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ARMENIE
Elections locales peu intéressantes pour l’opposition

Publié sur http://armenews.com le 14 novembre 2017 par Stéphane/armenews



Ne paraissant pas le lundi, la presse écrite se fait l’écho avec retard des élections des administrations locales qui se sont tenues dans 69 communes à travers l’Arménie le 5 novembre. Dans 52 communes, les habitants ont élu un maire, dans les autres communes des conseils municipaux. La presse constate que le parti Républicain, dont les candidats ont été élus maires dans 38 communes sur 52, a renforcé son emprise sur les régions du pays, alors que l’opposition a fait preuve d’une indifférence manifeste. Seulement deux partis de l’opposition, Arménie prospère et Contrat civil avaient avancé des candidats, respectivement 6 et 1, dont seulement deux candidats représentant le parti Arménie prospère ont gagné. Les villes d’Artachat, Goris, Kapan étaient l’enjeu de ce scrutin où des candidats du parti Républicain ont gagné. Haykakan Jamanak estime dans son éditorial que ce scrutin est venu confirmer une fois encore le fait que la vie politique en Arménie vit une stagnation : ce scrutin s’est déroulé dans une ambiance d’absence de concurrence pour les candidats du parti Républicain ou d’une concurrence entre des membres du parti Républicain. Selon le quotidien, cette situation est en partie imputable à l’opposition, dans la mesure où celle-ci n’est pas en mesure de présenter des candidats charismatiques dans les régions et capables d’affronter les adversaires du parti au pouvoir. Hayots Achkhar constate pour sa part que l’opposition extraparlementaire, largement absente de ce scrutin, semble s’être complètement marginalisée des processus politique, alors que les élections localesconstituent une première liaison entre les partis politiques et le peuple. Aravot relaie les propos du président de l’Union des communes d’Arménie, Emin Yeritsian, qui explique le faible taux de participation (50%)en partie par le boycott de la population face au projet gouvernemental de fusionner les communes, ce qui avait provoqué des protestations parmi la population rurale cette année. Il regrette que d’une élection à l’autre, la société arménienne semble perdre son intérêt pour les élections locales. Hraparak donne pour sa part la voix à un politologue, Armen Badalian, qui explique le faible intérêt de l’opposition comme de la société envers les élections locales par le fait que l’institution des élections est d’ores et déjà « anéantie » en Arménie et inspire zéro confiance : « si de vraies élections ne se tiennent pas dans le pays pourquoi alors y participer ? ». Selon le politologue, une partie de la société arménienne ne voit plus son avenir dans ce pays et estime inopportune toute participation à des processus politiques.

Extrait de la revue de presse de l’Ambassade de France en Arménie en date du 7 novembre 2017