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TURQUIE
Turquie : reprise d’un procès controversé de journalistes

Publié sur http://armenews.com le 13 février 2018 par Stéphane/armenews



Le procès controversé de journalistes turcs de renom, accusés de liens avec la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, a repris lundi à Istanbul, avec un verdict attendu en fin de semaine.

La dernière phase du procès des frères Ahmet et Mehmet Altan, de la journaliste Nazli Ilicak et de quatre autres personnes s’est ouverte lundi et doit se poursuivre mardi, a indiqué sur Twitter le site P24, spécialisé dans la liberté de la presse.

Un procureur a requis en décembre la prison à vie pour ces journalistes, accusés notamment par les autorités turques d’avoir tenté de “renverser le gouvernement“ et de “renverser l’ordre constitutionnel“. Selon la presse turque, le verdict dans cette affaire pourrait être rendu d’ici vendredi.

Le mois dernier, un tribunal turc avait refusé de libérer Mehmet Altan malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle estimant que son incarcération était une “violation“ de ses droits.

D’après P24, un avocat des frères Altan, Me Ergin Cinmen, a été expulsé de la salle d’audience après avoir insisté pour que l’arrêt de la Cour constitutionnelle soit lu lors du procès.

Agé de 65 ans, Mehmet Altan est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique. Il a été arrêté en septembre 2016 avec son frère Ahmet, un romancier et journaliste âgé de 67 ans qui a notamment fondé le journal d’opposition Taraf.

Mme Ilicak, journaliste et écrivaine de 73 ans qui a travaillé jusqu’en 2013 pour le grand quotidien pro-gouvernemental Sabah, est en détention depuis fin juillet 2016. Cette affaire suscite l’inquiétude des défenseurs de la liberté de la presse, qui appellent à la libération des journalistes. C’est l’“un des procès les plus kafkaïens“, a réagi sur Twitter le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire.

MM. Altan et Mme Ilicak sont notamment accusés d’avoir envoyé des “messages subliminaux“ lors d’une émission retransmise en direct à la télévision à la veille du putsch manqué.

La tentative de coup d’Etat a été imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui dément toute implication.

Depuis, le gouvernement a lancé des purges sans précédent qui, au-delà des partisans présumés de M. Gülen, ont touché des opposants politiques du président Recep Tayyip Erdogan et des médias. Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par RSF.