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1 - La Une


POLITIQUE
Le parti républicain n’est pas troublé par le retour de Tsaroukian

Le retour de l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian à la politique ne rendra pas plus difficile la victoire du parti républicain lors des prochaines élections législatives, a assuré le porte-parole du parti au pouvoir.

Eduard Sharmazanov a insisté jeudi sur le fait que le parti dirigé par le président Serge Sarkissian restera la force politique la plus influente du pays.

“Quelle est la différence pour nous entre lutter contre un groupe ou contre 50 groupes ? Ils critiquent tous les républicains de toute façon “, a déclaré Sharmazanov à la presse après une réunion hebdomadaire de l’organe directeur du HHK.

Tsaroukian a annoncé son retour politique lundi dernier, près de deux ans après avoir démissionné de son poste de chef du parti Arménie prospère (BHK), deuxième plus important parti représenté au Parlement, et ce après une forte pression gouvernementale. L’homme d’affaires a été forcé de se retirer de la politique après avoir publiquement défié Sarkisian. Les relations entre les deux hommes semblent s’être nettement améliorées depuis.

Armen Ashotian, vice-président du HHK, a salué lundi la décision de Tsaroukian de former une nouvelle alliance et de participer aux élections du 2 avril, affirmant que cela ne « pourrait que bénéficier à la concurrence politique ». A rappeler qu’Ashotian était parmi les hauts responsables de HHK qui ont lancé des attaques personnelles cinglantes contre le leader du BHK en février 2015.

Certains opposants et commentateurs des médias pensent que le retour de Tsaroukian fait partie d’un accord secret avec Sarkissian visant à détourner de nombreux votes des véritables partis d’opposition. Les représentants du BHK ont nié ces allégations, affirmant que leur parti restera en opposition à Sarkissian.

Tsaroukian a catégoriquement refusé de critiquer le gouvernement dans ses déclarations publiques faites ces derniers mois.

M. Edmon Marukian, député de l’opposition et un des dirigeants du bloc d’opposition nouvellement formé Yelk (Way Out), a critiqué vendredi Zakarian, affirmant que ce dernier est légalement tenu de maintenir la neutralité politique. « En tant que membre de l’Assemblée nationale, je considère que ce nouveau rôle est absurde », a déclaré Marukian.

Marukian a également précisé que Yelk ne coopérera pas avec Tsaroukian. “Je ne pense pas que notre bloc pourrait prendre une telle décision“, a t-il dit.

posté le 23 janvier 2017 par Claire/armenews

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ARMENIE
Ces Arméniens de Turquie qui ont commencé une nouvelle vie en Arménie

La question de la migration préoccupe beaucoup de gens en Turquie, où l’atmosphère politique est de plus en plus tendue. En des moments tels que ceux-ci, nous avons voulu rencontrer des Arméniens de Turquie qui ont émigré en Arménie, le pays le plus voisin et le plus éloigné en même temps, au cours des dures périodes de l’histoire récente, et rapporter leur témoignage en première main. Ces gens, qui nous ont parlé de leur vie avec la plus grande sincérité, sont exemplaires de la force des hommes et de leur espoir dans un nouveau départ.

La queue est longue devant le comptoir ouvert pour les vols à destination d’Erevan au départ d’Istanbul. La plupart des personnes qui attendent pour enregistrer leurs bagages sont des Arméniens, l’avion va en Arménie et presque tous les passagers parlent le turc. Lorsque mon regard accroche celui de l’employé du bureau, qui jette un coup d’œil sur la queue qu’il voit se former quatre fois dans la semaine, je devine qu’il se pose lui aussi la question qui le préoccupe depuis longtemps : “tous ces gens vont en Arménie. Qu’est-ce qui se passe au fond avec l’Arménie ?“.

Il y a beaucoup d’Arméniens qui ont émigré de Turquie vers l’Arménie. Quelques uns d’entre eux s’en sont allés à la fin des années 1970, et c’étaient des jeunes qui s’y étaient décidé récemment. Même si chacun d’entre eux a des motifs, des espoirs et des rêves différents, une chose est sûre : dans les rues de ce pays anciennement soviétique, on entend très souvent parler le turc et l’arménien de l’ouest.

“Je me trouvais en Turquie lorsque Madimak a été détruite par le feu“

Sabri Bey était assis à côté de moi pendant le vol ; c’tait un Arménien de Bitlis. Dans la queue, il était tout de suite après moi, et je lui ai offert le poids de bagages autorisé auquel j’avais droit parce qu’il était en excédent. Dans ses bagages à main, il y avait des haricots et du riz pour lui, du kadayif pour sa fille cadette et des pâtisseries de filo pour son épouse citoyenne arménienne à qui il est marié depuis 1995. Il se rend à Istanbul deux fois par an et rapporte avec lui de Turquie tout ce dont elles manquent. Sabri Bey a entendu ce qu’a dit l’employé. Il a dit entendre des choses identiques aussi en Arménie : “Ils m’ont demandé pourquoi je venais. J’ai répondu que cela n’était pas leurs affaires !“ J’ai moi aussi demandé pourquoi et il m’a dit : “J’étais en Turquie, lorsque Madimak a été détruite par un incendie“.

Se rendant en Arménie dans les années 1990, Sabri Bey avait trois enfants dont le plus âgé avait moins de 20 ans. Ses deux filles sont citoyennes arméniennes et son fils est citoyen turc. Il est exempté du service militaire en Arménie. Ses enfants travaillent à Erevan et Sabri Bey a été le premier a introduire les systèmes d’irrigation goutte à goutte dans ce pays. Ils vivent tous à Etchmiadzin.

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“La vie nous a conduits ici“

Cependant, la première destination des gens migrant en Arménie est certainement Erevan. Tous ceux que nous avons appelés avant de prendre la route nous ont indiqué un café et nous l’ont recommandé pour point de départ. Le café que Lerna Bahkci Ozder a ouvert en partenariat avec son mari, est à l’enseigne “Cosi E la Vita“. D’après Lena, “La Vita signifie la vie. La vie qui nous a conduits ici“.

