Nouvelles d'Arménie
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Kurdistan


SYRIE
Les FDS se délectent d’armes américaines dans la bataille de Raqqa

Des combattants d’une alliance arabo-kurde syrienne se délectent devant des caisses d’armes reçues de la coalition conduite par les États-Unis pour asséner un coup fatal au groupe Etat islamique (EI) dans sa “capitale“ de facto en Syrie, Raqqa.

“Nous allons faire pleuvoir sur Daech (acronyme arabe de l’EI) ces armes sophistiquées“, affirme avec enthousiasme, Chorche, un membre des Forces démocratiques syriennes (FDS) positionné dans le village désertique d’al-Chaniné, à sept kilomètres de Raqqa, dans le nord de la Syrie en guerre.

Au milieu des oliviers, des militaires de la coalition internationale antijihadistes conduite par les États-Unis, sont installés, les yeux protégés de lunettes de soleil, dans leurs véhicules blindés recouverts de bâches de camouflage. Sur le toit d’une maison, d’autres regardent à la jumelle les combats.

Sept mois après le début d’une offensive d’envergure qui leur a permis de s’emparer de vastes régions autour de Raqqa, les FDS sont entrées mardi dans le quartier de Mechleb, dans l’est de la ville juste après avoir annoncé le début de la “grande“ bataille pour reprendre à l’EI sa place forte.

Pendant que les combats font rage dans Raqqa, qui fut le théâtre des pires atrocités commises par les jihadistes, des jeunes en treillis avec sur l’épaule le badge jaune et l’étoile rouge des Unité de défense du peuple kurde (YPG), la principale composante des FDS, déchargent des caisses vertes contenant des obus à quelques kilomètres du front.

Ils les remisent dans un dépôt et un combattant chargé de l’équipement constate qu’il manque un obusier. “Nous vérifions minutieusement ce que nous recevons pour nous assurer qu’il ne manque rien“, explique-t-il à l’AFP.

Entraînement difficile

La commandante des FDS Engizek Khalil qui se trouve près d’un camion, inspecte à son tour le chargement. “Nous envoyons nos combattants recevoir une formation auprès de la coalition et une fois terminée ils seront capables d’utiliser pour la bataille de Raqqa les armes que nous avons reçues récemment“, dit-elle. “On nous a livré aussi des armes individuelles et d’autres types d’armements et nous en attendons encore“, ajoute-t-elle sans donner d’autres précisions.

Les États-Unis ont annoncé le 9 mai qu’ils allaient armer les YPG pour les soutenir dans la lutte contre l’EI en Syrie.

La prise de Raqqa s’annonce particulièrement ardue car l’EI s’y trouve depuis 2014 et a eu le temps de se préparer. En outre, une perte de Raqqa, alors qu’ils sont déjà en difficulté dans leur fief irakien de Mossoul, signifierait pour les jihadistes la fin de leur rêve d’un califat à cheval sur l’Irak et la Syrie.

Les FDS connaissent les tactiques de leurs adversaires. “Leurs méthodes sont toujours les mêmes dans chaque bataille. Ils posent des mines, utilisent des drones armés d’explosifs et des tireurs embusqués“, confie Engizek.

Jekdar Kobani, un combattant des FDS, tient fièrement en main un obus de mortier de 60 mm. “C’est une bonne arme. Ce sont les forces américaines qui nous ont entraînés. Nous avons eu un peu de mal durant la formation car ce sont des armes modernes et sophistiquées. Mais maintenant nous savons les utiliser et cela nous est très utiles dans les combats.“

Autre arme très efficace, les massues, dont une pile est posée contre le mur d’une maison. Elle sont utilisées pour ouvrir des passages dans les murs des bâtiments afin de permettre aux combattants d’avancer sans être vus par les tireurs embusqués où les drones de l’EI.

’Pas à pas’

Une maison à deux km de Raqqa sert de point de regroupement pour les combattants qui se rendent au front et de centre de distribution d’armes. Dans une pièce, un membre des FDS, blessé à la jambe par un éclat, est soigné par un de ses camarades.

