Nouvelles d'Arménie
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Turquie


TURQUIE/SYRIE
Les soutiens des YPG à Afrine sont « une cible légitime »

Ankara, 21 fév 2018 (AFP) - La Turquie considère comme une “cible légitime“ tout groupe qui viendrait en aide aux Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qu’Ankara veut déloger de l’enclave syrienne d’Afrine (nord-ouest), a indiqué mercredi la présidence turque.

Cette mise en garde survient au lendemain d’une incursion à Afrine d’un convoi de forces pro-régime syrien venues prêter main forte aux YPG, mais immédiatement repoussées selon Ankara par des tirs d’artillerie turcs.

“Peuvent-ils lancer une tentative similaire aujourd’hui ou demain ? C’est possible. Des précautions ont été prises à ce propos. Chaque mesure de soutien aux YPG signifie que ceux qui la prennent se mettent sur le même plan que l’organisation terroriste et deviennent pour nous une cible légitime“, a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin.

La Turquie, appuyée par des rebelles syriens, a lancé l’opération “Rameau d’olivier“ il y a un mois pour déloger de sa frontière les YPG, une milice alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) mais considérée comme “terroriste“ par Ankara.

Mais l’opération a pris une tournure spectaculaire mardi avec le déploiement de forces pro-régime syrien dans l’enclave kurde, dont l’arrivée imminente avait été annoncée dès lundi par les médias officiels syriens. Des forces prorégime “ont tenté de se diriger vers Afrine avec quelques pick-up, mais après des tirs d’artillerie ils ont été contraints à reculer. Ce dossier est clos pour le moment“, a déclaré mardi soir le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Réitérant qu’il n’existe actuellement aucun “contact direct“ entre Ankara et Damas, M. Kalin a toutefois expliqué que des contacts indirects se font avec l’aide de la Russie et de l’Iran, alliés du régime, et qu’“en cas de circonstances exceptionnelles“ les services de renseignement turcs pourraient entrer en contact “direct ou indirect“ avec les services syriens.

posté le 21 février 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Kurdistan  SYRIE  Turquie 


SYRIE/TURQUIE/KURDISTAN
Syrie : Ankara met en garde contre toute aide du régime aux milices kurdes

Amman, (AFP) - Le chef de la diplomatie turque a mis en garde lundi contre toute intervention de forces progouvernementales syriennes aux côtés des milices kurdes à Afrine, affirmant qu’elle n’empêcherait pas Ankara d’y poursuivre son offensive.

Le ministre Mevlüt Cavusoglu réagissait lors d’une conférence de presse à Amman à l’arrivée imminente, annoncée par un média d’Etat syrien, de forces progouvernementales dans la région d’Afrine pour contrer l’offensive turque contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). “Si le régime entre pour protéger les YPG, personne ne pourra arrêter la Turquie ou les soldats turcs. Cela est valable pour Afrine, pour Minbej, et pour l’est de l’Euphrate“, a déclaré M. Cavusoglu en se référant à d’autres zones en Syrie où les YPG sont présentes.

“Si le régime entre pour nettoyer (la région) du PKK/YPG, il n’y a pas de problème“, a-t-il ajouté. Ankara accuse les YPG d’être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée “terroriste“ par la Turquie et ses alliés occidentaux.

L’agence officielle syrienne Sana avait annoncé plus tôt que “les forces populaires allaient arriver à Afrine dans les prochaines heures pour soutenir ses habitants contre l’attaque du régime turc“. Située dans le nord-ouest de la Syrie et bordée par la frontière turque, la région d’Afrine est tenue par les YPG, une milice kurde syrienne considérée comme “terroriste“ par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). L’armée turque, appuyée par des rebelles syriens, y mène depuis un mois une offensive terrestre et aérienne pour chasser les YPG.

En 2012, après le retrait des forces gouvernementales de la zone, Afrine est devenue la première région kurde en Syrie à échapper au contrôle du régime de Bachar al-Assad et les autorités y ont installé une administration autonome. La semaine dernière, le commandant des YPG, Sipan Hamo, avait déclaré que ses forces n’avaient “aucun problème“ avec une intervention militaire du régime syrien “pour défendre Afrine et sa frontière face à l’occupation turque“.

