Nouvelles d'Arménie
ACCUEIL   ACTUALITE   FORUMS   REDACTEURS   AIDE   VOS ARTICLES    |    Recherche  
 
Allemagne


TURQUIE/ALLEMAGNE
Mosquée libérale : passe d’armes entre Berlin et Ankara

Berlin, 23 juin 2017 (AFP) - Le gouvernement allemand a vivement critiqué vendredi les autorités turques qui se sont élevées contre l’ouverture à Berlin d’une mosquée libérale où hommes et femmes prient ensemble.

“J’ai été très surpris mais aussi honnêtement assez affecté par la prise de position“ de l’Autorité religieuse en Turquie, le Diyanet, a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer.

“Je souhaite très clairement rejeter des déclarations qui manifestement ont pour objectif de priver les gens en Allemagne de leur droit d’exercer librement leur religion et de restreindre la liberté d’expression“, a-t-il ajouté.

La Direction des Affaires religieuses (Diyanet), chargée d’organiser le culte musulman en Turquie, a jugé que cette nouvelle mosquée berlinoise, qui suscite d’énormes réactions en Allemagne depuis son ouverture vendredi dernier, était “incompatible“ avec les principes de l’islam.

“Les principes fondamentaux de notre grande religion ont été balayés“, a jugé cette autorité qui jouit d’une influence importante et gère quelque 900 mosquées et associations en Allemagne.

Elle accuse aussi la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué en Turquie en juillet 2016, d’avoir inspiré ce projet.

“Comment, où et quand les gens exercent leur religion ne relève pas des prérogatives d’un Etat“, a jugé M. Schäfer pour qui l’Etat doit garantir la liberté de culte au même titre que la liberté de la presse et d’opinion.

“La liberté de culte est un droit fondamental inscrit dans la Constitution“, a-t-il encore martelé. Depuis l’ouverture de la mosquée Ibn Rushd-Goethe dans un quartier qui a abrité par le passé des mosquées salafistes, ses fondateurs ont fait l’objet de menaces de mort, de commentaires haineux et d’insultes, en particulier sur internet.

La principale initiatrice de cette mosquée, l’avocate berlinoise d’origine turque Seyran Ates, s’est défendue de tout lien avec le mouvement Gülen. S’adressant à ses détracteurs dans une vidéo sur Facebook, elle a affirmé : “c’est misérable que vous ayez besoin, quand quelque chose ne vous plait, de nous présenter comme des terroristes“.

“Il est misérable que vous soyez trop lâches pour entamer un dialogue avec nous (...) en avançant des arguments“, a ajouté cette militante des droits des femmes.

La petite communauté qui a fondé ce nouveau lieu de culte affirme qu’elle ne trouvait pas sa place dans les moquées conservatrices d’Allemagne et souhaitait réunir en un seul lieu tous les courants de l’islam.

Les sujets de tension se sont multipliés ces derniers mois entre Berlin et Ankara, pourtant partenaires de l’Otan et étroitement liés par l’importante communauté turque en Allemagne.

posté le 23 juin 2017 par Ara/armenews


GRECE
Grèce : le héros antinazi Glezos au secours de l’ambassadeur allemand

Le héros grec de la résistance aux nazis, Manolis Glezos, 94 ans, s’est porté au secours de l’ambassadeur allemand chahuté lors de la commémoration d’un massacre allemand de civils, selon une video relayée par les médias grecs.

L’incident, samedi, sur fond de contentieux gréco-allemand sur les réparations pour l’occupation nazie, débute quand la transfuge du parti de gauche au pouvoir Syriza, Zoé Konstantopoulou, tente d’empêcher l’ambassadeur de déposer une couronne en hommage aux victimes de Distomo (centre).

La division Edelweiss des Waffen SS y avait massacré le 10 juin 1944 - à la même date que le martyr du village français d’Oradour sur Glane - 218 habitants, dont une cinquantaine d’enfants.

