays.

« Je suis un peu la campagne électorale [de Ohanian] et je suis très surpris par beaucoup de choses », a déclaré Sargsian au service arménien de la RFE / RL (Azatutyun.am) lors d’une interview. « Je suis surpris par sa lutte ouverte contre le Parti républicain. M. Ohanian a déclaré qu’il allait se battre personnellement contre le Parti républicain. « Je suis surpris de sa disponibilité à un dialogue chaleureux avec un certain nombre de forces car je suis conscient de ses relations passées avec eux », at-il dit, refusant de nommer ces groupes d’opposition.

« Franchement, je suis très surpris par sa prétention lorsqu’il prétend avoir construit l’armée pratiquement à partir de zéro », a continué Sargsian. « J’ai servi dans l’armée avant de devenir ministre [de la défense]. Je me souviens très bien du développement évolutif de notre armée à différents stades.

“Mais si cela l’aide à gagner des votes et à regarder le peuple dans les yeux, c’est son choix. Je ne le partage pas.“ Le ministre de 41 ans a aussi souligné que les activités d’Ohanian dans l’opposition sont « normales » parce qu’« il ne s’agit pas du premier cas de divergence entre l’actuel et l’ancien ministre de la Défense » de l’Arménie. “Tout citoyen a le droit constitutionnel de concourir et de se battre [lors d’une élection]. Toute personne a le droit de prendre des positions différentes selon qu’il occupe ou non une position gouvernementale “, a ajouté Sargsian dans à l’intention de son prédécesseur.

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Certains dirigeants arméniens de l’opposition ont qualifié la rhétorique actuelle d’Ohanian de malhonnête, rappelant qu’il a été un membre clé de l’administration du président Serzh Sarkisian pendant plus de huit ans et n’a jamais dénoncé la situation de l’Arménie qu’il déplore maintenant. Sargsian, qui a précédemment dirigé le secrétariat général de la présidence, est la tête de la liste des candidats aux élections proposés par le parti républicain au pouvoir en Arménie (HHK). Ce fait a conduit certains à spéculer sur le fait qu’il a été choisi pour servir Serzh Sarkisian l’homme le plus puissant du pays.

Lorsqu’on lui a demandé s’il était prêt à prendre la succession du président, Sargsian a déclaré : « Dieu merci, au cours des 25 dernières années, nous avons réussi à former une société et un système où les successeurs sont élus par le peuple. Je pense que, dans ce sens, il est prématuré d’essayer de dire aujourd’hui qui leader demain.

Sargsian a insisté sur le fait qu’il voudrait rester ministre de la Défense si le HHK gagne les prochaines élections. « Si je garde cette responsabilité, je me considérerai comme une personne très heureuse », a-t-il dit. « Si j’échoue, rien d’autre ne m’intéressera ou ne me tentera.

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Le chef de la défense, qui a fait ses études aux États-Unis, a confirmé les déclarations du président Sarkissian selon lesquelles le Premier ministre Karen Karapetian conservera son poste en cas de victoire de HHK dans les urnes. Karapetian mène la campagne électorale de HHK en dépit du fait qu’il ne figure pas sur sa liste de candidats. Sargsian est l’une des rares personnalités du parti qui l’accompagnent régulièrement lors de la campagne électorale.

posté le 21 mars 2017 par Ara/armenews

P.S Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200

THEMES ABORDES : Arménie 


ARMENIE
Le bloc d’Ohanian prédit la défaite du parti républicain

L’alliance menée par l’ancien ministre de la Défense, Seyran Ohanian, a affirmé vendredi que le Parti républicain (HHK) du président Serge Sarkissian perdrait son pouvoir à la suite des prochaines élections législatives.

Il a également déclaré que les principales forces d’opposition arméniennes devraient déjà officiellement s’engager à former un « gouvernement d’accord national ». La proposition a fait face au scepticisme d’autres candidats majeurs de l’opposition aux élections prévues pour le 2 avril.

Dans un communiqué, le bloc ORO coprésidé par Ohanian et les anciens ministres des Affaires étrangères, Vartan Oskanian et Raffi Hovannisian, a assuré que “deux semaines restent avant la fin de la domination du HHK“. Les Arméniens sont fatigués de la “corruption systémique“ et des violences préélectorales. Ils veulent “des réformes radicales“, selon lui.

Le communiqué ajoute que ORO est prêt à signer une déclaration conjointe avec d’autres concurrents de l’opposition sur un accord post-électoral de partage du pouvoir qui exclura le HHK.

Armen Martirosian, haut responsable de ORO, a expliqué qu’un tel accord engagerait les signataires à ne pas conclure de coalitions post-électorales avec le parti au pouvoir. “S’ils ne signent pas, ils montreront qu’ils n’excluent pas une coalition avec le HHK“, a t-il expliqué.

Naira Zohrabian, haut représentant d’un autre bloc dirigé par l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian, a exprimé le scepticisme au sujet de la proposition, mettant en avant le fait qu’il n’est pas encore clair de savoir quels groupes d’opposition gagneront des sièges au prochain Parlement.

Zohrabian a également rappelé : “Le Bloc de Tsaroukian exclut catégoriquement la coopération post-électorale avec le Parti républicain, dans n’importe quel forme que ce soit. Gagik Tsaroukian l’a clairement expliqué“.