Quelques heures après l’annonce sur l’envoi des forces progouvernementales syriennes à Afrine, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est entretenu au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine dont le pays soutient le régime syrien et contrôle l’espace aérien dans le nord de la Syrie. Selon des sources présidentielles turques, MM Erdogan et Poutine ont discuté “des derniers développements en Syrie, particulièrement à Afrine et Idleb“.

“La question de l’instauration de nouveaux postes d’observation dans la zone de désescalade d’Idleb a également été abordée“, ont ajouté les sources. La province rebelle d’Idleb est la dernière à échapper entièrement au contrôle de Damas. Elle est actuellement dominée par Hayat Tahrir al-Cham, groupe jihadiste dominé par l’ex-branche locale d’Al-Qaïda, ainsi que par plusieurs groupes rebelles.

Lors de pourparlers à Astana l’année dernière, la Turquie, soutien des rebelles syriens, et l’Iran et la Russie, alliés du régime, s’étaient mis d’accord sur la création de zones de “désescalade“ censées contribuer à réduire les violences en Syrie, pays déchiré par un conflit depuis 2011. Six postes d’observation turcs ont déjà été établis à Idleb en application de l’accord.

posté le 20 février 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Kurdistan  SYRIE  Turquie 


VIE ECCLÉSIALE
Mgr Tchouldjian, s’exprime à propos de la crise du Patriarcat de Constantinople

Dans un entretien publié le 14 février par l’hebdomadaire stambouliote « AGOS », monseigneur Sébouh Tchouldjian, primat du diocèse du Gougark (Vanatzor), est interrogé par Mihran Manoukian au sujet de la crise du patriarcat de Constantinople. Agé de 59 ans, comme Hrant Dink dont il était proche, Mgr. Sébouh est né à Malatya. Après avoir vécu un temps à Istanbul, sa famille émigre en Arménie soviétique en 1969 et s’installe à Léninakan (Gumry). Mgr Tchouldjian est l’un des évêques qui remplissent actuellement les conditions requises pour devenir Patriarche de Constantinople puisqu’il est né dans ce pays et qu’il est turcophone. Le prélat est également membre du Conseil Spirituel Suprême de saint Etchmiadzine (Synode) qui devrait publier le 20 février un document présentant la position officielle de l’Eglise arménienne sur cette question.

Mihran Manoukian : Monseigneur, vous suivez sans doute les événements liés au Patriarcat arménien de Constantinople. En tant que prélat de l’Eglise arménienne et candidat au patriarcat des Arméniens de Turquie, quelles est votre opinion à ce sujet ?

Mgr. Tchouldjian : C’est le peuple arménien tout entier qui suit les événements liés au patriarcat de Constantinople. De nombreux événements aussi étranges qu’illogiques ont eu lieu ces dix dernières années. Tout comme ce qui vient de s’accomplir aujourd’hui était très inattendu et quasiment incompréhensible pour nous tous. Je regrette qu’un pays comme la Turquie attaché aux principes de démocratie et de laïcité gèle depuis déjà dix ans le droit de la minorité arménienne composée de 40 à 50 000 fidèles à élire son guide spirituel, son patriarche. Ce n’est pas digne d’un état de 80 millions d’habitants qui est l’une des grandes puissances de la région.

Il s’en dégage l’impression que l’on a [sciemment] communiqué des informations erronées aux autorités au sujet du Droit canonique et de la discipline de notre Église, permettant ainsi que les autorités se fourvoient. Ce qui expliquerait la publication d’une lettre aussi illogique que celle qui reconnaissant l’aptitude du patriarche qui vit pourtant d’une vie végétative. Il y a également une réalité tout à fait évidente, c’est qu’il se trouve dans la communauté arménienne de Constantinople différentes forces qui, avec l’aide de fonctionnaires d’État ou d’oligarques, tentent d’imposer leur volonté afin de conserver Ad vitam aeternam leur influence et leur pouvoir sur la communauté, en provoquant des divisions pour créer de manière artificielle un climat de peur et de panique.