“Vous devez payer les réparations allemandes aux victimes“, “vous n’avez pas le droit“, lui lance-t-elle. Des “bravo“ et des “honte“ s’élèvent de la foule, l’embarras gagne la délégation allemande.

Assis au premier rang, Manolis Glezos se lève alors et prend l’ambassadeur par la main pour lui permettre de déposer la couronne. Des “bravo Manolis“ jaillissent de l’assistance en hommage à ce doyen de la gauche grecque, symbole de la résistance pour avoir le 31 mai 1941 arraché le drapeau nazi qui flottait sur l’Acropole d’Athènes.

“L’enfant d’un criminel, quels que soient les crimes de son père ou de sa mère, n’est pas responsable“, s’explique ensuite à la tribune ce porte-drapeau du combat grec pour obtenir de l’Allemagne le paiement des réparations allemandes.

Le dossier des réparations, chiffrées par la Grèce à quelque 270 milliards d’euros, a connu un nouvel élan avec la crise que le pays traverse depuis 2010 et dans laquelle l’Allemagne incarne la rigueur imposée par les créanciers, Union européenne et Fonds monétaire international. Berlin oppose une totale fin de non recevoir, estimant que la question a été réglée avec la réunification allemande.

Comme Mme Konstantopoulou, présidente du Parlement sous le premier gouvernement Syriza en 2015, M. Glezos a rompu avec ce parti, sur les listes duquel il avait élu député en 2012 puis eurodéputé en 2014, reprochant au Premier ministre Alexis Tsipras de s’être plié à la tutelle UE-FMI.

posté le 15 juin 2017 par Stéphane/armenews


TUQUIE/ALLEMAGNE
L’Allemagne ordonne le retrait de ses troupes de la base turque d’Incirlik

Berlin, 7 juin 2017 (AFP) - Le gouvernement allemand a décidé mercredi le retrait de ses troupes de la base d’Incirlik en Turquie et leur redéploiement en Jordanie en raison des tensions germano-turques croissantes, a indiqué l’agence allemande DPA.

Le conseil des ministres a approuvé le plan en ce sens de la ministre de la Défense Ursula von der Leyen, selon DPA, décidé après que la Turquie a interdit aux parlementaires allemands de se rendre sur cette base de l’Otan où quelque 260 soldats de la Bundeswehr sont déployés dans le cadre de la coalition internationale contre l’organisation jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

En conséquence, l’Allemagne devra suspendre pendant deux mois les vols de ses appareils de reconnaissance Tornado basés à Incirlik, le temps qu’ils soient opérationnels à Azraq en Jordanie, près de la frontière syrienne.

Les missions de son avion de ravitaillement en vol seront elles interrompues pendant deux à trois semaines, relève DPA, citant des sources gouvernementales.

La décision du retrait allemand intervient après l’échec ce week-end d’une mission de conciliation en Turquie du ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

Celui-ci voulait convaincre Ankara de laisser des parlementaires allemands visiter la base, ce à quoi le gouvernement turc s’oppose depuis le mois dernier.

Ankara a justifié son interdiction en accusant Berlin d’avoir accordé l’asile politique à des ressortissants turcs, dont des militaires, accusés par le président Recep Tayyip Erdogan d’être liés à la tentative de putsch de juillet.

Ce conflit n’est que le dernier d’une longue série empoisonnant les relations germano-turques depuis plus d’un an.

posté le 7 juin 2017 par Ara/armenews


ALLEMAGNE/TURQUIE
Ankara maintient son interdiction de visite allemande à la base d’Incirlik

Ankara, 5 juin 2017 (AFP) - Le chef de la diplomatie turque a annoncé lundi que les députés allemands n’étaient toujours pas autorisés à se rendre sur la base militaire d’Incirlik (sud de la Turquie) où sont déployés des militaires allemands.

