Nouvelles d'Arménie
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Génocide


DISPARITION
Disparition de l’historien spécialiste de l’islam et de l’Empire ottoman, Bernard Lewis (101 ans) condamné pour la négation du génocide des Arméniens

Il avait été condamné le 21 juin 1995 par le TGI de Paris pour négationnisme du génocide des Arméniens. Le professeur Bernard Lewis, né à Stoke Newington un quartier de Londres en 1916 vient de disparaitre le 19 mai 2018 à Voorhees Township au New Jersey (Etats-Unis) à l’âge de 101 ans. Citoyen britannique de naissance, il avait acquis la nationalité américaine et israélienne. Ce brillant spécialiste du monde musulman, historien reconnu et fin connaisseur de l’Empire ottoman était devenu l’un de ses fervents défenseurs au point d’adopter et diffuser les thèses négationnistes de la Turquie à propos du génocide des Arméniens. Une attitude qui a terni profondément et durablement la fin de carrière de Bernard Lewis fortement critiqué par ses pairs.

Bernard Lewis, au-delà de ses études et ouvrages sur l’islam et la Turquie ottomane, restera à jamais marqué par ce sceau du négationniste condamné. On le disait très affecté pour cela. Mais pour la Turquie, il restera l’une des « meilleurs prises d’un universitaire renommé » pour la diffusion de ses thèses négationnistes en matière de génocide des Arméniens.

Krikor Amirzayan

posté le 21 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Génocide  Histoire  Image 450 


Israël
Le Ministre de l’éducation appelle à la reconnaissance du Génocide des Arméniens

Le ministre israélien de l’Education, Naftali Bennett, a appelé à la reconnaissance officielle du génocide arménien, rapporte Haaretz.

« Je me tourne vers le président de la Knesset pour approuver la reconnaissance officielle par Israël du génocide arménien perpétré par la Turquie“, a déclaré Naftali Bennett sur twitter.

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“Maintenant, vous devez passer de mots forts à des actes forts. Voici un plan d’action global pour la Knesset, le gouvernement et le public israélien : 1. je me suis tourné vers la Knesset pour autoriser une reconnaissance officielle de l’état d’Israël de l’Holocauste arménien effectué par la Turquie.“

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“ 2. j’ai proposé à la demande du premier ministre de discuter avec le cabinet de la reconnaissance du droit de la minorité kurde en Syrie et au-delà de la reconnaissance de l’autonomie. 3. je vous demande, le public israélien : annuler Nsiotichm en Turquie. Tout de suite. Allez à Nopshon en Galilée et dans les hauteurs du Golan (...)“.

La déclaration intervient après que l’ambassadeur d’Israël en Turquie a été expulsé mardi suite à de violentes manifestations qui ont coûté la vie à 60 Palestiniens lors de manifestations le long de la frontière de Gaza.

posté le 16 mai 2018 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Génocide  Image 450  Israël 


France
Négationnisme turc à Evreux

Samedi 12 mai à midi, environ 150 militants franco-turcs, autorisés à manifester par la préfecture de l’Eure, se sont rassemblés, curieusement sur le perron de la mairie d’Evreux (Eure), un bâtiment de la République française, pour s’indigner de la présence du mot génocide sur la stèle élevée à Evreux en mémoire des victimes du génocide des Arméniens en 1915. Génocide, qui nous le rappelons a été officiellement reconnu par la France le 19 janvier 2001.

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C’est Remzi Sekerci, un restaurateur de spécialités turques (Le Bosphore), repris de justice (1), proche de Recep Tayyip Erdogan, ancien candidat aux législatives de juin 2017 sous l’étiquette du parti Égalité et Justice, qui est à l’origine de la manifestation. Lors de son intervention Sekerci s’est fendu d’un discours négationniste rebattu, s’appuyant sur la rhétorique made in Erdogan « Laissons l’histoire aux historiens ».

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Serge Tatéossian (2), sur place, fondateur de l’Association AAMCS (association arménienne, mémoire, culture, sport), rapporte les faits suivants, sous le regard de cinq policiers municipaux, dépêchés pour la circonstance, au cas où... :

« Un photographe assis sur un banc, avec un français cassé, me dit que ce rassemblement frise le négationnisme (je me dis qu’il a dû apercevoir la croix arménienne que je porte autour du cou). Je me présente et lui dis que je représente une association arménienne d’Evreux. Cet homme, agréablement surpris, me dit qu’il est kurde et m’explique que le 21 avril il a assisté à l’inauguration de la stèle.