Mais je regrette surtout la position indigne et dépourvue de tout principe de l’Assemblé ecclésiale [Gronagan joghov], la plus haute instance religieuse du patriarcat arménien de Turquie, qui s’est révélée incapable de réagir face à l’ingérence de l’État, sans pouvoir lui expliquer la réalité des choses.

La communauté arménienne espérait que l’instance supérieure du patriarcat qui représente les Arméniens de Turquie donnerait les explications et les éclaircissements nécessaires pour aider les autorités de Turquie à comprendre l’importance qu’il y a à préserver le droit canon, la discipline et la Tradition de l’Église, ainsi que les espérances et les attentes de la communauté arménienne. Il est dommage que l’Assemblée ecclésiale n’ait pas eu cette sagesse et cette clairvoyance pour assumer ce rôle et assurer une issue favorable pour sortir de cette situation. Après avoir contredit son vote légitime de l’année précédente, cette instance réputée « supérieure », a dévié des traditions synodales et démocratiques séculaires de notre Église.

C’est un précédent négatif et un piège extrêmement dangereux, lourd de conséquences imprévisibles avant l’élection patriarcale. De ce fait, l’instance spirituelle suprême du quatrième siège hiérarchique de la sainte Église apostolique d’Arménie aura porté un énorme et irréparable coup à son autorité multiséculaire.

De toute évidence, l’Assemblé ecclésiale a ainsi privé le doyen de nos religieux, l’archevêque Karékine Békdjian, de son élection à la fonction de locum-tenens. Mais que personne n’ait la naïveté de croire que c’est Mgr Karékine Békdjian qui a en pâtit, ou Mgr. Atéshian qui l’a emporté. C’est la renommé de la Turquie qui va en pâtir, la dignité de la communauté arménienne de Constantinople, l’antique gloire et l’honneur du siège de Constantinople.

La décision du 9 février de l’Assemblée ecclésiale a non seulement, et une nouvelle fois, provoqué la déception des Arméniens de Turquie, mais également celle de l’ensemble des Arméniens.

Je regrette mille fois que ces mauvaises habitudes héritée du passé autour du siège patriarcal n’aient une fois de plus poussé la communauté arménienne dans la même ornière. Mais les pages de notre histoire comportent également des exemples héroïques de situations plus positives inspirant l’espoir, où l’union a permis de mobiliser la communauté. Ces exemples doivent être pour nous des phares, des invitations à la sagesse, un véritable Credo, pour nous permettre d’aller de l’avant.

Traduction PN.

Pétition et manifestation contre l’archevêque Atéshian

Dans son édition du 15 février, le journal AZG (la Nation) paraissant à Erevan reproduit le texte d’une pétition en quatre points qui circule sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours pour demander au Catholicos Karékine II et aux membres du Conseil Spirituel suprême de réduire à l’état laïc l’archevêque Atéshian. Toujours sur le net, un groupe de fidèles appelle à manifester contre Atéshian devant le monastère de saint Etchmiadzine lors de la séance du Conseil Spirituel suprême du mardi 20 février. Une grande première pour l’Eglise arménienne.

posté le 20 février 2018 par Ara/armenews


TURQUIE
Opération militaire en Syrie : Ankara renomme une avenue près de l’ambassade américaine

Ankara, 19 fév 2018 (AFP) - Une avenue longeant l’ambassade américaine à Ankara a été officiellement rebaptisée lundi du nom de l’offensive militaire turque dans le nord de la Syrie, menée contre une milice kurde alliée des Etats-Unis. Les nouveaux panneaux de rue portant le nom “Avenue Rameau d’olivier“, du nom de l’opération turque, ont été minutieusement mis en place par les employés municipaux en début d’après-midi, a constaté l’AFP.