Levon Zurabian (alliance Congrès-HZhK) a également décrit l’idée d’ORO comme étant prématurée. “Je pense qu’il est inutile de parler à l’avance de ce qu’il se fera ou ne se fera pas avec d’autres forces, d’autant plus que nous ne savons pas encore exactement quel est le poids électoral de chaque force politique“, a t-il commenté.

Zurabian a indiqué que les élections montreraient que les groupes nominalement opposés sont véritablement opposés au président Sarkissian. Il a révélé que le Congrès-HZhK soupçonne que certains de ces groupes sont autorisés par les autorités à distribuer des pots-de-vin lors de la campagne électorale.

Aram Sarkisian, un dirigeant du bloc d’opposition Yelk, n’a pas non plus été intéressé par l’idée d’une déclaration de l’opposition. “Je pense que le Bloc de Tsaroukian formerait certainement une coalition avec le HHK, plutôt que d’autres forces, dans certaines circonstances“, a-t-il déclaré. « Il en va de même pour Dashnaktsutyun et le Renaissance arménienne ».

posté le 20 mars 2017 par Claire/armenews

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OPPOSITION
Vers une poursuite des médecins qui ont opéré Artur Sargsian ?

Les autorités arméniennes ont indiqué vendredi qu’elles pourraient poursuivre des médecins suite au décès d’Artur Sargsian, l’homme qui a été arrêté l’année dernière après avoir livré de la nourriture aux hommes armés de l’opposition occupant un poste de police à Erevan.

Artur Sargsian, âgé de 49 ans, est décédé dans un hôpital d’Erevan jeudi après avoir subi une intervention chirurgicale intestinale urgente. Il avait été libéré sous caution le 6 mars après une grève de la faim de 25 jours.

Certains des principaux groupes d’opposition d’Arménie ont accusé les autorités de la mort de l’homme connu sous le nom du « porteur de pain ». Ils pensent que, comme il souffrait de graves maladies chroniques, il n’aurait pas dû du tout être en détention.

Le Comité d’enquête d’Arménie a déclaré avoir ouvert une enquête pénale en vertu d’un article du Code pénal traitant des homicides par négligence résultant d’une aide médicale inadéquate.

Arsen Grigorian, chirurgien en chef du Centre médical d’Arménie où Sargsian est décédé, a insisté vendredi sur le fait que les médecins de l’hôpital ont tout fait pour sauver l’homme. Il a conclu que sa mort avait été causée par une insuffisance cardiaque et pulmonaire aggravée par une affection intestinale grave.

Grigorian a précisé qu’ils ont détecté des problèmes intestinaux et ont fortement recommandé une opération quand Sargsian a été transporté d’un hôpital carcéral vers le Centre médical d’Arménie le 6 mars. Il a ajouté que l’opposant radical a non seulement refusé d’être opéré, mais a quitté l’hôpital privé contre leurs conseils quatre jours plus tard.

“S’il n’avait pas refusé la chirurgie lors de la première hospitalisation, il n’aurait pas développé de rupture intestinale dix jours plus tard“, a assuré Grigorian.

Sargsian avait livré de la nourriture aux membres armés du groupe d’opposition radical du Sasna Tzser pendant leur affrontement de deux semaines avec les forces de sécurité qui s’était conclu par la mort de trois policiers.

Sargsian a été libéré fin décembre, mais a de nouveau été arrêté le 9 février. Il a commencé une grève de la faim immédiatement après sa deuxième arrestation.

Edmon Marukian, chef de l’alliance Yelk, a accusé que la mort de Sargsian était le résultat de son “traitement long et inhumain“ que lui a fait subir les autorités. Un autre bloc d’opposition dirigé par Levon Ter-Petrosian a également condamné son arrestation comme étant une grave violation des droits de l’homme.

Un autre groupe d’opposition dirigé par l’ancien ministre de la Défense, Seyran Ohanian, a suspendu sa campagne pour les élections législatives du 2 avril en signe de respect envers Sargsian. Dans un communiqué, il a déclaré que son « sacrifice de soi ne doit pas et ne peut pas rester sans conséquences ».

Annulant également ses réunions de campagne vendredi, l’alliance électorale menée par l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian a décrit la mort de Sargsian comme étant une « grande tragédie ».

Le Parti républicain a rejeté les critiques de l’opposition à l’encontre des autorités et a accusé ses opposants politiques d’exploiter l’affaire à des fins politiques. “Si nous n’avions pas été dans un processus préélectoral, de telles accusations n’auraient pas été exprimées“, a assuré un membre important du HHK, Vahram Baghdasarian.

