Nouvelles d'Arménie
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Kurdistan


TURQUIE
Depuis sa prison, le candidat kurde à la présidentielle attaque Erdogan à la TV d’Etat

Istanbul, 17 juin 2018 (AFP) - Candidat à l’élection présidentielle turque dans une semaine, le leader du parti prokurde Selahattin Demirtas a dénoncé depuis sa prison, à la télévision d’Etat, le régime “répressif“ du président Recep Tayyip Erdogan, candidat à sa réélection.

En prison depuis novembre 2016, le charismatique leader du Parti démocratique des peuples (HDP) a accusé le parti du président sortant de l’avoir emprisonné pour des raisons politiques.

“La seule raison pour laquelle je suis ici est que AKP a peur de moi“, a-t-il déclaré en référence au parti du président turc, en dénonçant un régime “répressif“ et “autocratique“.

Portant un costume sombre, M. Demirtas est apparu dans une intervention pré-enregistrée sur la télévision publique TRT depuis sa cellule de la prison d’Edirne (nord-ouest) car les autorités ne l’ont pas autorisé à se rendre dans les locaux de la chaîne à Ankara.

TRT a été critiquée de couvrir abondamment la campagne de M. Erdogan et d’ignorer les autres candidats, en particulier M. Demirtas. C’était la première fois qu’un candidat parlait depuis sa cellule.

“Ce que nous sommes en train de vivre est un élément d’un régime autocratique. Mais la partie effrayante du film est encore à venir“, a-t-il lancé en appelant les électeurs turcs à choisir “la liberté“. “Nous allons empêcher notre pays de sombrer dans le gouffre“.

M. Demirtas, un avocat de formation âgé de 45 ans, a été arrêté avec une dizaine d’autres députés du HDP le 4 novembre 2016, dans la foulée des purges déclenchées après le coup d’Etat manqué du 15 juillet de la même année.

Accusé de faire de la propagande et d’appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée “terroriste“ par Ankara et ses alliés occidentaux, M. Demirtas risque jusqu’à 142 ans de prison.

Mais cela n’a pas empêché le HDP de le désigner candidat à la présidentielle, qui se déroule en même temps que les législatives le 24 juin.

posté le 18 juin 2018 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Kurdistan  Turquie 


COMMUNIQUÉ DU CDK-F
Stop à l’invasion turque au sud-Kurdistan !

Les Kurdes se sont battus en première ligne, en Iraq et en Syrie, contre Daesh, organisation dont le but est de fonder un système salafiste, menaçant tous les peuples de la région et, au-delà, l’humanité toute entière. Si Daesh a perdu ses principaux fiefs et s’est considérablement affaibli, c’est en grand partie grâce au combat courageux et déterminé mené par les Kurdes.

Cependant, la Turquie d’Erdogan qui a de tout temps soutenu Daesh, tente coûte que coûte de mettre à néant les acquis réalisés par les Kurdes. Après avoir attaqué et envahi la ville kurde d’Afrîn au Rojava (Syrie), avec l’aide de ses alliés islamistes, l’armée turque vise maintenant le Sud-Kurdistan (Irak).

Les bombardements et l’invasion de l’armée turque à Afrin

L’Etat turc a bombardé et envahi Afrin, une région à majorité kurde qui était un oasis de paix dans un pays déchiré par la guerre, un lieu de refuge et un laboratoire de mise en œuvre du projet de confédéralisme démocratique. Cette invasion criminelle a provoqué des centaines de morts et une nouvelle vague de déplacements massifs. Elle se situe dans le cadre d’un projet turc de nettoyage ethnique contre les Kurdes.

L’invasion turque au Kurdistan irakien

De nombreux signes montrent la volonté de la Turquie d’envahir le territoire kurde irakien, en particulier la région de Qandil, pour tenter d’encercler et d’étouffer la seule zone libre de la région. L’aviation turque mène fréquemment des bombardements dans les régions de Metina, Avasin, Zap, Basyan, Gare, Xakurk et Qandil, causant la mort de civils.