Nous sommes partis pour ce pays à la suite d’autres qui étaient conduits ici par la vie. Après un voyage de deux heures, Nichan est venu nous accueillir. Étudiant l’histoire à la Faculté publique depuis 2013, Nichan est surnommé “le chef d’Erevan“. Il est celui que tous ceux arrivant de Turquie connaissent et en qui ils ont confiance. Il nous pilotera à Erevan et il nous racontera aussi son histoire. Son ami le plus proche, Guevorg, turcologue, sera notre interprète, usant pour cela un turc qui lui est particulier. Dès qu’il m’a vu, Guevorg m’a demandé “qu’est-ce qui motive les gens qui viennent ici ? Istanbul est la plus belle ville du monde ; la meilleure“. Comme je ne trouve rien à lui dire, il répond lui-même à sa question : “Ils viennent vivre leur identité ici, voilà pourquoi“. Il m’a appris que la Turcologie était le troisième des départements les plus cotés à Erevan. Chaque années, près de 50 personnes sont diplômées de ce département. Et les opportunités d’emploi y sont beaucoup plus nombreuses comparées à d’autres départements. Guevorg fait sa vie en travaillant comme interprète et conseiller. Sa famille est de Yozgat. Il est né à Erevan. Il a visité de nombreuses villes de Turquie, mais il n’est jamais allé à Yozgat : “Je ressens un peu de gêne du fait de cette situation. Je crains de me sentir étranger et c’est probablement comme cela que je me sentirai en fait“. Après Istanbul, c’est Diyarbakir qui a ses faveurs. Il questionne sur ce qui s’y passe et en est désolé. Au sujet de l’église Sourp Guiragos, il dit : “Ils ont détruit quelque chose qui nous appartient. À présent, c’est l’état qui en est propriétaire, mais pour quoi faire ?“. Nichan et Guevorg se parlent en turc entre eux, pas en arménien. Nichan dit, “Je parle l’arménien de l’ouest, et il parle l’arménien de l’est, mais le turc que nous parlons est le même“. Après avoir déjeuné d’un croûton frit, nous nous rendons à Erevan dans un endroit où le turc est parlé habituellement, et je note que Guevorg prend un petit verre de vodka.

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L’équipe de La Vita tient particulièrement à faire aimer par l’Arménie la cuisine arménienne d’Istanbul

Les raisons qui poussent à partir

Dans la vie de Lerna, deux jours l’ont décidée à venir ici. L’un est le 24 avril 2011 ; le jour où elle a perdu son frère Sevag... Il y a quelque temps, ils rêvaient tous deux à ouvrir un café ensemble. Sevag lui avait dit “Nous ouvrirons un café, quand j’aurai terminé mon service militaire“. Elle sert à La Vita les plats que Sevag aimait ; le soufflé en fait partie. Lerna nous dit, “le soufflé est appelé “gâteau de lave“ ici. Nous avons fait en sorte qu’il soit apprécié ici. Ils aiment le manger. Sevag aimait aussi beaucoup les pâtisseries, mais ils ne connaissent pas les pâtisseries filo ici. Nous les proposons à présent : j’espère qu’ils les aimeront. Les plats à l’huile d’olives et les “topigs“ ne sont pas mangés ici. Ils ne savent rien de la cuisine arménienne d’Istanbul“. Elle dit qu’elle est arrivée ici sur une décision soudaine et explique comment elle est arrivée là.

Lerna travaillait dans une société d’organisation de manifestations et son mari Chant était directeur dans une société d’investissement. Leur associé Alex Findikoglu est de Perchembé Pazari. Ouvert il y a six mois, Cosi E la Vita est situé sur l’avenue préférée de la ville ; il y a une statue de William Saroyan de l’autre côté et la célèbre Cascade à côté ; Cascade, un grand escalier, est l’endroit touristique le plus populaire d’Erevan. Le café est une sorte d’association d’Arméniens d’Istanbul. Comme vous pouvez l’imaginer, des plats d’Istanbul et des “mézés“ figurent sur le menu. Le négociant en bijouterie Sarkis Hanzovyan est assis à une autre table du café ; il est arrivé d’Alep il y a neuf mois. Il est venu vers nous lorsqu’il a vu Nichan. En réalité, il est venu en Arménie pour se marier, mais n’ayant pas trouvé la femme qu’il recherchait, il ira à Lattaquié. Il dit “à présent, là-bas, ça va“. Il dit que pour lui, ça va bien. Il me demande pourquoi je suis à Erevan. Lui ayant raconté mon histoire, il me parle à son tour d’un ami d’une autre ville. Je demande : “est-il d’Istanbul ? Est-ce que je peux lui parler ?“. Il me dit : “non, il est d’ici, il est Arménien“. Les gens à Erevan ne voient pas les habitants d’Istanbul comme Arméniens. Lerna le déplore elle aussi. Leur café et menu ont besoin d’attirer davantage de clients locaux. Quoiqu’il en soit, trois partenaires sont déterminés à y parvenir.

Une nouvelle vie, un nouvel espoir

Lerna dit que lorsqu’elle était à Istanbul, elle ne faisait pas partie de la communauté arménienne. Après que son frère Sevag soit tombé, victime d’un crime de haine alors qu’il faisait son service militaire, elle ne va plus à l’église. “J’ai perdu la foi. Il y avait trop de questions sans réponse. J’ai touché le fond“. L’autre tournant dans la vie de Lerna a eu lieu le 30 mai 2013... “Il y avait à peu près deux semaines que nous avions perdu Sevag. Un jour, mon père dit qu’il n’y avait plus aucune raison de vivre ici. Ce jour-là, mon mari dit à mon père “Vous allez être grand-père“. Chant et Lerna sont mariés depuis 2006. Leur projet était de dépenser l’argent qu’ils gagnaient en voyages, et ils n’avaient pas prévu d’avoir un enfant. Lerna dit, “J’ai regardé mon mari. C’était nouveau. Cela n’était pas possible, mes sentiments du moment étaient au plus bas. Il dit, “la venue un enfant leur est nécessaire pour surmonter ce qui s’est passé“. Le 30 mai 2013 est le jour de la naissance de leur petit Odin...

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Venu en Arménie pour y étudier, Nichan a vécu dans huit maisons différentes en 3 ans.

“Il y a donc une planète comme celle-là“

Odin a été un réconfort pour la famille, et il a aussi donné à Lerna des craintes qui l’ont finalement décidée à partir en Arménie. “Tandis qu’Odin grandissait, je pensais que je ne pourrais pas envoyer cet enfant faire son service militaire. J’ai pensé que l’Arménie pourrait être une issue. J’ai pris ma décision au bout d’un mois et me voici ici“. J’ai demandé ce qu’ils savaient de l’Arménie avant de venir ici : “La première fois que j’ai réalisé qu’il y avait un tel pays, c’était en 2012. Avant cela, je ne m’intéressai pas à l’Arménie. Je ne savais pas où cela se trouvait exactement, ni ce que les gens y faisaient“. Et elle ajoute : “Lorsque je suis sortie de l’avion et que j’ai vu les caractères arméniens, j’ai dit : “il y a donc une planète comme celle-là“. J’ai par la suite regretté de n’y pas être venue avant. J’ai confronté le fait qu’il y avait un pays parlant ma langue. J’ai dit à moi-même, ’Les choses vont bien ici à présent. Pourquoi ne suis-je pas venue ici quand les choses allaient mal ?“. J’ai demandé ce qui se passerait si les Arméniens n’aimaient pas les plats favoris de Sevag qu’elle sert. Elle a dit : “je n’en serais pas attristée. Ils ne connaissent pas les plats occidentaux. Ici, c’est l’Est. Au début, j’étais contrariée parce qu’ils ne connaissaient pas les topigs. Je pense à présent que vouloir juger est inutile“.