“Nos camarades avancent pas à pas. La principale difficulté que nous rencontrons ce sont les murs et les barrières érigés par nos adversaires. Ils utilisent aussi des mortiers pour bloquer le mouvement de nos véhicules militaires, mais l’aviation de coalition nous aide, elle les frappe sans répit“, explique Zaghros Qamishlo, une commandante des FDS.

Les FDS ont fait rentrer rapidement mercredi les journalistes à bord d’un pick-up dans le quartier de Mechleb. Un combattant crie aussitôt : “Pénétrez rapidement dans la maison, on entend le départ d’un obus“. Quelques secondes plus tard, le projectile s’abat près de la maison. Depuis le vacarme des combats n’a cessé et une fumée noire s’élève au-dessus de la ville.

posté le 18 juin 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Kurdistan 


PATRIMOINE ARMENIEN
L’église arménienne Sourp Sarkis (XVIe siècle) de Diyarbakir va être rénovée

Si la communauté arménienne de Turquie (principalement d’Istanbul) aidée par les autorités de Diyarbakir a réussi à rénover l’église Sourp Guiragos (Saint Guiragos), de nombreuses autres églises restent en ruine. Selon le journal turc « Karinca » des constructions à Alpacha et Lalebey dans le quartier Sour de Diyarbakir -ex-capitale de l’Arménie de Tigrane le Grand au Ier siècle avant J.-C. aujourd’hui capitale du Kurdistan turc- vont être rénovées. Parmi les constructions qui vont bénéficier de cette rénovation, figure l’église arménienne Sourp Sarkis datant du XVIe siècle. Membre du parti pro-kurde HDP ainsi que de « Nor Zartonk » et « Haygagan Mchagouyt » (Culture arménienne), Mourat Mehçe informe qu’il mena en compagnie de nombreuses autres personne une lutte contre la destruction des anciennes constructions arméniennes. Une action qui continue afin de préserver les éléments du Patrimoine historique arménien.

Krikor Amirzayan

posté le 17 juin 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Image 450  Kurdistan  Patrimoine  Turquie 


TURQUIE/IRAK
Erdogan fustige le projet de référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien

Ankara, 13 juin 2017 (AFP) - Le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien est une “erreur“ et une “menace“ pour l’intégrité territoriale de l’Irak, a déclaré mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

“Faire un pas vers l’indépendance du nord de l’Irak est une erreur et une menace pour l’intégrité territoriale de l’Irak“, a déclaré M. Erdogan, lors d’un discours retransmis à la télévision.

La présidence du Kurdistan irakien a annoncé la semaine dernière la tenue le 25 septembre d’un référendum sur son indépendance, malgré l’opposition de Bagdad. Mais la Turquie, elle-même en proie sur son territoire à un conflit avec des séparatistes kurdes qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, est fermement opposée à toute constitution d’un Etat kurde à sa frontière, malgré de bonnes relations entretenues avec le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani.

Elle a déclenché en août dernier une opération militaire dans le nord de la Syrie pour en chasser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), mais également pour empêcher aux Kurdes syriens de faire la jonction entre les cantons qu’ils contrôlent dans cette région en proie à une guerre civile.

“Nous avons toujours défendu l’intégrité de l’Irak et nous continuerons à la défendre“, a poursuivi M. Erdogan, ajoutant qu’un tel référendum “n’est dans l’intérêt de personne“.

posté le 13 juin 2017 par Ara/armenews


TURQUIE
Le référendum d’indépendance du Kurdistan irakien est une grave erreur, selon la Turquie

La Turquie, opposée à toute forme d’indépendance kurde, a affirmé que le référendum que le Kurdistan irakien prévoit d’organiser à cette fin le 25 septembre était une “grave erreur“.

