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Azerbaïdjan


JUSTICE
L’Azerbaïdjan « diffamé » sur France 2 : le ministère public requiert la relaxe

Versailles, 13 juin 2018 (AFP) - Le ministère public a requis mercredi en appel un abandon de la procédure ou, à défaut, une relaxe de France Télévisions, attaqué en diffamation par l’Azerbaïdjan pour la diffusion d’un reportage de “Cash Investigation“ où cet État était présenté comme une “dictature“.

En première instance, le tribunal correctionnel de Nanterre avait estimé la plainte azerbaïdjanaise irrecevable, jugeant qu’un État, n’étant pas un particulier, ne pouvait attaquer en diffamation, en vertu de la loi sur la presse de 1881. Mais le régime de Bakou avait fait appel, arguant d’un “déni de justice“.

Dans ses réquisitions mercredi devant la cour d’appel de Versailles - qui doit se prononcer le 19 septembre-, l’avocat général a soulevé la question de la “nullité du jugement“ de première instance : “Dire que l’État d’Azerbaïdjan est une dictature, ce serait une injure, pas de la diffamation“.

Il y a donc un problème de “qualification“ et le tribunal correctionnel aurait dû, outre prononcer l’irrecevabilité de la plainte, “déclarer l’action publique éteinte“, selon Marc Brisset-Foucault.

“Si par extraordinaire“, la cour déclarait que l’action publique n’était pas éteinte, il faudrait donc qu’elle prononce une “relaxe à titre subsidiaire“, a-t-il requis.

L’État caucasien avait porté plainte peu après la diffusion le 7 septembre 2015 sur France 2 d’un reportage sur les coulisses des voyages présidentiels de François Hollande, qui lui était largement consacré. La présentatrice de l’émission Élise Lucet avait introduit le sujet en présentant le régime de Bakou comme une “dictature, l’une des plus féroces au monde“.

Évoquant le même jour sur France Info le reportage dont il est l’auteur, le journaliste d’investigation Laurent Richard - également jugé dans cette affaire, tout comme la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte - avait à son tour qualifié le président azerbaïdjanais Ilham Aliev de “dictateur“ et de “despote“.

En première instance, le tribunal de Nanterre avait estimé que “la loi sur la liberté de la presse a(vait) pour objectif d’assurer la liberté d’expression et ne permet(tait) pas à un État d’engager des poursuites contre un particulier“, comme l’ont plaidé les avocats de la défense encore mercredi.

Me Olivier Pardo, avocat du plaignant, a estimé que les émissions comme “Cash investigation“ participaient d’une “presse de dénonciation“. Elles “n’ont qu’un principe, c’est l’animosité, et un but, un seul : pas celui de nous informer, mais de crucifier, de stigmatiser“, a-t-il ajouté, qualifiant l’État qu’il défend de régime “pas parfait“ et “certes autoritaire“ mais pas dictatorial.

L’Azerbaïdjan est “une dictature qui avance masquée, qui se pare des atours de la démocratie pour mieux masquer ses agissements : journalistes indépendants emprisonnés, opposition complètement muselée...“, a tancé a contrario Me Juliette Félix, conseil de France Télévisions et de Mme Lucet.

Le pays, indépendant depuis la chute de l’Union soviétique, occupe la 163e place sur 180 dans le classement de la liberté de la presse établi en 2018 par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Selon cette organisation, c’est la première fois qu’un État étranger poursuit un journaliste sur le sol français. Il est d’ailleurs rarissime qu’un État poursuive un individu.

En mai, la Cour de cassation a annulé une décision de non-lieu prise en faveur d’un député français ayant qualifié l’Azerbaïdjan d’“État terroriste“. Sans se prononcer sur le fond - la possibilité ou non de cet État d’attaquer en diffamation -, la cour a estimé qu’il ne revenait pas à une chambre de l’instruction d’apprécier la pertinence de la qualification des poursuites. La recevabilité de la plainte azerbaïdjanaise devra donc être réexaminée devant un tribunal.

posté le 14 juin 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Azerbaïdjan  France  Image 450 


GÉOPOLITIQUE
Les médiateurs rencontrent le nouveau gouvernement arménien concernant le Haut-Karabagh

Cherchant à relancer le processus de paix au Haut-Karabagh, les médiateurs américains, russes et français ont tenu leurs premiers entretiens avec les nouveaux dirigeants arméniens à Erevan.