La Turquie a lancé le 20 janvier l’opération “Rameau d’olivier“ contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme “terroriste“ par Ankara mais alliée aux Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Cette offensive a provoqué un nouveau regain de tension entre les deux pays, alliés au sein de l’Otan, la Turquie menaçant même d’avancer vers Minbej, à une centaine de kilomètres à l’est d’Afrine, où sont déployés des militaires américains aux côtés des YPG.

La décision de changer le nom de l’avenue a été prise par la municipalité d’Ankara la semaine dernière au plus fort de ces tensions. L’adresse de l’ambassade ne devrait toutefois pas changer, puisqu’elle est officiellement située sur le boulevard Atatürk, du nom du fondateur de la république turque, perpendiculaire à l’avenue nouvellement rebaptisée. Celle-ci portait jusqu’à présent le nom de Nevzat Tandogan, gouverneur d’Ankara de 1929 à 1946.

Lors d’une visite à Ankara du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson jeudi et vendredi, Ankara et Washington, alliés au sein de l’Otan, se sont accordés sur la mise en place de “groupes de travail“ sur la question syrienne dans une tentative de régler leurs différends.

Ce n’est pas la première fois qu’Ankara recourt à la “diplomatie de la rue“ : début janvier, la capitale turque avait rebaptisé la rue où se situe l’ambassade des Emirats arabes unis du nom d’un dignitaire ottoman, Fahreddin Pacha, qui avait été critiqué par le chef de la diplomatie des Emirats, Abdallah ben Zayed Al-Nahyane.

posté le 20 février 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Etats-Unis  Turquie 


Syrie-Turquie
Des force populaires syriennes sur le point d’entrer à Afrine

L’Agence Arabe Syrienne d’Informations SANA, indique que “Des groupes des forces populaires arriveront à la zone d’Afrine pour soutenir la fermeté de ses habitants face à l’agression menée par les forces du régime turc contre la ville depuis le 20 du mois dernier“, selon le correspondant de SANA à Alep.

Le correspondant a précisé que l’arrivée des forces populaires à la zone d’Ifrine renforcera la fermeté et la résistance de sa population à l’agression qui vise les infrastructures, les biens privés et publics et les établissements économiques et de services.

Le correspondant a déclaré que l’implication des forces populaires dans la résistance à l’agression turque s’inscrit dans le cadre du soutien à la population et de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie.

A la suite de cette information, le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlüt Çavuşoğlu, a déclaré : « S’ils entrent pour protéger des YPG, rien n’arrêtera ni la Turquie, ni les soldats turcs ».

posté le 19 février 2018 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Derniere minute  Syrie  Turquie 


VIE ECCLÉSIALE
Le cas de l’archevêque Atéshian sera étudié le 20 février par Etchmiadzine

Le 20 février, se tiendra à Etchmiadzine une session du Conseil Spirituel Suprême [Kérakouyn Hokévor Khorhourt]. Cette instance qui constitue l’organe supérieur de conseil du Catholicossat d’Etchmiadzine est présidée par le Catholicos qui devrait être entouré par sa béatitude Nourhan I, Patriarche de Jérusalem, et Mgr. Karékine Békdjian, théoriquement toujours locum-tenens du Patriarcat de Constantinople.

Outre le Catholicos et les deux patriarches de Jérusalem et de Constantinople, le CSS se compose de treize évêques et archevêques, dont le primat du diocèse de France, Mgr. Vahan Hovhannissian, et de six laïcs appartenant aux diocèses d’Arménie et de la diaspora. Le saint-Siège d’Etchmiadzine l’avait récemment annoncé par l’intermédiaire de son porte parole, le père Vahram Mélikian, le CSS examinera à cette occasion la situation au Patriarcat arménien de Constantinople et émettra un avis sur la question.

On pourrait imaginer qu’au regard du comportement de l’archevêque Atéshian, les membres du conseil puissent demandent au Catholicos de le sanctionner, car même si le siège de Constantinople jouit d’une très large autonomie à son égard, il est soumis à la juridiction du Catholicossat suprême et que l’archevêque Atéshian a reçu le sacre épiscopal des mains du Catholicos Karékine II en 1999. En tant que « Chef des évêques, Patriarche suprême et Catholicos de tous les Arméniens » - c’est la titulature des Catholicos de saint Etchmiadzine - le Catholicos serait légitimement habilité à le faire.