“Nous estimons que la tenue d’un référendum d’indépendance annoncée (par la présidence kurde irakienne) constituera une grave erreur“, a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. “Préserver l’intégrité territoriale et l’unité politique de l’Irak est l’un des fondements de la politique turque en ce qui concerne l’Irak“, a ajouté le ministère.

La Turquie entretient de bonnes relations avec le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani mais elle est farouchement opposée à toute constitution d’un Etat kurde sur une partie de son territoire ou dans les pays frontaliers.

La Turquie a ainsi lancé en août dernier une importante opération militaire dans le nord de la Syrie pour en chasser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) mais aussi pour empêcher les Kurdes syriens de faire la jonction entre les cantons qu’ils contrôlent dans cette région du pays en proie à une guerre civile.

L’opposition de la Turquie à l’indépendance du Kurdistan irakien, région autonome aux termes de la Constitution irakienne de 2005, est susceptible de mettre en péril la viabilité d’un éventuel Etat kurde. Le Kurdistan irakien tire en effet ses principales recettes de l’exportation du pétrole, et celle-ci se fait via un pipeline arrivant au port turc de Ceyhan.

posté le 13 juin 2017 par Stéphane/armenews


KURDISTAN IRAK
Référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien le 25 septembre

Le Kurdistan irakien organisera le 25 septembre un référendum sur son indépendance, a annoncé la présidence de cette région autonome d’Irak, malgré l’opposition de Bagdad à une telle option.

“La journée du 25 septembre a été choisie pour tenir le référendum“ sur l’indépendance, précise la présidence dans un communiqué.

Composée de trois provinces, le Kurdistan est une région du nord de l’Irak autonome depuis 1991 et dont les forces sont impliquées dans l’offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Irak. Les Kurdes irakiens qui seraient environ 4,6 millions soutiennent majoritairement l’idée d’indépendance.

La présidence a précisé que le référendum se tiendrait “dans la région du Kurdistan et dans des zones du Kurdistan qui ne sont pas administrées par l’exécutif régional“. Cette formulation fait référence à des zones du nord de l’Irak, notamment la province riche en pétrole de Kirkouk, revendiquées à la fois par les Kurdes et par le gouvernement fédéral irakien.

Une éventuelle indépendance du Kurdistan irakien suscite déjà l’opposition de Bagdad mais ce rejet serait encore plus fort si les Kurdes tentent d’étendre leur influence sur les zones hors de leur région actuelle.

Le Kurdistan irakien fait face à une situation économique difficile en raison de la baisse des prix du pétrole, sa principale source de revenus pour financer son administration.

posté le 11 juin 2017 par Stéphane/armenews


SYRIE
L’assaut sur Raqqa vise à asséner un coup décisif à l’EI (coalition antijihadistes)

L’assaut lancé par une alliance de combattants arabes et kurdes sur Raqqa, fief du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, vise à lui asséner un “coup décisif“, a déclaré la coalition antijihadistes dirigée par Washington.

Avertissant que la bataille sera “longue et difficile“, le général américain Steve Townsend, qui commande les forces de la coalition internationale a dit dans un communiqué que l’offensive “assénerait un coup décisif“ au “califat de l’EI“.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par Washington, ont annoncé le début de l’assaut contre Raqqa, sept mois après avoir lancé une offensive d’envergure qui leur a permis de s’emparer progressivement de vastes régions autour de la cité du nord de la Syrie et de l’encercler.

Une commandante des FDS et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme ont annoncé dans la foulée l’entrée des FDS dans Raqqa à partir de l’est.

La coalition antijihadistes, qui opère également en Irak contre l’EI, fournit aux FDS des armes, un appui aérien et les assiste au sol avec des conseillers.

Le général Townsend a ajouté que l’offensive s’inscrivait dans la cadre d’une bataille plus vaste contre l’EI, qui a revendiqué de nombreuses attaques meurtrières dans la région mais aussi en Europe.

