Nouvelles d'Armenie    
GRENOBLE
Conférence d’Anouche Kunth : Les réfugiés en France aux lendemains de la 1ère GM
Le 4 octobre à 19h


En partenariat avec le Réseau Traces, l’association Arménie Echange et Promotion organise une conférence d’Anouche Kunth à l’occasion de la parution de son ouvrage : Exils arméniens, Du Caucase à Paris, 1920-1945, qui s’intéressera aux réfugiés et apatrides en France aux lendemains de la Grande Guerre. Une soirée très riche et intéressante en perspective à une période où nous sommes confrontés quotidiennement à la question des migrants.

La Grande Guerre laisse en Europe une dizaine de millions de réfugiés dont le vécu est au demeurant très disparate, et dont le devenir le sera tout autant au gré des traités de paix et des redécoupages territoriaux. Parmi eux, des groupes humains (Russes ayant fui la révolution bolchevique de 1917, Arméniens de l’ancien Empire ottoman) font l’objet dans leur pays d’origine de politiques inédites de dénaturalisation forcée et automatique, qui rendent impossible toute perspective de retour au pays. Où aller alors que le monde se couvre de frontières et que les statuts personnels sont déterminés par le port d’une nationalité ? Cette conférence s’attachera à retracer les parcours des réfugiés russes et arméniens depuis les empires en déliquescence jusqu’à la France, qui donna l’asile à nombre d’entre eux.

Anouche Kunth est historienne, chargée de recherche au CNRS (Migrinter). Ses travaux actuels, consacrés au monde arménien en exil, abordent l’événement génocidaire depuis la dispersion massive et forcée des survivants. Elle est l’auteur, notamment, de Arméniens en France, du chaos à la reconnaissance (L’Attribut, 2010), co-écrit avec Claire Mouradian.

Dans son dernier ouvrage Exils arméniens, Du Caucase à Paris, 1920-1945, elle s’intéresse à la révolution bolchevique qui jettent hors de Russie plus d’un million de réfugiés, qui croient leur fuite temporaire. Elle va s’avérer irréversible, la perte de la patrie se conjuguant bientôt avec celle des droits nationaux. Parmi ces « sans-droits », quelques centaines de grandes familles arméniennes, issues des marges caucasiennes de l’Empire des Romanov. Banquiers et industriels, artistes, professeurs d’université, hommes politiques : tous, vers 1920, s’enfuient avec femmes et enfants, par crainte des violences que le nouveau régime de Moscou inflige à ses « ennemis de classe ». Hors de Russie, et tout particulièrement en France où convergent des dizaines de milliers d’exilés, leurs trajectoires croisent celles des Arméniens de Turquie, persécutés quant à eux pour des motifs ethno-confessionnels.

L’histoire des exils arméniens s’écrit ici à hauteur d’hommes et de femmes en fuite, de familles soudées face au danger, parfois séparées, plongées dans l’opacité après le renversement de l’ordre ancien. Que faire ? Où aller ? Quel projet poursuivre en ces temps de chaos et d’incertitude ? Comment préserver ses ressources et recréer un ordre pour soi ? Les parcours de ces anciens sujets d’empires donnent à penser ce que reconstruit l’exil, lieu de mise à l’épreuve individuelle et de ré-élaboration des destinées collectives.

Mercredi 04 octobre 2017 à 19 h
Maison des Associations - 6 rue Berthe-de-Boissieux - Grenoble
Réservation nécessaire : catherine_AEP@hotmail.com
Participation libre au chapeau

mardi 12 septembre 2017,
Claire ©armenews.com


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