Les trois diplomates co-présidant le Groupe de Minsk de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe ont rencontré mercredi le Premier Ministre Nikol Pachinian, plus d’un mois après son accession au pouvoir.

Ils ont souligné l’importance de la mise en œuvre des accords de confiance conclus par le Président azéri Ilham Aliev et son ancien homologue arménien, Serge Sarkissian.

Les accords demandaient des mesures spécifiques pour renforcer le fragile régime de cessez-le-feu le long de la « ligne de contact » du Karabagh et de la frontière arméno-azeri. Parmi ces mesures figure le déploiement de davantage de contrôleurs de la trêve par l’OSCE. Bakou s’est montré réticent à appliquer ces garanties contre les combats meurtriers, considérant qu’ils pourraient au contraire prolonger le statu quo.

Le communiqué a cité Pachinian exprimant sa confiance au sujet de d’une « coopération productive » avec la troïka médiatrice. Il n’a donné aucun autre détail de sa rencontre avec l’américain Andrew Schofer, le Russe Igor Popov et le Français Stéphane Visconti. Andrzej Kasprzyk, chef de longue date d’une petite mission de l’OSCE chargée de surveiller le régime de cessez-le-feu dans la zone du conflit du Karabagh, était également présent lors de la réunion.

Les médiateurs ont rencontré mardi le Ministre des Affaires Étrangères arménien, Zohrab Mnatsakanian. Celui-ci a déclaré avoir tenu une discussion détaillée sur la manière de mettre fin au conflit, mais il n’a pas élaboré.

Les co-présidents du groupe de Minsk ont ​​rencontré le Ministre des Affaires Étrangères azeri Elmar Mammadyarov à Paris le 15 mai. Dans une déclaration conjointe, ils ont déclaré que M. Mammadyarov « a exprimé la volonté de l’Azerbaïdjan de reprendre les négociations le plus rapidement possible ».

Pachinian a demandé à plusieurs reprises que les représentants du Karabagh participent directement aux pourparlers de paix. S’exprimant au Parlement arménien la semaine dernière, le Premier Ministre a de nouveau affirmé qu’il n’avait pas l’autorité de « négocier au nom du peuple du Karabagh ». Mais il a déclaré en même temps qu’il était prêt à rencontrer Aliev.

Mammadyarov et d’autres officiels azeris ont clairement indiqué que Bakou ne négociera pas directement avec le « régime séparatiste » au Karabagh. Ils considèrent que le Karabagh est un territoire azeri occupé par l’Arménie.

Pachinian doit encore clarifier publiquement son point de vue sur l’accord-cadre de paix qui a été proposé par les médiateurs américains, russes et français depuis plus d’une décennie. Cet accord appelle à un règlement échelonné, qui commencerait par la libération de presque tous les districts qui étaient occupés totalement ou en partie par les forces arméniennes du Karabagh durant la guerre de 1991-1994 (ces districts sont au nombre de sept). En retour, la population du Karabagh, à prédominance arménienne, déterminerait le statut internationalement reconnu du territoire lors d’un futur référendum.

Le gouvernement de Serge Sarkissian a toujours considéré que ce compromis de paix était largement acceptable pour Erevan.

Sarkissian et Aliev s’étaient engagés à relancer le processus de paix lors de leur dernière réunion en face-à-face à Genève en octobre 2017. Leurs Ministres des Affaires Étrangères respectifs ont tenu des négociations de suivi « positives » en décembre et janvier.

posté le 14 juin 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



ARTSAKH-AZERBAÏDJAN
Mouvements importants de troupes azéries le long de la frontière avec l’Artsakh

Le ministère de la Défense de la République de l’Artsakh vient de diffuser des images d’une concentration importante en arme en en hommes de troupe de l’armée azérie près de la frontière de l’Azerbaïdjan avec l’Artsakh. Bakou est passée comme d’habitude à la désinformation en affirmant que ses troupes avaient “libéré“ 11 000 hectares de terres au Nakhitchevan. Une information démentie par Stepanakert qui accuse l’Azerbaïdjan de désinformation destinée tant à tromper ses citoyens que les azéris de l’étranger.