Fait du hasard décisif

L’associé Alex Findikoglu dans La Vita s’est décidé à partir pour l’Arménie en 1997, après que le hasard lui ait fait rencontrer un citoyen arménien àTaksim. À cette époque, la vie en Arménie était plus dure et quitter la Turquie pour aller en Arménie était encore plus difficile. Après cette rencontre imprévue, ils s’écrivaient et se téléphonaient de temps à autre. Alex était de plus en plus curieux de l’Arménie, et il prit un bus pour aller voir l’Arménie en 1999, quand il avait 18 ans.

Il commença à raconter son histoire : “J’étais en route pour l’Arménie. Tout le monde parlait arménien et j’en étais profondément heureux“. À cette époque, des remorques étaient attelées aux bus pour transporter le surplus de bagages. Ils ont dû attendre deux jours aux douanes de Géorgie et d’Arménie du fait de ces bagages supplémentaires ; le voyage a duré 70 heures. Après un voyage long de soixante et dix heures, le bus s’est arrêté au centre d’Erevan, près de l’ancienne caserne des pompiers. Alex se souvient que la ville ressemblait à un bâtiment pénitencier à cette époque. Il posa le pied en Arménie pour la première fois le 27 octobre, lorsque l’un des événements les plus importants de l’histoire de l’Arménie se produisit : il fut témoin de la fusillade au parlement arménien qui coûta la vie à neuf députés, au premier ministre et au président du parlement. Il y passa cinq jours avant de retourner à Istanbul. Il revint à Erevan, encore en bus, en 2000 et 2001. Il y emmena ces fois-là ses parents et des amis. Il dit : “je voulais que les gens aiment cet endroit“. Il acheta une antenne satellite et commença à regarder les chaînes TV arméniennes. Lorsque vous voyez le passeport d’Alex vieux de 35 ans, vous y lisez l’histoire de quelqu’un qui est allé à Erevan 45 fois, avant de s’y établir en avril 2015. Alex dit : “mon affection est si profonde que je n’ai pas de mots pour la décrire. Je ne pense pas du tout retourner. Je le regretterai peut être, mais c’est ici que je veux vivre à l’âge que j’ai“. Il semble tout à fait convaincu.

“C’est un pays“

Jusque là, Alex a aidé près de vingt personnes à obtenir leur passeport. “Tout le monde peut entrer en contact avec moi. Je suis citoyen d’Arménie. Je ne me sens pas du tout comme un étranger, il se pourrait que je me marrie ici, pourquoi pas ?“. Sa décision de partir pour l’Arménie ne lui a pas valu seulement du soutien : “Tous mes amis turcs m’ont souhaité bonne chance. Mais pour leur part, mes amis Arméniens ont dit : “ça ne va pas ? Pourquoi pars-tu ?“. Ils parlaient derrière mon dos de mes raisons de partir en Arménie. Cependant, une fois qu’ils sont venus et qu’ils ont vu, ils ont dit “nous nous sommes beaucoup moqués de toi. Nous ne comprenions pas ta décision, mais tu as fait le mieux à faire“. Alex parle aussi dans les détails des problèmes en Arménie et des possibles solutions à ces problèmes. Il dit : “à Istanbul, nous vivons comme une communauté. Ici par contre, c’est un pays ; on doit comprendre cela. Il s’y trouve toutes sortes de gens : des voleurs, des bandits, des menteurs, des meurtriers... Dans un pays musulman, où il nous faut cacher notre identité, il faut faire plus attention qu’ici“.

Se reconstruire à Erevan

Contrairement à Alex, la vie qui a attiré les gens à Erevan n’a pas suivi une trajectoire facile pour tout le monde. C’est le cas pour Hacho, 63 ans, que nous avons rencontré également à La Vita. Il pataugeait dans la vie jusqu’à son arrivée en Arménie. Il y est venu et il lui a fallu reconstituer les choses abandonnées à Istanbul, Venise, Grenoble, Paris et New York. Il vit ici depuis vingt cinq ans.

EN 1965, ils nos ont appris une chanson. Le titre à l’origine est “vin rouge d’Arménie“, mais ils nous ont dit de chanter “le vin rouge du jardin“. En arménien, les mots “Arménie“ et “jardin“ sonnent pareillement. Ils ont dit qu’employer le mot Arménie était dangereux. J’ai par la suite réalisé qu’il existait dans ce monde un pays appelé Arménie“. Hacho continue : “En réalité, je me suis forcé à aimer ce lieu. J’étais de gauche ; j’avais de la sympathie pour les Soviets. Une Arménie socialiste... Comme nation, notre futur est ici“...

“Je n’avais d’autre choix que de partir“

Hacho dit qu’il avait cherché où vivre son identité d’Arménien, le plus naturellement, tout au long de sa vie, et il espère encore le découvrir. Il a été envoyé à une école séminariste à Venise lorsqu’il était âgé de 13 ans. “J’ai quitté la Turquie à cet âge parce que j’admirais l’Europe. J’ai vécu et appris la culture arménienne là-bas. Il y a eu des moments que je n’ai pas aimés, quand ils tenaient des propos nationalistes, j’étais un peu révolté“, dit Hacho. À Venise, il se mit à affronter les prêtres ; il pensait qu’il ne pourrait pas vivre cette vie et retourna à Istanbul. Il allait au Collège Mikhitaryan, ses professeurs d’histoire et de géographie étaient turcs. Ils se moquaient de sa façon de parler le turc. Il en tira une plus grande conscience de son identité arménienne. Il pensait qu’ils voulaient l’humilier. Au cours de son deuxième séjour à Istanbul, il se mit à penser que les prêtres étaient tout de même meilleurs. Expliquant “je réalisais que je n’avais d’autre choix que de partir“, Hacho quitta la Turquie pour de bon en 1980. Il se rendit en Italie, en France et en Arménie soviétique. Il entra à l’Université d’Erevan qu’il quitta dès la première année. Il rencontra une Arménienne née en Roumanie ; sa famille était de Kayseri et vivait à New York. Ils se marièrent et vécurent à New York un certain temps. De vrais jumeaux naquirent à ce moment-là. Maintenant sa fille est doctorante, préparant une thèse sur les relations entre Kurdes et Arméniens avant 1915. Son fils travaille comme programmeur dans une société américaine basée à Erevan. Après 3 ans passés aux USA, ils vinrent en Arménie au moment de l’indépendance. Il y est resté depuis lors. Entre temps, il a divorcé, occupé de nombreux emplois comme interprète, journaliste, propriétaire de studio photo ou de pizzeria. Il a également travaillé dans les ambassades. Son sourire n’a jamais quitté son visage tandis qu’il évoque tout cela : “j’aime la cuisine italienne, mais la Turquie a une place particulière dans mon cœur“. Il parle de la beauté de Van et des monastères de là-bas. Il dit, “l’Arménie est ma plus grande découverte“, et ajoute : “la seule chose qui anime les gens en dehors de l’Arménie est la haine contre les Turcs. Les gens ici n’ont pas besoin d’une telle haine pour vivre comme Arméniens. On ressent cette haine déjà chez les enfants en diaspora. Quand on arrive ici, elle s’use, parce qu’on se rend compte qu’il y a des tas de choses en dehors de la haine. Être Arménien ne signifie pas ne pas aimer les Turcs. Ici, être Arménien est une chose naturelle“.