Baghdasarian a déclaré que les autorités mèneront « l’enquête la plus objective » pour établir toutes les causes de la mort de Sargsian.

posté le 19 mars 2017 par Claire/armenews

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THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450  Justice  Opposition  Santé 


EREVAN
Rassemblement et marche en mémoire du « porteur de pain »

18 heures à peine et la foule est déjà là : pas l’une de ces foules immenses sans doute - mais de celle qui compte en raison de la moyenne d’âge, entre 18 et 20 des plus déterminés, celles et ceux qui drapeaux arméniens en main sont venus, ce vendredi soir du 17 mars, se rassembler place de l’opéra 24 heures après le décès d’Artur Sarksyan. Les toutes jeunes filles sont les plus résolues : deux d’entre elles expliquent qu’elles avaient déjà participé à la grande mobilisation d’Electric Yerevan. Mais avec les messages et appels à cette manifestation qui ont circulé sur les pages Facebook - on a affaire à toute autre chose. « Ils l’ont tué, ils ont tué le porteur de pain, ils ont tué un homme qui savait ce qu’il risquait lors des Sasna Tsrer mais qui l’a fait quand même et qui en finalement mort » martèle Anna, à peine 20 ans.

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A 18h30 Shahen Harutyunyan prend la parole. Lui qui se bat depuis trois ans pour la libération de son propre père a aussi été l’initiateur du long sit in sur cette même place de l’opéra pour réclamer la remise en liberté du porteur de pain. Au mégaphone, Shahen présente sobrement les trois revendications de cette manifestation spontanée, sans couleur politique particulière, mais résolument anti régime : d’abord, qu’Artur soit enterré à Yerablour, le cimetière des héros de l’Arménie. Ensuite, que les responsables de sa mort soient poursuivis, mis en examen et condamnés, et ce quels qu’ils soient. Troisième revendication - la démission du pouvoir en place, de tout le gouvernement et du président. Les cris fusent alors : « mort au régime », « Serjik, siktir » -entrecoupés de sifflets et du nom scandé d’Artur devenu le symbole d’une Arménie où les élections si proches ne semblent guère aptes à changer quoi que ce soit et où toute une jeunesse commence à se mobiliser.

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Lorsque le cortège se forme pour aller porter ces revendications jusqu’au Premier ministre place de la République, le cordon policier se déploie immédiatement encadrant de près tous et toutes. A la moitié de l’avenue Mashtots, juste à l’angle de la rue Pouchkine, première échauffourée : les policiers forcent le cortège à se serrer pour dégager au moins une voie à la circulation - les manifestants se bousculent, un jeune hurle « ils ont tué Artur, ils ont tué Artur », un leitmotiv que tous reprennent alors que bousculade et cris se poursuivent.

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Une dizaine de minutes plus tard, sous les yeux éberlués des touristes iraniens, les jeunes tentent une manœuvre audacieuse : juste sur le début de la rue Amirian, ils s’assoient purement et simplement, sur le bitume. Le Colonel Ovsipian, celui là même qui pendant les Sasna Tsrer s’était retrouvé au milieu du commando armé, est comme d’habitude à la manœuvre. Il invite Shahen à faire se lever les jeunes, mais Shahen riposte qu’il n’est pas l’organisateur en propre de la manifestation t que c’est aux manifestants de décider...Finalement, tous se lèvent et reprennent leur parcours qui les mène droit au bâtiment du gouvernement sur la place de la République. Objectif - présenter par écrit les trois revendications énoncées plus tôt au Premier ministre.

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Quinze minutes plus tard, alors que le premier rang aborde la place - le cordon policier cède malgré sa résistance : vingt jeunes, filles comme garçons, s’échappent littéralement et vont s’asseoir au beau milieu de la place...Le reste du cortège, devant un déploiement de forces de police puis de forces anti émeutes impressionnantes, se regroupe devant le bâtiment du gouvernement et Shahen présente sa feuille imprimée et demande réponse.

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Celle-ci ne tardera pas - pas d’enterrement à Yerablour pour celui qui avait ému toute l’Arménie avec son geste simple - amener à manger aux Sasna Tsrer retranchés dans le poste de police d’Erebuni l’été dernier. Dans une longue interview qui passe et repasse d’un réseau social à l’autre depuis hier, Artur avait expliqué son acte, sobrement, efficacement. Pas étonnant que son incarcération en dépit de son état de santé ait provoqué une telle réaction : on n’est guère habitué ici à ce que l’homme de la rue prenne la parole, sans aucun symptôme classique de la tête brûlée...Rongé par sa maladie rhumatismale aiguë, Artur serait mort hier d’une occlusion intestinale. Pour Alec Yenimkocian, l’enquête en cours sur la cause de la mort reste un leurre : la grève de la faim qu’Artur avait menée pendant 20 longs jours pour exiger sa remise en liberté finalement obtenue le 6 mars dernier l’avait affaibli, sans aucun doute, mais l’acharnement des autorités est bien en cause.

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Vers 20h15, la situation se tend d’un coup- le petit groupe de jeunes a quitté la place et se heurte un moment avec les forces anti émeutes : les policiers tentent de calmer le jeu alors qu’une jeune fille s’évanouit. Pas de violence, il y a des enfants crie l’un des policiers. La consigne est passée. Et du côté du reste du cortège, on reçoit la réponse - le nouveau héros de l’Arménie ne sera pas enterré à Yerablour, le Premier ministre vient de faire connaître sa réponse aux manifestants.