L’Azerbaïdjan concentre néanmoins ces derniers jours davantage de troupes et de matériel militaire sur ses bases proches de la frontière de l’Artsakh. Le ministère de la Défense de l’Artsakh surveille de près tous ces mouvements et se tient prêt à intervenir à tout moment « si la situation devait l’exiger ».

Krikor Amirzayan

posté le 13 juin 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Artsakh  Azerbaïdjan  Image 450 


ARMENIE-NAKHITCHEVAN
Le geste humanitaire de l’Armée arménienne envers les civils Azéris au Nakhitchevan, cible de la désinformation des médias azéris

Le 6 et 7 juin des Azéris habitant au Nakhitchevan ont demandé aux forces arméniennes, l’autorisation de visiter le cimetière abandonné de Gyunnout se situant sur le territoire contrôlé par l’armée arménienne. En geste humanitaire les autorités militaires arméniennes ont accepté cette demande des Azéris a informé Ardzroun Hovhannissian le porte-parole de l’armée arménienne. « Nous avons autorisé la visite du cimetière par les civils Azéris sur une période courte » affirme A. Hovhannissian. Mais les médias azéris ont eu recours à la désinformation habituelle, accusant les Arméniens de conquérir de nouveaux territoires au Nakhitchevan...

Krikor Amirzayan

posté le 10 juin 2018 par Krikor Amirzayan/armenews


IRAN-AZERBAÏDJAN
Une société mixte irano-azérie produira 10 000 voitures par an

Dans quelques semaines seront commercialisées les voitures de fabrication mixte irano-azérie vient d’annoncer Emin Ahoundov le directeur d’AzerMash. Cette fabrication et commercialisation de la société mixte de l’Azerbaïdjan et de l’Iran porte sur deux modèles, les Khazar LD et Khazar SD. La production annuelle portera sur 10 000 voitures par an.

Krikor Amirzayan

posté le 8 juin 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Azerbaïdjan  Iran 


EREVAN, LE 13 JUIN
Une première rencontre entre le nouveau gouvernement et le groupe de Minsk

Les médiateurs internationaux qui tentent de trouver une solution au conflit du Haut-Karabagh se rendront à Erevan le 13 juin pour leurs premiers entretiens avec le nouveau gouvernement arménien, a annoncé le gouvernement hier.

Le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Tigran Balayan, a déclaré que les diplomates américain, russe et français co-présidant le groupe de Minsk de l’OSCE discuteront des moyens de relancer le processus de paix du Karabagh. Après les réunions avec les dirigeants arméniens, ils “traceront d’autres étapes“, a-t-il expliqué aux journalistes.

Balayan a également déclaré qu’il n’y avait pas encore de négociations prévues en face à face entre le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, ni même entre leur ministre respectifs des Affaires étrangères.

Dans une déclaration commune, les coprésidents du Groupe de Minsk ont ​​rencontré le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais Elmar Mammadyarov. Ils ont annoncé avoir discuté avec lui des “modalités pour faire avancer le processus de paix.“ “Le ministre Mammadyarov a exprimé la volonté de l’Azerbaïdjan, qui aimerait que cela se fasse dès que possible “, peut-on lire ce communiqué.

M. Balayan a indiqué que le conflit du Karabagh sera également à l’ordre du jour des pourparlers du ministre des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui se tiendront à Moscou plus tard dans la semaine.

M. Mnatsakanian a déclaré à la fin du mois dernier que le nouveau gouvernement arménien s’était engagé à trouver une solution de compromis au conflit du Karabagh et espérait qu’il serait réalisé “très bientôt“.

Un jour après son entrée en fonction le 8 mai, Pachinian a appelé à l’implication directe du Karabagh dans le processus de paix. Le ministère arménien des Affaires étrangères a indiqué par la suite que cela n’était pas une condition préalable au renouvellement des contacts d’Erevan avec Bakou.