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L’église Saint Hovhannès à Abovian, où se trouve l’atelier de Stephan.

Gens du Mousa Dagh à Masis

Le jour suivant, nous nous sommes rendus à Masis-ville pour y rencontrer une famille qui s’y établit au cours de la période soviétique. La majorité des résidents de Masis viennent d’Antakya ; il s’y trouvait à l’époque un quartier yézidi. Avant la guerre du Karabagh, il s’y trouvait aussi des immeubles où vivaient des Azerbaïdjanais. À présent, approchant de Masis, ce qu’on voit n’est qu’un paysage plat, à part une concession automobile, quelque part au bord de la route.

Âgé de 75 ans, Kegam Mardiryan est le plus âgé des personnes de la famille visitée. Il était arrivé en Arménie soviétique avec sa femme Kinar et son fils de 8 ans Vartkès en 1979. Lorsqu’ils sont arrivés le 24 octobre 1970, le régime soviétique leur a donné trois options pour se loger. N’ayant pas de profession, Kegam Bey pensait qu’il pourrait être mécanicien automobile. Sa femme était cuisinière à l’école Ferikoy lorsqu’ils vivaient à Istanbul. Elle avait commencé à travailler à la cafétéria d’une usine en Arménie. Ils ont vécu au même endroit pendant 40 ans. Vartkès Bey a 50 ans à présent. Lui et son épouse arménienne Lilit ont deux enfants âgés de 20 et 21 ans et un fils de 11 ans. Vartkès Bey appelle son fils Hrant. Il lui demande d’où il vient et il répond : “je suis du Mousa Dagh“.

La famille a émigré à Istanbul de son village de Vakifli en 1967, a acheté une maison à Kurtulus et s’est finalement établie en Arménie. Les gens du Mousa Dagh vivant à Masis fabriquent de la harissa et fait un vœu dans la troisième semaine des mois de septembre. L’an passé, pour le 100ème anniversaire de la résistance, ils ont préparé 100 chaudrons de harissa. Il y a 4 ou 5 familles en plus de leur famille et ils se rassemblent à l’occasion de quelques fêtes ou jours de commémoration. Ils préparent encore les plats du Mousa Dag. L’épouse de Vartkès Bey, Lilit, a également appris la préparation de ces plats traditionnels. Vartkès Bey dit “je me dispute encore avec ma mère. Elle n’achète pas le boulghour chez l’épicier. Elle insiste pour acheter la farine et préparer elle-même le boulghour. Et Kegam Bey défend sa femme : “le boulghour des magasins ne sont pas du vrai boulghour ; telle est la raison. Kegam Bey et sa famille sont contents de leur vie ; il dit qu’elle ne manque que de salade roquette, qu’on ne peut trouver en Arménie. À propos du coriandre, il dit : “il y a ici une espèce d’herbe, qui ressemble à une punaise. Mon épouse est habituée à son goût, mais je ne peux pas l’avaler, je n’aime pas du tout son goût“. Vartkès Bey dit qu’il faudrait éviter de dire que leur culture est supérieure aux autres. Il dit, “nous sommes ici tous Arméniens, après tout“. Cependant, Kegam Bey ne peut s’empêcher de demander : “pouvez-vous rapporter quelques bonnes patates la prochaine fois que vous viendrez ? Je n’aime pas beaucoup les patates d’ici“.

Dérangé par l’odeur corporelle

La fille de Vartkès Bey, Hasmik, a filmé un documentaire sur l’histoire du peuple du Mousa Dagh titré : “le Sommeil de l’Orange“ avec le metteur en scène Eylem Sen. Vartkès Bey est également historien. Il est tout aussi intéressé dans les affaires culturelles, il travaille comme guide touristique et propose des voyages à Ani et Van à des groupes de touristes arméniens. Lorsque je lui ai demandé pourquoi ils viennent ici, il a répondu “Il vous faut soigneusement visiter les endroits comme Ani et Van si vous voulez les comprendre. Ces lieux une fois vus, la question ne se pose plus. Il y a la fable de l’oiseau qui part construire un nid ailleurs parce qu’il est incommodé par l’odeur, mais c’est sa propre odeur que l’on sent à proximité. C’est pareil pour les gens ; nous avons quitté la Turquie parce que nous étions incommodés par notre propre odeur“ [ ! ndT].

Il parle ensuite comme s’il libérait son cœur : “quel que soit le sujet dont nous parlons, nous les Arméniens, il y a cette question sur le moment de la fracture qui dure encore et encore, c’est-à-dire 1915. Ils ont tué un peuple, emporté leur culture et en ont interdit la conservation. À présent, lorsque je parle à un jeune de 20 ans, et lui pose ces questions, il ne comprend pas le sujet, parce que c’est la douleur qui domine ses sentiments. Les autorités de Turquie désignent toujours ces gens par le terme giaour. Nous ne pouvons faire confiance dans cet état, nous pensons qu’ils nous tromperont encore. Ils disent que les temps ont changé, mais les histoires de ceux qui ont tué des Arméniens encore aujourd’hui, non celles de ceux qui ont sauvé des Arméniens. Et pour couronner le tout, ils me demandent où le trésor est caché, lorsque je suis à Ani ou à Van. Je suis, j’étais le gardien du trésor. J’étais supposé vivre avec vous, pour ouvrir une échoppe ; nous étions supposés d’être des voisins et d’être heureux de l’être“.

Jeunes gens avec la Turquie en tête

Étant donné que beaucoup de jeunes gens de vingt ans pensent à quitter l’Arménie, je demande à Vartkès Bey comment il réagirait si sa fille disait vouloir aller en Turquie. Hasmik ignorait tout de la Turquie avant d’avoir vu le documentaire. Elle est allée en Turquie pour le tournage, s’y est fait des amis et ses sentiments ont changé. Vartkès Bey parle longuement, mais il n’a aucune réponse. À la fin il dit, “peut-être c’est cela qu’elle devrait faire“.

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Notre ami turcologue Guevorg essaie lui aussi de quitter l’Arménie. Il pense qu’il peut travailler dans des sociétés russes. Il dit que les jeunes se sentent coincés. Nichan pense qu’il devrait rester à Erevan, s’il y avait des projets de dialogue et de travaux prévus entre les peuples d’Arménie et de Turquie, mais il n’en est pas sûr. Nichan fait partie de ceux dont la route a croisé celle d’Agos dans le passé. Trois d’entre nous sommes allés flâner au célèbre marché aux puces Vernissage au centre d’Erevan.

Partir ou rester ?