Les représentants du peuple kurde ont à plusieurs reprises exprimé leurs craintes et appelé tous les gouvernements et organisations internationales (l’ONU, l’OTAN, l’UE et la Ligue arabe) à empêcher l’invasion turque et les violations de la souveraineté irakienne.

L’absence de réaction internationale constitue pour l’Etat turc un encouragement à multiplier les incursions au Sud-Kurdistan et à tenter de prendre le contrôle de la région en déployant des troupes supplémentaires et en établissant de nouvelles bases militaires (en plus des 18 bases déjà établies) et des postes de renseignement dans la région. Si l’armée turque organise des défilés militaires dans la province de Diyana, cela signifie que la Turquie considère ce territoire comme le sien.

Brisez le silence face à l’invasion turque au Kurdistan

Nous appelons toutes les organisations (partis politiques, organisations de défense des droits de l’homme, syndicats,...) à se tenir à nos côtés pour agir contre cette violation du droit international, à condamner ce crime d’agression et exiger que la Turquie retire ses troupes du Kurdistan. Nous appelons tous les gouvernements et les organisations internationales (l’ONU, l’OTAN, l’UE et la Ligue arabe) ainsi que les peuples démocratiques du monde à s’opposer à cette agression turque.

Conseil Démocratique Kurde en France
16 rue d’Enghien
75 010 Paris
09.52.51.09.34
info@cdkf.fr

posté le 8 juin 2018 par Ara/armenews


SYRIE
L’accord USA-Turquie éloigne la menace mais l’application sera difficile

Washington, 5 juin 2018 (AFP) - La mise en oeuvre de la “feuille de route“ établie par les Etats-Unis et la Turquie pour éloigner la menace d’une confrontation armée dans la ville syrienne de Minbej sera longue et “compliquée“, de nombreux détails restant à négocier, a déclaré mardi un responsable américain.

Dans le cadre de cet accord, négocié depuis février et “approuvé“ lundi par les ministres américain et turc des Affaires étrangères Mike Pompeo et Mevlut Cavusoglu, les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde alliée de Washington dans la lutte antijihadistes mais considérée comme “terroriste“ par Ankara, ont annoncé mardi leur retrait de Minbej, dans le nord de la Syrie.

La “feuille de route“ visait en effet notamment à “tenir l’engagement américain à déplacer les YPG à l’est de l’Euphrate“, un fleuve qui traverse la Syrie, a expliqué à des journalistes ce haut responsable du département d’Etat. Mais il s’agit d’un “cadre politique large“ dont les “détails doivent encore être négociés“ et dont la mise en oeuvre “se fera étape par étape en fonction des développements sur le terrain“, a-t-il ajouté.

Les YPG avaient pris Minbej aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en 2016. Les Etats-Unis y sont présents militairement et fournissaient une assistance à la milice kurde au grand dam d’Ankara.

La tension entre Américains et Turcs, pourtant alliés au sein de l’Otan et dans la lutte contre les jihadistes, avait atteint des sommets en février après le lancement par la Turquie d’une offensive dans le nord-ouest de la Syrie contre la milice kurde, d’autant que l’armée turque menaçait d’avancer jusqu’à Minbej.

Un groupe de travail américano-turc avait été créé en février qui a abouti à cette “feuille de route“, que Mike Pompeo et Mevlut Cavusoglu se sont engagés lundi, dans un communiqué commun, à “mettre en oeuvre“ pour “assurer la sécurité et la stabilité à Minbej“, sans pour autant en dévoiler le contenu.

L’agence étatique turque Anadolu avait affirmé la semaine dernière que l’accord prévoyait, 45 jours après le 4 juin, des inspections militaires conjointes américano-turques à Minbej, et, dans les 60 jours après cette même date, la formation d’une administration locale de la ville pour remplacer les conseils qui incluent actuellement les YPG.