Plus tard en mai, Mammadyarov a rejeté les appels de Pachinian et exclu toute discussion entre son gouvernement et « le régime séparatiste du Karabagh ».

posté le 6 juin 2018 par Claire/armenews


NAM
Débat à l’Assemblée nationale : les 100 ans des Républiques du Sud Caucase

A l’initiative des Nouvelles d’Arménie Magazine et à l’invitation du député Jacques Marilossian, président du groupe d’amitié France-Arménie, s’est tenue le 28 mai dernier une conférence à l’Assemblée nationale. Le thème : le centième anniversaire de la naissance des Républiques du Caucase du Sud, et leur héritage sur les sociétés actuelles. Durant cet après-midi de réflexion ont pris la parole Charles Urjewicz, professeur émérite à l’Inalco, Jean Radjanyi, professeur de géographie de la Russie à l’Inalco, et Gaïdz Minassian, journaliste au Monde et professeur à Science Po, en salle Colbert, devant près de 80 personnes attentives, qui ont pu poser leurs questions aux trois spécialistes. A noter que deux intervenants n’ont pas pu être présents, Claire Mouradian étant dans la délégation officielle du ministre Jean-Yves Le Drian au même moment en Arménie ; alors que Bernard Kouchner n’a finalement pas pu venir à cause des grèves Air France.

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Il y a cent ans, en mai 1918 et alors que la Première Guerre mondiale perdurait en Europe et au Proche-Orient et quelques mois après la révolution bolchevique d’octobre 1917, on assistait dans le Caucase du sud, à la création de 3 Républiques indépendantes nées sur les décombres d’une éphémère République fédérative transcaucasienne réunissant les trois principales composantes nationales. Le 26 mai, la Géorgie, alliée de l’Allemagne, quitte la fédération en premier et proclame son indépendance ; le 27 mai, l’Azerbaïdjan, allié de l’Empire ottoman, emboîte le pas aux Géorgiens. Et enfin, le 28 pour l’Arménie, alliée des forces de l’Entente, qui finalement n’a plus vraiment le choix. Trois dates qui vont marquer les esprits des trois nations avant de connaître, dès 1920, un destin commun au sein de l’Union soviétique, avant de recouvrir leur souveraineté en 1991 lors de la chute de l’Union et la fin de la guerre froide. Des points communs d’un siècle à l’autre, bien entendu, mais il existe, également beaucoup de différences entre ces deux périodes et ces trois Etats qui célèbrent cette année le 27e anniversaire de leur indépendance.

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C’est ce qu’a tout d’abord montré Charles Urjewicz, spécialiste de la Géorgie. La réalité de la guerre de 1918 a frappé en plein visage cet Etat, qui proclame son indépendance le premier, aidé par l’Allemagne. Avec l’idée de créer un Etat national, mais surtout un Etat démocratique : “l’utopie de construire un ensemble démocratique, sinon fraternel, en tout cas bienveillant“. Malgré ses erreurs, un Etat viable aurait pu être mis en place, mais trop de difficultés se sont dressées face à lui : mis de côté par les Alliés, il doit en plus faire face à des problèmes territoriaux en Abkhazie ou en Ossétie du Sud. Si ces problèmes sont toujours d’actualité aujourd’hui, Charles Urjewicz a tenu à finir sur une note optimiste, mettant en avant les changements démocratiques importants de ces dernières années de la Géorgie, qui se rapproche de l’UE.

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Jean Radvanyi a ensuite pris la parole pour parler de l’Azerbaïdjan et de cette “République démocratique“ mis en place le 28 mai et dissoute moins de 2 ans après. Si le Conseil national d’Azerbaïdjan voulait aussi une démocratie, très vite les tensions apparaissent et a lieu un pogrom anti-musulman. Cette République n’aura pas le temps de se créer une Constitution. Selon le spécialiste Jean Radvanyi, deux réflexions sont importantes lorsque l’on réfléchit à l’Azerbaïdjan. Tout d’abord, il faut s’interroger sur le rôle du pétrole : certes, depuis la fin du 19e siècle, c’est un facteur de puissance, mais c’est également une source d’inégalité de croissance, de corruption... De plus, la question territoriale reste majeure : “au cours des 2 derniers siècles, la plupart des décisions ont été soumis à des pressions extérieures“, a rappelé Jean Radvanyi.