“Nous voyons tous l’attaque haineuse à Manchester“, a-t-il dit en allusion à l’attentat suicide qui a fait 22 morts le 22 mai dans cette ville britannique. “L’EI menace toutes nos nations, pas seulement en Irak et en Syrie mais dans nos patries“.

posté le 10 juin 2017 par Stéphane/armenews


ETATS-UNIS/SYRIE/TURQUIE
Washington promet la transparence sur les armes livrées aux Kurdes syriens

Washington, 1 juin 2017 (AFP) - Les Etats-Unis seront “transparents“ avec la Turquie sur les armes livrées aux Kurdes syriens pour soutenir l’offensive contre les jihadistes à Raqa, a déclaré jeudi un porte-parole de la coalition.

Washington vient de commencer à livrer des armes aux milices kurdes syriennes YPG, principale composante des Forces démocratiques syriennes que Washington considère comme son allié le plus efficace face à l’EI en Syrie.

Mais cette décision a provoqué la colère d’Ankara, qui considère les YPG comme une organisation terroriste et une menace pour son territoire national.

“Nous sommes transparents avec la Turquie sur le détail de ce que nous fournissons“ aux milices kurdes syriennes, a indiqué le colonel américain Ryan Dillon, un porte-parole de la coalition qui s’exprimait en vidéoconférence depuis Bagdad.

Les Etats-Unis conservent ainsi dans une base de données la liste des numéros de série des armements fournis, qu’ils fourniront à la Turquie, a-t-il dit. “Nous partagerons cette information avec nos alliés au nord“ de la Syrie, a-t-il expliqué.

Le Pentagone a annoncé mardi que les Etats-Unis avaient commencé à livrer des armes légères et des véhicules blindés aux Kurdes syriens.

Les livraisons comprendront aussi des armes anti-chars, qui sont nécessaires pour détruire les voitures piégées blindées que les jihadistes lancent régulièrement sur leurs ennemis, a expliqué le colonel Dillon.

Le porte-parole n’a pas précisé quelle serait la nature de ces armes anti-chars, lance-roquettes ou missiles filo-guidés notamment.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a appelé mercredi Washington à “revenir sur cette erreur“, estimant que la livraison d’armes aux YPG était “extrêmement dangereuse“

posté le 2 juin 2017 par Ara/armenews


REVUE DE PRESSE
L’appel des députés palestiniens et kurdes emprisonnés

Alors que nous nous apprêtons à voter et à faire voter pour les femmes et les hommes que nous jugeons les plus dignes de nous représenter dans la future Assemblée Nationale, il y a , en Israël et en Turquie, des députés bénéficiant d’un large soutien de leur peuple qui sont en prison . Les uns et les autres ont adressé à leurs collègues parlementaires du monde entier -et, plus généralement, à tous les démocrates- un vibrant appel à la solidarité . Rappelons qu’il y a actuellement 6500 prisonniers politiques palestiniens en Israël et presqu’autant de démocrates kurdes détenus en Turquie ! Nous ne les oublions pas .