Le droit canonique de l’Eglise arménienne pourrait décider du sort d’Aram Atéshian sur la base du 7-ème canon du Concile de Jérusalem de 1651 qui stipule que « Si un évêque tente de devenir primat d’un diocèse, non pas par la volonté du Catholicos, mais par un acte de corruption, ou par la contrainte exercée par des étrangers, il sera alors privé de son rang de religieux ».

Reste à savoir si dans un contexte politique régional très tendu et compte tenu des tensions permanentes entre la Turquie et l’Arménie, le Catholicossat suprême optera pour cette sanction que pourtant de nombreux fidèles arméniens en diaspora, en Arménie, et surtout en Turquie, appellent de leurs voeux.

PN

posté le 19 février 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Image 450  Turquie 


ALLEMAGNE
A Munich, un élu allemand sous escorte policière pour éviter un incident avec les Turcs

Berlin, 18 fév 2018 (AFP) - L’ancien responsable des Verts allemands, Cem Özdemir, très critique à l’égard d’Ankara, a dû être placé sous escorte policière lors de la conférence sur la sécurité à Munich par crainte d’éventuels incidents avec la délégation turque, a-t-il indiqué dimanche. “La police m’a informé“ que des membres de la délégation turque s’étaient plaints de ma présence, a-t-il expliqué à l’AFP à son retour à Berlin.

“C’est pourquoi j’ai passé le reste de la journée sous protection policière“, a ajouté cette figure majeure de la politique allemande, née de parents turcs, et qui séjournait par hasard dans le même hôtel que la délégation turque dans la capitale bavaroise.

Des membres de cette délégation emmenée par le Premier ministre Binali Yildirim se sont plaints auprès de policiers de la présence dans leur hôtel du “terroriste“ Cem Özdemir, avait rapporté le quotidien die Welt, une information confirmée par le responsable politique.

“Le matin en m’enregistrant à l’hôtel, il y a eu une rencontre fortuite avec la délégation turque. Ils m’ont regardé avec étonnement et fureur“, a souligné M. Özdemir qui fut dans les années 90 l’un des deux premiers élus d’origine turque à faire son entrée au Bundestag.

Selon die Welt, le député allemand, qui vient de quitter ses fonctions de co-président des Verts, s’est retrouvé avec plusieurs policiers dans le couloir quand il a quitté sa chambre et a été prié de ne pas se rendre à la table du petit déjeuner.

Cem Özdemir s’est attiré les foudres des autorités turques ces dernières années pour avoir dénoncé les atteintes aux droits de l’Homme commises par Ankara et plaidé avec force pour la reconnaissance par l’Allemagne du génocide arménien dans l’Empire ottoman.

Menacé de mort, il avait fait l’objet d’attaques du président turc Recep Tayyip Erdogan qui avait dénoncé le “sang impur“, selon lui, des députés allemands d’origine turque.

L’élu écologiste est depuis placé sous escorte policière lors de manifestations où il doit tenir un discours, a-t-il expliqué. “La Turquie est toujours un Etat de non-droit“, a-t-il assuré, jugeant que la détente récente observée entre Berlin et Ankara n’existait que “dans les rêves de la grande coalition“ qu’espère former Angela Merkel avec les sociaux-démocrates.

L’Allemagne et la Turquie s’efforcent d’apaiser leurs tensions nées après le coup d’Etat manqué contre Recep Tayyip Erdogan en juillet 2016. yap/pg

posté le 18 février 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Allemagne  Image 450  Turquie 


PATRIARCAT DE CONSTANTINOPLE
Le député Garo Paylan exige l’élection d’un nouveau patriarche.

Garo Paylan, membre arménien du Parlement turc représentant le Parti démocratique populaire (HDP) et défenseur des droits de la communauté arménienne, a contesté mercredi dernier la légitimité de l’Archevêque Aram Atéshian rétabli arbitrairement par les autorités turques en tant que Vicaire général du Patriarcat. Le 14 février, Garo Paylan a accordé une entrevue à Hripsimé Hovhanissian, journaliste à TRT.am de Erevan.

