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ARMENIE
Armen Sarkissian, “so British”, mais pas assez pour ne pas devenir président de l’Arménie !

Publié sur http://armenews.com le 13 février 2018 par Gari/armenews



Peut-on avoir été britannique et briguer la présidence de la République arménienne ? A cette question, qui agite les media arméniens, l’ancien premier ministre arménien et probable candidat à la présidence arménienne sous la bannière du HHK, Armen Sarkissian, a répondu résolument par l’affirmative vendredi 9 février, en soulignant que même s’il avait acquis la citoyenneté britannique par le passé, cela ne l’empêchait pas de postuler la présidence de l’Arménie. En vertu de la Constitution arménienne, un candidat à la présidence doit pouvoir justifier de sa citoyenneté arménienne pour les six années précédant sa candidature. A. Sarkissian, qui est actuellement ambassadeur d’Arménie au Royaume Uni, a indiqué qu’il répondait à ce critère. “Effectivement, Je suis citoyen de Grande Bretagne”, a indiqué le candidat devant les journalistes en ajoutant : “Après que j’ai été relevé de mes fonctions d’ambassadeur en 2000, j’ai demandé la citoyenneté britannique et l’ai obtenue en 2002. J’y ai renoncé en 2011”, soit depuis 7 ans, un peu plus que le délai légal de citoyenneté arménienne lui permettant de se porter candidat à la magistrature suprême. Mais il a jugé utile de préciser qu’il n’avait alors aucune vise politique et moins encore présidentielle. “J’y ai renoncé parce que je n’en voyais plus la nécessité, et non parce qu’en 2011 déjà je pensais qu’on allait changer la Constitution et que j’allais devenir ambassadeur puis candidat [à la présidence]”, a indiqué A. Sarkissian. “Cette question ne me concerne pas”, a-t-il ajouté dans une allusion à un article de la presse qui mettait en doute son éligibilité. Hetq.am, un media arménien d’investigation, avait révélé le 7 février l’existence d’un document officiel britannique désignant A.Sarkissian comme un sujet de la Couronne britannique. Le document concernait les activités d’Eurasia House International, une organisation créée à Londres au début des années 2000 par A. Sarkissian. Ce dernier a souligné que l’information était caduque car Eurasia House avait cessé ses activités en 2010. “Pensez-vous que lorsque que quelqu’un en Grande-Bretagne renonce [à sa citoyenneté] son nom disparaît aussitôt du paysage ?”, a insisté, ironique, l’ancien premier ministre arménien. A.Sarkissian, 64 ans, a vécu à Londres depuis une trentaine d’années. Physicien et mathématicien de formation, il a enseigné à l’Université de Cambridge avant d’être nommé ambassadeur en Grande Bretagne, en 1991, de la République d’Arménie qui venait d’accéder à l’indépendance. Il a exercé un éphémère mandate de premier ministre, pendant quatre mois en 1996-1997, avant d’être renommé ambassadeur à Londres en 1998. Après l’interruption soudaine de son deuxième mandate d’ambassadeur, en 2000, il a choisi de rester en Grande Bretagne où il a fait fortune dans les affaires. Il a retrouvé son poste d’ambassadeur d’Arménie à Londres, en 2013. Le président Serge Sarkissian (sans lien de parenté) lui avait proposé en janvier de se porter candidat à la présidence sous l’étiquette de son Parti républicain. A.Sarkissian avait suspend sa décision aux consultations qu’il entendait mener avec les représentants des principaux partis et organisations d’Arménie. Il rencontrait ainsi le 9 février les députés de l’alliance d’opposition Yelk, qui avait accepté de discuter avec lui tout en réitérant son refuse de voter en sa faveur.