Le premier de ces appels émane de Marwan Barghouthi, figure de premier plan du mouvement palestinien. Cela fait un mois déjà ( !) ce 17 mai qu’à son initiative, plus de mille prisonniers observent une grève de la faim pour arracher des conditions de détention moins inhumaines. Face à cette action courageuse intitulée « Liberté et Dignité », le gouvernement Nétanyahou a choisi la politique du pire. « Nous entrons dans une période extrêmement critique » vient de déclarer le président du Club des prisonniers. Juste avant d’être placé en isolement absolu, celui que les autorités israéliennes savent être aujourd’hui le leader le plus populaire dans toutes les couches de la société palestinienne, avait réussi à faire connaître cette interpellation publique de tous les parlementaires du monde sensibles aux « droits humains fondamentaux tels qu’ils sont garantis par le droit international ». Alors que la santé de tous ces grévistes de la faim se détériore de jour en jour, retour sur ce poignant témoignage : « Je fus le premier parlementaire à être arrêté, en 2002. Depuis, Israël a arrêté 70 parlementaires -plus de la moitié du Conseil législatif, le Parlement palestinien- et 13 d’entre eux restent détenus à ce jour (...) Le sort infligé aux parlementaires palestiniens reflète le sort du peuple qu’ils représentent (...) Aux yeux d’Israël, nous sommes tous coupables et l’accusation non déclarée, c’est notre désir de liberté, notre soif de liberté, notre sacrifice pour la liberté (...) J’en appelle à vous (...) Je vous demande de soutenir la liberté et la dignité du peuple palestinien afin que la paix puisse prévaloir. » Presqu’au même moment, un autre appel nous parvenait, de parlementaires de Turquie cette fois . Il est lancé par le HDP , le grand parti progressiste , devenu la troisième force politique du pays en 2015 et soumis, depuis lors, à une répression féroce du régime Erdogan. Rassemblés face à la Cour des Droits de l’Homme, à Strasbourg, un groupe de député.e.s et de proches du HDP, s’est, là aussi, adressé, ce 16 mai, aux élus et aux forces démocratiques, notamment d’Europe, pour demander leur soutien. Il est à noter que là encore, les premiers visés par le pouvoir sont celles et ceux qui bénéficient de la confiance la plus large de leur peuple . Comme on le sait, neuf députés de ce parti sont détenus, parmi lesquels ses deux premiers dirigeants : Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag . 27 présidents de district, 85 présidents de province , près de 750 autres responsables et plusieurs milliers de militants ou proches du HDP partagent leur sort ! C’est l’honneur de la gauche d’entendre ces messages et de se montrer à la hauteur du courage admirable de celles et de ceux qui nous les ont adressés. Ce sont des êtres humains. Ils n’ont ni voulu ni cherché à être des héros, mais comme l’avait noté , dans sa grande sagesse, Nelson Mandela : « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre ».

https://franciswurtz.net/2017/05/18/lappel-des-deputes-palestiniens-et-kurdes-emprisonnes/

posté le 25 mai 2017 par Stéphane/armenews


REVUE DE PRESSE
« Ma maison a été utilisée pour le viol de filles yézidies »

« Comment voulez-vous que je revive dans ma maison. Elle a été utilisée par Daech pour le viol de filles yézidies. Quand nous sommes rentrés pour l’inspecter en octobre dernier, après le départ des miliciens de l’État islamique (EI), nous avons trouvé leurs vêtements et aussi des costumes traditionnels de filles et de femmes yézidies. Nous avons rassemblé tous ces vêtements et nous les avons brûlés loin de chez nous, dans un terrain vague. Comment voulez-vous que je revive dans un endroit où tant d’âmes ont été torturées, où tant de personnes ont souffert ? »

Manar, 35 ans, syriaque-catholique, est assise sur un canapé non loin de sa machine à coudre, dans un petit camp de réfugiés à Sulaymaniya, tenu par des prêtres appartenant à la congrégation de Mar Moussa el-Habachi, fondée par le père Paolo Dall’Oglio, disparu en Syrie en 2013. Elle était l’une des plus importantes couturières de Qaraqosh, localité de 65 0000 habitants chrétiens, investie par Daech le 7 août 2014. « Nous avons habité la maison uniquement six mois. Elle était toute neuve. Nous nous étions endettés pour la construire et la meubler. D’ailleurs, même aujourd’hui nous devons encore à nos amis et connaissances 24 000 dollars », dit-elle.