Un haut responsable américain a confirmé l’objectif de “patrouilles communes“ mais a démenti l’existence d’un calendrier détaillé. “Nous sommes déterminés à le faire le plus rapidement possible“ mais les dates rapportées dans la presse “ne reflètent rien de concret“, a-t-il assuré. “Ce ne sera pas facile“, “la mise en oeuvre sera compliquée“ mais bénéficiera à tous car cela va stabiliser Minbej sur le long terme, a-t-il insisté.

posté le 5 juin 2018 par Ara/armenews


COMMUNIQUÉ DU CCAF SUD DU CDKM ET DE SOLIDARITÉ ET LIBERTÉ
Meeting à Marseille avec Garo Paylan et Eyyup Doru : objectif paix !

Rien ne laissait penser quʼun jour, Kurdes et Arméniens se retrouveraient ensemble en meeting, tant lʼhistoire récente de ces deux peuples a laissé des traces douloureuses, indélébiles. Bras armé de Talaat Pacha, alors ministre de lʼintérieur de la Turquie, de nombreux kurdes ont commis, sous lʼautorité du gouvernement Jeune Turc les pires atrocités, qui sʼachèveront avec le premier génocide du XXe siècle en 1915, organisé et exécuté par un Etat obsédé par son projet panturc ottoman, laissant un million cinq cent mille victimes arméniennes sans sépulture. Depuis, à travers le monde, les survivants de ce crime contre lʼhumanité et leurs descendants portent tragiquement le cadavre dʼun peuple assassiné et la violence du déni dʼEtat. Pourtant, le combat pour la vérité mené par les descendants des martyrs arméniens a fini par porter ses fruits. La reconnaissance du génocide des Arméniens par les leaders kurdes et par le peuple kurde ; le pardon demandé publiquement par le KNK (Congrès National du Kurdistan) sont autant de gestes forts que les Kurdes ont adressé aux Arméniens, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de dialogue.

Aussi, à partir de cette démarche digne et courageuse dans un pays où le négationnisme dʼétat est durablement instauré, où la seule évocation du mot de génocide est pénalement condamnable par lʼarticle 301, le rapprochement entre les deux peuples sʼest opéré. La situation politique en Turquie nʼa fait quʼaccélérer le processus engagé, tant les minorités sont opprimées et tant elles souffrent dans leur chair. Privées de droits, bâillonnées, persécutées, accusées de tous les maux, kurdes, arméniens, alévis, assyro chaldéens, grecs tentent de résister à la cruauté et au machiavélisme de lʼétat turc mené par un Erdogan plus féroce et cruel que jamais.

Sous couvert dʼun pseudo coup dʼétat, il a durci tous les conflits internes et externes, sʼalliant à Daesh pour mieux combattre les Kurdes engagés en Syrie dans une lutte sans merci. Menaçant une Europe terrorisée dans la question des migrants, provoquant la Russie, insultant la France, Erdogan fait feu de tout bois pour imposer sa dictature islamiste et rétrograde. La France pays des Lumières, pays des droits de lʼHomme a soutenu les causes arménienne et kurde. Elle sʼinquiète aujourdʼhui des dérives dʼAnkara et des dangers que fait peser la politique hégémonique turque sur la Paix dans cette région du monde. Aussi, il nous est apparu évident de dire ensemble et en France STOP à ERDOGAN, et à sa politique désastreuse.

Nous refusons le bâillon pour les opposants au régime, la presse écrite, la télévision.
STOP à la négation dʼétat du génocide des Arméniens.
STOP à la volonté dʼélimination physique du peuple Kurde. STOP à la passivité des états et aux complaisances politiciennes.
Oui à la Paix, à la fraternité et oui à une Turquie juste, libre et apaisée de toutes ces haines attisées par un état qui a perdu toute notion dʼhumanité, aveuglé par une farouche volonté de toute puissance et de reconstruction dʼun empire ottoman totalement illusoire.