Guevorg dit “je n’aime pas les indécis, les gens qui ne sont pas sûrs de ce qu’ils veulent“. Une paire de jumelles de poche datée des Jeux Olympiques de 1980 à Moscou ; elle était conçue pour ceux qui était trop loin pour suivre correctement les jeux dans ce grand stade. Guevorg dit “si vous voulez l’acheter, alors dites-le. Dites “je veux l’acheter“. Pas d’hésitation. Si vous le vouliez, j’en marchanderais le prix“. Tandis qu’il négocie, il essaie de me faire apprécier les jumelles. À la fin, nous l’achetons. Nichan n’est pas comme Guevorg ; sa vie à Erevan est pleine de sentiments mêlés. Il a vécu dans 7 à 8 maisons différentes au cours de ses trois premières années. Il dit que dans certaines d’entre elles étaient bien situées mais en mauvais état et que certaines étaient difficiles à chauffer. Il dit qu’il se pourrait qu’il change à nouveau en mars. Avant de s’y établir, il était venu en Arménie deux fois. Au cours de ces visites, il a rencontré des Arméniens venus de divers pays. Sa connaissance de l’Arménie est limitée à ce qu’il avait entendu dire par ses amis qui eux, étaient venus. J’ai demandé quelles étaient les raisons personnelles de sa venue, il a parlé de politique, d’histoire et de quelques autres choses qu’il a qualifiées d’idéalistes. Il dit que quelquefois, il lui a semblé qu’il lui appartenait. Par exemple, il a participé à la manifestation de la jeunesse arménienne en 2014 et 2015. Le jour de son entrée à l’université, il s’est accroché avec quelqu’un qui lui a demandé s’il était turc. Ils sont par la suite devenus amis proches. Nichan dit qu’il a beaucoup d’amis proches de l’université ; Harut, Samvel, Zabel, et Diana. Sans exception, toutes ses amitiés proches étaient commencées par des discussions avant qu’il ne décide qu’il s’agissait au fond de personnes sans préjugés. Guevorg dit “les événements historiques désignent encore aux Arméniens de Turquie le chemin de l’Arménie“. Il pense que la Turquie n’est pas sûre, s’agissant de Diyarbakir et de Saint Guiragos une nouvelle fois. “La communauté arménienne d’Istanbul a une histoire séculaire, une culture et une langue particulière, mais tout cela disparaît un peu plus tous les jours. Il y a quelques problèmes, qui pourraient être la raison de leur arrivée ici“, dit Guevorg. “Je pense que peu de gens viennent ici pour des raisons de religion, mais il se pourrait qu’ils en aient assez de l’Islam. Ils peuvent penser “nous voulons voir la chevelure des femmes et les voir se promener à demi-vêtues“. Nichan nous dit qu’il avait plutôt traversé une période dans laquelle il se sentait fatigué de la vie : j’ai touché le fond dans ma vie à Istanbul. Aller en Arménie était pour moi une façon de tenir le coup“. Son admission à l’université d’Erevan coïncidait avec une période de sa vie plutôt bonne. Ses premiers jours à Erevan ont été difficiles : “j’ai eu quelques problèmes d’enregistrement, je logeais dans un mauvais hôtel. La deuxième semaine, j’étais décidé à retourner. J’avais très peu de relations à cause du problème de langue. Mon premier mois a été misérable“. Cependant, il est à présent heureux de sa vie. Et Guevorg est déterminé à prendre sa chance en Russie.

Quelqu’un de Malatya à Abovian

Tandis que nous étions sur le point de partir du vernissage, nous avons rencontré l’artisan Stephan. Il vend ce qu’il fabrique dans son atelier de menuisier à Abovian. Nous avons convenu de se voir plus tard.

Le jour suivant, nous nous sommes rendus à l’atelier de Stephan Bey et de son fils Sevan. Erevan est alimentée en eau par la ville d’Abovian, qui est verte par comparaison à Erevan. Stephan de Malatya a planté 18 abricotiers autour de son atelier. Son petit-fils a fait ses premiers pas dans la profession de menuisier comme eux deux. À Istanbul, il fabriquait des meubles personnalisés pour des familles riches. Il dit que la demande en Arménie est faible. Il produit principalement des souvenirs et des ustensiles en bois. Il m’a donné deux belles boîtes en noyer. Pendant ce temps, il fait cuire des pommes de terre dans le poêle.

Stephan Bey dit “nous sommes arrivés ici dans une période difficile en Turquie“.

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Photos du coffret de Stephan

Il est venu ici à la suite du coup d’état du 12 septembre, mais il a visité l’Arménie en 1977. À cette époque, il avait de la famille en Arménie, des Arméniens de Malatya qui vinrent de France en Arménie. Il est né et a été élevé à Malatya. Il a vécu là pendant 21 ans. “Je n’y suis jamais retourné après le service militaire. Ils avaient fermé toutes les écoles. Notre langue était exposée à disparaître. C’est pour cela que les Arméniens de Malatya avaient migré à Istanbul. “Il sort une photo de funérailles du coffret : “regarde, c’est le grand-père de Hrant Dink, et celle-ci, c’est sa grand-mère“.

Une chemise due

Lorsqu’ils sont arrivés ici en 1977, ils ont vu qu’ils avaient une patrie. “Il ne s’agit pas seulement de 1915. Il y avait des taxes sur les richesses, et des pogroms les 6 et 7 septembre“. Il dit qu’il était à Istanbul lors de ces événements et “les Turcs me doivent une chemise“. Quand je lui ai demandé pourquoi, il a commencé à en parler. “Des marins américains étaient là. Je portais une chemise rouge ; elle était belle comme on ne peut pas le dire. Mais je n’ai jamais pu la mettre. Nous étions le 6 et il nous fallait hisser un drapeau. Il a fallu couper ma chemise ; mon frère était tailleur et il a mis une étoile et un croissant sur elle. Ils ont enfoncé la porte et ils ne nous ont rien fait quand ils ont vu le drapeau. J’étais simplement un beau jeune homme, et je voulais simplement la porter dehors“.

Il avait une maison sur cinq niveaux à Bakirkoy qu’il a construite lui-même. Il se souvient : “tous les dix ans, il nous arrive quelque chose. Cela suffit“, et il est parti avec sa famille. Je lui ai demandé ce qu’il savait de l’Arménie avant de partir. Il dit “pas de famille, les gens dorment autour de vous, vous voyez que votre femme est avec un autre homme“. Son fils Sevag l’interrompt : “ne comprenez pas de travers, mon père parle du régime communiste“. Stephan Bey continue “c’est ce qu’ils nous ont dit“. Cependant, une fois arrivés, notre famille et tout étaient là. C’était tellement la sécurité. Les femmes étaient dans les rues jusqu’au matin, tous étaient éduqués. Il y a tout. De quoi la Turquie est-elle capable ?“. Il dit aussi “Hrant, c’était un parent. Lorsqu’il vint en Arménie, il me rendit visite. Je lui dis “fils, viens et vis ici“. Ils ne te laisseront pas là-bas“. ’Et c’est la dernière fois que je l’ai vu...’