« Avant, il nous était possible de rembourser l’argent, je travaillais, mon mari aussi. Il transportait à bord de sa camionnette des marchandises de Qaraqosh vers Mossoul, Erbil ou d’autres villes du Kurdistan. Aujourd’hui, il a trouvé un emploi auprès de la congrégation. Il est leur chauffeur », poursuit-elle. Manar et son mari ne sont pas prêts d’oublier le départ de Qaraqosh, dans la nuit du 6 au 7 août 2014. « Il y eut un premier départ quand Mossoul est tombée, pour quelques jours, mais nous étions rentrés. Puis, deux semaines plus tard, c’était l’exode. Nous avons attendu jusqu’à minuit. Mon beau-frère était policier auprès de l’évêché. Il nous a dit que les soldats kurdes se replieront et qu’il fallait partir. Nous avons pris la route. De Qaraqosh à Erbil, le chemin nous a pris huit heures, au lieu d’une heure et demie, à cause des embouteillages. Nous avons été pris entre deux feux à un barrage des peshmergas, nous avons pris la fuite et nous avons oublié notre fils en voiture, car il dormait », raconte cette mère de quatre enfants. La famille arrive à Ankawa, banlieue chrétienne d’Erbil, y passe une nuit dans un hôtel payé trop cher et met le cap le lendemain sur Sulaymaniya.

« Nous étions huit familles, tous parents et voisins. Nous avons logé dans une grande salle dans le couvent du père Dall’Oglio. Au bout d’un an, nous avons déménagé ici dans une vieille maison proche des préfabriqués mis en place par la congrégation », poursuit-elle. Au couvent, Manar donne des cours de couture aux femmes réfugiées ainsi qu’aux musulmanes qui habitent le quartier.

« Mon frère esclave de l’État islamique »

« La famille de mon mari vit entre Sulaymaniya et Erbil, alors que mon père et ma mère sont à Erbil. Mes frères, sœurs et cousins ont quitté l’Irak pour le Canada, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, la France, l’Australie et aussi le Liban, où ils attendent d’être relocalisés dans un pays tiers.

« Mes parents ne veulent pas quitter l’Irak parce qu’ils attendent le retour de mon frère pris en otage par Daech. Il devrait avoir 28 ans aujourd’hui. C’est que mon père n’a pas voulu quitter Qaraqosh, et mon plus jeune frère a décidé de rester avec lui. Une fois leur cachette découverte, mon père a été obligé de partir, mais les miliciens n’ont pas relâché mon frère. L’un d’eux a dit à mon père qui refusait de partir : “Ton fils te suivra.“ Et mon père attend depuis.

« Il y a un an, nous avons reçu la visite du nonce apostolique et d’un émissaire du Vatican. Je leur ai donné le nom de mon frère, en leur disant que je voulais simplement savoir s’il est mort ou vivant. Une semaine plus tard, le nonce apostolique m’a appelée pour me dire “l’homme qui porte ce nom est toujours vivant, il se trouve à Raqqa en Syrie, prisonnier de Daech“. Il semble que l’État islamique fait faire des travaux à ses prisonniers hommes, comme des esclaves », dit-elle.

Manar, qui raconte son histoire devant ses enfants, parle calmement, sans verser de larmes, comme si elle évoquait un quotidien banal.

Elle se tourne vers sa fille benjamine qui avait perdu la parole durant trois mois après le départ de Qaraqosh et qui, jusqu’à présent, a du mal à s’exprimer quand elle est trop fatiguée.

Elle lui demande de chanter un hymne que la petite a appris à l’école. La fillette de sept ans se lève et chante : « Nous rentrerons, malgré toutes les peines et malgré le temps qui passe. Nous rentrerons, car nous n’oublierons jamais notre terre et nos églises. Ô Baghdida (le nom syriaque de Qaraqosh), ô Baratalla, ô Mossoul, attendez-nous car nous rentrerons. »

La famille compte revenir à Qaraqosh en septembre, avec la rentrée des classes « si la sécurité des chrétiens est instaurée et garantie par la communauté internationale », martèle Manar... Entre-temps, Qaraqosh est toujours en ruine et la communauté internationale n’a pas été secouée par le sort qui a été réservé aux chrétiens d’Irak.

https://www.lorientlejour.com/article/1052338/-ma-maison-a-ete-utilisee-pour-le-viol-de-filles-yezidies-.html

posté le 22 mai 2017 par Stéphane/armenews