Les peuples ont toujours eu raison, ils ont toujours réussi à chasser la bête immonde, nul doute que dans lʼunité et avec la détermination de tous, les valeurs universelles reprendront leurs droit. Nous y apporterons notre contribution comme il se doit, dans le respect du Droit et des Hommes. Le parrainage de deux députés du HDP (Parti Démocratique des Peuples), Garo Paylan et Bardan Oztürk par des parlementaires français des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert (LREM) et Pierre Dharréville (PCF), manifeste cette volonté de ne rien céder à lʼautoritarisme de lʼEtat turc. Face à la violence de la campagne électorale dans laquelle sont engagés, avec tous les candidats du HDP, Monsieur Paylan et Monsieur Ozturk et tous les député.e.s destitué.e.s ou emprisonné.e.s, ils doivent pourvoir compter sur le soutien de celles et ceux qui, dans notre pays, se reconnaissent dans les valeurs de liberté, paix, tolérance, reconnaissance des minorités, démocratie.

Soutien dont doit bénéficier également Selahattin Demirtas, candidat du HDP pour les élections présidentielles et qui mène campagne depuis sa cellule de la prison où il est incarcéré.
La présence de Garo Paylan, député HDP emblématique dʼIstanbul, sʼinscrit dans cette double démarche : permettre à la démocratie de sʼexprimer librement ; rassembler le plus grand nombre de suffrages, et crédibiliser lʼinitiative de rapprochement arméno-kurde.
LʼHistoire sʼécrit page après page, jour après jour, celle que nous écrivons ensemble ce 1er juin 2018 est unique, remarquable et porteuse dʼun immense espoir.
Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France Sud (CCAF Sud)
Solidarité & Liberté
Centre Démocratique Kurde Marseille (CDKM)

Meeting à Marseille le 1er juin au Dock des Sud à Marseille 20h. (ouverture des portes à partir de 19h)

Venez soutenir le député qui ose au péril de sa vie tenir tête à Erdogan. Défenseur de la cause Arménienne et des minorités face à la dictature instaurée par le sanguinaire Erdogan, Garo Paylan compte sur vous.

Suite au meeeting, nous vous proposerons un moment convivial de danse et musique. Restauration et boissons sur place.

Dites le, venez nombreux, mobilisons nous pour une cause juste !

posté le 1er juin 2018 par Ara/armenews


Tribunal permanent des peuples
Compte rendu de la conférence de présentation du verdict du TPP sur la Turquie et les kurdes

Le tribunal permanent des peuples reconnaît le président turc Erdogan coupable de crimes de guerre contre son propre peuple

A un mois de l’élection présidentielle en Turquie, le Tribunal Permanent des Peuples (TPP) a prononcé une condamnation cinglante contre le président turc Recep Tayyip Erdogan, l’accusant de crimes de guerre contre le peuple kurde en Turquie et jugeant que celui-ci était victime “ de souffrances incalculables“. Dans ses recommandations, le Tribunal demande à la Turquie d’engager des négociations immédiates avec les Kurdes, de restaurer l’Etat de droit et de se retirer totalement de l’enclave d’Afrin en Syrie, peuplée majoritairement de Kurdes.

Le rapport du Tribunal a été rendu public jeudi 24 mai, dans le cadre d’une conférence au Parlement européen, à Bruxelles. Le Président du Tribunal, Phillippe Texier, ancien juge à la Cour de cassation française, qui a également siégé au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a déclaré que la “cause clé“ du conflit entre la Turquie et les Kurdes était “le déni au peuple Kurde de son droit à l’autodétermination“.