“A l’heure actuelle, il est possible (aux Allemands) de visiter la base de l’Otan à Konya (centre), mais pas Incirlik“, a déclaré Mevlüt Cavusoglu lors d’une conférence de presse commune avec son homologue allemand Sigmar Gabriel à Ankara.

Ce dernier a dit “regretter“ cette décision, réitérant que l’Allemagne pourrait, si besoin, “transférer ses soldats“ ailleurs. Cependant, “il n’y a pas à ce jour de décision ou de plan concret“ en ce sens, a ajouté M. Gabriel.

Ce dossier a provoqué un regain de tension entre Ankara et Berlin, deux partenaires au sein de l’Otan dont les relations se sont dégradées au cours des derniers mois, notamment depuis le putsch manqué du 15 juillet.

Ankara a interdit, à la mi-mai, à des parlementaires allemands de se rendre à Incirlik pour rencontrer des soldats allemands qui y sont déployés. La Turquie a justifié son interdiction en accusant Berlin d’avoir accordé l’asile politique à des ressortissants turcs, dont des militaires, accusés par le président Recep Tayyip Erdogan d’être liés à la tentative de putsch de juillet. La base d’Incirlik, située dans le sud de la Turquie, sert notamment aux opérations de la coalition internationale contre le groupe Etat Islamique (EI).

La chancelière allemande Angela Merkel avait évoqué le mois dernier de possibles “solutions alternatives à Incirlik“, comme la Jordanie. Autre sujet de tension entre Ankara et Berlin, le cas de Deniz Yücel, un journaliste binational incarcéré depuis février en Turquie où il est accusé d’“espionnage“ et d’activités “terroristes“.

“L’accusation n’est pas en lien avec des activités de journalisme, mais avec des activités de terrorisme“, a déclaré lundi M. Cavusoglu, ajoutant, devant M. Gabriel, que “des agences de renseignement européennes utilisent des journalistes comme espions“.

Après son homologue turc, M. Gabriel devait être reçu dans l’après-midi par le président Erdogan.

En revanche, un entretien prévu avec le Premier ministre Binali Yildirim a été annulé par la partie turque pour cause d’“agenda surchargé“, a indiqué un responsable turc à l’AFP.

posté le 5 juin 2017 par Ara/armenews


ALLEMAGNE
Des députés annulent une visite en Turquie

Berlin, 23 mai 2017 (AFP) - Une délégation de députés allemands a annulé une visite prévue en Turquie, a appris mardi l’AFP de sources parlementaires, alors que les relations entre Berlin et Ankara sont marquées par de vives tensions.

Les raisons de cette annulation n’ont pas été avancées. La délégation conduite par la vice-présidente du Bundestag (chambre basse du Parlement), Claudia Roth (les Verts) devait s’enquérir de la situation en Turquie après le oui au référendum renforçant les pouvoirs présidentiels. La députée doit s’exprimer mercredi à Berlin.

Les quatre élus devaient se rendre de jeudi à dimanche à Ankara, Istanbul et Diyarbakir, “capitale“ du sud-est à majorité kurde, selon l’agence allemande dpa. Des discussions étaient prévues avec les dirigeants du parlement turc, des représentants du ministère des Affaires étrangères et des députés turcs, notamment.

Mais aucune visite de la base militaire d’Incirlik, au coeur de la dernière passe d’armes entre les deux capitales, n’était à l’ordre du jour, selon ces sources parlementaires.

Ankara avait interdit la semaine dernière à des députés allemands de se rendre sur cette base où sont déployés des militaires allemands et qui sert aux opérations de la coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique.

Ankara n’avait pas officiellement expliqué les raisons qui avaient motivé cette interdiction, mais l’Allemagne soupçonne la Turquie de la punir pour avoir accordé l’asile politique à des militaires turcs qui en avaient fait la demande après les purges déclenchées à la suite du coup d’Etat manqué de juillet 2016.