Fatih Gökhan Diler

Hebdomadaire Agos

Traduction Gilbert Béguian

posté le 22 janvier 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Turquie 


DANNEMARK
La reconnaissance du génocide au Parlement danois malgré l’hostilité du Gouvernement

Alors que la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens est débattue par le Parlement du Danemark, le ministre des affaires étrangères danois a d’ores et déjà pris position en soulignant qu’elle était du seul ressort des historiens. La question du Génocide des Arméniens a été inscrite à l’agenda du Parlement danois par les députés Nick Hækkerup (S), Søren Espersen (DF), Michael Aastrup Jensen (V), Henrik Dahl (LA), Martin Lidegaard (RV) et Naser Khader (KF).

S’adressant aux parlementaires danois depuis le perchoir de l’hémicycle, le ministre danois des affaires étrangères Anders Samuelsen a déclaré qu’il était opposé à une résolution en ce sens et a appelé les législateurs danois à laisser la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens aux historiens.

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« Peu contestent l’ampleur des événements et des atrocités tragiques, et le gouvernement ne va certainement pas nier ou ignorer une tragédie, qui, en tout état de cause avait une étendue incroyable. Mais le gouvernement n’est pas et ne souhaite pas devenir une autorité concernant un fait historique. En tant que gouvernement, nous conseillons au parlement de n’entreprendre aucune démarche dans ce sens » a affirmé Anders Samuelsen

Il a souligné que les différents gouvernements danois qui se sont suivis n’ont pas voulu désigner officiellement la destruction des Arméniens comme un génocide, et que cela restait la ligne actuelle du gouvernement.

“L’histoire ne doit pas être politisé. Elle devrait être laissée à la recherche historique afin de déterminer ce qui est arrivé exactement et comment les événements peuvent être le mieux interprétés. Nous ne devrions pas avoir une exposition autorisée par l’État de l’histoire“ a dit Anders Samuelsen.

“Les hommes politiques ont laissé de dossier aux historiens et ont dit que cela était une question de recherche. Maintenant , les historiens les ont fait, alors désormais les politiciens doivent reprendre le terrain car c’est également une question politique“ a déclaré l’historien et professeur Uffe Østergaard de la Copenhagen Business School.

La députée Mette Bock de l’Alliance libérale a déclaré pour sa part “ il y avait jusqu’à 1,5 millions de personnes qui ont été déplacées et tués, et je ne crois pas qu’il soit possible de donner place à l’interprétation“.

Elle a continué :“Si vous frappez 1,5 million de personnes à mort, je me demande comment on peut se demander quelle est vraiment l’intention ? Quel genre d’analyse, devons-nous noter lorsque l’on tue 1,5 millions de personnes outre qu’un but d’anéantissement ?“.

Le Parlement danois est invité à se prononcer sur le texte suivant : “Le Parlement confirme sa décision no. V 54 du 19 mai 2015 relative aux événements tragiques et sanglants survenus en Anatolie orientale entre 1915 et 1923. Le Parlement danois estime que la meilleure garantie d’une réconciliation tient dans un dialogue ouvert sur l’Histoire sur la base des recherches historiques libres et transparentes, autorisées par un accès libre à tous les documents officiels de cette période. Le Parlement regrette que la législation turque interdise aux citoyens et aux médias d’utiliser le terme de “génocide” pour qualifier ces événements, et tient une telle attitude pour une restriction déraisonnable tant de la liberté de recherches académiques que de la liberté d’expression. Le Parlement réaffirme la tradition parlementaire consistant à ne pas émettre de jugements sur des événements de l’Histoire”.

Le Parlement devrait se prononcer sur le projet de loi le 26 Janvier.

Entre-temps, le projet de résolution en faveur de la suspension des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, présenté par le Parti populaire danois, a été rejeté à l’unanimité.

posté le 21 janvier 2017 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Turquie 


TURQUIE
Commémoration 10 ans après le meurtre de Hrant Dink

Des milliers de personnes ont honoré jeudi à Istanbul la mémoire du célèbre journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, assassiné il y a 10 ans par un jeune ultranationaliste dans des circonstances encore floues.

“Nous sommes tous Hrant, nous sommes tous Arméniens“, ont scandé les milliers de personnes rassemblées devant les anciens locaux d’Agos, un quotidien publié en langues turque et arménienne que dirigeait Hrant Dink.

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Parmi elles, la veuve du journaliste assassiné, Rakel Dink, qui lui a rendu un hommage émouvant. “Ce n’est pas facile, sans toi“, a-t-elle déclaré. “Si tu savais ce qu’est devenu le pays“, a-t-elle ajouté, avant d’énumérer la longue liste d’attentats qui ont frappé la Turquie ces derniers mois.

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Le 19 janvier 2007, le journaliste, âgé de 52 ans, a été tué de deux balles en pleine rue. La photographie de son corps sans vie, recouvert d’un drap, a marqué les esprits en Turquie. Dix ans après, Türkan Arslan ressent la même peine. “A chaque fois que je passe dans cette rue, je me mets à trembler. C’est vraiment douloureux. Comment ont-ils pu tuer quelqu’un comme lui ?“, a dit cette manifestante à l’AFP.

Le tireur, Ogun Samast, 17 ans au moment des faits, a avoué le meurtre et a été condamné à près de 23 ans de prison en 2011. Mais l’identité de ses commanditaires éventuels continue de faire l’objet d’une vive polémique.

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La célèbre romancière turque Asli Erdogan, poursuivie pour “activités terroristes“, a également participé au rassemblement. “Nous sommes ici dix ans après (le meurtre). Nous serons encore ici dans 20 ans“, a-t-elle dit à l’AFP.

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Né à Malatya, dans le sud-est de la Turquie, où a vécu un temps une large population arménienne désormais décimée, Hrant Dink est arrivé à Istanbul en 1996 et s’est fait connaître en fondant Agos. Ce journal n’était ni le premier ni le seul en arménien, mais se distingue en paraissant aussi en turc, permettant un débat sur des sujets jusque-là tabous.

Hrant Dink oeuvrait à la réconciliation entre Turcs et Arméniens, mais était haï par les nationalistes turcs pour avoir qualifié de génocide les massacres dont les Arméniens ont été les victimes pendant la Première Guerre mondiale sous l’Empire ottoman. La Turquie refuse catégoriquement de reconnaître tout génocide.

AFP

posté le 20 janvier 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Turquie 


COMMUNIQUÉ DU CCAF
Justice pour Hrant Dink

Il y a 10 ans, le journaliste et écrivain d’origine arménienne Hrand Dink était assassiné à Istanbul devant le siège du journal dont il assurait la direction AGOS. Hrand Dink était un militant engagé dans la défense des libertés publiques, qui croyait profondément au dialogue entre les peuples, apprécié par tous pour sa modération, mais aussi un mari et un père aimant.

Il a était assassiné pour ses idées et notamment pour celle de dire la vérité y compris en Turquie sur la réalité du génocide des Arméniens s’opposant ainsi aux tranches les plus extrémistes de la société turque.