Le TPP a été fondé à Bologne en 1979 pour traiter les plaintes contre des Etats qui n’ont pas ratifié les conventions sur les droits humains, telles que le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale. Sur proposition de l’Association Européenne des Juristes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (EJDH) et d’autres organisations juridiques internationales et européennes, le TPP a tenu une session sur la Turquie et les Kurdes, à Paris, les 15 et 16 mars 2018. Le jury composé de sept juges éminents originaires de différents pays européens, a entendu durant ces deux jours, des témoignages relatifs à deux allégations, la première portant sur les crimes de guerre commis contre le peuple kurde durant la période du 1er juin 2015 au 31 janvier 2017, dans plusieurs villes du sud-est de la Turquie, y compris Diyarbakir, la seconde sur les crimes terroristes commis en Turquie ou à l’étranger, tels que les attentats à la bombe, les enlèvements et les assassinats ciblés, y compris l’assassinat le 9 janvier 2013, à Paris, de trois militantes kurdes.

Dans sa délibération, le Tribunal conclut que l’Etat turc est « responsable du déni au peuple kurde de son droit à l’autodétermination, en lui imposant l’identité turque, en niant l’identité et la présence du peuple kurde, en réprimant sa participation à la vie politique, économique et culturelle du pays, interprétée comme une menace à l’autorité de l’Etat turc ». Concernant la lutte menée par les Kurdes, il souligne qu’elle présente les caractéristiques d’un « conflit armé non-international » régi par le droit international humanitaire et que, contrairement à ce que prétend Erdogan, il ne s’agit pas d’un problème de terrorisme susceptible de se voir appliquer la législation antiterroriste. A cet égard, le Tribunal rappelle que le mouvement kurde a tenté à plusieurs reprises de négocier une solution pacifique avec la Turquie, mais que ses propositions ont été systématiquement rejetées par Erdogan.

Le verdict est suivi d’un certain nombre de recommandations : La Turquie doit immédiatement mettre fin à toutes les opérations militaires menées par son armée en Syrie et retirer ses troupes à l’intérieur de ses frontières nationales.

La Turquie doit rechercher et punir les responsables des crimes de guerre commis dans le Sud-Est de l’Anatolie entre le 1er juin 2015 et le 31 janvier 2017.

La Turquie doit rétablir l’État de droit, libérer les magistrats et les journalistes encore détenus, restaurer la liberté de la presse, mettre fin à l’état d’urgence et appliquer pleinement la Convention Européenne des Droits de l’Homme. La Turquie doit reprendre de bonne foi les négociations interrompues en octobre 2014, en vue d’un règlement pacifique du conflit, et les conclure dans un délai raisonnable.

À la conclusion de l’accord de paix, une amnistie devrait être accordée pour les crimes commis par toutes les parties pendant le conflit et tous les prisonniers politiques encore détenus devraient être libérés.

En annonçant le verdict, le Président du Tribunal a noté que les témoignages présentés lors de la session montraient clairement que « le droit à l’autodétermination était systématiquement dénié au peuple kurde », en violation des articles 1 et 2 du Pacte international relatif aux droits sociaux et du Pacte international sur les droits politiques. Il a ajouté que la Turquie avait mené des opérations militaires visant à forcer le peuple kurde à quitter ses terres et reproché à Erdogan d’avoir “incité et légitimé une violence disproportionnée“ contre le peuple kurde.

Prenant la parole à la suite de l’annonce du verdict, la députée européenne Julie Ward a critiqué la Première ministre britannique Theresa May pour avoir reçu Erdogan, qualifiant cela de “chose épouvantable pour ceux d’entre nous qui défendent les valeurs démocratiques, la paix“. “Nous devons rester solidaires avec le peuple kurde qui lutte contre l’un des régimes les plus fascistes et racistes que nous ayons actuellement en Europe“, a-t-elle déclaré. Notant que les Kurdes avaient commencé à mettre en place une nouvelle société féministe, démocratique et respectueuse de l’environnement dans la région de Rojava, au nord de la Syrie, elle a appelé toutes celles et ceux qui soutiennent les droits des femmes et la protection de l’environnement à défendre les droits des Kurdes. “Les attaques d’Erdogan sont dirigées contre un nouveau système de valeurs démocratiques, de gouvernance et de justice sociale qui est pratiqué au jour le jour dans une zone de conflit, ce qui est extraordinaire“, a-t-elle déclaré, appelant les Etats membres de l’UE à reconnaître cette réalité.