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A 12h25 Remzi Sekersi prend la parole et donne des consignes de prudence, de ne pas user de la violence, de ne pas tomber dans le piège, car il précise qu’il y a parmi nous (eux), des « ennemis » (donc arméniens).

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Après le discours, les manifestants se sont constitués en cortège. Lequel s’est ébranlé en direction de la stèle du mémorial arménien Place Baudot. Durant le trajet, à travers les rues d’Evreux, le slogan (en turc et en français) « Laissons l’histoire aux historiens » a résonné tout au long du kilomètre séparant la mairie du mémorial où stationnaient les forces de l’ordre de la police nationale et deux militaires lourdement armés. »

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Serge Tatéossian ajoute que Remzi Sekersi a alors lu un court discours réclamant le retrait du mot génocide de la stèle, sous les applaudissements et les sifflets de l’assistance. Pour lui « le soi-disant génocide arménien n’a jamais été reconnu par les plus grands historiens, ni par la Cour constitutionnelle française en 2012... »

En autorisant cette manifestation ayant pour thème la négation du génocide des Arméniens, la préfecture de l’Eure a pris le risque de créer un précédent, en l’absence de loi réprimant le négationnisme, et encourager ainsi la négation du génocide des Arméniens sur l’ensemble du territoire français.

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La Basse et Haute-Normandie forment un creuset de la communauté turque.

A noter que TRT Haber a relayé cet “événement“ dans la journée avec force photos.

(1) Condamné par le tribunal correctionnel, fin 2017, à six mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l’épreuve pour des faits de travail dissimulé entre 2013 et 2015.

(2) C’est sous sa présidence, que l’ANSA à Evreux avait obtenu en 2013 l’approbation du projet d’inauguration d’une stèle commémorant le génocide des arméniens, en mettant à disposition un terrain en plein centre ville, place Marcel Baudot (historien), et les archives départementales, suite à des négociations durant deux ans avec l’ancienne équipe municipale et de l’ancien maire d’Evreux Michel Champredon. Une commission spéciale avait été désignée sous la bienveillance du maire adjoint Serge Lebec. Le maire actuel Guy Lefrand a inauguré la stèle, en apportant quelques modifications mineures. 


posté le 13 mai 2018 par Jean Eckian/armenews

Photos Serge Tatéossian



SAINT-ETIENNE
Le 103ème anniversaire du génocide commémoré à Saint-Etienne

Rassemblés place d’Arménie, la communauté arménienne de Saint-Etienne et les élus présents ont assisté le 24 Avril 2018 à la cérémonie commémorant le 103ème anniversaire du Génocide des Arméniens.

Après une minute de silence eut lieu un dépôt de gerbe lors de ce moment de recueillement et de souvenir. Le Maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, a pour sa part affirmé qu’il y avait une exigence morale à commémorer le génocide des arméniens, mais qu’il a fallu attendre 2001 pour une reconnaissance par le parlement. Il a rappelé que le Président Emmanuel Macron a promis de dédier un jour officiel pour la commémoration du génocide.

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Puis Eddie Haytayan, Président de la Maison de la Culture de la Loire et de la Fédération Arménienne Auvergne-Rhône-Alpes, a tenu un discours relevé dans lequel il a abordé plusieurs thèmes, historiques, politiques, sociaux et éthiques liés au Génocide des Arméniens et ses conséquences à travers son histoire dans la diaspora. Il a rappelé que le temps n’a pas effet sur l’oubli des victimes du génocide car le 24 avril est la date souvenir et du devoir de mémoire.

« Cela renforce toujours davantage notre détermination à obtenir, pour toutes ces victimes, justice et vérité devant l’Histoire » dit-il en affirmant que « la perfection du génocide est son oubli voulu par les autorités turques » Nier ce génocide, c’est contester les souffrances, c’est refuser le droit au deuil, c’est faire aussi barrage au travail légitime de transmission aux futures générations.