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Demain, le corps d’Artur sera autopsié pour déterminer les causes exactes de sa mort. La veillée puis les obsèques auront lieu sans doute dimanche voire lundi. Les jeunes eux sont déterminés : tous les soirs, à 18 heures, sur la place de l’opéra, ils se réuniront et continueront à demander justice. A la veille d’élections déjà tendues, la mort d’Artur a remis au centre de l’opinion publique les Sasna Tsrer et la question de tous ceux qui membres du commando ou non se trouvent en prison. Cet ébéniste de 49 ans que l’on avait vu évacué du poste de police comme les autres lors de la reddition du commando, chancelant sur ses jambes, le corps déformé par la maladie, est devenu sans doute malgré lui le symbole d’une certaine partie de l’Arménie. Celles des jeunes, avant tout, d’une génération à la fois très patriote et sans réel espoir de changement pour son pays, sans vrai appartenance politique, mais qui prend conscience qu’elle existe et qu’elle compte malgré tout dans un climat de tension palpable dans toute l’Arménie.

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Chronologie : 26 juillet - Artur Sarksyan force les barrages de police en voiture pour apporter du ravitaillement au commando des Sasna Tsrer 31 décembre - Artur Sarsksyan, arrêté depuis la reddition du commando pour avoir apporté de l’aide au commando des Sasna Tsrer, est libéré. 9 février - il est de nouveau incarcéré. Il entame une grève de la faim. Dans les jours qui suivent, des jeunes dont Shahen Harutyunyan organise de soir en soir et y passant toute la nuit un lont sit in place de l’opéra exigeant la libération de celui devenu connu sous le nom du « porteur de pain » 6 mars - suite à la mobilisation civile et à l’appel signé par 27 parlementaires, Artur sort de prison. Il y a quelques jours, sa santé s’est détériorée. Amené à l’hôpital, il est opéré en urgence. Il décède hier 16 mars dans l’après-midi au service de réanimation de l’hôpital.

FH

posté le 18 mars 2017 par Ara/armenews

Photoreportage de Max Sivaslian

THEMES ABORDES : Arménie 


ARMENIE
L’Arménie réitère son intérêt pour le gaz turkmène

Le premier ministre arménien Karen Karapetian a une fois encore fait part de la volonté de l’Arménie d’importer du gaz naturel du Turkmenistan, alors qu’il rencontrait le ministre de l’énergie de la République centrasiatique le mercredi 15 mars. Charymyrat Purchekov se trouvait à Erevan pour y participer à une séance régulière de la commission intergouvernementale de la commission turkmeno-arménienne sur la coopération économique. Il a rencontré le premier ministre arménien Karapetian en marge de cette réunion. Dans un communiqué, le gouvernement arménien a fait savoir que K.Karapetian avait salué le “fort potentiel de la coopération [Turkmenistan-Arménie] dans le domaine économique et plus spécialement le secteur énergétique”. “Dans la perspective de sa réalisation, les parties ont souligné l’importance de la visite officielle prévue du premier ministre d’Arménie au Turkménistan, au cours de laquelle les parties discuteront des questions, projets et programmes d’intérêt mutuel”, a ajoute de communiqué.

K.Karapetian avait rencontré les ambassadeurs du Turkménistan et d’Iran en Arménie en janvier pour évoquer avec eux les perspectives d’une “coopération trilatérale dans le domaine de l’énergie” et “la fourniture de ressources énergétiques”. L’Arménie avait ainsi manifesté son intérêt pour la livraison de gaz naturel turkmène via l’Iran, qui réduirait sa dépendance énergétique par rapport à la Russie, son principal fournisseur à ce jour. Mais avant le monopole du géant gazier russe Gazprom, le réseau gazier arménien était alimenté essentiellement par le Turkménistan, qui était le premier fournisseur de gaz naturel de l’Arménie dans les années 1990. Si la Russie assure actuellement quelque 80 % des besoins en gaz de l’Arménie, le reste est assuré par l’Iran, depuis la mise en activité du gazoduc reliant les deux pays construit en 2008. Lors d’une visite à Erevan le 21 décembre 2016, le président iranien Hassan Rouhani avait assuré à son homologue arménien Serge Sarkissian qu’il était disposé sur le principe à voir augmenter le volume de gaz iranien exporté vers l’Arménie et qu’il était aussi favorable au transit par l’Iran du gaz turkmène qui serait livré à l’Arménie, sans donner plus de précision. Il est vrai que l’Iran et le Turkménistan doivent encore régler quelques litiges financiers qui compromettent cette coopération trilatérale... le gouvernement turkmène ayant suspendu depuis janvier les exportations de gaz vers la République islamique d’Iran.

posté le 17 mars 2017 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Turkménistan 


DIPLOMATIE
Vladimir Poutine loue les liens amicaux entre la Russie et l’Arménie

Le président russe Vladimir Poutine a salué le “caractère vraiment amical“ des relations de la Russie avec l’Arménie et a exprimé sa confiance que les deux pays se rapprocheront encore plus après les pourparlers qu’il a eu avec son homologue arménien Serge Sarkissian hier.

“La Russie et l’Arménie cherchent sincèrement à renforcer leur coopération mutuellement bénéfique et leur partenariat stratégique global“, a-t-il déclaré aux journalistes du Kremlin.

“Nous ferons des efforts conjoints pour renforcer davantage notre alliance stratégique“, a ajouté Sarkissian pour sa part.

Un communiqué conjoint de Poutine et Sarkissian précise qu’ils s’efforceront de réaliser “l’énorme potentiel des relations russo-arméniennes“ dans les domaines politique, économique et militaire.