Simon Dubbins, directeur international d’UNITE, le plus grand syndicat britannique, avec 1,4 millions de membres, a également pris la parole après l’annonce du verdict. Il a qualifié de « criminel » le silence de la communauté internationale face à la terreur exercée par Erdogan dans les villes kurdes en 2015 et 2016. « Il n’est pas exagéré de dire que c’est un crime encore plus grand que la communauté internationale ait gardé le silence alors qu’Erdogan envahissait, occupait et nettoyait ethniquement ce qui était une région pacifique au nord de la Syrie », a-t-il déclaré, soulignant qu’aux côtés de l’armée turque, la Turquie avait utilisé une force composée des « mêmes militants de l’Etat islamique dont nous essayons de nous débarrasser ». Dubbins, dont le syndicat réclame également la libération du leader kurde Abdullah Ocalan, a déclaré que la libération d’Ocalan était plus importante que jamais et serait le thème d’un futur congrès du syndicat.

Margaret Owen, MBE, juriste spécialisée dans les droits humains, récemment en Turquie pour assister au procès de Selahattin Demirtas, le dirigeant kurde emprisonné et actuellement candidat à la présidence depuis sa cellule, a déclaré que les procès en Turquie étaient « totalement injustes, purement politiques » et le résultat de « fictions extraordinaires ».

Le verdict (ci-joint), ainsi que la vidéo de l’ensemble de la conférence sont consultables en ligne, sur le site dédié à la session du TPP sur la Turquie et les Kurdes : http://tribunal-turkey-kurds.org/.

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le comité de coordination à cette adresse : info@tribunal-turkey-kurds.org.

© 2018 Tribunal on Turkey and Kurds info@tribunal-turkey-kurds.org http://tribunal-turkey-kurds.org/

posté le 28 mai 2018 par Ara/armenews


COMMUNIQUÉ DU CDK-F
Partout la lutte pour la démocratie, contre l’exploitation et l’oppression

Le 1er Mai, journée internationale du travail, a toujours été pour la classe des travailleurs une expression de solidarité internationale pour un monde libre, juste et égalitaire. Le 1er Mai est le symbole de l’unité dans les luttes contre l’oppression et l’exploitation au niveau global. Avec ces luttes, les travailleurs franchissent les frontières nationales artificielles, ainsi que les obstacles idéologiques.

Le 1er Mai est important dans la conscience collective des peuples, partout dans le monde, contre le militarisme agressif et les politiques d’exploitation de ceux qui règnent sur ce monde et qui craignent l’unité des peuples en lutte.

Le projet social du Mouvement de Libération Kurde qui est mis en œuvre au Rojava, dans le nord de la Syrie, est devenu le phare d’une solidarité globale ces dernières années. C’est un modèle social solidement basé sur la démocratie, l’écologie et la libération des femmes, et qui rend possible une vie commune et libre de tous les peuples et communautés religieuses. Le Rojava est devenu un véritable espoir, pas seulement pour les peuples du Moyen-Orient, mais pour toutes celles et tous ceux qui sont convaincus qu’un monde meilleur est possible.

Ceux qui règnent sur ce monde et dont le pouvoir dépend du maintien de la division, de l’exploitation et de l’oppression des êtres humains, craignent fortement une révolution comme celle du Rojava. C’est pour cela que ces puissances régionales et internationales oublient vite leurs conflits internes pour s’unir contre les acquis du Rojava. C’est exactement ce qui s’est passé à Afrin, dans le nord de la Syrie.