La diaspora arménienne doit s’accepter non pas juste comme héritière de la tragédie, mais aussi, faire du traumatisme une force, en n’hésitant plus à montrer que ce qui a voulu être anéanti est en fait porteur de vie.

posté le 13 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews


TURQUIE-GENOCIDE
Le Parlement turc rejette l’examen d’une résolution sur la reconnaissance du génocide des Arméniens présentée par Garo Paylan

Le Parlement turc a avant même la présentation au vote a rejeté la résolution présentée par le député arménien Garo Paylan du parti d’opposition HDP Parti démocratiques des peuples (pro-Kurde) demandant la reconnaissance du génocide des Arméniens par la Turquie. Le président du Parlement turc, Ismaïl Kahraman a signifié le refus par une lettre et justifié que le texte de résolution présenté par Garo Paylan était une déclaration « grossière et blessante ». Selon le président du Parlement turc la demande du député arménien accusait la République de Turquie et l’histoire du peuple turc surtout dans l’organisation par ce dernier du génocide. Ismaïl Kahraman a également ajouté dans sa lettre que de telles accusations sont des blessures envers le pays et sont contraires à la compréhension de l’identité nationale et de l’histoire. Il a en outre demandé à Garo Paylan de faire des rectifications dans le texte.

Krikor Amirzayan

posté le 12 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Génocide  Image 450  Turquie 


MEDIAS
Le Dauphiné Libéré (édition de Valence) interview de Mireille Clapot de retour d’Istanbul où elle a participé aux commémorations du génocide

Lu dans « Le Dauphiné Libéré » (édition de Valence) du Dimanche 6 Mai 2018 l’article sur le déplacement à Istanbul le 24 avril de la députée drômoise Mireille Clapot (LREM) qui a assisté à la commémoration du 103e anniversaire du génocide des Arméniens. « Le Dauphiné Libéré » publie également l’interview avec la députée réalisée à Valence.

Krikor Amirzayan

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Le Dauphiné Libéré (édition de Valence) interview de Mireille Clapot de retour d’Istanbul où elle a participé aux commémorations du génocide
posté le 7 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Génocide  Image 450  Médias  Valence 


SYRIE-ARMENIENS
Nora Arisian la députée arménienne du Parlement de Syrie a rappelé le génocide des Arméniens à la Télévision publique syrienne

Nora Arisian la députée d’origine arménienne du Parlement de Syrie a dans une interview accordée à la Télévision publique syrienne évoqué le génocide des Arméniens et les relations entre les Arméniens de Syrie et l’Arménie. Nora Arisian a également rappelé le rôle important de la communauté arménienne de Syrie dans le développement économique et culturel du pays. La députée a rappelé le génocide des Arméniens et les massacres réalisés par l’Empire ottoman dans les régions près de l’Euphrate en apportant le témoignage d’une littérature syrienne abondante sur le sujet.

Krikor Amirzayan

posté le 6 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Diaspora  Génocide  Image 450  Syrie 


MEDIAS-LIVRES
Le Dauphiné Libéré, article sur le livre d’Ovhanesse G. Ekindjian sur La reconnaissance par la France du génocide des Arméniens

Lu dans « Le Dauphiné Libéré » (édition de Valence) du Dimanche 6 Mai 2018 l’article-annonce sur la sortie du livre « La reconnaissance par la France du génocide des Arméniens » d’Ovhanesse G. Ekindjian paru aux Editions L’Harmattan.

K.A.

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posté le 6 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Génocide  Médias 


TURQUIE
Interview de la députée française Mireille Clapot de retour d’Istanbul où elle assista à la commémoration du génocide

La députée de la Drôme Mireille Clapot (LREM) accompagnée d’une délégation de militants de l’antiracisme venue d’Europe s’est rendue du 23 au 25 avril à Istanbul à l’initiative de l’EGAM (Mouvement européen antiraciste), Ugab (Union générale de bienfaisance), IHD (Organisation des Droits de l’homme à Istanbul) et l’organisation « Durde ! » (« Dis non au racisme et au nationalisme ! »). Mireille Clapot étant la seule députée présente dans le groupe.

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La députée française Mireille Clapot était présente à commémoration du génocide des Arméniens à Istanbul (sur la photo tenant le portrait de Hrant Dink)

L’objectif de la présence de Mireille Clapot en Turquie était en priorité de participer à la commémoration du génocide des Arméniens le 24 avril à Istanbul. Une manifestation devenue traditionnelle depuis 2010 dans une Turquie qui ne reconnaît pas le génocide de 1915 et où le mot « génocide » est banni.