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Puis Gaïdz Minassian a parlé de l’Arménie, mettant en exergue 4 mots importants lorsqu’il s’agit de comparer les deux époques. Tout d’abord, le mot “guerre“ : le contexte de Première Guerre mondiale avec son jeu d’alliance, les guerres régionales mais aussi le climat de guerre que l’on retrouve aujourd’hui (il faut rappeler que les blocus turc et azerbaïdjanais sont un acte de guerre). Le second mot, c’est le “génocide“, et la question des réfugiés que cela induit. Le troisième, c’est “Empire“ : le Caucase du Sud est entre trois Empires (russe, ottoman, perse). Gaïdz Minassian a expliqué : “Ils sont en pleine chute, et les trois peuples du Caucase du Sud vont jouir d’un héritage inégale : Bakou est une capitale industrielle, Tbilissi aussi, mais l’Arménie n’a pas de centre industriel à l’époque (les premières réunions de la République ont même lieu à Tbilissi)“ ; ce qui a changé aujourd’hui puisque Erevan en est un. Enfin, le dernier mot est “dirigeant“ : ceux des trois Républiques se connaissent et s’apprécient, ils ont été formés dans les mêmes écoles, sont issus d’un mouvement de libération. Leur idée commune : le progrès, la socialisation. D’où une divergence par rapport à l’époque contemporaine : cette éthique, ce respect de la valeur humaine, c’est quelque chose qu’on a du mal à percevoir dans la caste politique à partir de 1991. De 1991 à 2018, on était dans une conception instrumentaliste du pouvoir, d’où l’absence de confiance entre la population et le régime. Mais avec Nikol Pachinian et la mise en avant de son slogan “Nous sommes les maîtres de notre pays“ est célébrée l’idée que les choses se décident dans le pays, avec le peuple, en toute autonomie.

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Après ces trois exposés très vivants, des débats ont pu être lancés. Le premier a concerné la Révolution de velours arménienne : peut-elle être un exemple pour ses voisins, un moteur de changements dans l’ensemble du Caucase ?Les Géorgiens vous diront qu’ils l’ont déjà fait, eux !“, a commenté Charles Urjewicz, parlant de 2003 et l’arrivée de Mikheil Saakachvili. “Avant cette Révolution, la Géorgie était celui qui s’en sortait le mieux, avec un système démocratique qui fonctionnait aussi bien qu’il pouvait“, a continué le spécialiste, concluant sur le fait que, si l’Arménie ne sert pas d’exemple, elle pourrait en tout cas être un partenaire vertueux. Un avis partagé par Gaïdz Minassian : “Je ne pense pas à un modèle, mais en tout cas une dynamique. Pour l’Azerbaïdjan en tout cas, quand on parle à certains Azerbaïdjanais de France, il y a un espoir...“. Pourtant pour Jean Radjanyi, cela pourrait entraîner un renforcement des législations pour empêcher que tel ou tel segment de l’opposition se développe là-bas.

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Puis le débat s’est tourné vers l’idée de fédéralisme : est-ce que cela peut être encore une source d’inspiration aujourd’hui ? Les trois spécialistes étaient d’accord : si c’est une belle idée sur le papier, cela reste difficile de la pratiquer... “Si on l’entend à l’ensemble des Etats, je n’y crois pas, d’autant plus que c’est connoté négativement depuis l’URSS, a confié Jean Radjanyi. Mais telle ou telle forme de fédéralisme pourrait être une solution...“. Pour Gaïdz Minassian, la clé passerait par l’autonomisation des sociétés civiles.

Il a d’ailleurs lancé un appel à la diaspora arménienne qui a désormais son rôle à jouer depuis l’arrivée de Pachinian : “J’invite la diaspora à aller investir sur place, et non à exporter sa mémoire, son savoir - Ce n’est pas ça qui fait vivre !“. Pour Jean Radjanyi, une grande différence existe entre l’Arménie et la Géorgie d’un côté, et l’Azerbaïdjan de l’autre : dans ce dernier, l’évolution ne se fera pas sur le plan politique, mais peut-être plutôt sur le plan économique.