L’armée turque et ses alliés djihadistes ont attaqué la région par voie terrestre et aérienne. Cette opération a reçu le feu vert de la Russie qui a ouvert l’espace aérien d’Afrin. La Turquie, équipée des chars de l’OTAN, a commis des massacres contre la population civile, dans le silence assourdissant de la soi-disant communauté internationale qui a contemplé sans réagir cette guerre d’occupation menée en violation totale du droit international.

Aujourd’hui, la Turquie continue son nettoyage ethnique à Afrin, toujours dans le silence de la communauté internationale. Cela n’est pas surprenant : les puissances internationales considèrent le Rojava comme une menace.

En plus du nord de la Syrie, la Turquie a commencé à occuper militairement le nord du Kurdistan d’Irak et bombarde des zones d’habitation civile.

Campagne de boycott du tourisme en Turquie

La Turquie finance sa sale guerre contre les Kurdes et contre les forces démocratiques à travers l’industrie du tourisme. Les revenus du tourisme sont utilisés pour financer la guerre et les massacres.

Notre réponse à leurs guerres est le renforcement de notre solidarité internationale. Nous devons élargir encore plus notre solidarité internationale avec le Mouvement kurde de Libération, et traduire cette solidarité en actes concrets sur d’autres terrains, dans une lutte commune contre l’oppression et l’exploitation.
Il est de notre devoir, en tant que forces démocratiques, de construire une démocratie globale contre l’exploitation capitaliste.

Bijî Yekê Gulanê - Vive le 1er Mai !
Boycott du tourisme en Turquie !
Bijî piştgiriya gelan ! - Vive la solidarité des peuples !
Bijî tekoşîna azadî û demokrasîyê - Vive la lutte pour la liberté et la démocratie !

posté le 30 avril 2018 par Ara/armenews


SYRIE
Ankara veut plus de « clarté » de la part de Washington

Istanbul, 7 avr 2018 (AFP) - La Turquie attend plus de “clarté“ de la part de l’administration de Donald Trump sur la Syrie, déplorant l’envoi de signaux contradictoires qui sèment la “confusion“, a indiqué samedi le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan.

“Le président des Etats-Unis dit +On va quitter la Syrie bientôt+, puis d’autres sortent et disent +Non, on va rester+“, a déclaré Ibrahim Kalin. “Cela crée beaucoup de confusion sur le terrain et pour nous. Nous aimerions voir plus de clarté“, a-t-il ajouté lors d’une rencontre avec la presse étrangère à Istanbul.

Ces déclarations interviennent après plusieurs jours de flou sur un éventuel retrait des militaires américains déployés en Syrie, après que M.  Trump a déclaré la semaine dernière qu’il souhaitait que ceux-ci quittent ce pays “très bientôt“.

Mercredi, la Maison Blanche a annoncé que la mission des soldats américains déployés en Syrie touchait “à sa fin“, sans avancer de calendrier de retrait, tout en insistant sur sa détermination à complètement “éliminer la petite présence“ des jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Le porte-parole de M. Erdogan a en outre indiqué samedi qu’Ankara croyait toujours “possible“ un accord avec Washington sur la ville de Minbej, bastion de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie.

“Notre proposition, c’est que les YPG se retirent à l’est de l’Euphrate et que nous (Ankara et Washington) gérions ensemble la situation sécuritaire à Minbej“, a déclaré M. Kalin.

Cette question empoisonne depuis plusieurs mois les rapports entre la Turquie, qui considère les YPG comme une organisation “terroriste“, et les Etats-Unis qui les soutiennent contre l’EI.

Le sort de Minbej est particulièrement sensible : M. Erdogan a plusieurs fois menacé de lancer une offensive contre cette ville où des militaires américains sont déployés.