Les deux dirigeants ont salué une augmentation considérable du commerce russo-arménien qui a été enregistrée l’an dernier en dépit des récessions économiques dans les deux pays.

“La Russie est le principal partenaire commercial de l’Arménie“, a souligné Poutine. Il a également mis en avant les investissements russes dans les secteurs de l’énergie, des mines et des transports en Arménie.

Tout en promettant d’aider à renforcer les relations commerciales russo-arméniennes, les deux dirigeants n’ont annoncé aucun accord concret à cet effet. Poutine a dit seulement que les deux gouvernements envisagent maintenant d’utiliser la monnaie nationale de l’autre dans le cadre de leur commerce bilatéral.

En visite à Moscou à la fin janvier, le Premier ministre Karen Karapetian a appelé à la création d’un « fonds d’investissement » russo-arménien qui financerait des projets commerciaux en Arménie. Il a ensuite affirmé que le Premier ministre russe Dmitri Medvedev avait « évalué positivement la proposition ». Ni Poutine ni Sarkissian n’ont mentionné la question dans leurs déclarations à la presse.

Comme on pouvait s’y attendre, le conflit non résolu du Haut-Karabagh était également à l’ordre du jour de la dernière visite officielle de Sarkissian à Moscou. Une déclaration conjointe explqie que les deux dirigeants étaient d’accord sur la nécessité de renforcer le régime de cessez-le-feu dans la zone de conflit avec des mesures concrètes qui ont été élaborées lors des sommets arméno-azerbaïdjanais organisés l’an dernier.

Poutine a accueilli une de ces réunions à Saint-Pétersbourg en juin 2016. Les présidents Sarkissian et Ilham Aliev ont signalé des progrès vers un règlement pacifique après ces entretiens. Cependant, le processus de paix s’est arrêté à nouveau dans les semaines qui ont suivi.

“La Russie continue à apporter tous les types de soutien à la recherche de solutions mutuellement acceptables au conflit dans le cadre du Groupe de Minsk de l’OSCE et lors de contacts directs entre Erevan et Bakou“, a déclaré M. Poutine hier. Il n’a donné aucun détail de sa discussion sur le Karabagh avec Sarkidsian.

Poutine a également noté que Sarkissian était à Moscou à l’approche des élections parlementaires en Arménie. Il a assuré que les autorités à Erevan faisaient “tous les efforts“ pour s’assurer que le vote était démocratique.

“Je voudrais vous souhaiter beaucoup de succès dans cette entreprise“, a déclaré Poutine au chef arménien. “La Russie est sincèrement intéressée par une Arménie stable, indépendante et dynamiquement en développement.“

posté le 16 mars 2017 par Claire/armenews

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France-Azerbaïdjan
Ilham Aliyev en France : Colère des Franco-Arméniens

Mardi 14 mars, à Marseille, Lyon et Paris, des milliers de Franco-Arméniens ont protesté à l’appel du CCAF contre la venue en France du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, en visite officielle, reçu par les plus hautes instances de la République, quelques jours seulement après que l’État français ait accueilli sur son sol le président arménien Serge Sarkissian.

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A Paris, c’est à 19h que de la tribune installée sur l’esplanade des Droits de l’homme du Trocadéro, heure à laquelle Ilham Aliyev s’entretenait avec le président Hollande à l‘Elysée, qu’Harout Mardirossian (CDCA) a lancé « Oui Ilham Aliyev est un dictateur ! Car comment autrement définir un homme, qui de concert avec son frère turc, le dictateur Erdogan, mène une politique panturquiste, raciste envers ses minorités et plus particulièrement envers les Arméniens. »

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Rendant hommage aux soldats arméniens morts au combat, il s’en est pris aux « Corléone de la Caspienne, un clan mafieux qui a asservi son peuple et s’est accaparé les richesses de son pays et dont la famille a été cité dans les Panama papers. » Corruption, autoritarisme, médias sous contrôle, démocratie et liberté d’expression bafouées, telles sont les qualités que semblent apprécier certains élus français, peu enclins à s’émouvoir de ces dérives. Il a lancé un appel au président Hollande de faire libérer immédiatement le journaliste Alexandre Lapshin et « de geler l’ensemble des contrats commerciaux de la France avec l’Azerbaïdjan tant que celle-ci ne s’engage pas réellement dans la voix de la paix en respectant scrupuleusement le cessez-le-feu. » Le président du CDCA a enfin dénoncé le manque de courage des autorités françaises « contre Erdogan et son frère Aliyev »

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Dans son intervention, le sénateur-maire d’Alfortville Luc Carvounas s’est félicité d’être auprès de ses amis arméniens et a annoncé qu’Alfortville serait bientôt jumelée avec une ville de l’Artsakh. Et qu’en conséquence Alfortville sera la seule ville de France qui hissera le drapeau de l’Artsakh à toutes les entrées de la ville.

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Il a ensuite dénoncé, en tant que parlementaire, « la confusion dans la diplomatie française qui en moins d’une semaine reçoit le président de la République arménienne, laisse faire le ministre turc sa campagne à Metz et reçoit le président Aliyev, ici en France. Ce n’est pas la bonne façon de faire de la diplomatie », a-t-il martelé, tout en se félicitant du travail hors clivage gauche-droite, au nom des droits de l’homme, avec ses collègues parlementaires, tels Patrick Devedjian, Valérie Boyer ou Michel Lambert, ici présents.