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La députée française Mireille Clapot était présente à commémoration du génocide des Arméniens à Istanbul (sur la photo tenant le portrait de Hrant Dink)

Mireille Clapot y rencontra Eren Keskin la président de l’Association turque pour les Droits de l’Homme, les dirigeants de la Fondation Hrant Dink du nom du journaliste arménien et fondateur du journal « Agos » assassiné en janvier 2007 devant sa rédaction. Elle a également rencontré Aydin Engin le rédacteur en chef du journal « Cumhuriyet » qui vient d’être condamné à une peine de prison. Enfin la députée française a rencontré les représentants de la Fondation culturelle Anadolu Kültür soutenue par le riche philanthrope turc Osman Kavala, actuellement emprisonné. Une fondation qui organisait à Istanbul l’exposition « Poetry of Stons », sur Ani la capitale arménienne des Bagratides intitulée « Ani : An Architectural Treasure of Culturel Crossroads » sur l’héritage culturel arménien en Turquie. Mireille Clapot nous précise « Eren Keskin est sous le coup d’une condamnation de 12 ans de prison. Elle attend son appel. Aydin Engin fut condamné deux jours après notre rencontre à 6 ans de prison et Osman Kavala en prison depuis octobre dernier, sans charges précises, attend son procès. »

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La députée française Mireille Clapot était présente à commémoration du génocide des Arméniens à Istanbul (sur la photo tenant le portrait de Hrant Dink)

Elle continue « J’étais en Turquie pour faire l’état de la situation des Droits de l’homme dans ce pays ainsi que la liberté de la presse. Mais j’étais également là pour la commémoration du 103e anniversaire du génocide des Arméniens, le 24 Avril, qui devait se dérouler en trois temps. D’abord, le matin devait se dérouler sur le boulevard Sultanhamet une manifestation de l’organisation des Droits de l’homme, l’IHD, avec banderoles rappelant le génocide des Arméniens. Ces banderoles furent confisquées par la police et Eren Keskin ainsi que deux militants furent retenus au commissariat avant d’être libérés. L’après-midi au cimetière arménien de Chichli, s’est déroulée en compagnie des parents et des proches, la cérémonie marquant le 7ème anniversaire de la disparition du jeune Sevag Balikci tué le 24 avril 2011 par un militaire, alors qu’il effectuait son service militaire dans l’armée turque. Un assassinat raciste fondé sur le fait que Sevag Balikci était arménien. Au cimetière les forces de police étaient très présentes et filmaient ou photographiaient en permanence la cérémonie. La police a exigé que le mot génocide ne soit pas utilisé. »

Mireille Clapot « Le soir s’est déroulée sur l’avenue Istiklal, la commémoration du génocide, avec l’association Durde ! Les forces de polices étaient omniprésentes et bien supérieures au nombre des manifestants qui étaient moins d’une centaine. La police a tout d’abord prétendu que l’évènement était interdit. Mais plus tard, elle a reconnu que l’autorisation était venue du ministère de l’Intérieur. La commémoration n’a duré qu’une demi-heure avec les photos des victimes du génocide de 1915, ainsi que celles de Sevag Balikci et de Hrant Dink que l’on tenait dans les mains. Dans un recueillement digne et impressionnant ces images étaient montrées ainsi en Turquie même à la mémoire de tous. Un acte fort. »

La députée française conclut « il est fondamental de soutenir les militants des Droits humains et les membres de la communauté arménienne en Turquie même. Des Arméniens qui luttent pour la reconnaissance de leur identité et la reconnaissance du génocide dont ils furent victimes entre 1915 et 1923 dans l’Empire ottoman. »

Lors de notre interview, moins de 48 heures après son périple en Turquie, Mireille Clapot était encore quelque peu choquée par la situation en Turquie et les pressions du gouvernement d’Erdogan contre nombre de citoyens turcs défendant la liberté d’expression ou les droits fondamentaux, tout comme la mémoire du génocide. « Il nous faudra sans doute un peu de temps pour digérer tout ce qu’on a vu et entendu dans ce pays où des centaines de milliers de citoyens sont emprisonnés » nous a-t-elle confié.

Krikor Amirzayan- interview réalisée à Valence (Drôme)

posté le 30 avril 2018 par Krikor Amirzayan/armenews