Nouvelles d'Armenie    
TURQUIE
L’au revoir de l’archevêque Békdjian aux Arméniens de Turquie


Après le coup de force de l’Etat turc du 9 février dernier qui violait les droits de l’Eglise arménienne en rétablissant l’archevêque Atéshian comme « Vicaire général du Patriarcat », Mgr. Békdjian, le Locum-Tenens régulièrement élu en mars 2017, a décidé de quitter le pays, mais visiblement sans avoir démissionné. Avant de quitter Istanbul, Mgr. Békdjian a adressé à l’hebdomadaire AGOS, le journal de Hrant Dink, une lettre qui est publiée le 13 février dans sa version turque.

Mgr Békdjian rappelle dans cette lettre que l’Assemblée ecclésiale réunie le 25 octobre 2016 avait déclaré vacant le siège patriarcal de Constantinople en raison de l’état de santé du Patriarche Mesrob II Mutafyan et mis à l’ordre du jour l’élection de son successeur. Mgr. Bekdjian avait alors rejoint Istanbul afin de participer au processus d’élection d’un Locum-tenens à l’invitation de l’archevêque Aram Atéshian, alors Vicaire général du Patriarcat. Le 15 mars 2017, Mgr. Békdjian était élu à cette charge par une large majorité de délégués de l’Assemblé ecclésiale des Arméniens de Turquie.

En évoquant ses motivations personnelles, le prélat déclare « Mon seul objectif après 50 ans de ministère à l’étranger était alors de rentrer en Turquie pour mettre fin à une période de transition qui a duré plus de neuf ans... Mais, dès le premier jour, il est apparu clairement que le processus d’élection ne pouvait être conduit de manière transparente, conformément à des règles justes et clairement établies. Il ne me semble pas nécessaire d’énumérer maintenant toutes les entorses observées. Je ne veux ni me souvenir, ni rappeler, des exemples à la fois douloureux et humiliants ».

Mgr. Békdjian regrette également « la baisse très sensible du nombre des religieux et des laïcs de la communauté pourvus d’une solide volonté, connaissant [notre] histoire et soucieux du maintien de [nos] valeurs ». Et d’ajouter « les derniers événements ne se sont pas produits en un jour. Je regrette que ce processus d’élection du 85ème patriarche dont je semble avoir été personnellement la cible ait été saboté. Ceci est le fruit d’une longue campagne programmée dès le début du processus d’élection du Locum-tenens. Une nouvelle fois, on a eu recours à des intrigues qui ne peuvent provoquer qu’affliction et peine. Ces sordides manigances ont atteint des sommets de laideur. Je crains que notre communauté ne se divise à cause de tout cela ». Il exprime néanmoins l’espoir que ces événements puissent servir de leçon à la communauté.

L’archevêque Karékine Békdjian indique qu’il est « contraint de quitter Istanbul après avoir reçu le courrier du ministère de l’Intérieur en soulignant qu’il n’est pas, par nature, homme de conflit ». Le Primat ne précise pas si les autorités l’ont contraint à quitter le pays après l’avoir déclaré « persona non grata ».

La lettre du prélat se termine par ces mots : « En plus de l’humilité et de la patience que nous ne cessons de prêcher, notre religion est également celle de la Charité et de la Paix. Il ne faut pas que ma présence cause plus de maux à la communauté arménienne qui en supporte déjà tant... les dirigeants et la communauté doivent pouvoir agir à l’avenir en mon absence ... J’ai décidé de quitter le pays afin d’assumer une nouvelle mission. Je prie pour mon frère l’archevêque Mesrob qui endure la maladie depuis si longtemps, pour Marie Mutafyan, son admirable mère, et pour vous, mes chers frères en religion ». Ses derniers mots sont une exhortation à ne pas perdre la Foi et l’Espérance.

mercredi 14 février 2018,
Ara ©armenews.com


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