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Le jeune représentant de Nazarpek, Ararad Yesilsimen, ne veut plus entendre parler de conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Pour lui il s’agit d’un « conflit entre le peuple d’Arsakh et l’État d’Azerbaïdjan. » Il a rappelé la présence séculaire des Arméniens en cette terre. Des Arméniens humiliés durant 50 ans qui « ce sont soulevés contre la tyrannie et qui ont combattu pour leurs droits. ». Ararad Yesilsilem a ensuite témoigné avoir été sur la ligne de front durant la guerre des 4 jours d’Avril 2016 pour combattre auprès de ses camarades de France et d’Arménie, disant qu’il ne pouvait rester en France, au grand dam de sa famille. Il a décris les conditions épouvantables et inhumaines dans lesquelles sont soumis les jeunes et moins jeunes soldats arméniens, prêts à l’ultime sacrifice pour la défense de leur terre ancestrale et l’avenir des enfants.

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Valérie Boyer, député des Bouches-du-Rhône, a « dénoncé encore une fois la venue du président Aliyev en France. Un président qui n’a pas supporté, il est vrai, que le président d’Arménie soit reçu par le président de la république, et qui a voulu s’imposer une semaine après » a-t-elle constaté ; ajoutant que « ce quinquennat avait commencé avec la visite d’Aliyev et malheureusement se termine encore avec la visite d’Aliyev. »

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Selon elle, « ne l’oublions jamais, le Karabagh est une question de survie pour les Arméniens et d’orgueil national pour les azéris. C’est là toute la différence. » La député a aussi dénoncé la course aux armements opérée par l’Azerbaïdjan, dont le budget est supérieur à celui de l’Arménie. Des armements « dont l’objectif est de reprendre possession de la République du Haut-Karabagh ! », a-t-elle martelé, « au mépris de tous les accords internationaux. » « Nous ne pouvons pas rester silencieux sur le régime d’Aliyev, l’un des plus répressifs de la planète, classé au ban de la communauté internationale et représentant une menace pour ses propres concitoyens », s’est indignée Valérie Boyer. Pour elle « la semaine a été marquée du sceau de l’infamie, et il est est temps de dire clairement la vérité à ceux qui nous dirigent et avoir des positions pour défendre les personnes qui souffrent dans cette partie du Caucase. »

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« Dans cette ville, phare des Lumières, on peut se poser la question, comment un dictateur comme Aliyev peut-il être accueilli ? » s’est interrogé le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert. Selon lui « nous aurions dû être en capacité à refuser l’accueil de ce dictateur. Il n’est pas acceptable, ici, dans cette ville que nous puissions accueillir, au niveau de l’Élysée et au niveau de la France, un tel dictateur. » Le député s’est dit particulièrement ému du récit énoncé auparavant par le jeune Ararad Yesilsimen et a fait part de son incompréhension vis-à-vis des médias français qui n’ont absolument pas couverts les événements du mois d’avril 2016 au Haut-Karabagh. Il a souligné que le peuple arménien était un peuple de paix. Un « peuple qui n’a jamais attaqué, qui n’a fait que défendre ses terres, son identité et ses valeurs. »

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Pour la FRA Nor Seround, Alan Demirdjian s’est élevé contre l’État azéri qui viole sans cesse le cessez-le-feu, alors qu’il l’a lui-même signé en 1994. Lui aussi s’est indigné de l’accueil par la France d’« Aliyev le dictateur, le corrompu, l’assassin reçu au Palais de l’Élysée. » Il a indiqué que « l’Azerbaïdjan figure dans la liste des quinze premiers pays auquel l’État français fournit des armes. S’adressant au président Hollande, Alan Demirdjian, l’interpelle en lui posant la question : « comment pouvez-vous nous soutenir et nous aider, et signer en même temps des contrats d’armements avec un tel pays !? Des armes françaises qui tuent nos propres frères au front ! » Le représentant de la FRA Nor Seround a par ailleurs indiqué qu’une délégation se rendra au mois d’avril en Artsakh à l’occasion du premier anniversaire de la guerre des 4 jours pour rendre hommage aux « frères » tombés au combat.

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Pour l’UGAB France, la présidente Nadia Gortzounian a rappelé les dérives et atteintes aux droits de l’homme, indiquant que 76 ONG avaient « signé unanimement, le mois dernier, une lettre pour protester contre la venue d’Aliyev à Bruxelles. » Comme en Turquie, Aliyev, « a pu assoir le pouvoir d’un seul homme plus complètement encore que son complice Erdogan », a fait remarquer la présidente. Ajoutant que « la haine de l’Arménien » lui servait d’exutoire, « excusant tous les échecs et justifiant tous les abus ; le mot arménien étant un insulte en Azerbaïdjan ». Il est d’ailleurs « interdit à tout arménien de s’y rendre », précise Madame Gortzounian, qui fait part des exactions azéris dont ont été victimes nombre d’arméniens dans leur intégrité physique. Elle a également déploré le blocus et pointé les responsables qui bloquent les initiatives aux fins de résoudre le conflit, mais aussi l’absence d’observateurs sur place. « Quand nos dirigeant comprendront-ils le prix de leur compromission ! » s’est exclamée la présidente de l’UGAB. Ajoutant « Assez de complaisance ! La solidarité humaine passe avant l’argent du pétrole ! »