En ce dixième anniversaire, le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF), s’associe à la famille de Hrand Dink, aux collaborateurs du journal AGOS, à la communauté arménienne de Turquie, à tous les démocrates turcs pour rappeler le souvenir de Hrand Dink et souligner le manque que sa perte nous a, à tous, causé et nous cause encore.

10 ans après, toute la lumière n’a pas encore été faite pour trouver et condamner les commanditaires du meurtre de Hrand Dink. La passivité pour ne pas dire la complaisance à des niveaux élevés de l’appareil d’Etat turcs est aujourd’hui démontrée mais n’a entrainé aucune arrestation ou condamnation d’une justice au ordre du pouvoir.

10 ans après, la tournure dictatoriale du régime du Président Erdogan fait craindre de nouveaux assassinats politiques y compris pour les représentants des minorités vivant en Turquie comme cela a été le cas au cours des dernières années pour les trois militantes kurdes à Paris, le bâtonnier de Diyarbakir, sans parler de toutes les victimes des attentats perpétrés en Turquie ou de la répression militaire en Anatolie.

10 ans après, on veut encore faire taire la presse, les journalistes en les emprisonnant, en les exilant, en les menaçant, en les privant de leur droit à s’exprimer pour que la vérité ne se fasse pas jour et que les tabous de la société turque ne soient pas brisés une bonne fois pour toute.

10 ans après le meurtre de Hrand Dink, le CCAF réaffirme sa détermination a obtenir Justice de la Turquie qui se doit de reconnaitre les pages sombres de son Histoire et notamment le génocide des Arméniens et d’engager le dialogue politique permettant sa réparation et ainsi la réconciliation cher au coeur de Hrand Dink.

Bureau National du CCAF 19 janvier 2017

posté le 19 janvier 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Turquie 


ARMENIE
Gagik Tsaroukian annonce son retour en politique et sa participation aux législatives

Après des mois de spéculation, l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian a annoncé hier son retour à la politique active. Cela devrait avoir un impact majeur sur les résultats des prochaines élections législatives arméniennes.

“Considérant les défis internes et externes auxquels notre pays doit faire face et la demande des citoyens pour mon retour à la politique, je déclare que j’ouvre une nouvelle page à mes activités politiques et que le participerai aux élections législatives de 2017 en formant une alliance large“, a déclaré Tsaroukian dans un discours diffusé sur sa station de télévision Kentron.

Le fondateur du Parti Arménie prospère (BHK), deuxième force parlementaire du pays, a parlé de la situation socioéconomique en Arménie comme étant la principale raison de son retour en politique. “J’aurais évité de participer à des processus politiques si j’étais sûr que le pays était sur la bonne voie, que son économie se développait, et que le bien-être de ses habitants augmentait“, a-t-il commenté.

Tout en déplorant “l’augmentation constante de la pauvreté’, le magnat n’a pas critiqué ouvertement les politiques économiques du gouvernement.

Tsaroukian a été contraint de démissionner de son poste de président du BHK et de se retirer de la vie politique début 2015, après avoir vainement tenté de déjouer la réforme constitutionnelle controversée du président Serge Sarkissian conjointement avec d’autres groupes d’opposition.

Sarkissian et Tsaroukian, après s’être critiqués publiquement, ont apparemment fait la paix après le retrait de Tsaroukian. Sarkissian a assisté à plusieurs reprises à l’inauguration de nouvelles entreprises mises en place par le magnat.

Les dirigeants actuels du BHK ont commencé à faire campagne en octobre pour son retour à l’arène politique. Tsaroukian a déclaré alors qu’il envisageait de mettre en scène son retour politique.

“Aucune force politique ou figure n’a réussi à combler le vide politique créé par ma décision en 2015“, a assuré hier Tsaroukian.

Tsaroukian, qui est devenu l’un des hommes les plus riches du pays sous la présidence de Robert Kotcharian, a refusé de nommer des groupes politiques avec qui il pourrait s’allier.

Il a également arrêté de promettre de renverser le gouvernement actuel à la suite des élections législatives prévues le 2 avril. Il a seulement convenu que le vote sera « fatal pour l’avenir de l’Arménie ».

Certains opposants affirment que le retour de Tsaroukian fait partie d’un accord secret avec Sarkissian visant à détourner de nombreux votes des véritables partis d’opposition. Les représentants de la BHK ont nié ces affirmations, assurant que leur parti resterait dans l’opposition même s’il de nouveau dirigé par Tsaroukian.

Le BHK a terminé deuxième lors des deux dernières élections législatives en Arménie. Le parti a rejoint le gouvernement de coalition de Sarkissian formé en 2008, mais s’est retiré en 2012.

posté le 18 janvier 2017 par Claire/armenews

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TURQUIE
Dix ans après le meurtre de Hrant Dink, une réconciliation turco-arménienne toujours insaisissable

Le 19 janvier 2007, un adolescent tue de deux balles dans la tête le journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, faisant taire un fervent militant de la réconciliation entre Erevan et Ankara.

Dix ans après cet assassinat, les Arméniens et les Turcs, toujours divisés au sujet du massacre d’Arméniens perpétré par l’Empire ottoman en 1915, n’ont pas réalisé la réconciliation dont il rêvait.

L’assassinat, commis devant le siège d’Agos, le journal bilingue turco-arménien fondé par Hrant Dink, avait provoqué une onde de choc en Turquie. Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues au cri de “Nous sommes tous des Arméniens“, dans un élan de solidarité sans précédent.

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“Hrant a réalisé deux grandes entreprises. Il a encouragé le dialogue entre la Turquie et l’Arménie. Et il a fait connaître à la société turque le problème arménien en Turquie“, confie Yetvart Danzikyan, qui occupe désormais l’ancien poste de Hrant Dink en tant que rédacteur en chef d’Agos.

Erevan considère que le massacre de 1915 est un génocide, ce qu’Ankara nie fermement, d’autant que l’Empire ottoman était alors dirigé par trois pachas encore considérés aujourd’hui par beaucoup de Turcs comme des héros.

Les évènements de 1915 ont pratiquement mis fin à la présence arménienne en Anatolie, la Turquie actuelle ne comptant que quelques dizaines de milliers de citoyens d’origine arménienne.

La frontière entre les deux pays a également été fermée et ils n’entretiennent pas de relations diplomatique.

Né à Malatya, dans le sud-est de la Turquie, où a vécu un temps une large population arménienne désormais décimée, Hrant Dink est arrivé à Istanbul en 1996 et se fait connaître en fondant Agos.

Ce journal n’était ni le premier ni le seul en arménien, mais se distingue en apparaissant aussi en turc, permettant un débat sur des sujets jusque-là tabous.

- Symbole -

“Hrant Dink a donné l’occasion de raconter à la société turque les problèmes majeurs rencontrés par les Arméniens à cause de 1915“, explique Pakrat Estukyan, rédacteur en chef de la version arménienne d’Agos. “Il a apporté une contribution énorme et l’a, malheureusement, payé de sa vie“.