Berlin et Ankara, alliés au sein de l’Otan, multiplient depuis un an les passes d’armes et les crises diplomatiques, la Turquie accusant régulièrement l’Allemagne d’ingérence ou de soutien à des groupes “terroristes“ comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

posté le 24 mai 2017 par Ara/armenews


TUQUIE/ALLEMAGNE
La Turquie ne « suppliera » pas les Allemands de rester à Incirlik

Ankara, 18 mai 2017 (AFP) - La Turquie ne “suppliera“ pas les Allemands de rester dans la base d’Incirlik située en Turquie, qui sert aux opérations de la coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique et dont l’Allemagne a menacé cette semaine de se retirer.

“C’est à eux de voir, nous ne les supplierons pas“ de rester, a déclaré Mevlüt Cavusoglu jeudi, interrogé par la chaîne privée NTV. La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié lundi l’interdiction faite par Ankara à des députés allemands de se rendre sur la base d’Incirlik, où sont déployés des soldats allemands, de “regrettable“ et évoqué de possibles “alternatives à Incirlik“, comme la Jordanie.

“S’il n’est plus possible de travailler normalement à Incirlik -et cela implique les visites de députés du Bundestag- alors nous devrons chercher des alternatives“, a dit mercredi le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, au journal local Neue Osnabrücker Zeitung.

Qu’Ankara “cherche à faire du chantage au Parlement allemand est à la limite du supportable“, a poursuivi M. Gabriel. “Je ne peux qu’espérer que le gouvernement turc va changer d’avis dans les jours à venir“, a-t-il également déclaré. “Sinon, la chambre des députés ne va plus laisser nos soldats aller en Turquie“.

“Si le ministre allemand des Affaires étrangères a dit une telle chose, c’est irrespectueux“ a estimé jeudi M. Cavusoglu, ajoutant que des entretiens diplomatiques avaient lieu pour relancer les relations turco-allemandes.

Ankara n’a pas officiellement expliqué les raisons qui ont motivé l’interdiction de la visite des députés allemands, mais Berlin soupçonne la Turquie de punir l’Allemagne pour avoir accordé l’asile politique à des militaires turcs qui en avaient fait la demande après les purges déclenchées à la suite du coup d’Etat manqué de juillet 2016.

Berlin et Ankara, alliés au sein de l’Otan, multiplient depuis un an les passes d’armes et les crises diplomatiques, la Turquie accusant régulièrement l’Allemagne d’ingérence ou de soutien à des groupes “terroristes“ comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré jeudi matin espérer que Berlin et Ankara “trouveront un moyen de régler la dispute“, affirmant que ce problème “bilatéral“ n’avait “aucun effet“ sur les activités de l’Otan.

posté le 18 mai 2017 par Ara/armenews


ALLEMAGNE
Merkel envisage un retrait des troupes allemandes d’Incirlik

L’Allemagne envisage un retrait des soldats qu’elle stationne sur la base aérienne d’Incirlik dans le sud de la Turquie si les autorités turques continuent de refuser la venue de parlementaires allemands sur ce complexe militaire mis à disposition de l’Otan, a annoncé Angela Merkel lundi.

Environ 250 soldats allemands sont déployés sur cette base et participent aux missions de l’Alliance atlantique dans la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

Un groupe de parlementaires allemands qui souhaitaient rencontre les militaires en poste vient de s’y voir refuser l’accès, nouvel épisode dans la querelle qui oppose l’Allemagne et la Turquie depuis plusieurs mois.

“Nous allons continuer à discuter avec la Turquie mais en parallèle nous allons explorer d’autres moyens de remplir notre mandat“, a déclaré Angela Merkel. “Cela signifie envisager des solutions de remplacement à Incirlik et une des solutions, parmi d’autres, est la Jordanie“, a ajouté la chancelière allemande lors d’une conférence de presse.

La Turquie a fait valoir que le moment n’était pas opportun pour une visite de parlementaires allemands sur la base d’Incirlik, ont indiqué à Reuters des sources au sein du ministère turc des Affaires étrangères.

