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Document TV sur la chaîne Histoire
Le « Passeport Nansen pour les apatrides » : avec Jacky Nercessian


Trente ans avant la Convention de Genève, le diplomate norvégien Fridtjof Nansen crée le 5 juillet 1922 un passeport auquel il donnera son nom qui, entre 1922 et 1945, protégera environ 500 000 hommes et femmes destitués de leur nationalité et devenus apatrides du fait des grands bouleversements occasionnés par la première guerre mondiale, le génocide arménien, la révolution russe.

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Ce « passeport Nansen » est un document d’identité, rédigé en français et dans la langue du pays d’accueil, qui a été reconnu dès 1924 par 38 États (dont la France), permettant aux réfugiés apatrides de passer les frontières. Imaginé en 1921, il a été créé comme certificat d’identité et de voyage le 5 juillet 1922 par la conférence internationale de Genève grâce à Nansen qui créa « l’Office international Nansen pour les réfugiés ».

Né en 1861, Fridtjof Nansen était un scientifique norvégien (notamment un célèbre explorateur polaire), avant de devenir diplomate et homme d’État ; il fut surtout, sa vie durant, un humaniste conséquent.

En 1920, le gouvernement norvégien le nomme président de la délégation norvégienne auprès de la Société des Nations (SDN, ancêtre des Nations unies basée à Genève), ce qu’il restera jusqu’à sa mort en 1930. La SDN le charge aussitôt de la première mission humanitaire d’envergure qu’elle met sur pied : le rapatriement de 450 000 prisonniers de guerre. En 1921, il devient ainsi le premier « Haut-Commissaire pour les réfugiés » de la SDN. La question la plus brûlante est alors celle des réfugiés de l’ancien Empire russe fuyant la révolution d’Octobre, car un décret soviétique du 15 décembre 1922 a révoqué la nationalité de tous les émigrés qui sont donc devenus apatrides.

(JPEG) Prix Nobel de la paix (1922), Nansen a aussi participé à la négociation du Traité de Lausanne de 1923 entre les gouvernements grec et turc. Ce Traité étant revenu notamment sur l’indépendance de l’Arménie « ex-ottomane » (dans le nord-est de la Turquie actuelle) qui avait été reconnue en 1920 par le Traité de Sèvres, Nansen, après avoir essayé de contribuer à la recherche d’une solution à la crise arménienne, a étendu le bénéfice du « passeport Nansen » aux réfugiés arméniens (survivants du génocide). Il fit de même pour les autres victimes de l’abandon du Traité de Sèvres qu’étaient les Assyro-Chaldéens, en 1928.

Après eux, il servira aux juifs chassés d’Allemagne par le nazisme et aux républicains espagnols poursuivis par la dictature. C’est l’histoire d’un homme hors du commun que raconte ce passionnant documentaire illustré par d’étonnantes images d’archives et par des témoignages de descendants des bénéficiaires de l’œuvre de Nansen.

En 1938, le prix Nobel de la Paix est décerné à l’Office international Nansen (Nansen International Office for Refugees) « qui avait poursuivi son œuvre ».

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Parmi les témoignages de descendants de rescapés du génocide, celui particulièrement émouvant de Jacky Nercessian qui, le 24 avril 2015, s’est recueilli sur la tombe de Nansen et a visité la maison natale de cet homme à qui les Arméniens doivent tant. C’est d’ailleurs sur des paroles du comédien que s’achève ce documentaire à la fois pédagogique et poignant.

Un document de Valentine Valera, réalisé par Philippe Saada, avec Jacky Nercessian : Intervenante : Dzovinar Kévonian (historienne). Diffusé Vendredi 12 janvier sur la chaîne Histoire, à 20h40.

Rediffusions : Samedi 13 janvier à 23h35 - Lundi 22 janvier à 08h25 - Vendredi 26 janvier à 14h05 et le jeudi 1er février à 14h05

Histoire est disponible sur abonnement : Orange canal 117 - Numéricable canal 134 - Sfr canal 182 - Free canal 205 - Bouygues canal 216

jeudi 11 janvier 2018,
Jean Eckian ©armenews.com


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