La photographie du corps sans vie du journaliste, recouvert d’un drap, a marqué les esprits.

L’assassin, Ogun Samast, âgé alors de 17 ans, a rapidement été arrêté et condamné. Mais les soutiens de Hrant Dink perdent espoir de voir toute la lumière faite, le procès de dizaines de policiers accusés d’avoir couvert le complot n’avançant pas.

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“Dix ans plus tard, ce tribunal n’a toujours pas élucidé le meurtre. Nous n’attendons rien de ce processus“, déclare Pakrat Estukyan.

Lors des années qui ont suivi le meurtre, le parti islamo-conservateur au pouvoir, l’AKP, a cherché à tendre la main à Erevan, dans un processus de réconciliation encouragé par les Etats-Unis. Mais cette démarche s’est heurtée aux massacres de 1915, bien que des experts estiment que ce débat historique doit être dissocié de questions pratiques comme l’ouverture de la frontière ou les échanges économiques.

L’atmosphère s’est encore refroidie en 2015, lors du centenaire des massacres. La Turquie s’est retranchée dans une rhétorique nationaliste du fait d’élections nationales, laissant comprendre qu’elle ne reconnaîtrait jamais le génocide.

“Avec son assassinat, (Hrant Dink) est devenu aussi le symbole des périls du processus de normalisation“, explique à l’AFP Richard Giragosian, directeur du Centre de recherches régionales (RSC), un institut indépendant à Erevan.

Preuve de la sensibilité persistante, un député arménien du Parti démocratique des peuples (HDP), Garo Paylan, vient d’être temporairement suspendu du Parlement pour avoir qualifié de “génocide“ les événements de 1915.

Hrant Dink semble toutefois avoir brisé durablement des tabous. Il y a quelques années, il aurait été inconcevable d’avoir un député arménien au Parlement, et encore moins de prononcer le mot de “génocide“.

Pour les experts, une réconciliation est encore possible. “L’homme est peut-être parti, mais sa mission se poursuit et son esprit perdure, encourageant une nouvelle génération à regarder de l’avant“, estime Richard Giragosian.

Par Stuart WILLIAMS

AFP

posté le 18 janvier 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Turquie 


REPRESSION
Un militant de l’opposition condamné à deux ans de prison

Un tribunal d’Erevan a condamné lundi un militant de l’opposition à deux ans de prison pour avoir prétendument agressé un policier lors d’une manifestation anti-gouvernementale organisée il y a un an, une accusation formellement contestée par le prévenu.

Gevorg Safarian faisait partie des dizaines de membres du Front de salut public de l’Arménie (opposition) qui avaient eu maille à partir avec la police anti-émeute alors qu’ils tentaient de célébrer la nouvelle année sur la place de la Liberté d’Erevan le 1er janvier 2016. Safarian avait été arrêté et accusé d’avoir agressé un des officiers . Il a été jugé quelques mois plus tard.

M. Mnatsakan Martirosian, président du tribunal a indiqué que les autorités policières ont prouvé que Safarian avait frappé et renversé le policier Gegham Khachatrian au cours de ces incidents. Des propos qui ont provoqué la colère des proches de la défense et des partisans de l’accusé présents dans la salle d’audience.

« C’est ce qui était attendu s’est produit, » a dit Gevorg Safarian aux journalistes, réagissant à la décision.

Dans ses conclusions la défense de l’opposant a de nouveau fermement nié les accusations portées contre lui, affirmant au contraire que c’était Khachatrian qui l’a agressé ainsi que d’autres manifestants. Elle a insisté sur le fait que la criminalisation de cette affaire, basée sur le témoignage de la police, a été « fabriquée » en réponse à ses activités politiques.

« Notre système judiciaire est devenu absurde », a accusé Safarian. « Ils peuvent emprisonner n’importe qui quand ils le veulent. »

Son avocat, Tigran Hayrapetian, a également condamné le verdict et a déclaré qu’il fera appel. « Le tribunal a exécuté un ordre [du gouvernement], plutôt que de rendre un verdict », a-t-il dit. « Il n’y a pas de jurisprudence ici. »

Dans une déclaration de janvier 2016, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé l’arrestation préventive de Safarian comme « totalement injustifiée ». L’organisation des droits de l’homme basée à New York a déclaré qu’il était poursuivi pour ses opinions politiques et qu’il devrait donc être mis en liberté.

posté le 17 janvier 2017 par Ara/armenews

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THEMES ABORDES : Arménie  Justice  Politique 


ELECTIONS LEGISLATIVES
Karen Karapétian concède ne pas être assuré de pouvoir se présenter

Le Premier ministre Karen Karapetian a admis vendredi qu’il pourrait ne pas être éligible pour être candidat du parti républicain lors des prochaines élections législatives en Arménie.

La Constitution arménienne stipule que seuls les citoyens résidant en permanence dans le pays depuis quatre ans peuvent se présenter à l’Assemblée nationale. Karapetian a travaillé en Russie à partir de 2011 jusqu’à ce que le président Serge Sarkissian le nomme Premier ministre en septembre 2016.

Karapetian a commenté la question lors d’une conférence de presse qui s’est tenue dans son bureau. “Depuis cinq ans, je suis citoyen de la République d’Arménie et j’ai vécu à l’extérieur d’Erevan“, a t-il expliqué. “La restriction constitutionnelle prend-elle en compte cela ? Puis-je figurer sur la liste électorale du Parti républicain ? Je ne connais pas la réponse à cette question pour l’instant.“

“S’il s’avère que la Constitution ne reconnaissait pas cette résidence en Arménie, alors je ne serai pas sur la liste du parti républicain“, a ajouté Karapetian.

Armen Ashotian, vice-président du parti au pouvoir, a également reconnu mercredi que le Premier ministre ne peut pas être légalement autorisé à se présenter au Parlement. Mais il a précisé que Karapetian conservera son poste si le HHK gagne les élections prévues pour le 2 avril.

Naira Zohrabian, présidente du parti Arménie prospère (BHK), a affirmé vendredi que Karapetian avait déjà décidé de ne pas participer aux élections. Elle a précisé que le HHK était prêt à violer la loi et à l’enregistrer comme candidat, mais que le Premier ministre a rejeté cette option.

“C’est certainement la décision personnelle de Karen Karapetian de ne pas autoriser le Parti républicain à commettre un nouvel acte de fraude“, a prétendu Zohrabian.

Parlant aux journalistes, Karapetian a de nouveau indiqué qu’il aimerait rester Premier ministre après la fin du mandat du président Sarkissian en avril 2018 si son gouvernement réussit à améliorer la situation économique en Arménie.

“ Suis-je enclin à être Premier ministre après avril 2018 ? Oui, si nous travaillons de façon productive et si le Parti républicain remporte les élections d’avril“, a t-il confié.

Sarkissian n’a pas encore clarifié ce qu’il fera après la fin de son dernier mandat présidentiel. Il a refusé d’exclure la possibilité de devenir Premier ministre.

posté le 16 janvier 2017 par Claire/armenews

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