Ce refus est “totalement inacceptable“, a commenté Martin Schäfer, porte-parole du ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel. Ce dernier a prévu d’évoquer cette question avec plusieurs de ses collègues de l’Otan lors d’une réunion prévue mardi à Washington.

Les relations entre Berlin et Ankara n’ont cessé de se détériorer depuis la campagne sur le référendum constitutionnel du 16 avril qui a permis au président turc Recep Tayyip Erdogan d’obtenir un élargissement de ses pouvoirs.

Lors de la campagne, Erdogan voulait que ses ministres puissent tenir des meetings électoraux en Allemagne afin de convaincre les électeurs de la diaspora turque.

Les autorités allemandes se sont opposées à de tels rassemblements, évoquant des questions de sécurité publique et provoquant la colère d’Erdogan dans un scrutin dont le résultat, longtemps incertain, s’est révélé très serré en sa faveur.

Maniant une rhétorique agressive, Recep Erdogan avait accusé les autorités allemandes d’utiliser une stratégie inspirée du nazisme.

L’an passé, le président turc avait déjà empêché pendant plusieurs mois la venue de parlementaires allemands sur la base d’Incirlik. Ce refus faisait suite à l’adoption par le Bundestag d’une résolution parlementaire reconnaissant le génocide des Arméniens par les forces ottomanes en 1915.

La Turquie, qui refuse l’utilisation de ce terme pour qualifier la mort d’environ 1,5 million d’Arméniens sur son sol entre 1915 et 1916, avait rappelé son ambassadeur à la suite de cette résolution.

posté le 16 mai 2017 par Stéphane/armenews


ALLEMAGNE
Relations UE-Turquie très affectées par l’évolution récente d’Ankara, selon Merkel

La relation entre l’Union européenne et Ankara a été “très affectée“ par l’évolution politique récente en Turquie, a estimé Angela Merkel, au lendemain de nouvelles purges massives dans le pays.

“La relation germano-turque mais aussi la relation entre l’Europe et la Turquie ont été très affectées par les développements des dernières semaines“, a déclaré la chancelière allemande en référence notamment à l’adoption d’une réforme constitutionnelle controversée renforçant les pouvoirs du président turc et des récentes purges menées par le pouvoir.

S’exprimant devant les députés allemands à Berlin, Angela Merkel a en particulier demandé au président Recep Tayyip Erdogan de répondre aux critiques exprimées après le référendum sur la réforme constitutionnelle.

Une mission commune d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et du Conseil de l’Europe avait estimé le 17 avril que ce scrutin n’avait pas été “à la hauteur des critères“ européens et souligné que la campagne s’était déroulée dans des conditions inéquitables favorisant le camp du oui.

“Le gouvernement turc doit être à la hauteur de ce rapport“ et “répondre aux questions“ qu’il pose, a dit la chancelière, en prévenant qu’elle “suivrait de très près“ la suite que donnera Ankara. Elle a laissé entendre que l’évolution récente en Turquie pourrait entraîner une réponse de l’UE. “Nous allons discuter dans l’enceinte de l’Union européenne, avec clarté et intelligence, des conséquences précises que nous estimons appropriées le moment venu“, a-t-elle dit, sans plus de précisions. Berlin a déjà dit ne pas être en mesure de verser à l’heure actuelle une aide économique à la Turquie, que discutent les deux pays.

La chancelière a aussi de nouveau dénoncé la détention en cours en Turquie d’un journaliste germano-turc, Deniz Yücel, correspondant du quotidien allemand Die Welt et accusé de propagande “terroriste“ et d’incitation à la haine. “Pour le dire sans ambiguïté, lorsqu’un pouvoir exécutif, en l’occurrence l’exécutif turc, adresse des condamnations publiques par avance, comme cela s’est produit notamment dans le cas de Deniz Yücel, cela n’est pas compatible avec un Etat de droit“, a dit Angela Merkel.