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Après une tentative de perturbation par une personne azerbaïdjanaise présente dans la salle, Jacques Marilossian a conclu ce débat enrichissant, pédagogique et objectif. “Ce qui me semble le plus marquant, c’est ce rapport à l’autre, a déclaré le député. L’histoire de ces trois Républiques est construite sur une lutte pour une reconnaissance matérielle, des frontières mais aussi symbolique“. Ajoutant : “Mais aussi dans un rapport à l’autre : est-il mon allié ? Mon adversaire ? Qu’attendre de lui ?“. Laissons l’avenir répondre à cette question...

posté le 2 juin 2018 par Claire/armenews

Texte et photo : Claire Barbuti



AZERBAÏDJAN
La visite du ministre Jean-Yves Le Drian à Bakou

A la veille de sa visite à Erevan, où il devait être l’hôte des cérémonies marquant le 100e anniversaire de la 1ère République d’Arménie, le 28 mai, le ministre français des affaires étrangères Jean Yves Le Drian se trouvait à Bakou, pour assister aux cérémonies marquant le centenaire de la République d’Azerbaïdjan.

Le calendrier caucasien des fêtes nationales a fort opportunément légitimé ce parcours désormais convenu, mais que la diplomatie ne saurait toujours justifier, emprunté aussi par la délégation française dirigée par M. Le Drian, qui inscrivait dans une même tournée les deux capitales ennemies du Sud Caucase.

Les trois Républiques du Sud Caucase ayant proclamé leur indépendance cent ans auparavant l’une après l’autre, à un jour d’intervalle, le calendrier dictait l’agenda de la tournée régionale de la délégation française, dont la première étape fut d’ailleurs Tbilissi, capitale de la Géorgie, la première des trois Républiques du Sud Caucase à s’être émancipée de la tutelle de la Russie tsariste et à avoir proclamé son indépendance, le 26 mai 1918.

Reçu le dimanche 27 mai à Bakou par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev ainsi que par son ministre des affaires étrangères Elmar Mammadyarov, Jean-Yves Le Drian s’est félicité de la teneur de discussions jugées « très fructueuses », selon le ministère azéri cité par l’agence APA, tout en félicitant le gouvernement et le peuple d’Azerbaïdjan à l’occasion du 100e anniversaire de la proclamation de la « République démocratique d’Azerbaïdjan ».

Saluant le développement des relations bilatérales entre l’Azerbaïdjan et la France, les deux parties ont souligné l’importance de rencontres au plus haut niveau pour les renforcer.

A cet égard, les ministres des affaires étrangères des deux pays ont salué le rôle des groupes d’amitié interparlementaires pour le développement de la coopération entre Bakou et Paris, qui disposerait d’un fort potentiel économique qui ne demande qu’à être stimulé par des investissements. Les deux parties ont aussi souligné que les compagnies françaises pourraient s’implanter dans des sites industriels ou des zones franches en Azerbaïdjan ou y créer des joint ventures.

E. Mammadyarov n’a pas manqué d’attirer l’attention de son homologue français sur les ressources énergétiques de son pays et sur les projets en cours ou réalisés dans ce domaine, comme dans le domaine des transports, dont il a affirmé qu’ils contribuaient à la stabilité et au développement de la région.

Il a exprimé l’espoir que ces projets contribueront à développer le commerce ainsi que les relations entre les peuples de la région et l’Union européenne. La question de la coopération entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne figurait d’ailleurs en bonne place dans ces discussions, la partie azérie saluant le rôle de la France dans le processus d’intégration de l’Azerbaïdjan à l’Europe. La question du Haut Karabagh figurait bien sûr elle aussi à l’agenda de ces discussions.