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C’est un « sentiment de honte » qu’a exprimé le député-maire de Sarcelles François Pupponi. La « honte d’être un député français ». Celui-ci a confié qu’il l’avait fait savoir à l’Élysée : « une faute morale, une faute politique », « d’autant que François Hollande est en fin de mandat », a-t-il dit, ajoutant que le président pouvait « déroger à une règle absurde qui veut que lorsqu’on se rend en Arménie, on doit aussi aller en Azerbaïdjan. Lui et François Rochebloine, auteurs d’une commission sur les vraies relations politiques et économiques entre la France et de l’Azerbaïdjan se sont dit horrifiés, au plan économique, de voir un nombre d’entreprises françaises « qui vont travailler avec l’Azerbaïdjan sans aucun scrupule. » Il a affirmé que des parlementaires viendront de plus en plus nombreux en Artsakh, un pays ami, et « faire savoir à l’Azerbaïdjan que jamais nous ne cesserons ce combat. »

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« Nous étions déjà là en 1988, il y 29 ans pour soutenir la lutte de libération de nos camarades, de nos compatriotes du Haut-Karabagh qui déjà avaient été agressés par l’Azerbaïdjan ! » s’est exclamé Mourad Papazian le co-président du CCAF et membre du bureau mondial de la FRA. Il a rappelé comment les Arméniens se sont battus et ont gagné cette guerre qui leur avait été imposée par l’Azerbaïdjan. Il a chaleureusement remercié les parlementaires venus soutenir le combat incessant des franco-arméniens au Parvis des droits de l’homme, soulignant que le combat continuera jusqu’à la reconnaissance internationale de la République du Haut Karabagh. Mourad Papazian a ensuite lancé un appel pressant aux élus et maires de France à multiplier les accords de coopération avec l’Artsakh et ses régions. Selon lui, « la meilleure manière de nous opposer à une diplomatie scandaleuse, qui est effectivement une diplomatie du caviar, la diplomatie de la corruption ! » Il s’est dit “fier d’appartenir à ce peuple et cette diaspora qui se mobilise sans discontinuer pour le Karabagh, la liberté et l’indépendance ! » Il a fait part de son mécontentement, son incompréhension et condamné la visite d’Aliyev. Pour finir le co-président du CCAF a tenu à saluer et remercier la communauté kurde qui s’est jointe à la manifestation.

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L’Egam (European Grassroots Antiracist Movement), représenté par Benjamin Atban, avait tenu à témoigner de son soutien, ainsi que plusieurs associations des droits humains présentes sur place en provenance de 20 pays « pour protester contre la venue du président Aliyev en France. » « Notre message est simple a dit Benjamin Atban : Solidarité ; paix en Europe, paix au Karabagh. Démocratie en Europe, démocratie en Azerbaïdjan. « Nous ne pouvons tolérer que le président soit aujourd’hui reçu et qu’il puisse agir en toute impunité, alors qu’il déploie un régime extrêmement dur en Azerbaïdjan, alors qu’il déploie un racisme en Europe. Et alors qu’avec la Turquie, ce sont les deux principaux pays, qui aujourd’hui diffusent, soutiennent le négationnisme du génocide arménien et la haine contre les Arméniens partout en Europe ». Il a en outre appelé à plus de solidarité de la société civile.

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C’est la porte-parole du Conseil démocratique kurde, Berivan Firat, plusieurs fois aux côtés des Arméniens au cours des deux dernières années, qui a fait part de son soutien à la cause arménienne. « Nous avons partagé les mêmes terres et notre destin est lié. Nous sommes les premiers à avoir clamé haut et fort le génocide arménien. Mais actuellement ce sont les Kurdes qui sont victimes d’un génocide ! Qui sont brûlés dans les sous-sols en Turquie par Erdogan ! Erdogan qui est le frère de sang et qui suit l’exemple, mot pour mot, d’Aliyev ! », a-t-elle martelé. Elle a appelé au combat commun « non seulement contre Aliyev, pour l’instauration de la paix au Karabagh et ailleurs, mais aussi pour combattre Erdogan, menace directe contre les peuples de Turquie. Les Kurdes, les Arméniens, les Syriaques et les minorités Alévis ! Erdogan qui s’attaque aujourd’hui au peuple Yezidi avec la collaboration de traites kurdes ! » s’est indignée fortement Berivan Firat. « Pour le devoir de mémoire, pour le devoir historique et de conscience » elle a renouvelé son appel au combat commun « face aux dictatures et démocraties du caviar pour la fraternité des peuples. »