En revanche, M. Kalin a indiqué samedi que la Turquie ne prévoyait plus d’attaquer la ville syrienne de Tal Rifaat, après que le président russe Vladimir Poutine eut assuré à Ankara que les YPG “ne se trouvaient plus là-bas“.

“Nous allons bien entendu vérifier avec nos propres sources que c’est le cas. (...) Si c’est le cas, alors cela nous convient“, a déclaré M. Kalin.

posté le 8 avril 2018 par Ara/armenews


Turquie-Syrie
Dogu Perinçek : « Les soldats français vont quitter Mambji dans des cercueils »

Tandis que les présidents iranien, russe et turc, tentaient, hier, de se mettre d’accord sur un « Cessez-le-feu durable » en Syrie, lors d’un sommet à Ankara ; mardi, le député communiste Jean-Paul Lecoq, en commission parlementaire avec l’ambassadeur de Turquie en France en a profité pour lui faire part de « l’indignation de l’opinion publique française, face à la dictature du président Erdogan, en opposition totale avec les valeurs de la France », et « lui rappeler les exactions horribles commises par la Turquie en Syrie et toutes les exactions que le gouvernement turc fait subir aux membres du HDP, parti progressiste turc et kurde. ». A ce propos, le député note sur son mur Facebook : « L’échange était tendu, mais il était nécessaire de remettre les pendules à l’heure ! », écrit-il. De fait, l’ambassadeur de Turquie Ismaïl Hakki Musa, maniant parfaitement la langue de Molière et la rhétorique turque, a voulu justifier les actions de son pays, tant au plan militaire en Syrie, que les emprisonnements de journalistes turcs et de notables.

« Les soldats français vont quitter Mambji dans des cercueils »

Mais c’était sans compter sur l’intervention extravagante du négationniste patenté Dogu Perinçek, chef du Parti patriotique nationaliste turc (Vatan Partisi), qui déclarait ce même jour que « le retrait imminent des Etats-Unis de la Syrie prouve qu’il ont été vaincus dans la région. » Ajoutant, à qui voulait l’entendre : « Si les soldats français sont arrivés en Syrie pour se battre, je salue Macron d’ici, il devrait préparer les cercueils. Notre représentant de la France, Ali Rıza Taşdelen, transmettra ses messages au gouvernement [français] dans quelques jours, il dira à Macron : “Vous avez envoyé vos soldats en avion, mais ils reviendront dans les cercueils. Mères françaises ! Si vous ne voulez pas que vos enfants retournent dans les cercueils, mettez Macron en ligne et faites-lui abandonner cette mission. »

Dogu Perinçek a également évoqué les relations entre le président turc Erdogan et le président russe Poutine, selon lesquelles il voit un signal indiquant qu’un nouvel ordre mondial est en train d’être établi.

posté le 5 avril 2018 par Jean Eckian/armenews


France-Kurdistan-Turquie-Syrie
Intervention de Jean-Christophe Lagarde à l’Assemblée nationale à propos du conflit kurdo-turc

Le 21 mars à l’Assemblée nationale, le député de la cinquième circonscription de la Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, s’est vivement élevé contre la posture française quant aux événements dramatiques dont est responsable la Turquie au nord de la Syrie contre les combattants kurdes.

Le 19 mars il déclarait sur France Inter : Quand j’entends dire que la France a fait ce qu’elle pouvais, ce n’est pas vrai. La France, comme les États-Unis d’ailleurs, a utilisé les Kurdes quand il s’agissait de combattre Daech, nos ennemis qui nous combattaient. On les a équipés, insuffisamment, mais on les a équipés. Et aujourd’hui la Turquie les massacre, sous de mauvais prétextes, sous de faux prétextes, simplement pour régler une question de politique intérieure et de difficulté intérieure.

Les Turcs, qui sont dans l’OTAN, sont censés être nos alliés. Et aujourd’hui, ces pseudo-alliés massacrent nos alliés et personne ne dit rien.

posté le 3 avril 2018 par Jean Eckian/armenews