Dans le même temps, la chancelière refuse la rupture. “Ce ne serait ni dans les intérêts ni allemands, pour l’Europe de rejeter définitivement la Turquie ou pour la Turquie de rejeter l’Europe“, a-t-elle jugé.

Les autorités turques ont procédé mercredi à une nouvelle purge massive d’opposants à travers la pays. Plus de 1.000 personnes, partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen accusé par Ankara d’avoir ourdi la tentative de putsch de juillet dernier, ont été arrêtés et plus de 9.000 policiers suspendus, dix jours après la victoire du président Recep Tayyip Erdogan au référendum renforçant ses pouvoirs. Ces purges ont suscité l’inquiétude d’ONG et de pays européens qui dénoncent une répression tous azimuts visant notamment les milieux prokurdes et des médias critiques.

posté le 30 avril 2017 par Stéphane/armenews


ALLEMAGNE
Les juifs allemands redoutent d’abord l’antisémitisme de musulmans, selon un rapport

La communauté juive d’Allemagne se dit de plus en plus inquiète pour sa sécurité et redoute en particulier l’antisémitisme au sein de la population musulmane et chez les réfugiés, affirme un rapport d’experts.

A la question “Quelles personnes ou groupes de personnes vous ont physiquement, verbalement ou moralement agressé en 2016 ?“, une majorité de juifs allemands ont répondu en premier “des musulmans“, indique un rapport bisannuel d’experts sur l’antisémitisme mandatés par le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand.

Ce rapport, qui ne précise pas le nombre de personnes interrogées, insiste sur l’écart entre la perception de la menace par la communauté juive allemande et la réalité des agressions antisémites telle qu’elle est mesurée par les services de renseignement.

Ces agressions restent, selon ces services cités par le rapport, en très grande majorité commises en Allemagne par des militants d’extrême droite ou des néo-nazis. Ainsi, selon l’Office de protection de la Constitution allemande (équivalent des renseignements intérieurs) en 2015, sur 36 crimes de nature antisémite commis en Allemagne, 30 étaient le fait de l’extrême droite et quatre ont été commis par des “étrangers“.

Cette commission, composée d’universitaires et de chercheurs et mise en place en 2014, estime que cette perception est en partie faussée par les réseaux sociaux qui ont un effet d’amplification de “la haine et de l’agitation antisémite“.

Le groupe d’experts s’alarme aussi d’un “écart significatif entre la population non juive qui ne considère pas que les manifestations actuelles d’antisémitisme soient un problème et les juifs d’Allemagne qui se sentent de plus en plus menacés“.

Ils recommandent en priorité la nomination par la chancellerie d’un médiateur gouvernemental pour coordonner la lutte contre l’antisémitisme dans ce pays toujours engagé, sur le plan judiciaire comme politique, dans l’examen des crimes commis par l’Allemagne nazie.

L’Allemagne a accueilli depuis 2015 quelque 1,5 million de demandeurs d’asile, beaucoup fuyant guerres et persécutions en Syrie, en Irak ou en Afghanistan, des pays à la population très majoritairement musulmane.

En janvier 2016, la chancelière Angela Merkel avait appelé à “agir de façon intensive“ contre l’antisémitisme, appelant notamment à la vigilance des jeunes originaires de pays “où la haine d’Israël et l’antisémitisme sont répandus“.

Le débat a été relancé début avril, lorsque des parents avaient expliqué à la presse avoir dû retirer leur fils de 14 ans d’une école publique où il avait été victime de harcèlement verbal antisémite et d’une agression physique de la part de camarades musulmans, notamment turcs.

Actuellement environ 200.000 juifs vivent en Allemagne, ce qui fait de cette communauté la troisième d’Europe, derrière la Grande-Bretagne et la France.

posté le 29 avril 2017 par Stéphane/armenews