Dès ces premiers mots, après avoir qualifié l’archevêque Atéshian de « bêlier du gouvernement turc », le député déclare avec une grande fermeté « nous voulons élire notre Patriarche ». Une position diamétralement à l’opposé de celle des autorités qui souhaitent maintenir le statu-quo avec l’archevêque Atéshian à la tête du patriarcat jusqu’à la disparition de Mgr. Mutafyan l’actuel patriarche empêché par une grave maladie neurologique depuis neuf ans.

Un processus largement souhaité et soutenu par la communauté stambouliote

En mars 2017, afin de mettre fin à cette longue période de vacance, l’Assemblé ecclésiale du Patriarcat avait élu à une large majorité l’archevêque Karékine Bekdjian - primat du diocèse d’Allemagne - comme locum-tenens, en lui confiant la mission d’organiser l’élection d’un nouveau patriarche. Mgr. Atéshian qui avait été ouvertement soutenu et promu par les autorités turques avait alors été acculé à la démission. Cependant, malgré un accord conclu à Etchmiadzine sous les auspices du Catholicos Karékine II en février 2017, ce dernier a continué d’oeuvrer en multipliant les obstacles à la tenue de cette élection, toujours avec le soutien déclaré des autorités. L’Etat turc s’est donc largement impliqué dans l’affaire depuis le Gouvernorat d’Istanbul jusqu’au palais présidentiel, en passant par le ministère de l’intérieur. A la suite de ces multiples interventions, les autorités ont stoppé net le processus d’élection d’un nouveau patriarche et invalidé l’élection de Mgr Békdjian comme locum-tenens. Cette décision du gouverneur d’Istanbul a ensuite été validée dans les conditions rocambolesques par le ministre de l’intérieur Süleyman Soylu en personne.

Le 9 février, une trentaine de laïcs choisis sur des critères très flous ont été convoqués par le ministre de l’intérieur qui avait fait le déplacement tout spécialement depuis Ankara jusqu’à Istanbul. Au terme d’un petit-déjeuner et de trois heures de discussions, ces notables se sont soumis au diktat des autorités turques. A la suite de cette réunion, l’Assemblée ecclésiale qui, un an plus tôt, avait élu Mgr. Bekdjian et destitué l’archevêque Atéshian, par un incroyable retournement de situation, validait à son tour les décisions de la réunion convoquée par le ministre de l’intérieur le matin même. Garo Paylan, héraut de la « génération Dink »

La communauté est aujourd’hui nettement clivée entre les partisans de « l’ordre ancien » - quelques responsables laïcs de paroisses et de « vakefs » [administrateurs des biens religieux] - et une part grandissante d’arméniens plus « émancipés », représentatifs de la « Génération Dink » dont l’un des porte-drapeaux est le bouillant député Garo Paylan. Comme Hrant Dink, G. Paylan est un des hérauts de cette nouvelle génération décomplexée, libérée des peurs ataviques des générations précédentes. Cette nouvelle génération qui s’exprime également à travers le mouvement de jeunes « Nor Zartonk » [Nouveau réveil] rejette, entre autre, le principe archaïque du « Millet » [minorité religieuse] hérité de l’Empire ottoman qui maintenait les non-musulmans dans un statut de citoyen de seconde catégorie aux relents de dhimmitude.

A la fin de l’entretien, Paylan revient sur son exigence d’élections libres pour choisir un nouveau patriarche et déclare « Cela fait maintenant une dizaine d’années que la communauté arménienne d’Istanbul n’a plus aucune possibilité d’élire son patriarche ». Il poursuit : « Malheureusement, il y a plusieurs années de cela, les autorités turques ont décidé d’installer Aram Atéshian comme Vicaire général. A l’époque, nous avions affirmé, mais en vain, que nous voulions élire nous-même notre patriarche et éviter qu’un dirigeant soit nommé au Patriarcat par l’Etat ».