E. Mammadyarov a souligné à ce propos qu’il avait rencontré les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE à Paris le 15 mai et qu’il leur avait rappelé la position de Bakou selon laquelle, pour avancer dans le processus de règlement du conflit, il fallait mettre un terme à « l’occupation des territoires azéris » par les forces armées arméniennes, qui devaient s’en retirer sans condition et sans délai, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu, de telle sorte que les personnes déplacées et les réfugiés puissent retourner dans leurs foyers.

E.Mammadyarov a souligné que les tentatives de changer par la force des frontières internationalement reconnues étaient inacceptables. Evoquant les “actions illégales menées par l’Arménie dans les territoires occupés de l’Azerbaïdjan” et l’entrée de « représentants de ce régime illégal sur les territoires de pays de l’Union européenne », le ministre azéri a souligné la nécessité de prendre des mesures afin d’empêcher de tels actes dans le cadre du processus de règlement négocié du conflit du Karabagh.

Les agences de presse azéries ont été pour le moins discrètes concernant la position de J.Y. Le Drian sur ces différents points, préférant souligner la visite prévue à Paris de I. Aliev et les engagements pris en vue de renforcer la coopération dans les domaines des sciences, de l’ éducation, de l’agriculture ou encore du tourisme.

Bakou, qui ne veut jamais être en reste par rapport à son voisin arménien, qui va accueillir le sommet de la francophonie en octobre, a également tenu à souligner les efforts déployé pour l’apprentissage de la langue française en Azerbaïdjan. Les deux ministres ont donné une conférence de presse conjointe à l’issue de leur rencontre.

posté le 29 mai 2018 par Gari/armenews


ARTSAKH
Le nouveau gouvernement espère trouver une solution au Karabagh très prochainement

Le nouveau gouvernement arménien s’est engagé à trouver une solution de compromis au conflit du Haut-Karabagh et espère que cela sera réalisé “très prochainement“, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian.

“Nous espérons tous qu’un règlement du Karabagh se produira très prochainement“, a t-il expliqué aux journalistes. “Mais le règlement doit refléter nos intérêts, aspirations et objectifs. De toute évidence, nous parlons d’un compromis, mais au cœur de celui-ci doit être le droit à l’autodétermination et la sécurité du peuple de l’Artsakh. “

Dans ce contexte, M. Mnatsakanian a réaffirmé la volonté d’Erevan de reprendre les pourparlers de paix avec Bakou, qui ont été interrompus par la récente élection présidentielle en Azerbaïdjan et le changement de régime en Arménie. “La tâche principale consiste maintenant à maintenir la dynamique des négociations“, a-t-il commenté. “Nous sommes prêts à nous impliquer [dans le processus de paix.]“

Mnatsakanian, qui a été nommé ministre des Affaires étrangères il y a moins de deux semaines, a déclaré qu’Erevan restait “en contact permanent“ avec les médiateurs américain, russe et français co-dirigeant du Groupe de Minsk de l’OSCE. Il a également souligné sa conversation téléphonique la semaine dernière avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et la prochaine visite en Arménie du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Au lendemain de son entrée en fonction le 8 mai, le Premier ministre Nikol Pashinian a appelé à la participation directe du Nagorno-Karabakh dans le processus de paix. Il a affirmé que l’Azerbaïdjan doit négocier directement non seulement avec l’Arménie, mais aussi avec la direction du Karabagh.

Un porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères a indiqué le 22 mai que cela n’était pas une condition préalable au renouvellement des contacts d’Erevan avec Bakou.

Le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Elmar Mammadyarov a rejeté vendredi les appels de Pachinian et a exclu toute discussion entre son gouvernement et “le régime séparatiste du Karabagh“. L’insistance des nouveaux dirigeants arméniens signifierait “vouloir mettre fin au processus de paix“, a-t-il prévenu.

“J’ai dit [aux médiateurs] qu’une telle proposition est ridicule“, a révélé Mammadyarov dans un discours prononcé lors d’une conférence internationale à Bakou.

Mammadyarov a rencontré les coprésidents du groupe de Minsk à Paris le 15 mai. Les médiateurs ont déclaré avoir discuté avec lui des « modalités pour faire avancer le processus de paix ». Ils devraient se rendre à Erevan en juin.

posté le 28 mai 2018 par Claire/armenews

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