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Charles Papazian, président de la FRA Dachnaktsoutioun, a quant à lui exprimé son « désarroi » compte tenu du fait accompli de l’accueil du président Aliyev en France. Il a appelé à la paix au Karabagh et à la démocratie en Azerbaïdjan, tout en citant Human right watch qui a récemment interpellé les responsables de l’Union européenne afin qu’ils fassent pression sur Ilham Aliyev de faire libérer les activistes journalistes et opposants au gouvernement, injustement emprisonnés. Le président de la FRA a enfin décliné tous les griefs et répressions imputés à l’Azerbaïdjan par plusieurs ONG. Que « la communauté internationale doit mettre un terme à l’impunité du régime de Bakou et de répondre de ses violations systématiques. » Après avoir rappelé les pogroms dont furent victimes les Arméniens ; les attaques à armes lourdes, jusqu’à la guerre des 4 jours, Charles Papazian est revenu sur la destruction du cimetière médiéval de Djulfa au Natchitchevan, exigeant « le respect du cessez-le-feu et la fin des menaces anti-arméniennes. L’arrêt de la course aux armements. La libération de tous les prisonniers politiques, y compris celle du blogueur russo-israëlien Alexandre Lapshin. La paix, l’arrêt des tortures et le droit des peuples à l’autodétermination, et la reconnaissance de la République d’Artsakh. »

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Pour la Croix bleue des Arméniens de France, sa présidente Sevane Mardirossian a rappelé les actions de l’organisation caritative, en particulier en direction « des femmes et des enfants du Karabagh, dont 7000 orphelins qui ont été parrainés, depuis la première guerre, de la maternelle jusqu’à leurs études supérieures. » Depuis la guerre des 4 jours, ce sont encore des centaines d’orphelins qui devront être parrainés ains que les réfugiés sans ressources auxquels la Croix bleue apporte son soutien. De même qu’aux soldats revenus blessés ou handicapés.

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C’est Ara Toranian, co-président du CCAF, qui a clôturé la manifestation en protestation contre la venue du président Ilham Aliyev en France. Il a tenu a « remercier les élus, représentants de la nation française qui se sont déplacés pour apporter leur soutien, leur solidarité et dire leur écoeurement devant la venue du dictateur Aliyev dans les murs de notre capitale. » Le co-président du CCAF a également chaleureusement salué et remercié les représentants du Conseil kurde de France qui se sont spontanément associés à la manifestation arménienne, rappelant que « nous avons été à plusieurs reprises sur les mêmes front dans les rues de Paris contre le funeste sort réservé aux kurdes et dont on parle si peu en France ». A ce sujet, Ara Toranian a fait état d’un rapport de l’ONU publié quelques jours avant la venue du ministre des Affaires étrangères turc à Metz, dénonçant les très graves violations des droits de l’homme qui ont court actuellement en Turquie contre la population kurde. « Et alors que la Turquie est en pleine dérive démocratique, on accueille en France des représentants de l’AKP qui profitent de notre démocratie pour faire la propagande de leur régime totalitaire, de leur régime liberticide ! », a-t-il martelé avec force. « Une atteinte à la solidarité européenne. » Le co-président du CCAF, consterné par la situation a indiqué qu’il était « très dommage que nos amis au pouvoir en France ce soit véritablement mis en retrait eu égard à cette solidarité, et rompu cette solidarité qui enfin pouvait s’affirmer au niveau de l’Europe contre la dictature de monsieur Erdogan. » Pour terminer, dans une colère retenue, Ara Toranian s’est élevé avec véhémence sur la présence « ici à quelques centaines de mètres, du responsable des morts arméniens, de la course aux armements de l’Azerbaïdjan, du responsable de la violation du cessez-le-feu, le fauteur de la guerre au Karabagh ! Il est là, il est dans nos murs ! Lui qui essaye de faire taire la voix des Arméniens dans la région ! Et lui aussi qui essaye de faire taire la voix de son propre peuple, des ses opposants ! Comment peut-on dérouler le tapis rouge devant ce dictateur ? Comment peut-on lui accorder ces honneurs ? » s’est-il indigné, appelant à la justice pour le peuple arménien « isolé au plan international, encerclé par des ennemis à l’Est, à l’Ouest, au Sud, au Nord. Il a enfin conclu en disant : « Nous sommes engagés dans un combat extrêmement difficile. Mais les jeunes du Haut-Karabagh ; ceux qui exposent leur vie pour le droit à l’existence de leur peuple nous donnent le courage de continuer. Non le peuple arménien n’est pas mort ! Oui la résistance continuera ! Vive la lutte du peuple arménien ! Vive la lutte du Haut Karabagh ! Vive la démocratie ! Et vive la solidarité entre les peuples.

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La manifestation s’est terminée au moment même où les présidents Hollande et Aliyev se mettaient à table...

Tandis que le président azéri était reçu officiellement par la République française, ce 14 mars par Stéphane Le Foll au Musée de l’Armée aux Invalides ; la veille, l’ennemi juré » de l’Arménie s’est empressé d’exprimer ses « préoccupations », en appelant les entreprises françaises « opérant » en Artsakh, « à s’abstenir de cette activité ». Une mise en garde déclarée devant un parterre d’entrepreneurs au Medef. A noter, que selon « La chronique officielle » du site d’information en langue française Azertag, le président du Sénat Gérard Larcher ce serait dit « ravi de voir le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev au Sénat français. » Indiquant « que de telles visites étaient importantes pour développer encore davantage les relations bilatérales entre les deux pays. »

Reportage et photos Jean Eckian

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posté le 15 mars 2017 par Jean Eckian/armenews