Le message qu’il adresse à l’archevêque Atéshian est aussi clair « En recevant le pouvoir du gouvernement, vous devenez une sorte d’otage...Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’instaurer une autorité désignée par la communauté arménienne. Le patriarche doit, lui aussi, être élu par la communauté et son pouvoir procédera de cette élection ». Garo Paylan a des paroles très dures envers celui qu’il qualifie de « marionnette aux mains, non seulement du gouvernement, mais également de la Défense, de la Sécurité et de la Justice », considérant que ces institutions « l’utilisent pour réaliser tous leurs desseins ». Il affirme également que la communauté vit dans une peur permanente et ignore souvent la situation au Patriarcat. Le bouillant député termine par cette affirmation « La communauté arménienne a besoin de l’autonomisation du Patriarcat. Nous devons être mieux organisés, car cette situation pourrait bien diviser la communauté ».

Pierre Nazarian

posté le 18 février 2018 par Ara/armenews


BOSNIE
Sarajevo renonce à honorer le Prix Nobel turc Pamuk

Sarajevo a renoncé cette semaine à faire citoyen d’honneur l’écrivain turc Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature en 2006, l’opposition évoquant une décision de “vassal“ commandée par la peur de s’aliéner le président Recep Tayyip Erdogan.

Le comité municipal chargé de ces décisions honorifiques, est revenu sur une décision de rendre cet hommage à l’auteur de “Mon nom est Rouge“, prise à l’unanimité de sept élus quelques jours plus tôt.

Lors d’un second vote, quatre élus ont finalement voté contre, a expliqué jeudi à l’AFP Samir Fazlic, élu de “Nasa Stranka“ (“Notre parti“), une formation multi-ethnique.

Sarajevo est dirigé par le SDA, principale formation des Bosniaques musulmans, dirigée par Bakir Izetbegovic. Représentant bosniaque de la présidence collégiale de Bosnie, Bakir Izetbegovic est proche de Recep Tayyip Erdogan qui l’avait convié au mariage de sa fille en mai 2016.

Pour Samir Fazlic, le changement de pied municipal s’explique par “l’opposition de l’écrivain à la politique du président turc Erdogan“ et la “peur (...) de vexer Erdogan“.

Le Parti social-démocrate a dénoncé “une politique de vassal“, estimant que “le SDA (avait) évidemment de grosses dettes envers l’AKP“ (Parti de la justice et du développement), le parti présidentiel turc. Sollicité par l’AFP, le cabinet du maire, Abdulah Skaka (SDA), n’avait pas donné suite vendredi. L’édile a déclaré au quotidien Dnevni Avaz qu’il n’était pas au courant du déroulement du vote. Le président du comité, Velija Katica, lui aussi SDA, a assuré n’avoir “pas reçu d’instructions“.

“C’est un embarras terrible qui confirme que ce Sarajevo libre et ouvert s’est transformé en +kasaba+ turcophile (terme bosnien d’origine turque désignant une bourgade)“, a commenté le metteur en scène Dino Mustafic sur Twitter. Le PEN club bosnien a adressé ses “excuses sincères“ à Orhan Pamuk. En septembre 2016, dénonçant l’arrestation du romancier et journaliste turc Ahmet Altan, le romancier avait estimé que son pays fonçait “vers un régime de terreur“. Il y a un an, le principal quotidien turc, Hürriyet, avait renoncé à publier un entretien avec l’auteur qui annonçait sa volonté de voter “non“ au référendum sur un renforcement des pouvoirs présidentiels.

Par le biais de l’agence turque de coopération et de développement (TIKA), la Turquie a estimé en 2017 avoir investi depuis la fin de la guerre quelque 240 millions d’euros dans quelque 800 projets en Bosnie, reconstruction de mosquées ou de monuments de l’époque ottomane, écoles, agriculture... Quelque 10.000 élèves bosniaques apprennent le turc. Ankara finance une partie de ces cours.

L’ère ottomane à Sarajevo a duré plus de quatre siècles, jusqu’en 1878.

AFP

posté le 17 février 2018 par Ara/armenews